La liste Binyam retire sa candidature à la présidence du MRC à 72h du scrutin. Dénonçant un fichier électoral vicié, elle refuse de cautionner un processus "indigne".

À travers un communiqué officiel signé ce 14 octobre 2026, la liste conduite par Pierre Emmanuel Binyam acte son retrait de l'élection du Présidium, dénonçant des irrégularités majeures qui fragilisent la légitimité du futur président du parti.

La liste conduite par Pierre Emmanuel Binyam a annoncé, ce mercredi 14 octobre 2026, son retrait de l'élection du Présidium du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), prévue le 17 octobre. En cause : un fichier électoral truffé d'irrégularités, à 72 heures du vote. Un coup de théâtre qui plonge le principal parti d'opposition dans une zone de turbulences.

Un scrutin sous haute tension

Le 17 octobre 2026 devait être le jour de vérité pour le MRC. Une convention extraordinaire pour élire un Présidium légitime, crédible et respecté. La liste Binyam s'y préparait "avec sérieux", selon son communiqué. Mais à 72 heures du scrutin, le constat est sans appel. Le fichier électoral ne tient pas la route.

Les faits : Un fichier électoral profondément vicié

Nous avons pu consulter le document de six pages rendu public. Les irrégularités documentées sont vertigineuses. Des doublons d'abord : les noms de deux mêmes personnes figurent simultanément sur deux listes distinctes, notamment dans le département du Diamaré II et la commune de Douala. Des communes entières ont été écartées, malgré des preuves de paiement. Balazar Alcali, Makari, Kousseri, Fotokol, Mokolo, Soulédé Roua, Wouri 3-4, Wouri 3-5... La liste est longue.

Pire. Un candidat officiel de la liste Binyam est absent du fichier. M. Longa Shengang Evaristus, 5e vice-président, ne figure pas dans le corps électoral de la Méfou et Afamba. Une anomalie sans précédent. Sur le fichier de la Fédération Départementale du Noun, 64 délégués sont retenus... alors qu'ils sont décédés. "C'est une réalité macabre", note le communiqué. "C'est une réalité inacceptable."

L'ironie d'un parti qui dénonce la fraude

Le MRC, fer de lance de la contestation de la mauvaise gouvernance au Cameroun, se retrouve face à ses propres démons. Le fichier électoral, pièce maîtresse de toute démocratie interne, est ici "biaisé, opaque et indigne". La liste Binyam avait posé ses conditions le 12 octobre : levée de l'exigence de cotisation, paiement intégral des transports pour le Grand Nord, publication immédiate du fichier. Les réponses ont été jugées insuffisantes.

Une légitimité fragilisée

Le retrait de Binyam n'est pas une capitulation. C'est un acte de courage, martèle le texte. Mais il pose une question cruciale : quel président pour le MRC ? Un président élu sur un fichier vicié serait, selon les signataires, "fragilisé avant même d'avoir commencé à gouverner". La crédibilité du parti, qui se veut une alternative crédible au pouvoir en place, en prend un coup.

Perspective future : La paix avant tout

La liste Binyam appelle à ne pas contester les résultats. "Nous ne contesterons pas." Un appel à la responsabilité pour éviter une crise interne grave à la veille des échéances décisives de 2027. Le MRC a besoin de vérité. Le MRC a besoin d'unité. Reste à savoir si cet appel sera entendu.