Issa Tchiroma dénonce une « guerre ouverte » après des enlèvements en pleine crise post-électorale
© Camer.be : Toto Jacques | 31 oct. 2025 13:58:49 | 5438Le Cameroun s'enfonce dans une crise politique et sécuritaire d'une rare intensité suite aux récentes élections présidentielles. Au cœur de la contestation, l'opposant Issa Tchiroma Bakary, candidat du FSNC et principal rival du président Paul Biya, a lancé une accusation d'une extrême gravité. Il dénonce ce qu'il qualifie de « guerre ouverte contre le peuple camerounais », citant des « assassinats, répression, et autres exactions » orchestrés par ceux qui, craignant les conséquences d'un départ, seraient prêts à employer tous les moyens pour se maintenir au pouvoir. Ce climat de tension maximale est marqué par une vague de violences et d'arrestations arbitraires, particulièrement dans les bastions de l'opposition.
L'escalade a atteint un nouveau sommet avec la révélation par Issa Tchiroma lui-même de l'enlèvement de deux membres de sa famille et de son cuisinier personnel à Garoua. Cet acte, perçu comme une tentative directe d'intimidation, vise clairement le leadership de l'opposant dans la région du Nord, un foyer majeur de la contestation populaire. Pour le leader du FSNC, de tels agissements ne feront qu’aliéner davantage le peuple et renforcer sa détermination. Il a exigé la libération immédiate des siens, ainsi que celle de toutes les autres personnes enlevées ou arrêtées arbitrairement dans le cadre des tensions post-électorales.
Ce qui se joue actuellement au Cameroun dépasse le simple contentieux électoral. L'opposition, malgré une fragmentation souvent critiquée, exprime un profond sentiment de frustration face à la gouvernance Biya, caractérisée par une longévité au pouvoir sans précédent. Les manifestations qui ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Garoua et Douala, témoignent d'une jeunesse et d'une partie de la population lassées par l'immobilisme et aspirant à un véritable changement démocratique. Les observateurs internationaux, y compris l'Union européenne et les Nations unies, ont exprimé leur vive préoccupation face à la violence de la répression politique exercée par les forces de l'ordre.
Face à la fermeture de l'espace civique et à l'usage de la force, les acteurs de l'opposition et la société civile se trouvent à un carrefour critique. L'appel à la libération des détenus arbitraires est devenu un cri de ralliement.
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