Référendum constitutionnel au Congo : le silence parlant de la France
© Source : RFI | 08 oct. 2015 15:34:08 | 6613Après l'annonce de la date du référendum sur le projet de nouvelle Constitution, qui permettrait au président Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat, les Etats-Unis rappellent que « la modification de la constitution par un dirigeant dans un intérêt personnel ou politique ne bénéficie à aucune démocratie » et font part de leur inquiétude. Un sentiment partagé par Paris, mais moins officiellement.
Seule réaction officielle française depuis que la date du référendum est fixée : celle du ministère des Affaires étrangères qui se borne à renvoyer aux déclarations de François Hollande en novembre dernier. « Quand on fait voter des peuples pour une Constitution, on ne peut pas la modifier impunément », avait déclaré le président français, faisant allusion au Congo de Sassou-Nguesso et au Burkina de Compaoré.
En juillet, au terme d'une visite du président congolais, le ton semblait moins ferme. C'est la nécessité d'un consensus avant toute réforme que l'Elysée avait mise en avant.
« La position de fermeté du président n'a pas changé », rétorque-t-on dans son entourage, qui fait part de son « inquiétude » face à un référendum « porteur de risques ». Et le dialogue de Sibiti, qui sert de base au projet de nouvelle Constitution, « ne peut être considéré comme l'expression d'un consensus, car il a été rejeté par l'opposition et même certains membres de la majorité », précise cette source.
Mais pour un ancien diplomate, la fermeté française reste souvent déclarative et peu suivie d'effets. Pour lui, la France ne porte pas assez régulièrement d'attention aux oppositions, ce qui explique qu'on la considère souvent comme étant du côté du pouvoir. « La France n'est pas assez du côté de ses principes, c'est-à-dire pas assez du côté des peuples. Elle réagit en retard sur cette lame de fond qui se lève sur le continent », estime-t-il.
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