Christian Ndjock : « Les prémices d’une confrontation ethnique »
© Camer.be : Léandre Ndzié | 06 oct. 2026 10:40:00 | 408Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) durcit le ton. Après sa mise en garde publiée le 5 octobre 2026, la formation politique affirme que certains de ses militants, notamment originaires de l’Ouest, seraient la cible de menaces liées à leur positionnement politique.
Christian Ndjock Nkongo, secrétaire national aux affaires politiques, aux libertés et aux droits de l’homme, a apporté de nouvelles précisions ce mardi matin sur Radio Balafon.
Le PCRN ne veut pas laisser passer ce qu’il considère comme une dérive dangereuse du débat politique. Dans un communiqué signé le 5 octobre à Douala, le parti dénonçait des « menaces, intimidations et ostracismes » visant plusieurs de ses militants et leurs proches, particulièrement ceux originaires de l’Ouest.
Selon la formation politique, ces pressions seraient liées au soutien apporté à Cabral Libii et au refus de certains militants de soutenir Maurice Kamto. Le PCRN affirme surtout que l’argument ethnique serait désormais utilisé pour contester ces choix politiques.
Une situation que Christian Ndjock Nkongo a de nouveau dénoncée ce matin dans l’émission « Sacré matin » sur Radio Balafon.
« Plusieurs de nos camarades originaires de l’Ouest Bamiléké reçoivent des menaces », a déclaré le responsable du PCRN. D’après lui, le parti aurait entrepris de documenter les messages et différents éléments faisant état de ces pressions.
Des identités volontairement protégées
Le PCRN reste cependant discret sur l’identité des militants concernés. Une précaution que Christian Ndjock Nkongo justifie par les risques auxquels ces derniers pourraient être exposés.
« En citant lesdits camarades, ce serait les jeter à la vindicte populaire », a-t-il expliqué. Le responsable politique affirme que certains d’entre eux craignent désormais pour leur sécurité et que leurs familles seraient également préoccupées.
« Des parents de camarades ont saisi le Directoire du parti », a-t-il ajouté, évoquant l’impact psychologique de cette situation sur les militants concernés.
Pour le PCRN, il ne s’agit donc plus d’un simple débat politique, mais d’une situation susceptible de produire des conséquences bien plus graves. « Une campagne à caractère ethno-tribal »
Christian Ndjock Nkongo parle d’une « campagne à caractère ethno-tribal » et alerte sur le risque d’une escalade.
« Nous sommes là à ce qui laisse des prémices d’un affrontement ethno-tribal », a-t-il déclaré.
Cette inquiétude figurait déjà au cœur du communiqué publié la veille. Le PCRN y estimait que lorsque l’appartenance ethnique commence à peser sur le choix politique, « ce sont les prémices d’une escalade et d’une confrontation ethnique » qu’il faut collectivement empêcher.
Le parti appelle donc à éviter toute surenchère. « Oui à la détente politique. Oui à l’apaisement. Mais non à l’ostracisme des droits et libertés fondamentales », pouvait-on lire dans son communiqué.
Des institutions appelées à intervenir
Pour tenter de prévenir une aggravation de la situation, le PCRN souhaite désormais l’implication des structures compétentes.
Christian Ndjock Nkongo appelle notamment la Commission Musongue et la Commission Mouangue Kobila à se saisir de cette affaire. Dans son communiqué, le parti avait également interpellé la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, invitée à « prendre la mesure de ces faits préoccupants ».
Le PCRN affirme enfin qu’il entend protéger ses militants et leurs libertés, tout en privilégiant une démarche qu’il présente comme pédagogique et orientée vers l’apaisement.
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