La FIFA condamne Albacete à verser 20 % de la revente de Kofane à l'AS Nylon, soit 650 millions FCFA. Délai de 45 jours, ou interdiction de recrutement.
Neuf mois après le transfert de Christian Kofane à Leverkusen, l'AS Nylon obtient de la FIFA ce qu'Albacete lui refusait : sa part sur une revente à 5,6 millions d'euros.
Le montant ? Environ 1 million d'euros, soit près de 656 millions FCFA. Le délai ? 45 jours. La sanction si Albacete ne paie pas ? Une interdiction d'enregistrer de nouveaux joueurs. Pour l'AS Nylon et sa présidente Nadège Nkoto, c'est une victoire. Pour le football africain, c'est peut-être un précédent.
Neuf mois de silence, puis une décision
Christian Kofane a quitté l'AS Nylon pour Albacete en novembre 2024. Pas de transfert sec. Un partenariat. Le club espagnol ne verse aucune indemnité au club camerounais. En échange, une clause : 20 % d'une future revente reviendront intégralement à l'AS Nylon.
Cinq mois plus tard, Kofane explose en Segunda División. Huit buts en vingt matchs. Le Bayer Leverkusen active sa clause libératoire en juillet 2025. Montant : 5,6 millions d'euros selon plusieurs sources, dont 5,25 millions fixes et 250 000 euros de bonus. Albacete réalise la plus grosse vente de son histoire.
L'AS Nylon attend son chèque. Il ne vient pas. En avril 2026, neuf mois après le départ du joueur, le club camerounais annonce n'avoir « rien reçu » et saisit la FIFA. Le 31 octobre 2026, la décision tombe : la FIFA donne raison à l'AS Nylon. Albacete doit payer.
656 millions FCFA, et 45 jours pour s'exécuter
Le chiffre circule sur les sites camerounais : 656 millions FCFA. Environ 1 million d'euros. Certaines sources évoquent 1,12 million d'euros, sur la base d'un transfert à 5,6 millions. Le montant exact dépend de l'assiette retenue, mais l'ordre de grandeur est là.
La FIFA a fixé un délai de 45 jours à Albacete pour s'acquitter de la somme. Passé ce délai, le club espagnol s'expose à une interdiction d'enregistrer de nouveaux joueurs. La sanction est prévue par le Règlement du statut et du transfert des joueurs de la FIFA : tout club qui n'exécute pas une décision pécuniaire peut se voir refuser l'enregistrement de nouvelles recrues.
Pourquoi Albacete ne payait pas (et ce que ça change)
Albacete n'a jamais contesté le principe de la dette. Le club espagnol affirmait avoir « gardé et mis de côté » l'argent dans un dépôt, en attendant l'issue d'une procédure judiciaire ouverte à Madrid pour une présumée escroquerie impliquant l'agent du joueur, Eric Depolo, et l'AS Nylon. Albacete exigeait des garanties avant de verser la somme, pour éviter de commettre une irrégularité.
Cette procédure judiciaire espagnole n'a pas été détaillée publiquement. On ne connaît ni l'identité du plaignant, ni l'état d'avancement du dossier. L'agent du joueur soutenait de son côté qu'Albacete disposait d'un mois pour régler l'académie.
La FIFA a tranché : les garanties judiciaires invoquées par Albacete ne suspendent pas l'obligation contractuelle envers l'AS Nylon. Le mécanisme de solidarité de la FIFA, qui redistribue 5 % de l'indemnité de transfert aux clubs formateurs, est un dispositif distinct. Ici, c'est une clause de revente négociée entre deux clubs, et elle doit être honorée.
Ce que cette décision dit du football africain
L'AS Nylon n'est pas un club européen. C'est un centre de formation de Douala, sans les moyens d'un club de Segunda División. Et pourtant, il a fait plier Albacete devant la FIFA.
Le dossier Kofane n'est pas isolé. Il illustre une réalité : les clubs formateurs africains signent des clauses de revente, mais peinent à les faire exécuter. Le mécanisme de solidarité de la FIFA existe, mais il est souvent mal appliqué, ou ignoré. Les clubs européens savent qu'un club africain a rarement les moyens de porter un litige devant la FIFA, encore moins de faire exécuter une décision.
L'AS Nylon l'a fait. Nadège Nkoto, la présidente du club, a porté le dossier. La décision de la FIFA lui donne raison. Mais la vraie question reste : Albacete paiera-t-il dans les 45 jours ? Et si ce n'est pas le cas, la FIFA ira-t-elle jusqu'à suspendre le club espagnol ?
« Ce dossier pourrait créer un précédent important dans les relations entre clubs formateurs africains et clubs européens », notait Foot-Africa au moment de la saisine.
L'argent, le contrat, et la politique du football
656 millions FCFA, c'est une somme. Pour l'AS Nylon, c'est probablement plusieurs années de budget. Pour Albacete, c'est une ligne comptable. Pour la FIFA, c'est un test de crédibilité.
L'instance dirigeante du football mondial a rendu une décision claire. Mais elle l'a fait dans un dossier où le club condamné est européen, et le club bénéficiaire est africain. La FIFA a-t-elle les moyens de faire exécuter sa propre décision ? La question n'est pas rhétorique. Les interdictions de recrutement sont une arme réelle, mais elles prennent du temps à être appliquées. Et Albacete peut toujours faire appel.
En attendant, l'AS Nylon attend. Le compte n'est pas encore crédité.
Combien Albacete doit-il à l'AS Nylon ?
Environ 1 million d'euros, soit près de 656 millions FCFA, correspondant à 20 % du transfert de Christian Kofane à Leverkusen.
Pourquoi la FIFA a-t-elle tranché en faveur de l'AS Nylon ?
Parce qu'Albacete n'a pas versé la clause de revente de 20 % négociée lors du départ de Kofane vers l'Espagne. La FIFA a ordonné le paiement et fixé un délai de 45 jours.
Que risque Albacete s'il ne paie pas ?
Une interdiction d'enregistrer de nouveaux joueurs, conformément aux sanctions prévues par le règlement de la FIFA.
Le transfert de Kofane à Leverkusen, c'était combien ?
Environ 5,6 millions d'euros, dont 5,25 millions fixes et 250 000 euros de bonus.