Sébastien Bassong, ex-défenseur de Tottenham, condamné pour fraude tarifaire à Londres. 7 £ de trajet, 565 £ à payer. Le dossier judiciaire révèle un contrôle à St Paul’s.

Un agent de contrôle de Transport de Londre est posté à la station St Paul’s, sur la Central line. Il voit un homme de 40 ans glisser une carte dans un portefeuille blanc, faire semblant de la valider sur le lecteur, puis passer derrière un autre voyageur par le portique large.

L’homme, c’est Sébastien Bassong. International camerounais. Ancien défenseur de Tottenham, Newcastle, Norwich. Un joueur qui, en 2009, avait coûté environ 8 millions de livres aux Spurs.

L’agent l’arrête. Le contrôle révèle que la carte présentée n’est pas une Oyster card ordinaire. C’est un staff nominee pass de TfL, un titre de transport gratuit réservé au personnel et à ses proches. Le pass appartient à l’ex-petite amie de l’homme qui accompagnait Bassong. Elle serait conductrice sur le Docklands Light Railway, selon les documents judiciaires consultés par la presse britannique.

Le trajet, lui, était banal : Arnos Grove, dans le nord de Londres, jusqu’à St Paul’s. Sept livres. Environ huit euros.

Le 30 octobre, le tribunal de Wimbledon a tranché. Bassong a été reconnu coupable d’avoir utilisé le réseau ferroviaire sans titre de transport valable. Il n’a pas plaidé. Il a été condamné par une procédure simplifiée, à huis clos, en son absence.

L’addition :

- 220 £ d’amende.
- 7 £ pour le trajet impayé.
- 250 £ de frais de justice.
- 88 £ de surcharge pour les victimes.

Total : 565 £. Environ 650 euros. Pour un ticket à 7 £.

Ce que l’audience a entendu

L’agent de contrôle, Adebukola Anifowose, a décrit la scène dans une déclaration lue au tribunal. Bassong, selon elle, a « fait semblant de valider une Oyster card rangée dans un portefeuille blanc avant de passer derrière un autre homme par le portique large ».

Quand on lui a demandé un titre valable, Bassong a présenté le pass TfL. Les vérifications ont montré que le pass n’était pas à son nom et qu’il n’avait plus été utilisé légitimement depuis octobre 2025.

L’homme qui l’accompagnait a expliqué aux agents qu’il aidait Bassong, « qui traversait des difficultés financières et personnelles en raison d’un divorce et du chômage ».

Le tribunal a envoyé une notification au domicile londonien de Bassong. Il n’a pas répondu avant l’audience. Il a ensuite déclaré au Sun qu’il n’était pas au courant de la procédure. Et il a ajouté cette phrase, qui résume peut-être toute l’affaire :

« J’utilisais une carte qu’on m’avait donnée. On m’a arrêté. Je ne savais pas que ce n’était pas suffisant. Je suis un bon citoyen. »

L’homme derrière le maillot

Bassong n’est pas un anonyme. Il a joué 45 matches de Premier League avec Tottenham entre 2009 et 2012, après un passage à Newcastle. À Norwich, il a été élu joueur de la saison 2012-2013, devenant le premier joueur non-britannique à remporter le Barry Butler Memorial Trophy.

Il a aussi porté le maillot du Cameroun. Il entraîne aujourd’hui une activité de coaching motivationnel, selon le Daily Mail.

Ce contraste, un ancien international, un transfert à 8 millions, une amende pour 7 livres  est ce qui rend l’affaire si commentée outre-Manche. Mais le dossier judiciaire, lui, ne raconte pas une histoire de star déchue. Il raconte un contrôle ordinaire, un pass qui ne correspond pas, et une procédure qui suit son cours.