Djamen compare Biya, Cavayé et Niat : Qui peut encore gouverner ?
© Camer.be : Paul Moutila | 26 janv. 2026 00:21:15 | 5764Célestin Djamen a créé la surprise sur le plateau de 7HEBDO diffusé sur STV. L'homme politique camerounais a osé aborder un sujet tabou dans un pays où la santé des dirigeants relève souvent du secret d'État. En évoquant publiquement l'état physique de trois poids lourds de la République, il ouvre un débat crucial sur la capacité réelle de certaines personnalités à exercer leurs fonctions.
Son témoignage direct, basé sur des observations personnelles lors de rencontres officielles, apporte un éclairage inédit sur une réalité soigneusement occultée par le protocole et la communication institutionnelle. Rarement un acteur politique camerounais aura osé une telle franchise sur un plateau télévisé.
Niat Njifenji : Les images qui interpellent
Le président du Sénat camerounais se trouve au cœur des interrogations de Célestin Djamen. L'homme politique raconte avoir assisté à l'installation d'Éric Niat comme maire de Bangangté, cérémonie qui lui a permis d'observer de près Niat Njifenji.
La scène décrite par Djamen interpelle : un homme peinant à se déplacer, obligé de s'appuyer sur son fils pour avancer. Ces difficultés motrices soulèvent une question légitime que l'invité de STV formule sans détour. Comment assumer la présidence du Sénat, deuxième personnalité de l'État selon la Constitution, dans un tel état physique ?
La fonction de président du Sénat exige une présence active, des déplacements constants et une disponibilité permanente. Les observations de Djamen interrogent donc la compatibilité entre les exigences de la charge et les capacités réelles du titulaire.
Cavayé Yeguié Djibril : Une mobilité réduite questionnée
Le président de l'Assemblée nationale n'échappe pas à l'analyse de Célestin Djamen. L'homme politique affirme avoir été témoin des difficultés de Cavayé Yeguié Djibril lors d'une prestation de serment au parlement camerounais.
Selon son récit, le doyen de l'Assemblée nationale éprouve de sérieuses difficultés à marcher, un constat qui rejoint les observations faites sur Niat Njifenji. Ces révélations posent la question de la capacité opérationnelle des hautes institutions de la République.
Dans un pays où le cumul des âges au sommet de l'État dépasse allègrement les deux siècles, ces témoignages sur les conditions physiques des dirigeants prennent une dimension particulière. Ils interrogent la gouvernance réelle du Cameroun au-delà des apparences protocolaires.
Paul Biya : Le portrait contraste
Le contraste établi par Célestin Djamen avec le chef de l'État est saisissant. Lors de sa rencontre au Palais de l'Unité, l'invité de 7HEBDO affirme avoir trouvé Paul Biya physiquement solide malgré ses 92 ans.
Le détail fourni par Djamen attire l'attention : le président aurait effectué le tour des quatre carrés VIP sans assistance. Cette précision vise manifestement à établir une différence notable entre la condition physique du chef de l'État et celle de ses deux collaborateurs institutionnels.
Cette comparaison favorable au président de la République intervient dans un contexte où les rumeurs sur sa santé alimentent régulièrement les conversations. Djamen semble vouloir couper court à ces spéculations en apportant un témoignage direct et récent.
Un débat sur la gérontocratie camerounaise
Au-delà des cas individuels, l'intervention de Célestin Djamen sur STV ouvre une discussion plus large sur la gérontocratie camerounaise. Le Cameroun figure parmi les pays africains où l'âge moyen des dirigeants atteint des sommets rarement égalés ailleurs.
La question n'est pas tant celle de l'âge en soi que celle de la capacité effective à assumer des responsabilités exigeantes. Les fonctions de président du Sénat et de l'Assemblée nationale requièrent une disponibilité physique et mentale que certains observateurs jugent incompatible avec un état de santé dégradé.
Le courage de Djamen réside dans sa volonté de placer ce débat dans l'espace public, là où il concerne directement les citoyens. Après tout, ces hautes personnalités exercent des fonctions constitutionnelles majeures financées par l'argent du contribuable camerounais.
Les non-dits de la politique camerounaise
Cette prise de parole inhabituelle met en lumière l'un des tabous les mieux gardés de la politique camerounaise. Parler publiquement de la santé des dirigeants relève généralement de la transgression, susceptible d'entraîner des représailles.
Que Célestin Djamen ait choisi de franchir cette ligne rouge sur un média aussi visible que STV témoigne soit d'un calcul politique assumé, soit d'une volonté sincère de placer l'intérêt général au-dessus des convenances protocolaires.
L'état physique des dirigeants devrait-il faire l'objet d'une transparence totale dans une démocratie moderne ?
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