ONU : Macky Sall jette l'éponge, l'Afrique perd la main
© Camer.be : Paul Moutila | 17 oct. 2026 14:28:00 | 1153Macky Sall renonce à l'ONU. Le vote informel du 16 octobre a scellé le sort de sa candidature, laissant la voie libre à un consensus pour l'Amérique latine.
L'ancien président sénégalais clôt le suspense d'une déclaration officielle datée de Marrakech, reconnaissant que les tractations onusiennes ne lui étaient plus favorables face aux puissances du Conseil de sécurité.
Macky Sall renonce à l'ONU. Le vote informel du 16 octobre a scellé le sort de sa candidature, laissant la voie libre à un consensus pour l'Amérique latine.
Marrakech, 17 octobre 2026. La lettre est sobre, presque clinique, mais elle marque la fin d'une ambition politique majeure. Dans un document officiel consulté par notre rédaction, l'ancien président sénégalais annonce officiellement le retrait de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Un renoncement calculé, dicté par la froide réalité des rapports de force au sein du Conseil de sécurité.
Un vote informel aux allures de verdict
La décision de Macky Sall a été prise le lendemain d'un scrutin décisif. Le vendredi 16 octobre 2026, le Conseil de sécurité de l'ONU a procédé à un vote informel pour évaluer les différents prétendants au fauteuil de Secrétaire général. Les résultats de ce vote, bien que confidentiels, ont été sans appel.
Dans sa déclaration, l'ancien chef d'État sénégalais reconnaît que les résultats "indiquent un choix en faveur d'une candidature issue de la région d’Amérique latine et des Caraïbes, et éventuellement féminine". Une formulation diplomatique pour masquer un échec. Le Conseil de sécurité n'a pas validé son profil.
Les raisons d'un retrait stratégique
Pourquoi un homme fort de quarante ans de vie publique s'efface-t-il si rapidement ? La réponse tient en un mot : le consensus. Le processus de désignation du patron de l'ONU repose sur une règle d'or : la majorité qualifiée de neuf membres sur quinze, sans veto des cinq membres permanents.
Macky Sall l'écrit lui-même : sa décision a été prise "dans l'espoir de contribuer ainsi à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité". Traduction : il ne pouvait plus être ce consensus. En se retirant, il évite une bataille de tranchées qui aurait pu paralyser l'institution et envenimer les relations entre l'Afrique et les grandes puissances.
Les remerciements et la voix de l'Afrique
La lettre du candidat malheureux est aussi un exercice de diplomatie et de gratitude. Il remercie chaleureusement son parrain, le président burundais Evariste Ndayishimiye, et son soutien de toujours, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.
Mais derrière les remerciements, le constat d'une Afrique qui devra repenser sa stratégie. L'ancien président n'oublie pas de rappeler que le continent "qui est au cœur des enjeux de paix, de sécurité et de développement, doit aussi continuer à faire entendre sa voix". Un appel du pied pour que l'Afrique ne soit pas mise de côté dans la future architecture onusienne, malgré le retrait de sa candidature.
Une transition nécessaire pour l'ONU
Au-delà de sa personne, Macky Sall dresse un tableau sombre de l'état du monde. Il évoque "la multiplication des conflits, l’aggravation des rivalités géopolitiques, la fragmentation de l’ordre international". Pour lui, les Nations Unies ne peuvent plus se contenter de gérer les crises avec les méthodes d'hier.
Il plaide pour une "transformation profonde de leurs méthodes de travail et de leur fonctionnement". Une critique à peine voilée des blocages institutionnels qui empêchent l'ONU d'agir efficacement sur les scènes ukrainienne, moyen-orientale ou africaine.
Et après ? L'engagement continu de Macky Sall
S'il quitte la course, Macky Sall ne quitte pas la scène. Il affirme rester "pleinement engagé au service des idéaux qui l’ont inspiré : la paix, la sécurité, le développement économique et social". Il souhaite également "plein succès à la personne qui sera appelée à exercer les hautes responsabilités" du poste.
La question qui brûle toutes les lèvres à New York et à Addis-Abeba : qui sera cette personne ? Les regards se tournent désormais vers l'Amérique latine, et pourquoi pas vers une femme, ce qui serait une première historique pour l'ONU.
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