Téhéran dénonce les violences policières à Paris
© Camer.be : Paul Moutila | 08 oct. 2026 15:56:00 | 309Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères condamne la répression des manifestations en France et appelle à une enquête sur les violences policières.
Esmaeil Baqaei accuse Paris de deux poids deux mesures et dénonce l'arrestation de plus de 2 000 manifestants, tout en appelant au respect des droits fondamentaux.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a condamné la répression des manifestations en France. Il a appelé à une enquête sur les violences policières dont auraient été victimes des manifestants et dénoncé l'arrestation de plus de 2 000 personnes.
La déclaration, relayée par l'agence IRNA, intervient dans un contexte de tensions diplomatiques déjà vives entre Paris et Téhéran. Elle reprend les termes d'un réquisitoire déjà adressé par l'Iran aux capitales occidentales.
Une déclaration en forme de réquisitoire
Les mots sont forts. Dans une déclaration publiée par l'agence officielle iranienne IRNA, Esmaeil Baqaei a condamné « la répression violente des manifestants par la police française ». Il a appelé au respect « des droits fondamentaux et des libertés élémentaires des étudiants protestataires ».
Le porte-parole a aussi évoqué les informations relayées par les agences de presse françaises. Selon lui, elles font état de l'arrestation de plus de 2 000 manifestants et de violences policières à leur encontre. Il a demandé l'ouverture d'une enquête sur ces allégations.
L'argument de la contradiction
Le cœur de l'argumentation iranienne tient en une phrase. Baqaei reproche aux autorités françaises de qualifier de « violation des droits de l'homme » la manière dont les forces de sécurité iraniennes traitent « les terroristes armés entraînés par le régime sioniste ».
Autrement dit : la France dénonce ce qu'elle ne tolère pas chez elle. Le porte-parole affirme que les autorités françaises « ne tolèrent aucun acte de violence, même minime, lors de rassemblements pacifiques contre la police » et qu'elles « répriment les manifestants avec une violence extrême ».
Cette rhétorique n'est pas nouvelle. Depuis des années, Téhéran dénonce ce qu'il appelle l'hypocrisie des capitales occidentales. Les déclarations iraniennes sur les violences policières en France, aux États-Unis ou au Royaume-Uni relèvent d'une stratégie de contre-accusation. L'objectif : délégitimer les critiques occidentales sur la situation des droits humains en Iran.
Ce que l'Iran ne dit pas
La déclaration de Baqaei omet un détail. Les manifestations qui font l'objet de la répression en France sont, selon plusieurs médias français, liées à des mouvements étudiants et sociaux. Leur nature exacte et leur ampleur ne sont pas précisées dans le texte iranien.
Baqaei appelle par ailleurs à éviter « tout comportement violent, toute dégradation de biens publics et privés, ainsi que toute attaque contre les forces de l'ordre ». Une manière de se prémunir contre l'accusation de soutenir des débordements.
Paris-Téhéran sous tension
La relation entre la France et l'Iran est déjà dégradée. Depuis 2022 et le mouvement « Femme, Vie, Liberté », Paris a durci sa position. Des sanctions ont été prises contre des responsables iraniens. Des figures de l'opposition iranienne ont été reçues à l'Élysée.
Téhéran, de son côté, dénonce régulièrement l'ingérence française. L'arrestation en France de ressortissants iraniens, les accusations de tentatives d'attentats déjouées sur le sol européen, et le dossier nucléaire alimentent une méfiance réciproque.
Dans ce contexte, la déclaration de Baqaei n'est pas une surprise. Elle s'inscrit dans un échange d'accusations qui structure la relation entre les deux pays depuis plusieurs années.
La question n'est pas de savoir si la France va répondre. Elle le fera probablement. La question est de savoir ce que cette déclaration change.
Sur le plan diplomatique, rien. Les positions sont connues. Les canaux de communication sont réduits. Sur le plan médiatique, en revanche, la sortie iranienne alimente le débat sur les violences policières en France. Et ce débat, lui, ne s'éteint pas.
Un observateur des relations internationales, qui a requis l'anonymat, résume : « Téhéran ne dit pas forcément des choses fausses sur la France. Mais Téhéran ne le dit pas pour les bonnes raisons. C'est un instrument de propagande. »
Qui a fait cette déclaration ?
Esmaeil Baqaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Elle a été relayée par l'agence IRNA.
Que reproche l'Iran à la France ?
De réprimer violemment des manifestations et d'arrêter plus de 2 000 personnes, tout en accusant Téhéran de violations des droits de l'homme.
Ces chiffres sont-ils confirmés ?
Ils proviennent d'agences françaises selon Baqaei. Nous n'avons pas pu les vérifier indépendamment auprès des autorités françaises.
La France a-t-elle réagi ?
Aucune réaction officielle du Quai d'Orsay n'a été rendue publique au moment de la rédaction.
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