Coupe du monde 2026 : la stigmatisation de trop
© Correspondance : Par Joël Constant Tchoegnia | 17 juin 2026 10:00:46 | 3976La Coupe du monde 2026 se tient simultanément aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le temps s’arrête pour le monde et c’est le football (« sport roi ») qui fait vibrer les cœurs. Chaque victoire est célébrée à l’échelle d’un pays, voire d’un continent.
Derrière cette effervescence qui mêle sport et culture, les promesses d’un tournoi historique sont gâchées par des décisions politiques qui questionnent et fâchent. Des décisions préoccupantes donnent un coup de froid à cette compétition qui a toujours prôné et porté des valeurs d’universalité, d’inclusion et de rapprochement des peuples. Comme dans la révolution médiatique à travers l’internet, le football rassemble le monde autour d’un village planétaire.
Pour ce qui s’est passé, notamment aux États-Unis, et qui est intolérable, l’opinion publique internationale ne semble pas avoir mesuré toute la gravité de certaines situations survenues en marge de l’organisation de cet événement. Les restrictions d’accès imposées par les autorités américaines à plusieurs acteurs directement concernés par la compétition soulèvent des interrogations légitimes sur le respect des principes fondamentaux qui gouvernent le sport mondial.
Parmi les cas les plus stigmatisants, figure celui d’Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien désigné meilleur arbitre de la Confédération africaine de football (CAF) en 2025, auquel l’entrée sur le territoire américain a été refusée. Même si ce dernier a été célébré dans son pays comme un modèle de réussite et d’excellence au moment de son retour, il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’une décision difficilement compréhensible lorsqu’elle concerne un officiel appelé à contribuer au bon déroulement de la plus prestigieuse compétition du football mondial.
À cela s’ajoutent les difficultés rencontrées par les supporters de certains pays qualifiés pour obtenir des visas, ainsi que les contraintes particulières imposées à certaines sélections nationales. Ces situations créent une inégalité de traitement qui va à l’encontre des valeurs de neutralité, d’équité et de fair-play que la FIFA revendique pourtant comme le socle de son action.
Face à ces faits éminemment graves, le silence ou la réserve affichés par les instances dirigeants du football mondial interrogent. La FIFA ne peut se contenter d’être l’organisatrice d’un événement sportif ; elle a également la responsabilité morale de garantir que chaque acteur – joueur, arbitre, officiel ou supporter – bénéficie des mêmes droits et du même respect, indépendamment de sa nationalité ou de son origine.
Le sport a toujours été présenté comme un espace de rencontre, de dialogue et de dépassement des frontières. Toute mesure susceptible d’exclure ou de stigmatiser certains participants fragilise cet idéal et porte atteinte à l’esprit même de la compétition.
Plus que jamais, l’inclusion, l’égalité de traitement et le respect de la dignité humaine doivent demeurer au cœur de l’organisation de la Coupe du monde. Car la grandeur du football ne se mesure pas seulement à la qualité du spectacle offert sur le terrain, mais aussi à sa capacité à rassembler les peuples dans un esprit de fraternité et de respect mutuel.
La FIFA a trouvé une alternative pour contenter le jeune arbitre, en le désignant arbitre de la Super coupe de l’UEFA. C’est une bonne chose, mais les États-Unis devraient pouvoir faire le distinguo entre politique et sport.
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