Triste anniversaire - 28-10-2021/28-10-2026: trois jeunes brulés vifs à la chefferie Fondjomekwet
© Pour Camer.be : Simplice Yanze | 21 oct. 2026 08:50:00 | 1250Les enquêtes ont été initialement bafouées. Un collectif des défenseurs des droits humains a multiplié entre juillet et août dernier, des dénonciations et des actions pour exiger leurs réouvertures. Le Minjustice et le Minat ont été également saisis. On attend la suite de l’affaire…Un rassemblement populaire et pacifique est annoncé le 10 décembre 2026 pour exiger Justice pour Simieu.
L’affaire n’est pas close. Le 28 octobre 2026, cela fera cinq ans déjà que trois jeunes gens suspectés d’avoir commis un vol chez le frère aîné du chef du village Fondjomekwet ont été torturés et brulés vifs par des populations et des personnes présentées comme des serviteurs du chef Yves Djoumbissié Kamga à l’entrée de la chefferie de ce groupement de l’arrondissement de Bandja.
Charlie Tchikanda, directeur exécutif de la ligue des droits et des libertés (Ldl), organisation de défense des droits humains basée à Bafoussam et active depuis plus de 30 ans, est engagé à mouiller le maillot afin que les autorités judiciaires de la région de l’Ouest se penchent sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire de justice populaire à Fondjomekwet ou l’affaire Simieu.
D’ailleurs, il tient à ce que le procureur général près de la cour d’appel de l’Ouest à Bafoussam instruit la reprise des enquêtes initiées en 2021 suite à ce drame survenu dans la nuit du 27 au 28 octobre de cette année.
Le défenseur des droits humains dénonce un déni de justice ou une politique « de deux poids, deux mesures » en établissant un parallèle entre les affaires Baloum et Fondjomekwet. « Les termes de notre dénonciation sont clairs. Il ne s’agit pour le procureur et ses auxiliaires d’ouvrir une nouvelle enquête. Il est question de retrouver le fond du dossier des enquêtes initiées en 2021 et de relancer l’audition des protagonistes ou des présumés auteurs de cet acte de justice populaire », explique-t-il.
En effet dans le communiqué N°006/EX/LDL/2026 signé par Charlie en date du 27 juillet 2026, la Ligue des Droits et Libertés condamne la justice populaire qui a conduit à l'exécution de deux suspects de vol à Baloum, et souligne que ce phénomène est un crime de sang.
Elle appelle à la reprise immédiate de l'enquête sur des incidents similaires passés et insiste sur la nécessité de respecter les droits humains. La LDL exhorte également la société civile à intensifier la sensibilisation contre cette pratique violente qui menace l'État de droit. En faisant allusion aux jeunes torturés et brulés vifs à l’entrée de la chefferie supérieure Fondjomekwet dans la nuit du 27 au 28 octobre 2021, le communiqué de la Ldl souligne que « la responsabilité du chef supérieur de cette localité avait été mise en cause dans cette affaire. Selon des sources, l’enquête ouverte aurait été abandonnée, et les auteurs présumés seraient toujours en liberté. »
Considérant qu’ « un Etat de droit ne s’aurait s’accommodé d’une justice à tête chercheuse, la Ldl demande afin insistance et sans délai la reprise des enquêtes sur les évènements survenus à Fondjomekwet afin que les auteurs soient traduits devant les tribunaux, jugés et les coupables punis selon la loi. » Il évoque l’article 7 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui dispose : «Tous sont égaux devant la loi et ont droit, sans discrimination, à une égale protection de la loi. »
Courant le mois d’aout dernier, au cours d’une conférence de presse organisée par le Collectif Justice pour tous, pilotée par Philippe Roger Tamkou Ngouo, et la ligue des droits et des libertés dans un hôtel de Bafoussam, Charlie Tchikanda a réaffirmé cette préoccupation. Ayant saisi le procureur de la république près des tribunaux de Bafang, le préfet du département du Haut-Nkam, le ministère de l’Administration territoriale et le ministère de la justice afin que justice soit rendue pour Simieu, un jeune originaire de Fondjomekwet qui se trouvait au rang des trois présumés malfrats torturés et brulés, Philippe Roger Tamkou Ngouo a lâché son indignation au cours de cette conférence de presse. « Il faut que la vérité et la justice triomphent pour permettre aux familles de faire le deuil », conclut-il-il.
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