Justice à deux vitesses au Cameroun : L'affaire Me Nkom ravive le débat sur l'application sélective
© Camer.be : Avec AFDD | 19 déc. 2024 12:59:31 | 3949Une nouvelle polémique enfle au Cameroun concernant l'application manifestement sélective des lois, alors que les autorités intensifient leur pression sur Me Alice Nkom et le REDHAC. Cette situation met en lumière le contraste saisissant entre le zèle déployé envers certains acteurs de la société civile et l'apparente impunité dont jouissent les responsables présumés de vastes détournements publics.
L'acharnement présumé contre ces défenseurs des droits humains soulève des questions cruciales sur les priorités de la gouvernance camerounaise. Alors que Me Nkom fait l'objet d'une attention soutenue des autorités, plusieurs scandales financiers majeurs demeurent sans suite judiciaire apparente : le scandale du Covid-gate impliquant 180 milliards de francs CFA, l'affaire de la CAN totalisant plus de 1000 milliards, ou encore le pillage de la CAMPOST.
Cette application des lois à géométrie variable révèle une disparité troublante dans le traitement des dossiers. D'un côté, une association de défense des droits de l'homme fait l'objet d'investigations poussées pour une présumée aide financière étrangère, de l'autre, les responsables de détournements massifs de fonds publics semblent jouir d'une remarquable tranquillité.
Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de gouvernance questionnée après 42 années du même régime. À l'approche de la présidentielle de 2025, ces contradictions dans l'application de la justice alimentent les frustrations populaires et renforcent les appels au changement. La destruction des forêts, les manipulations électorales présumées en 2018, et d'autres scandales non résolus témoignent d'une gestion qui, selon de nombreux observateurs, s'éloigne des standards d'un État de droit.
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