Le Nigeria fait appel à des mercenaires contre Boko Haram
© Source : lemonde.fr | 13 mars 2015 01:05:18 | 10264Selon des sources diplomatiques et sécuritaires, le Nigeria a fait appel à des mercenaires sud-africains et de l’ex-Union soviétique pour l’aider dans sa lutte contre la secte islamiste Boko Haram.
Leur nombre porte entre 200 et 400 personnes, croit savoir un diplomate basé à Abuja, la capitale fédérale nigériane. Une source ouest-africaine évalue leur salaire quotidien à environ 400 dollars (375 euros).
Le gouvernement nigérian a refusé de faire le moindre commentaire, renvoyant les journalistes vers un porte-parole de l’armée qui, à son tour, n’a pas souhaité répondre.
Lire aussi : L’allégeance à hauts risques de Boko Haram à l’EI
Ces rumeurs sur la présence de mercenaires ont pris de l’ampleur depuis la publication il y a une semaine sur Twitter d’une photo d’un homme blanc habillé en kaki et portant un gilet pare-balles à bord d’un véhicule blindé circulant dans les rues de Maiduguri (nord-est), une ville dont Boko Haram veut faire son « califat » islamique.
Un journaliste de Reuters qui connaît bien Maiduguri a pu confirmer que la photo y a bien été prise et des détails, comme la présence d’affiches électorales, montrent qu’il s’agit d’un cliché récent.
Mercredi 11 mars, le président Goodluck Jonathan, qui sollicite un nouveau mandat présidentiel, a déclaré dans un entretien accordé à La Voix de l’Amérique que deux entreprises fournissaient des « instructeurs et techniciens » à l’armée nigériane, sans préciser leur nom, leur nationalité ni leurs effectifs.
Quel impact sur les combats ?
Une source sécuritaire ouest-africaine et une source militaire sud-africaine ont cependant déclaré que les soldats étrangers étaient liés aux dirigeants d’une ancienne société sud-africaine de sécurité, Executive Outcomes, connue pour son implication dans la guerre civile qui a déchiré l’Angola de 1975 à 2002 et dans la lutte contre la rébellion en Sierra Leone en 1995.
La société a été dissoute en 1998 sous la pression de Pretoria qui cherchait à débarrasser l’Afrique du Sud de son imposant secteur de la sécurité privée.
« Cela ressemble à un stratagème de dernière minute pour obtenir quelques succès sur le terrain en six semaines et obtenir un coup de pouce électoral », analyse un diplomate à Abuja.
Leur impact réel sur le déroulement des combats reste difficilement quantifiable, même si la campagne militaire menée contre Boko Haram commence à porter ses fruits depuis quelques semaines.
Cette offensive a pris une nouvelle dimension depuis la décision du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Bénin de mobiliser des milliers d’hommes pour aider le Nigeria à venir à bout de l’insurrection.
L’annonce de la présence au Nigeria d’instructeurs sud-africains n’a pas été du goût du gouvernement de Pretoria, dont la ministre de la défense Nosiviwe Mapise-Nqakula a fait part de son mécontentement et rappelé que la loi sud-africaine interdit l’utilisation de mercenaires.
« Ce sont des mercenaires, qu’ils entraînent, apportent leur savoir-faire ou fassent du repérage. Ils n’ont rien à faire là-bas », a-t-elle déclaré aux médias sud-africains.
Commentaires
Lire aussi
Me Zeifman à René Sadi : « Vous n'êtes pas un homme d'État »
Nécrologie/ Football : Le dernier coup de tête de Jean Manga Onguéné
Cerlin Belinga : le magistrat qui monnayait la liberté à Yaoundé
Féminicides / Novembre 2026 : Ces engagements aux lois qui placent le parlement face à l'histoire
BAZOU EXPO DAYS 10 AU 18 OCTOBRE 2026 : LE PARI FOU DU MAIRE BÂTISSEUR DR FRÉDÉRIC DJEUHON
Presse sportive : Vincent Radureau transmet 34 ans d’expérience
IHS Cameroon Partners with Orange Cameroun to Launch DIGIT4HER, Empowering 200 Young Women
Trois jeunes hommes retrouvés morts à Muea, près de Buea
Journée mondiale des enseignants:Le souvenir douloureux de Hamidou, mort après 10 ans sans salaire
Université de Yaoundé II : la rentrée est bien réelle à Soa
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
il y a un mois
il y a un an