L'accès au logement idoine devenu un facteur clé de l'exclusion sociale en Belgique
© Camer.be : Hugues SEUMO | 10 déc. 2025 07:22:42 | 4497La situation économique d'une part sans cesse croissante de la population se détériore au fil du temps : en d'autres mots, la pauvreté, gagne du terrain. Tous les loyers sont à la hausse et l'offre de logements décents à prix normal est en chute libre. Et ce qui est rare devient évidemment cher !
Si vous avez plusieurs enfants, de faibles revenus, si vous êtes d’origine étrangère, ou encore si par malchance vous cumulez ces défauts, vous savez à quel point la recherche d’un logement devient une aventure périlleuse, parfois blessante.
Cette hausse continue frappe évidemment de plein fouet les groupes défavorisés ce qui revient à dire un belge sur deux !
Vous remplissez les conditions pour un logement social mais quatre, cinq ans d’attente voire six ou plus. Découragé, vous promenez votre regard sur les petites annonces. Dès que vous trouvez une annonce, oups !! Vous notez les coordonnées. L’enthousiasme retombe. Au téléphone, votre accent laisse découvrir qui se cache au bout du fil. L’appartement de vos rêves s’envole alors au fil des réponses.
Que dire des marchands de sommeil ?
Ils sont de plus en plus nombreux. Ces propriétaires zélés qui louent des logements complètements insalubres à des prix exorbitants dans l’impunité la plus complète. L’Etat a pourtant légiféré dans ce sens, mais comme souvent, la loi est inefficace.
A la lecture des affiches annonçant la location d'un appartement, maison unifamiliale ou d'un kot, l'on s'aperçoit avec une méticulosité particulière, que certains propriétaires d'immeubles insalubres les louent à des prix exorbitants dans l'impunité la plus complète.
L'on a même parfois vu sur certaines affichettes des bailleurs brandir des prix, les changer en fonction de la demande elevée avec pour corollaire l'augmentation du prix etc.
Franchement, Il est impératif d'augmenter l'offre, depuis le logement social jusqu'aux unifamiliales.Il est impératif de réinvestir dans la construction. Et si les moyens sont limités, essayons d'être intelligents.
Il y a d'abord tous ces logements vides !
Depuis les 'chancres' jusqu'aux maisons de maître aux volumes démesurés. Il faut investir plus et plus vite dans la rénovation des premiers; il faut réaménager les seconds en faisant appel à nos brillants architectes. Ces derniers sont nombreux, sans emploi et n’attendent que leur sollicitation.
Commençons, comme à Berlin, par (réellement et sans exception) taxer tous les immeubles vides depuis plus de 6 mois, dans une formule progressive de forme exponentielle : cela remettrait très vite pas mal de biens sur le marché locatif.
Chacun connaît dans son quartier ces immeubles encore en bon état mais abandonnés depuis longtemps… pour des raisons pas toujours très claires !
Il existe une solution hollandaise pour rendre abordable le prix des maisons individuelles et des grands appartements (à 3 ou 4 chambres). Une formule à mi- chemin entre la propriété et la location: Le bail emphytéotique de 99 ans.
Une régie foncière régionale rachèterait des maisons existantes (par exemple les nombreuses maisons abandonnées) ou mieux encore en construirait, pour les céder ensuite en emphytéose.
Ces propositions, ces solutions tiennent la route: il suffit d'avoir et le courage et la volonté de les mettre en œuvre.
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