Lana Rhoades : « Effacez mes 400 vidéos »
© Camer.be : Toto Jacques | 26 oct. 2026 13:36:00 | 444Devenue mère, l’ancienne star du X Amara Maple, connue sous le nom de Lana Rhoades, demande publiquement la suppression de plus de 400 vidéos de sa carrière adulte, invoquant la manipulation de ses débuts et la protection de son enfant.
Il y a des demandes qui ne se négocient pas. Celle de Lana Rhoades n’est pas une demande de droit à l’oubli au sens juridique du terme. C’est une supplique. Une mère qui parle de son fils. Une femme qui dit avoir été « manipulée » à 19 ans et qui voudrait que le monde efface la trace de ce qu’elle considère aujourd’hui comme une erreur. Le problème, c’est que le monde numérique n’efface presque jamais rien.
Une carrière de moins d’un an, une empreinte de dix ans
Amara Maple est entrée dans l’industrie du cinéma pour adultes en 2016. Elle avait 19 ans. Elle en est sortie moins d’un an plus tard, selon plusieurs médias. Entre-temps, elle a tourné des centaines de scènes. Elle est devenue, en quelques mois, l’un des noms les plus recherchés du secteur.
Dix ans après, elle est mère. Et elle demande que tout disparaisse.
La première fois qu’elle a formulé cette demande publiquement, c’était dans une vidéo de novembre 2025. Elle y apparaît en larmes. Elle parle de son fils. Elle parle de ce qu’elle ne veut pas qu’il voie. La séquence a été reprise, découpée, sous-titrée, et elle a circulé bien au-delà de sa base de fans. En 2026, l’affaire a refait surface à plusieurs reprises, notamment en mai et en octobre, portée par des comptes d’actualité et des débats sur les réseaux.
Ce qu’elle dit, mot pour mot
La citation la plus reprise est celle-ci :
« J’avais 19 ans, j’étais fauchée et manipulée je veux que chaque vidéo disparaisse pour que mon fils ne voie jamais sa mère comme ça. » Elle est attribuée à Lana Rhoades par de nombreux médias, dont IndiaTimes, qui la reprend dans un article consacré à sa démarche.
Dans d’autres prises de parole, elle va plus loin. Elle affirme que l’industrie l’a « manipulée et mise sous pression » dans des situations qu’elle ne comprenait pas pleinement à l’époque. Elle dit aussi que certains tournages ont été « traumatisants » et qu’ils ont été le déclencheur de son départ.
Elle ajoute une dimension qui rend sa demande encore plus complexe : elle n’a pas les droits sur une grande partie de ces vidéos. « Beaucoup de vidéos sur lesquelles je n’ai aucun droit, sinon je les aurais probablement toutes supprimées à l’heure qu’il est », a-t-elle déclaré lors d’un podcast, selon TotalProSports.
Autrement dit : même si elle le voulait, elle ne pourrait pas les retirer elle-même.
Pourquoi sa demande est presque impossible à satisfaire
Le problème n’est pas la volonté de Lana Rhoades. Le problème est structurel.
Les vidéos qu’elle demande à voir disparaître ne lui appartiennent pas. Elles appartiennent aux studios qui les ont produites, puis aux plateformes qui les hébergent, puis, en pratique, à tous ceux qui les ont téléchargées, recopiées, republiées. Le droit d’auteur, aux États-Unis comme ailleurs, protège l’œuvre, pas la personne qui apparaît dedans. Une performeuse adulte signe, à ses débuts, des contrats qui cèdent l’exploitation de son image pour une durée qui, souvent, dépasse largement ce qu’elle avait imaginé.
« Elle demande quelque chose que le système n’est pas conçu pour accorder », résume un juriste spécialisé dans les droits à l’image, joint par téléphone, qui a requis l’anonymat. « Le retrait d’un contenu pour lequel on a signé une autorisation est possible dans certains cas, mais cela passe par des négociations, des accords, parfois des contentieux. Pas par un appel public. »
Il existe pourtant des précédents. Des performeuses ont obtenu le déréférencement de certains contenus en invoquant le droit à l’image ou la protection de la vie privée, notamment en Europe. Mais ces victoires sont partielles, lentes, coûteuses. Et elles ne concernent jamais l’intégralité d’une filmographie.
Un débat qui dépasse son cas personnel
La demande de Lana Rhoades a rouvert une discussion que l’industrie préférerait éviter : celle du consentement à long terme. Peut-on consentir, à 19 ans, à ce que son image soit exploitée pour toujours ? Le droit répond oui, en signant un contrat. La morale, elle, est moins catégorique.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont tranchées. Certains soutiennent sa démarche. D’autres rappellent qu’elle a été payée pour ces tournages et que le regret, aussi sincère soit-il, ne suffit pas à annuler un contrat. Une internaute a résumé la fracture dans un post devenu viral : « Elle a le droit de regretter. Elle n’a pas le droit d’exiger qu’on efface ce qu’elle a vendu. » Un autre a répondu : « Elle n’a pas vendu. Elle a été exploitée. Nuance. »
Le débat ne se règlera pas dans les commentaires.
Lana Rhoades est-elle parvenue à faire retirer ses vidéos ?
Nous n’avons pas de confirmation officielle. Elle affirme ne pas détenir les droits sur une grande partie de son catalogue. Des demandes de retrait ont peut-être été adressées aux plateformes, mais nous n’avons pas pu vérifier leur nombre ni leur issue.
Pourquoi dit-elle avoir été « manipulée » ?
Elle affirme qu’à 19 ans, sans argent et sans expérience, elle a été mise sous pression et placée dans des situations qu’elle ne comprenait pas pleinement. Elle n’a pas porté d’accusations nominatives contre des personnes ou des studios.
A-t-elle porté plainte ?
Aucune information publique ne permet de l’affirmer. Nous n’avons pas pu joindre ses représentants.
Le retrait de ces vidéos est-il juridiquement possible ?
Dans certains cas, oui, via des accords ou des décisions de justice fondées sur le droit à l’image ou la vie privée. Mais cela reste partiel, long et incertain. Le contrat signé à ses débuts est l’obstacle principal.
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