11,4 milliards FCFA de redressements : Congelcam sort du silence
© Camer.be : Avec Ja | 06 nov. 2026 15:57:00 | 1824Le patron de Congelcam dénonce des pressions fiscales et portuaires. Derrière, l’ombre de la présidentielle de 2018 et d’un soupçon jamais prouvé.
Congelcam sort du silence, et pose ses chiffres
Sylvestre Ngouchinghe n’accordait jamais d’interview. Le patron de Congelcam, empire du poisson congelé au Cameroun, préférait le silence. Courant octobre, ses responsables ont organisé une conférence de presse. Ils ont dénoncé des pressions administratives, fiscales et portuaires. Ils les jugent « injustes ».
Il ne s’agit pas d’un communiqué de l’entreprise. C’est un article de presse qui reprend les doléances de Congelcam, les confronte à des faits et laisse ouvertes les questions qu’il ne peut pas trancher.
Un chiffre d’abord : 11,4 milliards FCFA. C’est le montant global de trois redressements fiscaux subis par Congelcam en quatre ans, selon les responsables de l’entreprise. Le texte ne détaille pas les motifs de chaque redressement. Il ne dit pas non plus si ces montants ont été payés, contestés ou annulés.
Quotas, douanes, félicitations : les griefs de Congelcam
Les responsables de Congelcam évoquent aussi une baisse de leur quota d’importation. Ils affirment que certains concurrents bénéficiaient de décotes de droits de douane. Ils ajoutent avoir été systématiquement exclus de la liste des entreprises devant recevoir les félicitations de la douane, alors que Congelcam en est l’une des plus importantes contributrices.
Ces griefs ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un feuilleton plus long. Le plus gros épisode reste celui du port de Douala, en 2023.
Port de Douala 2023 : les conteneurs débranchés
En 2023, les conteneurs réfrigérants de Congelcam ont été débranchés du système d’alimentation en électricité au port de Douala. Des tonnes de marchandises sont devenues impropres à la consommation. Perte estimée par l’entreprise : près de 13 milliards FCFA.
L’article ajoute une conséquence bancaire : Congelcam aurait perdu son statut d’entreprise de grand standing auprès de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC).
2018 : le nom mis à l’index
Le texte remonte plus loin. Fin 2018, après la présidentielle entre Paul Biya et Maurice Kamto, Chrispin Petang, chargé de mission du RDPC dans l’Ouest, affirme lors d’une réunion du comité central qu’une liste de personnalités originaires de sa région a financé le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Le nom du patron de Congelcam est cité.
Sylvestre Ngouchinghe a publiquement démenti. Il a réitéré son soutien à Paul Biya. Il fut l’un des plus importants financiers du RDPC durant cette élection. Le RDPC n’a jamais diligenté d’enquête pour établir la véracité des accusations de Chrispin Petang.
Deux mois après le scrutin, en décembre 2018, la commission nationale anti-corruption (Conac) publie un rapport. Elle évoque un non-paiement par Congelcam de droits de douane à hauteur de 32 milliards FCFA au titre de l’année 2014. Jusqu’en 2016, le poisson faisait partie des produits exonérés de droits de douane.
Un premier redressement suit en 2020, à 2,2 milliards FCFA. Un autre en 2022. Puis l’affaire des conteneurs en 2023. Puis les autres déconvenues. La chronologie est là. Le lien de causalité, lui, n’est pas établi.
« Officiellement, rien ne lie les accusations de connivence avec l’opposition portée par Chrispin Petang aux difficultés des entreprises de Sylvestre Ngouchinghe ». C’est une phrase clé. Elle ne disqualifie pas la question. Elle la pose proprement.
Les habitués des hautes sphères, y voient une connexion. Mais un soupçon partagé n’est pas une preuve. Et une coïncidence de calendrier n’est pas une démonstration.
Fokam, Ngouchinghe : deux stratégies face au soupçon
L’article compare le sort de Ngouchinghe à celui d’autres personnalités citées dans la même liste. Paul Fokam Kammogne, propriétaire d’Afriland First Bank, n’a plus remis les pieds au Cameroun depuis cette période, par crainte de répercussions sur ses activités, toujours selon le texte.
Ngouchinghe, lui, a choisi une autre voie. Il est sur tous les fronts. Il mène une offensive médiatique. Il fait aussi du lobbying en coulisses. Lors de la présidentielle de 2025, il a reçu chez lui le secrétaire général du RDPC, Jean Nkuete, en passage dans l’Ouest. Il a profité du tête-à-tête pour plaider en faveur de la levée de l’épée de Damoclès qui semble planer sur ses activités.
Le 5 novembre, il était lui-même à la tête d’une équipe de responsables de sa structure, conviée au ministère du Commerce. Objet de la réunion : les quotas d’importation de poissons congelés. Résultat : le principe d’une nouvelle répartition des quotas pour la fin de l’année a été adopté, avec un accroissement des parts de Congelcam.
Une petite victoire. Pas une sortie de crise.
Qui est Sylvestre Ngouchinghe ?
Le patron de Congelcam, une entreprise spécialisée dans le poisson congelé au Cameroun. Il n’accordait jamais d’interview avant la conférence de presse d’octobre.
Que dénonce Congelcam ?
Des pressions administratives, fiscales et portuaires jugées « injustes » : redressements, quotas réduits, décotes accordées à des concurrents, exclusion des félicitations de la douane.
Combien de redressements fiscaux ?
Trois en quatre ans, pour un montant global de 11,4 milliards FCFA, selon les responsables de l’entreprise.
Que s’est-il passé au port de Douala en 2023 ?
Les conteneurs réfrigérants de Congelcam ont été débranchés. Des tonnes de marchandises sont devenues impropres à la consommation. Perte estimée : près de 13 milliards FCFA.
Quel est le lien avec la présidentielle de 2018 ?
Chrispin Petang, chargé de mission du RDPC dans l’Ouest, a cité le nom de Ngouchinghe dans une liste de personnalités accusées d’avoir financé le MRC. Ngouchinghe a démenti. Le RDPC n’a jamais enquêté, selon le texte.
Est-ce que ces accusations sont prouvées ?
Non. L’article dit lui-même qu’officiellement, rien ne lie les accusations aux difficultés de l’entreprise.
Qu’a dit la Conac en 2018 ?
Elle a évoqué un non-paiement de droits de douane de 32 milliards FCFA au titre de 2014. L’article souligne que le poisson était exonéré jusqu’en 2016.
Où en est Congelcam aujourd’hui ?
Le 5 novembre, une réunion au ministère du Commerce a acté le principe d’une nouvelle répartition des quotas, avec un accroissement des parts de Congelcam.
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