Firmin Bakabé condamne les "allégations non fondées" sur la vie privée du Mindef Beti Assomo
© Correspondance : Firmin Bakabé | 25 sept. 2026 00:24:55 | 2833Firmin Bakabé est Camerounais. Il est le Président de l'Association pour la Promotion de la Démocratie, du Développement Économique et Social et de la Protection des Droits de l'Homme au Cameroun et en Afrique.
"Il faut bien que ça prenne fin : trop c'est trop
Paul CHOUTA a, depuis longtemps, franchi à mes yeux les limites de ce qui est acceptable dans l'espace public. Je prends aujourd'hui la parole non pour défendre un camp, mais parce que la banalisation de cette dérive est devenue insupportable.
Je ne connais pas personnellement le Ministre de la Défense. Je n'entends pas me prononcer sur le fond des affaires qui le concernent. Ce qui me révolte ici, c'est la méthode : un lynchage public, une mise à mort médiatique de deux pères de famille à travers des insinuations sur leur vie privée et intime. Des allégations non fondées, me semble-t-il, par la seule volonté de nuire sans aucun discernement.
Comme le rappelait Albert Camus, "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde." C'est exactement ce qui se produit lorsque l'insinuation tient lieu d'information.
On peut combattre un système gouvernant avec la plus grande fermeté. On peut dénoncer des actes, exiger des comptes, s'opposer frontalement à un homme ou à une gouvernance. C'est le propre de la démocratie. Mais doit-on pour autant détruire des hommes jusque dans leur intimité pour faire avancer une cause ? La diffamation, au sens de l'article 305 du Code pénal camerounais, demeure une infraction, même commise derrière un clavier.
À ceux qui applaudissent ce spectacle à coups de likes, d'émojis rieurs et de commentaires acerbes, je pose une question simple : avez-vous pensé, une seconde, à leurs enfants ? À leurs épouses ? À leurs parents ? À leurs familles qui lisent, qui voient, qui encaissent ?
Dans le même registre, je condamne avec la même fermeté les attaques répétées et les campagnes de dénigrement orchestrées contre le Général de Brigade Tobie Gabriel NGOLO NGOMBA. Il a, lui aussi, récemment été la cible d'insinuations et de procès en sorcellerie qui visent non pas son action, mais son honneur et sa dignité. On peut critiquer une institution, on ne devrait jamais instrumentaliser l'honneur d'un homme qui sert l'État pour régler des comptes politiques.
Quelle est, au fond, l'opportunité de telles publications ? En quoi l'exposition de la vie intime supposée de personnes constitue-t-elle un acte politique ? En quoi cela fait-il avancer le Cameroun ? Quel projet de société construisons-nous quand la rumeur, la calomnie, l'humiliation et l'assassinat de la réputation deviennent les armes ordinaires du débat public ?
Comme l'écrivait Voltaire, "La calomnie est comme la guêpe importune : si vous ne l'écrasez pas à la première attaque, elle revient avec une armée." À force de la laisser prospérer, nous l'avons normalisée.
Je m'adresse aussi à ceux qui nous gouvernent. Combien de temps encore allons-nous tolérer cette banalisation de la calomnie et du lynchage numérique ? Il est de la responsabilité première des pouvoirs publics de faire respecter le droit et de protéger chaque citoyen contre les abus, quelle que soit sa fonction, son appartenance ou son opinion.
Et je m'adresse enfin à ceux qui, directement ou indirectement, financent, encouragent ou laissent prospérer ces pratiques, parfois avec des ressources dont on peut interroger l'origine publique : quelle société sommes-nous en train de financer ? Car à force de nourrir ceux qui vivent de la destruction de la réputation des autres, nous participons, consciemment ou non, à notre propre destruction collective.
Qu'on m'insulte. Qu'on m'attaque. Je l'assume pleinement.
Je continuerai à dire non chaque fois que je considérerai que les limites de la dignité humaine sont franchies. Car au-delà des camps, des clans et des combats partisans, il demeure une exigence qui devrait nous rassembler : la responsabilité de préserver notre humanité commune et notre société.
Aujourd'hui, en tant que citoyen et président d'une organisation de défense de la dignité humaine, j'aurai simplement joué mon rôle de vigie.
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