Expo permanente : Barthélémy Toguo dialogue avec Auguste Rodin
© Camer.be : Alain Ndanga | 21 janv. 2026 09:16:48 | 2208L’œuvre de l’artiste camerounais investit quatre dessus de porte du Musée Rodin pour ainsi entrer en résonance avec l’héritage du plasticien français (1840 - 1917) afin d’initier une immersion subtile entre deux univers.
Paris, rue de Varenne, dans le 7ᵉ arrondissement. Le Musée Rodin se dresse à l’hôtel de Biron. Il est environ 13 heures, en le 14 janvier dernier. Le soleil peine à percer un ciel chargé de nuages. Les visiteurs, venus d’horizons divers, emmitouflés dans leurs vestes d’hiver, affluent. Avant d’entrer dans l’univers du maître de la sculpture moderne, les visiteurs s’attardent sur le parvis. Smartphones en main, chacun immortalise l’architecture du musée. Elle reflète à la fois la grandeur et la rigueur de l’homme auquel l’institution rend hommage. Chaque année, près de 700 000 personnes franchissent les grilles de ce lieu emblématique. Le Musée Rodin figure parmi les institutions muséales majeures de France.
« J’ai toujours rêvé d’être en immersion avec l’œuvre d’Auguste Rodin », confie Antony, étudiant belge en histoire de l’art. Il sait déjà qu’une seule journée ne suffira pas pour parcourir la collection du plasticien constituée de près de 6 800 sculptures, 8 000 dessins, 10 000 photographies anciennes et 8 000 autres objets d’art. Antony se résout de poser les yeux sur les plus emblématiques qui sont exposées dans la cour, d’honneur, dans le sous-bois ou dans l’enceinte de l’hôtel Biron : « La porte de l’enfer, le baiser, Le penseur », entre autres.
Barthélémy Toguo, « Artiste Unesco pour la paix »
À l’intérieur, l’émerveillement est immédiat. L’émotion gagne les salles. Tandis que les visiteurs entrent en communion avec les chefs-d’œuvre de Rodin, une surprise vient enrichir le parcours.
Dans la salle 4, quatre dessus-de-porte accueillent des œuvres de l’artiste contemporain camerounais Barthélémy Toguo, par ailleurs « Artiste Unesco pour la paix ». Il s’agit du quadriptyque Gaïn I à IV, réalisé en 2020 lors d’une résidence à l’Atelier Calder. Le cartel précise que les toiles ont été acquises la même année grâce au mécénat de Zhang Chengcheng.
Gaïn incarne l’originalité de la démarche plastique de Toguo. L’œuvre, à la croisée de la beauté et de l’engagement, évoque l’élément terre. Elle éclaire autrement le parcours muséal. Elle ouvre surtout un espace de confrontation féconde entre deux époques, deux esthétiques, deux manières de penser le corps, la matière et le monde.
La philosophie de Barthélémy Toguo s’inscrit dans ce rapport profond à la terre. Une pensée de la création qui trouve ici toute sa place. Cette présence s’inscrit dans la continuité de ses interventions récentes, notamment sur la ligne 5 du tramway de Montpellier, inaugurée le 20 décembre dernier.
Dans les salles 5 et 7, d’autres artistes contemporains dialoguent avec l’univers de Rodin. Le Français Jean-Paul Marcheschi y présente Riveder le stelle (2020), une œuvre marquée par l’élément feu. Le Chinois Li Xin investit, quant à lui, les dessus-de-porte avec un travail évoquant l’élément eau.
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