Actualité & Société

Diaspora économie politique réligion sérail société sport

International

françaiscamer françafrique géopolitique panafricanisme

Divertissement

insolite le saviez-vous people sans tabou

Santé & Bien-être

allô docteur santé

Culture

art cinéma livres musique

Libre Voix

le débat point du droit point de vue

Contenu audiovisuel

Camer Sopie
SOCIETE

Douala : son frère jumeau construit un immeuble, le bloc tue sa famille

Un immeuble R+4 en construction s'effondre sur une maison à Bonaloka, Douala III. Un père et trois enfants tués. Deux enfants sauvés par une course à la boutique.

Un chantier familial transforme une nuit ordinaire en tragédie absolue : quatre morts, dont trois enfants, et un survivant entre la vie et la mort.

Ce que l'on sait du drame de Bonaloka

Vendredi 9 octobre 2026, fin d'après-midi. Le quartier Bassa, lieu-dit Église EEC Bonaloka, dans l'arrondissement de Douala III. Un immeuble de quatre niveaux, encore en construction, se dresse derrière une maison faite de matériaux provisoires.

Un pan de cet immeuble s'est détaché. Il est tombé sur l'habitation voisine.

À l'intérieur, Elessa Sole, la quarantaine, et trois de ses enfants. L'homme est mort. Les enfants aussi. Trois enfants âgés de 11 mois, 6 ans et 7 ans.

Un autre enfant a été grièvement blessé. Il se trouvait samedi matin en soins intensifs.

Le maire de Douala, Roger Mbassa Ndine, est descendu sur les lieux samedi matin. Il a confirmé le bilan : quatre morts, dont trois enfants, et un blessé grave.

"Ce drame a coûté la vie à quatre personnes, dont trois enfants âgés respectivement de 11 mois, 6 ans et 7 ans, ainsi qu'un adulte", a déclaré le maire.

Les dépouilles ont été transférées à la morgue de l'hôpital Laquintinie.

Deux enfants échappent au drame

Le récit des circonstances est glaçant.

Deux autres enfants d'Elessa Sole ont eu la vie sauve. Leur père les avait envoyés à la boutique peu avant l'effondrement.

À leur retour, ils ont découvert la scène. Leur père mort. Leurs frères et sœurs morts. La maison écrasée sous le béton.

La mère des enfants était absente au moment des faits.D'autres enfants de la famille se trouvaient dans la maison : l'enfant du frère jumeau du défunt et celui de leur cousin, selon les premières informations recueillies.

Ces décès n'ont pas été confirmés dans le bilan officiel du maire, qui fait état de quatre morts. Une incertitude demeure à ce stade sur l'identité exacte de toutes les victimes.

Le frère jumeau propriétaire du chantier

Le détail qui donne au drame une dimension presque insoutenable : l'immeuble à l'origine de l'accident appartiendrait au frère jumeau d'Elessa Sole.

Les deux bâtiments sont construits sur le même terrain familial. Le R+4, selon les riverains, est la propriété du jumeau.

Joint par téléphone, un voisin qui a requis l'anonymat affirme que le chantier avançait "sans contrôle visible". Nous n'avons pas pu joindre le frère jumeau avant publication. Son rôle exact dans la conduite des travaux n'est pas établi à ce stade.

Une ville qui recense ses immeubles dangereux

Ce drame n'arrive pas dans un vide.

En août 2026, la Communauté urbaine de Douala (CUD) a identifié 31 bâtiments présentant des "défauts structurels", dont 19 exposant les occupants à un "risque imminent" d'effondrement.

Le maire Roger Mbassa Ndine avait alors rappelé que "toute opération de construction, d'extension, de surélévation, de modification substantielle ou de réhabilitation d'un bâtiment" est soumise à autorisation préalable.

La ville pointe du doigt les violations des règles d'urbanisme, les travaux non autorisés, l'usage de matériaux inadaptés et l'absence de suivi technique.

Un mois plus tôt, en juillet 2026, un immeuble s'était effondré à Bonamoussadi. Six morts, dont trois enfants.Le bâtiment avait été déclaré dangereux, évacué, placé sous scellés. Des familles l'avaient clandestinement réoccupé.

Le 23 juillet 2023, un immeuble R+4 s'était effondré au lieu-dit Mobil Guinness, à Douala. Trente-trois morts, selon les autorités de l'époque.

Douala vit avec ses chantiers. Et meurt sous eux.

Que va-t-il se passer maintenant ?

La mairie a annoncé un traitement "au cas par cas" des 31 bâtiments recensés. Évaluations techniques supplémentaires, mises en demeure, évacuations, scellés, démolitions si nécessaire.

Le maire a appelé les promoteurs au respect strict des règles et les habitants à signaler les fissures majeures, les affaissements, les craquements inhabituels.

Sur le terrain, la question qui monte à Bonaloka n'est pas celle des procédures. C'est celle de la responsabilité. Qui a autorisé ce chantier ? Qui a contrôlé la qualité du béton ? Pourquoi un immeuble en construction se trouve-t-il à quelques mètres d'une maison d'habitation ?


L'immeuble était-il autorisé ?
Nous n'avons pas pu le vérifier auprès des services d'urbanisme. Le maire de Douala n'a pas précisé, dans ses déclarations publiques, si ce chantier figurait parmi les 31 bâtiments signalés en août 2026.

Combien de personnes vivaient dans la maison ?
Le nombre exact n'est pas connu. Outre Elessa Sole et trois de ses enfants décédés, deux autres enfants ont survécu, et un enfant a été hospitalisé. D'autres enfants de la famille se trouvaient sur place selon des sources familiales non confirmées officiellement.

Le propriétaire du chantier est-il poursuivi ?
Aucune information officielle ne permet de l'affirmer à ce stade. Le lien de propriété entre l'immeuble R+4 et le frère jumeau du défunt repose sur des témoignages de riverains, non sur un document officiel consulté par notre rédaction.

Que dit la loi camerounaise sur les constructions voisines ?
Toute construction doit faire l'objet d'une autorisation préalable et respecter des distances minimales de sécurité par rapport aux bâtiments existants. Le maire de Douala a rappelé cette obligation dans une déclaration d'août 2026. L'application de ces règles est du ressort des services techniques de la Communauté urbaine.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

LE DéBAT

Canal de vie

partenaire

évènement

vidéo de la semaine

vidéo camer