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CENTRE DE PRODUCTION DES CNI DE DOUALA-BONANJO : LE CHANGEMENT

CENTRE DE PRODUCTION DES CNI DE DOUALA-BONANJO : LE CHANGEMENT, C’EST D’ABORD LA QUALITÉ DES HOMMES !

Police nationale : à Bonanjo, le respect de l’usager devient une priorité.

Traiter chaque usager avec dignité, sans discrimination liée à son origine, à son sexe, à sa religion ou à sa condition sociale : ce principe, que l’on associe généralement aux établissements hospitaliers, semble avoir trouvé une application remarquable au Centre de production des cartes nationales d’identité (CNI) de Douala-Bonanjo.

Et pourtant, nous sommes bien dans un service de la police camerounaise !

Pour s’en convaincre, il suffit de s’y rendre et d’observer le fonctionnement du dispositif mis en place pour accueillir et orienter les usagers.

Pendant plus d’une décennie, obtenir une carte nationale d’identité au Cameroun relevait parfois du parcours du combattant. Délais interminables, difficultés d’accès au service et tracasseries diverses ont longtemps alimenté les frustrations des citoyens. Mais depuis les réformes engagées en 2025 sous l’impulsion du délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, le processus d’identification connaît des évolutions qui méritent d’être observées de près.

À Bonanjo, l’efficacité du service public semble reposer sur un principe fondamental : la qualité des hommes et des femmes qui le font fonctionner.

Un accueil qui tranche avec les habitudes

Dès leur arrivée au GMI de Bonanjo, les usagers sont accueillis par des policiers chargés de les orienter vers les différentes tentes, en fonction de leurs besoins. Bien qu’ils ne relèvent pas directement du service d’identification, ces fonctionnaires contribuent activement à fluidifier le parcours des demandeurs.

Une organisation qui tranche avec les pratiques auxquelles de nombreux usagers des services publics camerounais ont longtemps été confrontés.

Sous les bâches, les policiers affectés au service d’identification poursuivent le travail d’accueil et d’orientation. L’objectif est clair : accélérer la prise en charge et permettre à chacun d’accomplir les formalités nécessaires dans les meilleures conditions possibles.

Une attention particulière est accordée aux personnes âgées de plus de 60 ans, aux femmes enceintes, aux mères accompagnées de leurs enfants ainsi qu’aux élèves.

Après la vérification de la conformité des dossiers, les demandeurs sont conduits dans une grande salle où près de 70 agents de police sont mobilisés pour les opérations d’enrôlement.

Une organisation qui donne à ce service public des allures de structure d’accueil où la gestion des flux et la prise en charge des usagers constituent des priorités.

Ondo Abessolo Craigg, l’homme au cœur du dispositif

Derrière cette dynamique se trouve un responsable dont le management semble imprimer une orientation particulière au fonctionnement du centre : le commissaire de police Ondo Abessolo Craigg.

Conscient des enjeux liés à la production des cartes nationales d’identité, aussi bien pour la sécurité nationale que pour la protection des usagers, il aurait fait de la discipline, de la probité et de l’intégrité des axes majeurs de son action.

Au centre, ces principes sont présentés comme des repères essentiels dans les rapports entre les fonctionnaires de police et les citoyens.

La discipline semble également occuper une place importante dans l’organisation du travail. Selon des sources internes, l’utilisation du téléphone portable est strictement encadrée pour le personnel de police pendant le service. Une mesure qui viserait à renforcer la concentration des agents, à limiter les distractions et à réduire les risques de pratiques inappropriées dans les interactions avec les usagers.

L’enjeu est de garantir un service davantage tourné vers le citoyen, dans un domaine aussi sensible que l’identification des personnes.

Quand le service public redore son image

Qui l’eût cru ? Un service de la police camerounaise où l’accueil, l’orientation, la discipline et la prise en charge des usagers semblent occuper une place centrale !

L’expérience observée au Centre de production des CNI de Douala-Bonanjo pose une question essentielle : et si la modernisation des services publics camerounais passait aussi, et surtout, par le changement des comportements, la discipline et le sens du service ?

Les réformes administratives et les moyens matériels sont indispensables. Mais sans des hommes et des femmes déterminés à servir les citoyens avec professionnalisme, aucune transformation durable n’est possible.

À Bonanjo, le dispositif en place mérite donc d’être observé et évalué dans la durée. Car au-delà de la délivrance d’une carte nationale d’identité, c’est la relation entre l’administration et le citoyen qui se joue.

Le véritable changement dans un service public ne se mesure pas uniquement à la rapidité des procédures, mais aussi à la dignité avec laquelle chaque citoyen est traité.

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