55% de femmes/filles victimes de violences
© Mutations : Aïcha Nsangou | 09 déc. 2015 09:31:38 | 15645La ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille l’a révélé dans une lettre adressée aux Camerounais.
Chaque jour, dans les colonnes des journaux, dans les rubriques faits divers des radios et télévisions, des histoires effroyables viennent rappeler aux Camerounais les violences dont sont victimes les femmes au quotidien. Le chiffre avancé par la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) lors d’une récente sortie démontre davantage l’ampleur de la situation. « Les enquêtes les plus récentes montrent que 55% des femmes/filles ont subi au moins une forme de violence au Cameroun», révélait alors la Minproff dans une lettre adressée aux familles camerounaises datée du 25 novembre dernier.
Mme Abena Ondoa rappelle également dans cette missive la nature de ces violences dont sont victimes les filles et femmes camerounaises. A l’occasion de la 9ème édition de la campagne mondiale «16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes au Cameroun», la patronne de ce département ministériel a dénoncé les violences que subissent les femmes. A qui ne savait pas à quoi renvoient ces violences, Marie Thérèse Abena Ondoa en rappelle la teneur. « Les violences faites aux femmes désignent tous ces actes et attitudes qui infligent des souffrances physiques, psychologiques ou morales aux femmes et aux filles, y compris la menace de tels actes », définit-elle.
Ces menaces sont donc des bastonnades et autres sévices corporels, les viols, l’inceste, les insultes et les traitements infâmants. La ministre ne s’arrête pas là. «Je parle de ces nombreuses filles contraintes de se marier avant l’âge de la majorité, qui croupissent sous le poids de la maternité, de celles-là qui ne peuvent pas poursuivre leurs études du fait des discriminations, d’une socialisation prédestinant les filles aux tâches reproductrices», écrit le ministre dans le cadre de cette campagne dont le thème est « De la paix à la maison à la paix dans le monde : une éducation pour tous ».
Mme Abena Ondoa se fait également le porte-parole « des veuves victimes d’ostracisme, d’isolement et de stigmatisation, accusées de mille maux, accusées d’être à l’origine de la mort de leurs maris… Que dire alors des mutilations génitales féminines, du harcèlement sexuel, du trafic des femmes et de ces travailleuses domestiques au salaire dérisoire, parfois contingent et incertain », poursuit la ministre. Saviez-vous que les jeunes filles et femmes que l’on fait danser à moitié nues à la télévision sont également des victimes ? Pour conclure, Marie Thérèse Abena Ondoa va inviter les uns et les autres à une meilleure considération de la femme en sa qualité d’être humain à part entière. La campagne mondiale «16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes» a été instituée par les Nations unies en 2007 dans le but de sensibiliser et de faire des plaidoyers en vue de l’éradication des violences faites à la gent féminine.
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