Zambie : le parlement confirme l'état d'urgence pour trois mois
© Source : Avec Africanews | 12 juil. 2017 11:25:45 | 4411Le Parlement zambien a largement approuvé mardi soir la très controversée déclaration d‘état d’urgence sollicitée la semaine dernière par le président Edgar Lungu à la suite d’une série d’incidents violents attribués à l’opposition.
Devant un hémicycle vide de tout élu hostile au chef de l’Etat, les députés de la majorité ont voté l’instauration de cette mesure d’exception, qui renforce les pouvoirs de la police, pour une période de quatre-vingt-dix jours.
Les députés du Parti uni pour le développement national (UPND, opposition) ont refusé d’assister au débat par solidarité avec leurs 48 collègues suspendus provisoirement pour avoir refusé d’assister à un discours du chef de l’Etat.
M. Lungu a invoqué la semaine dernière l’instauration de l’Etat d’urgence à l’issue de plusieurs incendies criminels dont il a attribué la paternité à l’opposition pour “créer la terreur”.
Principale cible du chef de l’Etat, le Parti uni pour le développement national (UPND) a nié ces allégations et l’a accusé de vouloir “tuer la démocratie”.
La Zambie, petit pays d’Afrique australe, a connu une relative stabilité jusqu’aux élections d’août 2016, marquées par plusieurs incidents violents entre partisans politiques rivaux.
M. Lungu a remporté de justesse ce scrutin, devançant le chef de l’UPND, Hakainde Hichilema, de seulement 100.000 voix.
Ce dernier, qui refuse catégoriquement de reconnaître la victoire de son rival qu’il dit entachée de fraude, est détenu depuis avril pour avoir tenté d’entraver le passage du convoi présidentiel. Il risque la peine de mort pour trahison.
Lors du débat devant le Parlement, le ministre de l’Intérieur Stephen Kampyongo a promis l’arrestation rapide des responsables de la vague d’incendies.
“Nous allons mettre un terme à tout ça. Si le rétablissement de la paix doit coûter des vies, tant pis”, a-t-il clamé.
Les tensions politiques qui pèsent depuis plusieurs mois dans le pays inquiètent vivement la société civile zambienne, qui dénonce la dérive autoritaire du président Lungu.
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