Tension électorale sur fond d'accusations de fraude à Yaoundé
© Camer.be : Toto Jacques | 17 oct. 2025 11:56:58 | 4578Le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 au Cameroun est marqué par de vives tensions, les résultats provisoires annoncés à Yaoundé faisant l'objet de contestations et d'accusations de fraude électorale. Le président sortant Paul Biya, 92 ans, candidat pour un huitième mandat, est opposé à une opposition dynamique, dont son ancien ministre Issa Tchiroma Bakary. Ce dernier, revendiquant la victoire, a suscité un engouement inattendu et constitue un défi sérieux pour le régime Biya, au pouvoir depuis 43 ans .
La capitale, Yaoundé, est devenue l'épicentre de la suspicion. Des procès-verbaux (PV) issus de certains bureaux de vote, affichant des taux de participation de 100 % et l'unanimité des suffrages pour le candidat sortant, sont dénoncés comme des fabrications par des observateurs et partisans de l'opposition. Ces irrégularités présumées jettent une ombre sur la crédibilité du processus et alimentent un climat de défiance. Le travail de la commission électorale, ELECAM, est au cœur des critiques, accusée par certains de partialité .
Face à cette situation, la stratégie de l'opposition a pris un tournant singulier. Contrairement aux cinq autres recours pour "annulation du scrutin pour fraude électorale" déposés auprès du Conseil constitutionnel, Issa Tchiroma Bakary a choisi de ne pas saisir l'institution. Son directeur de campagne a justifié cette position en estimant que le Conseil s'appuierait sur des procès-verbaux entachés d'irrégularités, qualifiant la démarche de "tronquée" . Il a plutôt promis de publier en ligne les PV qui, selon lui, prouvent "la vérité des urnes".
Cette période d'attente des résultats officiels, que le Conseil constitutionnel doit proclamer au plus tard le 26 octobre, est donc particulièrement tendue . Le ministre de l'Administration territoriale a mis en garde contre toute proclamation non autorisée des résultats, promettant "rigueur et fermeté" . Pendant ce temps, la société civile camerounaise et les observateurs internationaux suivent les événements avec une attention aiguë, appelant au calme et au respect des procédures légales. Cette élection pourrait marquer un tournant décisif pour l'avenir politique du pays, entre continuité et aspiration au changement.
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