L'ancien porte-parole de Tchiroma négocie avec le RDPC
© Camer.be : Paul Moutila | 25 août 2026 16:17:04 | 3309L'ancien porte-parole d'Issa Tchiroma à la présidentielle 2025, Jean Moïse Mbog, confirme être en négociation avec le RDPC après sa démission du FSNC.
Démissionnaire du FSNC en octobre 2025, l'ancien porte-parole d'Issa Tchiroma Bakary reconnaît aujourd'hui des discussions avancées avec le parti au pouvoir, un ralliement qui pourrait redessiner les équilibres politiques camerounais.
C'est un retournement qui secoue le microcosme politique camerounais. À peine neuf mois après avoir claqué la porte du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) d'Issa Tchiroma Bakary, le Dr Jean Moïse Mbog, son ancien porte-parole durant la présidentielle de 2025, reconnaît être en négociation avec le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.
L'homme qui dénonçait en octobre 2025 un parti devenu « une menace grave pour la stabilité et la paix » serait-il en train de rejoindre le camp qu'il combattait hier ? L'information, révélée par Times Television, pose une question brûlante : assiste-t-on à un ralliement stratégique ou à une véritable conversion politique ?
Une démission fracassante en octobre 2025
Le 29 octobre 2025, Jean Moïse Mbog adressait une lettre de démission à Issa Tchiroma Bakary, président national du FSNC. Après plus de dix ans de collaboration politique, le porte-parole officiel du candidat à la présidentielle choisissait la rupture.
Dans cette lettre, il évoquait « des incompatibilités devenues légions » et une dérive qu'il ne pouvait plus cautionner. Il reprochait à son ancien mentor son « inaccessibilité » et ses « positions radicales », influencées selon lui par un « courant de pensées externe ».
Mais au-delà des divergences politiques, c'est le drame post-électoral qui semble avoir scellé la décision de Mbog. Il déplorait « un profond sentiment de déception et de trahison face aux nombreux décès des innocents, des centaines d'incarcérations, des pillages des commerces et des entreprises citoyennes ».
La révélation qui change tout
Aujourd'hui, Jean Moïse Mbog va plus loin. Dans une interview accordée à Times Television, il confirme ce que beaucoup soupçonnaient : des négociations sont en cours avec le RDPC, le parti du président Paul Biya.
« Après avoir démissionné du FSNC, l'ancien porte-parole d'Issa Tchiroma à la présidentielle 2025, Jean Moise Mbog, reconnaît être en négociation avec le RDPC pour rejoindre le parti au pouvoir », rapporte la chaîne.
Cette déclaration, aussi brève que lourde de sens, transforme un simple départ en véritable séisme politique. Elle confirme les rumeurs qui circulaient déjà dans les cercles politiques yaoundéens depuis plusieurs mois.
Des soupçons qui remontent à la démission
Dès sa démission en octobre 2025, l'ancien porte-parole avait été soupçonné par les proches d'Issa Tchiroma de « rendre compte au camp adverse ». Certains observateurs estimaient alors qu'il était « de connivence avec certains membres du RDPC ».
Cette défiance n'était pas infondée. En août 2025, soit deux mois avant sa démission officielle, le Professeur Jean-Moïse Mbog affirmait avoir été envoyé par Issa Tchiroma Bakary pour négocier en secret à la Présidence de la République. Une mission qui, si elle est avérée, témoignait déjà de canaux de communication ouverts entre l'opposition et le pouvoir.
Le président du FSNC, informé de ces négociations, avait alors écarté Mbog de son cercle restreint.
Le RDPC, un parti qui attire
Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, parti au pouvoir depuis 1985, contrôle l'essentiel des institutions. Fort de sa victoire à la présidentielle d'octobre 2025 Paul Biya réélu avec 53,66% des voix le RDPC demeure la formation politique la plus puissante du pays.
Pour un opposant comme Jean Moïse Mbog, rejoindre le RDPC représente un pari risqué mais potentiellement payant. Cela signifie tourner le dos à plus d'une décennie d'engagement dans l'opposition, au risque d'être perçu comme un opportuniste par ses anciens camarades.
Un ralliement aux conséquences incertaines
Si les négociations aboutissent, Jean Moïse Mbog deviendrait l'un des rares cadres du FSNC à rejoindre le parti présidentiel. Un mouvement qui pourrait affaiblir davantage une opposition déjà fragilisée par les résultats de la présidentielle.
Le FSNC, dirigé par Issa Tchiroma Bakary, 79 ans, traverse lui-même une période trouble. Le parti a récemment annoncé sa participation aux élections législatives et municipales de 2026, après avoir longtemps prôné l'abstention. Une volte-face qui illustre les divisions internes et les hésitations stratégiques de la formation.
La démission de Mbog, suivie de ses négociations avec le RDPC, n'est peut-être que le premier acte d'une recomposition politique plus large.
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