Le New York Times et Le Monde révèlent que la FIFA savait Lionel Mpasi inéligible lors des barrages. La RDC a été qualifiée, le Cameroun éliminé.

Des documents internes de la FIFA montrent que l'instance savait Lionel Mpasi inéligible pendant les barrages africains, mais a choisi de ne pas sanctionner la RDC une décision qui a éliminé le Cameroun.

Le 6 octobre 2026, le New York Times et Le Monde publient une enquête commune. Elle s'appuie sur des documents internes de la FIFA. Le constat : la FIFA savait que Lionel Mpasi, gardien de la RDC, était inéligible lors des barrages africains. Elle a choisi de ne pas sanctionner. Le Cameroun a été éliminé par la RDC en novembre 2025. Les Lions Indomptables n'ont pas été au Mondial. Voici ce que les documents révèlent.

Ce que la FIFA savait

Le 6 octobre 2026, le New York Times et Le Monde publient une enquête commune. Elle s'appuie sur des documents internes de la FIFA. Le constat est sans ambiguïté. La FIFA savait que Lionel Mpasi, gardien de la République démocratique du Congo, était inéligible lors des matchs de qualification pour la Coupe du monde 2026.

Mpasi, 32 ans, est un ancien international français U17. Il n'a jamais finalisé le processus de changement d'affiliation fédérale auprès de la FIFA. C'est pourtant lui qui a gardé les cages de la RDC lors des barrages africains et pendant le Mondial 2026.

L'article 19 du code disciplinaire de la FIFA est clair. « Si un joueur prenant part à un match est déclaré inéligible à la suite d'une réclamation, l'équipe à laquelle il appartient est sanctionnée d'un match perdu par forfait et d'une amende de 6 000 francs suisses [6 500 euros] au minimum. »

Les matchs qui ont tout changé

Mpasi a disputé cinq matchs de qualification pour la Coupe du monde 2026. Parmi eux, une victoire en barrage africain contre le Nigeria en novembre 2025.

Ce match est le moment clé. La RDC élimine le Nigeria aux tirs au but. Le Cameroun avait déjà été éliminé par la RDC au tour précédent.

Selon les documents internes consultés par le New York Times et Le Monde, si les résultats de la RDC avaient été annulés dans les matchs où Mpasi a joué, le Burkina Faso aurait directement accédé aux barrages africains. Le Cameroun, lui, n'aurait pas été repêché.

La plainte nigériane et la décision de la FIFA

Le Nigeria a déposé une plainte formelle auprès de la FIFA. Il soupçonnait plusieurs joueurs congolais d'être inéligibles pour des raisons de nationalité et de fraude aux passeports.

La FIFA a reconnu que la RDC n'avait pas rempli les documents nécessaires pour permettre à Mpasi de changer de fédération. Elle a constaté l'infraction.

Mais elle n'a pas sanctionné.

La FIFA a rejeté la plainte nigériane pour « vice de forme ». Le recours aurait été déposé hors délai.

Les avocats disciplinaires de la FIFA avaient pourtant envisagé plusieurs options. Dans les documents internes, ils proposaient de laisser le Nigeria remplacer la RDC pour le barrage contre la Jamaïque, ou de rejeter la plainte pour des raisons techniques.

La FIFA a choisi la troisième voie. Aucune sanction. Aucune explication publique.

Véron Mosengo-Omba et le facteur Infantino

Le New York Times met en lumière un élément qui dérange. Au moment où la FIFA examinait l'éligibilité de Mpasi, Véron Mosengo-Omba préparait sa candidature à la présidence de la fédération congolaise de football.

Deux mois plus tard, il était élu.

Mosengo-Omba est un proche de Gianni Infantino. Les deux hommes ont étudié ensemble en Suisse. Ils ont été collègues à l'UEFA puis à la FIFA.

Selon un ancien responsable camerounais de la FIFA cité par le New York Times, les perspectives de Mosengo-Omba « auraient pu être compromises » si la RDC n'avait pas été qualifiée.

La FIFA a démenti toute implication d'Infantino. L'instance a déclaré que ses organes disciplinaires étaient indépendants et « décident des affaires sur la base des règlements applicables et des faits spécifiques qui leur sont soumis ».

L'ombre du Cameroun dans les barrages

Le Cameroun n'est pas cité dans l'enquête du New York Times et du Monde. Les documents internes de la FIFA mentionnent le Nigeria, la RDC, la Jamaïque, le Burkina Faso. Pas le Cameroun.

Mais les barrages africains de novembre 2025 se sont joués en deux temps. La RDC a d'abord éliminé le Cameroun. Puis le Nigeria. Avant de battre la Jamaïque en barrage intercontinental.

Chaque match compte. Chaque but. Chaque arrêt.

Lionel Mpasi était dans les buts congolais lors de ces rencontres. Il n'aurait pas dû y être. La FIFA le savait. Elle n'a rien dit.

Que dit la FIFA aujourd'hui ?

La FIFA a publié un communiqué le 6 octobre 2026. Elle « rejette catégoriquement toute insinuation selon laquelle le président de la FIFA interfère dans ces processus ».

Elle rappelle que la plainte nigériane « a été déclarée irrecevable » par son comité disciplinaire. « Cette décision disciplinaire a été communiquée au Nigeria au début du mois de mars 2026, et comme aucun appel approprié n'a été déposé, la décision est devenue définitive et contraignante. »

La FIFA ne dit pas pourquoi elle a ignoré ses propres conclusions sur l'inéligibilité de Mpasi. Elle ne dit pas pourquoi les avocats disciplinaires ont proposé des options qui n'ont pas été retenues. Elle ne dit pas pourquoi le règlement n'a pas été appliqué.

Nous avons contacté la FIFA pour obtenir des précisions. Nous n'avons pas reçu de réponse avant publication.

La jurisprudence qui dérange

La FIFA a déjà sanctionné des équipes pour des cas similaires. En 2016, la Grèce a été déclarée perdante pour avoir aligné un joueur inéligible. En 2018, la Bolivie a subi le même sort.

Dans ces deux cas, la sanction a été appliquée. Les règles ont été respectées.

Pourquoi pas cette fois ?

La section du code disciplinaire de la FIFA relative aux joueurs inéligibles précise que l'instance « peut agir d'office ». Elle a le pouvoir de traiter une affaire sans plainte.

La FIFA aurait pu agir. Elle ne l'a pas fait.

L'enquête du New York Times et du Monde ne s'arrête pas là. Elle intervient à un moment sensible. Les officiels du Congo, du Nigeria et du Burkina Faso sont attendus à un sommet de la Confédération africaine de football (CAF) au Cap-Vert. Gianni Infantino doit y assister.

La FIFA traverse déjà une zone de turbulences. L'affaire Folarin Balogun, l'attaquant américain dont la suspension a été annulée après un appel de Donald Trump, a fragilisé la présidence d'Infantino.

Le scandale Mpasi ajoute une couche. Il pose une question simple : la FIFA applique-t-elle ses règles de manière uniforme ? Ou les adapte-t-elle selon les circonstances ?


Qu'a révélé l'enquête du New York Times et du Monde ?
Le New York Times et Le Monde ont publié une enquête le 6 octobre 2026. Elle révèle que la FIFA savait Lionel Mpasi, gardien de la RDC, inéligible lors des qualifications au Mondial 2026. La FIFA n'a pas sanctionné la RDC.

Qui est Lionel Mpasi ?
Lionel Mpasi est un gardien de but franco-congolais de 32 ans. Il a été international français U17. Il n'a jamais finalisé son changement d'affiliation à la FIFA pour représenter la RDC. Il a joué cinq matchs de qualification et quatre matchs du Mondial 2026.

Pourquoi la FIFA n'a-t-elle pas sanctionné la RDC ?
La FIFA a rejeté la plainte nigériane pour vice de forme. Elle a estimé que le recours avait été déposé hors délai. Les avocats disciplinaires de la FIFA avaient pourtant envisagé des sanctions.

Quel est le lien avec Véron Mosengo-Omba ?
Véron Mosengo-Omba, proche de Gianni Infantino, préparait sa candidature à la présidence de la fédération congolaise au moment des faits. Il a été élu en mai 2026. Selon un ancien responsable camerounais de la FIFA cité par le New York Times, ses perspectives auraient pu être compromises si la RDC n'avait pas été qualifiée.