Deux suicides en trois mois dans l'Église catholique. Le Padré Charles est sorti de son silence.

Après avoir célébré la messe pour le repos de leurs âmes, le prêtre a publié un long message d'hommage à deux confrères décédés : le Père Benjamin Okwy Madu, prêtre nigérian décédé le 2 juillet 2026 à Gloucester aux États-Unis où il servait l'Archidiocèse de Boston, et le Père Bernard Card, curé français décédé dans la nuit du 4 octobre 2026 au presbytère Sainte-Chantal à Dijon, selon l'annonce faite le 5 octobre par l'Archevêque Antoine Hérouard.

Dans sa sortie, le Padré Charles refuse le jugement et propose 7 leçons à retenir.

"Un prêtre n'est ni Dieu ni le Christ : il est un être humain", rappelle-t-il d'entrée. "Il a un cœur. Il a des émotions. Il se fatigue. Il pleure. Il doute parfois. [...] Parfois, celui qui passe ses journées à écouter les problèmes des autres n'a personne à qui confier les siens."

Deuxième interpellation du prêtre : ne pas appeler un prêtre que pour un service. "Aujourd'hui, beaucoup de prêtres reçoivent des appels uniquement lorsqu'un fidèle a un problème spirituel, cherche de l'argent ou a besoin d'un service. Mais combien les appellent simplement pour demander : Mon frère, comment vas-tu réellement ?"

Le Padré Charles dénonce ensuite l'habitude d'attendre la mort pour reconnaître la valeur d'un prêtre, et invite à être attentif aux changements de comportement. "Si un prêtre devient silencieux, triste, distant ou s'isole soudainement, prends de ses nouvelles. Appelle-le. Invite-le à manger."

Il met également en garde contre le fait d'être une source supplémentaire de souffrance : "Quelque part, un prêtre lutte peut-être en silence contre la dépression, le découragement, le rejet, les critiques incessantes, les calomnies, la jalousie, les incompréhensions, les conflits, la solitude, l'épuisement pastoral."

Pour conclure sa sortie, le Padré Charles lance un appel direct :

"Si tu as un prêtre dans ta famille ou parmi tes amis, appelle-le aujourd'hui. Pas pour lui demander une messe. Pas pour lui demander de l'argent. Pas pour lui confier un problème. Appelle-le simplement pour lui dire : Je pensais à toi. Comment vas-tu réellement ? Je suis là si tu as besoin de parler."

Et de conclure : "L'Église peut lui donner un successeur, mais personne ne peut remplacer exactement la place qu'il occupait dans ta vie."