La marche devait partir de la montée SNI. Elle a pris la direction de l'esplanade du stade Omnisports de Yaoundé, en passant par Mobil Mvog-Ada, le carrefour Pakita, l'avenue Germaine, Mobil Essos, l'Hôtel du plateau, le carrefour du lycée Bilingue, Titi garage et Mobil Omnisports.

Le meeting de clôture s'est tenu à l'esplanade du stade Amadou Ahidjo.

L'initiative est d'Alain Christian Engoudou. Le récépissé de déclaration de manifestation publique a été délivré par le sous-préfet de Yaoundé 5, François Mabaya Essomba, selon le document consulté par notre rédaction.

Le rendez-vous était fixé pour ce samedi 10 octobre 2026.

Qui est Alain Christian Engoudou ?

Ce nom ne vous dit peut-être rien. Il commence pourtant à compter dans le paysage local de Yaoundé 5.

Homme d'affaires, propriétaire de Waldorf Entreprise, il est originaire du quartier Mvog-Ada. Élite de Nkolmesseng, il se présente comme un enfant du quartier revenu au pays.

En février 2026, il a porté le festival Waldorf Youth Vibes Solidaire 2026, un rassemblement de six jours mêlant football, soins gratuits et culture urbaine au complexe sportif de Mfandena.

« Il n'y a personne derrière moi, juste la solidarité et l'envie de voir mon village briller », avait-il déclaré lors du lancement.

En août 2026, il a distribué 500 kits scolaires à des enfants vulnérables de la commune. Le sous-préfet était présent.

Des gestes qui construisent une image. Et qui préparent un terrain politique.

Ce que dit la marche

La marche de ce samedi n'est pas un meeting de parti classique. Elle est présentée comme une initiative de jeunesse, portée par un acteur local, en dehors des structures officielles du RDPC.

Mais le message est clair : soutien au président Paul Biya, aux institutions, et à la politique présidentielle.

Ce positionnement n'est pas anodin. La commune de Yaoundé 5 est tenue par Augustin Bala, maire et président de section RDPC du Mfoundi 5. En mars 2026, lors du 41e anniversaire du parti, il avait rappelé le cap : « Nous nous tenons davantage près derrière lui pour le soutenir, notamment dans les grandes réformes institutionnelles et constitutionnelles qui s'annoncent. »

Il avait aussi évoqué le recrutement de plus de 250 jeunes à la mairie depuis 2020, et de plus de 400 autres dans le cadre du plan spécial d'assainissement financé par la Présidence.

La jeunesse, à Yaoundé 5, est un électorat qu'on travaille. Et qu'on compte.

Le contexte national

La marche de Yaoundé 5 intervient dans un moment politique tendu.

Paul Biya a été réélu le 12 octobre 2025 pour un huitième mandat. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Douala, Garoua et Yaoundé. Le gouvernement a reconnu « plusieurs dizaines » de morts. Des organisations internationales ont documenté des violences.

Dans son discours du 10 février 2026, à la veille de la Fête de la Jeunesse, le président a remercié les jeunes pour leur « précieux soutien » et promis de leur faire une place dans le prochain gouvernement et à la tête des entreprises publiques.

Un an après, où en est cette promesse ? La question travaille une partie de la jeunesse camerounaise.

À Yaoundé 5, ce samedi, la réponse était dans la rue : pas de contestation, mais une démonstration de fidélité.


Qui a initié la marche de Yaoundé 5 ?
Alain Christian Engoudou, homme d'affaires et figure locale du quartier Mvog-Ada, à Yaoundé 5.

Quel était l'itinéraire de la marche ?
Du montée SNI à l'esplanade du stade Omnisports, en passant par Mobil Mvog-Ada, Pakita, l'avenue Germaine, Mobil Essos, l'Hôtel du plateau, le lycée Bilingue, Titi garage et Mobil Omnisports.

La marche était-elle autorisée ?
Oui. Un récépissé de déclaration de manifestation publique a été délivré par le sous-préfet de Yaoundé 5, François Mabaya Essomba.

Combien de personnes ont participé ?
Notre rédaction n'a pas pu obtenir de chiffre officiel avant publication. Des milliers de jeunes ont répondu présents selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place.