À Ndokoti, Douala, une femme de 20 ans est surprise en train de collecter l'urine d'un client dans un bidon. Interpellée, elle reste muette. Le mystère reste entier.

Dans le quartier chaud de Ndokoti, à Douala, une jeune femme a été surprise par son client en train de transférer ses urines dans un petit bidon. Les deux ont été gardés à vue.

Il a demandé ses urines. Comme on demande un objet oublié. « Remets-moi mes urines ! » La phrase, rapportée par Cameroon Tribune, a de quoi faire sourire. Elle a surtout fait débarquer la police.

Mercredi soir, à Ndokoti, dans l'arrondissement de Douala III. Un quartier qu'on connaît pour autre chose que les faits divers.

Le « Couloir du sexe » : un quartier qui vit 24 heures sur 24

Ndokoti. L'arrondissement de Douala III. Le lieu-dit « Couloir du sexe ».

Le nom dit tout. Le business de la chair y tourne jour et nuit. Les chambres de passage s'y louent à l'heure. Les clients y viennent en habitués. Martin, un trentenaire sans profession selon la police, en fait partie.

Mercredi, il s'y rend « comme d'habitude », rapporte Cameroon Tribune. Il mange. Il boit. Il recrute une fille de joie. Il consomme.

Anastasie, 20 ans, est cette fille. Ce soir-là, elle n'est pas seulement une source de plaisir. Elle est aussi, aux yeux de la police, une source de colère.

Ce qui s'est passé dans la chambre

Martin connaît les lieux. Il connaît les règles. Mais cette fois, son ami lui a mis la puce à l'oreille.

Certaines filles du quartier se livreraient à une pratique suspecte : collecter l'urine des clients après l'acte. L'ami a parlé. Martin a écouté. Il a décidé de vérifier.

Après l'acte, il se rend aux toilettes pour se soulager. Puis il retourne se coucher. Les yeux fermés. Mais il ne dort pas. Il écoute.

Anastasie se lève à son tour. Elle se dirige vers la salle d'eau. Le bruit de l'eau ne vient pas. Pas de chasse d'eau. Pas de jet dans le bidet. Silence.

Martin attend. Le silence devient suspect. Il se lève. Il va à la salle de bain. La porte est fermée. Il toque. Pas de réponse. La porte ne tient qu'à un clou. Il la force. Sans trop d'effort.

Et là, il voit.

Anastasie tient un récipient en plastique qu'elle a placé dans le bidet. Elle transfère le contenu dans un petit bidon. Le client a uriné. La fille a collecté.

« Tu veux faire quoi avec mes urines ?! » crie Martin. Il demande qu'on lui rende sa miction. Anastasie ne répond pas. Elle ne rend rien.

Martin hausse le ton. Des clients voisins arrivent. Puis un responsable du poste de police du coin.

La police, le bidon, et le silence

L'officier est arrivé. Il a demandé à Martin de vider le bidon dans le bidet. Puis de tirer la chasse.

Ainsi ont disparu les urines problématiques. L'objet du litige. Le mystère liquide.

Anastasie, elle, est restée muette. Obstinément muette sur les motivations de son acte. Les deux acteurs du vaudeville ont été gardés à vue pour trouble à l'ordre public.

Mais la question reste posée. Pourquoi collecter l'urine d'un client ? Et pourquoi le faire dans un bidon, discrètement, après l'acte ?

Urine, rituels et croyances : ce que l'on sait, ce que l'on ignore

La collecte d'urine n'est pas un geste anodin. Dans certaines pratiques traditionnelles ou croyances populaires, l'urine est utilisée comme ingrédient dans des rituels.

Un ami de Martin lui avait parlé d'une pratique suspecte. « Certaines belles de nuit se livraient, depuis peu, à la collecte de l'urine des clients. En général après l'acte. » C'est ce qu'il a rapporté à l'enquêteur.

Depuis peu. Le mot est important. Il suggère une pratique qui se serait installée. Peut-être organisée. Peut-être pas.

Le trouble à l'ordre public : une qualification qui masque l'essentiel

La police a retenu le trouble à l'ordre public. Pas la collecte d'urine en elle-même.

Le droit camerounais ne prévoit pas de disposition spécifique sur la collecte d'urine. Le litige a dégénéré. Des voisins sont intervenus. La police est venue. Les deux ont été embarqués.

Mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est ce silence d'Anastasie. Et ce qu'il dit d'un quartier, d'une économie souterraine, et de pratiques qui échappent à la loi.

Le « Couloir du sexe » n'est pas qu'un lieu de passage. C'est un écosystème. Des chambres. Des clients. Des filles. Des intermédiaires. Et parfois, semble-t-il, des collecteurs.

L'affaire a fait le tour des rédactions. Cameroon Tribune l'a rapportée. Les réseaux sociaux s'en sont emparés. Entre moqueries et inquiétudes.

Martin a récupéré ses urines. Ou plutôt : elles ont été jetées dans le bidet sur ordre de la police. Il n'a rien gagné. Anastasie n'a rien dit.

La question qui reste : combien d'autres clients ont uriné dans un bidon sans le savoir ? Et pour quoi faire ?


Que s'est-il passé exactement à Ndokoti ?
Un client d'une chambre de passage a découvert qu'une femme de 20 ans collectait son urine dans un bidon après l'acte. Il a alerté la police. Les deux ont été gardés à vue pour trouble à l'ordre public.

Pourquoi collectait-elle l'urine ?
Elle n'a pas répondu aux questions. Aucune motivation n'a été officiellement communiquée. Des pratiques rituelles ou traditionnelles sont parfois évoquées dans ce type d'affaire, mais rien ne permet de le confirmer ici.

Où se trouve le « Couloir du sexe » ?
À Ndokoti, dans l'arrondissement de Douala III, au Cameroun. C'est un secteur connu pour son activité de prostitution 24 heures sur 24.

Y a-t-il eu des suites judiciaires ?
Les deux personnes ont été gardées à vue pour trouble à l'ordre public. Nous n'avons pas pu obtenir d'informations sur d'éventuelles poursuites supplémentaires.