Il n’y a plus de doute que, j’ai faim, tu as faim, il ou elle a faim, nous avons faim…Depuis plusieurs années, plusieurs Camerounais ne savent plus où donner de la tête. 

Un litre d’huile de palme entre 800 ou 1500 francs CFA, une baguette de pain à 125 ou 135 francs CFA, trois bananes à 100 ou 200 francs CFA, un kilogramme de viande (Sans os) 3500 et avec os 3000 frs CFA... Il n'est presque plus possible de se procurer les produits de premières nécessités à des seuils raisonnables. Le gaz, l'électricité et l'eau qui sont hors de prix, le taxi, les loyers, même le jus et la bière n’échappent pas à cette flambée de prix.

Sous d’autres cieux, la population serait déjà descendue dans la rue pour décrier cette situation difficile dans laquelle elle vit. Nous avons vu en Côte d'Ivoire, la population descendre dans la rue à cause de 55 francs CFA en plus sur les tickets de bus. Nous avons également vu au Mali, la population refuser la hausse du prix du pain et chez nous ?

Il n'y a qu'un miracle à la Camerounaise pour expliquer que le pays ne soit pas encore conduit à une explosion sociale au regard de la façon dont avance l'inflation sur les marchés domestiques. Heureusement que cela ne nous est pas encore arrivé Les augmentations des prix dans nos marchés ne tiennent pas compte du pouvoir d’achat des populations.

Nos ménagères le long de la journée tiennent toujours leur panier d’un seul doigt à cause de sa légèreté et parfois parce qu’ils sont vides.

Pour mieux saisir la flambée silencieuse des prix sur nos marchés il serait mieux en effet de ramener le débat au niveau de ceux qui déterminent dans leurs bureaux respectifs le revenu de la population.

Si des multiples rapports sur le PIB du Cameroun en 2025 nous signalent que 45,2% de la population camerounaise est considérée comme pauvre, cela signifie selon la direction de statistiques du ministère de l’économie que, calculatrice en main, une année de survie d’un Camerounais correspond à 240 000 CFA. (2)

Du point de vue population, si la population du Cameroun est estimée à 30 640 817(d'après l'élaboration par Worldometer des dernières données des Nations Unies) (1), en ce moment, cela ferait tout de même près de 13 millions de personnes concernées par une telle misère. Mais là n'est pas tout : dans les mêmes statistiques, on sait que 20% des plus riches totalisent les 42% de la consommation totale. Dans ce cas, quelle lecture accorder à l'inflation actuelle?

Quand on regarde de près toutes ces suppositions, l’on constate que les citoyens les plus touchés et les plus pénalisés sont celles issues des couches sociales défavorisées. 

En conclusion, l’inflation des prix sur les marchés pénalise davantage les plus pauvres.

Peut-être le silence des autorités locales, les mieux nantis trouvent leurs sources dans cette équation.

Le taux d'inflation au Cameroun est ramené à 2,9 % à la fin du premier trimestre 2026, repassant ainsi sous le seuil maximal de 3 % fixé par la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale) (2).

Au Cameroun, l’inflation devra s'accompagner

1- l’augmentation des salaires aussi bien dans le public que le privé,

2- Du recrutement des milliers de camerounais sans emplois, l’incidence de l’inflation ne devrait pas frapper fort sur les bourses.

3-  L’instauration des prestations sociales valables pour les soins de santé à moindre coûts, des allocations familiales, des subventions valables pour l’enseignement, les crédits de consommations etc.

4-  Une bonne production agricole locale qui permettra de réduire les prix des produits alimentaires si les agriculteurs sont subventionnés (Ristournes, intrants ou input gratuits etc.

5- Une bonne structuration des circuits de distribution des produits locaux pour amortir les chocs extérieurs (carburant, matières premières).

6- Le gel partiel des prix des hydrocarbures à la pompe (carburants) pour limiter l'effet de contagion sur les coûts de transport et de logistique.

7- Le maintien de contrôles et de mesures de lutte contre la vie chère, ainsi que la promotion de circuits courts ou de ventes promotionnelles de produits de première nécessité

8- Favoriser les circuits courts et la consommation locale : Acheter des denrées produites sur place plutôt que des produits importés soumis à la volatilité du fret et du taux de change.

9- Investir dans des actifs tangibles ou productifs : Éviter de laisser trop de liquidités dormir en banque sans rendement réel, et privilégier l'investissement dans de petites activités commerciales, l'agriculture ou l'immobilier pour préserver le pouvoir d'achat.

10- Mise en place d'organes de veille, de surveillance des marchés et d'ateliers avec la société civile pour déceler les hausses abusives

Et alors...

La classe moyenne a disparu chez nous. Soit on est riche ou l’on est pauvre. Les plus riches dans la plupart des cas sont ceux qui ont pillé l’économie du pays.

Il est temps de songer à relever ce pouvoir d'achat de tout Camerounais...Nous continuons à dire à haute voix que j’ai faim, tu as faim, il ou elle a faim, nous avons faim…

Références: 
(1) Département des affaires économiques et sociales de l'ONU - Division de la population. Perspectives de la population mondiale : La révision de 2025. (Variante de fécondité moyenne)
(2) https://www.beac.int/wp-content/uploads/2016/10/note_inflation_CEMAC_T12026.pdf