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        <title>Le flux rss de camer.be</title>
        <link>https://mail.camer.be/rss/point-de-vue</link>
        <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
        <language>fr-FR</language>
        <lastBuildDate>Sat, 24 Oct 2026 10:02:53 +0200</lastBuildDate>
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                <title><![CDATA[LA SDFISATION DE L&#039;OPPOSITION CAMEROUNAISE]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/la-sdfisation-de-lopposition-camerounaise</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>La trajectoire du parti jadis majeur de l'opposition Camerounaise, le
SDF, révèle une période initiale faste, portée par des espoirs,
des espérances politiques,...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Amedee_Touko_19102026.jpg" alt="LA SDFISATION DE L&#039;OPPOSITION CAMEROUNAISE" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>La trajectoire du parti jadis majeur de l'opposition Camerounaise, le SDF, r&eacute;v&egrave;le une p&eacute;riode initiale faste, port&eacute;e par des espoirs, des esp&eacute;rances politiques, &eacute;conomiques, sociales et m&ecirc;me spirituelles.</p>
<p>Puis vint la renonciation de John Fru Ndi &agrave; d&eacute;fendre la victoire &eacute;lectorale du Peuple en 1992 : ce leader nous indiqua au terme de sa r&eacute;sidence surveill&eacute;e, lors d'un meeting &agrave; Mbouda, "qu'il ne marchera pas sur le sang des Camerounais pour aller &agrave; Etoudi". Titus EDZOA, alors Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique &agrave; l'&eacute;poque, r&eacute;v&eacute;lera plus tard dans ses m&eacute;moires, qu'il s'&eacute;tait rendu &agrave; Ntarikon Palace pour y rendre visite au Pr&eacute;sident &Eacute;lu pendant sa privation de libert&eacute;. Personne n'en avait &eacute;t&eacute; inform&eacute; dans le parti.</p>
<p>D&egrave;s lors, le SDF, nanti d'une position h&eacute;g&eacute;monique dans l'opposition, progressivement glissa vers les corridors des ors du pouvoir auxquels des strapontins d'&eacute;lus locaux et nationaux ouvraient le chemin. &Agrave; d&eacute;faut du Changement, on se contente de son changement personnel. S'en suivra un d&eacute;couragement du Peuple et son &eacute;loignement de la chose Politique.</p>
<p>L'ann&eacute;e 2018 signe la renaissance de l'opposition sur la sc&egrave;ne politique Camerounaise. Le MRC et son Pr&eacute;sident charismatique Maurice KAMTO, accompagn&eacute;s d'une diaspora activiste et militante talentueuse, r&eacute;installent dans le Peuple l'id&eacute;e d'un Changement syst&eacute;mique et &ccedil;a marche si fort que le pouvoir politique de Yaound&eacute;, n'a pour seule alternative que de recourir &agrave; la disqualification du leader de l'opposition pour tenter de stopper la razzia &eacute;lectorale.</p>
<p>&Agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025, le Peuple r&eacute;silient et agile, choisira parmi les 10 candidats en comp&eacute;tition, celui qui apparaissait le plus apte &agrave; incarner ses espoirs, ISSA Tchiroma BAKARY, et il e&ucirc;t raison. Ce dernier atomisa le dictateur BIYA. Il r&eacute;alisa une performance &eacute;lectorale in&eacute;dite.&nbsp;<br>Mais le tyran vaincu refuse de quitter le pouvoir, il se maintient au moyen d'un hold-up &eacute;lectoral, de gigantesques massacres et incarc&eacute;rations de populations, qui en protestation venaient de faire la d&eacute;monstration de la plus grande r&eacute;volte populaire de ces 30 derni&egrave;res ann&eacute;es.&nbsp;</p>
<p>Alors que le Peuple meurtri attend que s'expriment des voix pour saluer son sacrifice, poursuivre son combat, porter sa d&eacute;fense et demander justice pour ces crimes d'ampleur jamais enregistr&eacute;s dans l'histoire de la d&eacute;fense des victoires vol&eacute;es au Cameroun, on remarque dans la quasi-totalit&eacute; de l'opposition partisane, un empressement &agrave; valider la forfaiture, &agrave; accompagner la plus vieille dictature au monde. On enjamba les corps des dizaines de martyrs dont Ekane Anicet, pour vendre &agrave; l'opinion l'id&eacute;e fantasque d'une possible victoire de l'opposition aux &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales. En clair, on fait croire au Peuple que des &eacute;lections dont BIYA a dans la poche le calendrier et l'arbitrage, sont subitement devenues l'opportunit&eacute; pour l'opposition qui esp&egrave;re une majorit&eacute; &agrave; l'Assembl&eacute;e de former le gouvernement. En d'autres termes, BIYA aura ainsi massacr&eacute; le Peuple pour se soumettre en toute justice au verdict d'une autre &eacute;lection perdue...</p>
<p>Dans ce contexte, s'ouvre un nouveau chantier : r&eacute;duire, invisibiliser, faire disparaitre le Pr&eacute;sident &Eacute;lu ISSA TCHIROMA BAKARY, coupable de troubler par la revendication de la victoire &eacute;lectorale du Peuple Camerounais, l'ordre politique nouveau en cours de red&eacute;finition. En effet, sur ce chantier, il porte avec courage la cause du Peuple. Son bilan dans ce registre n'a pas d'&eacute;quivalent de m&eacute;moire d'acteur central des entreprises de revendication des victoires vol&eacute;es.</p>
<p>Malgr&eacute; ces &eacute;l&eacute;ments visibles, tangibles et des engagements r&eacute;p&eacute;t&eacute;s, des esprits malins sont dress&eacute;s &agrave; dire la m&ecirc;me chose : " Tchiroma est o&ugrave;, il a fui, l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle est derri&egrave;re nous...". Pendant ce temps, le Peuple silencieux, &eacute;mancip&eacute; des logiques d'appareils continue d'esp&eacute;rer, malgr&eacute; l'arrogance affich&eacute;e dans la mise en place d'une entreprise mafieuse de d&eacute;volution du pouvoir par la seule volont&eacute; de BIYA, dont la nomination supersonique du nouveau Pr&eacute;sident du Conseil Constitutionnel, choisi parmi les plus fid&egrave;les des oblig&eacute;s, apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s du pr&eacute;c&eacute;dent titulaire du poste, est le corollaire.</p>
<p>La question Centrale reste donc inchang&eacute;e : se SOUMETTRE &agrave; l'ordre institutionnel BIYA ou le COMBATTRE.&nbsp;</p>
<p>ISSA TCHIROMA BAKARY a choisi sa voie et vient une fois de plus &agrave; l'occasion de l'anniversaire de cette victoire du Peuple et la comm&eacute;moration de la m&eacute;moire des victimes, de faire le serment de sa fid&eacute;lit&eacute; &agrave; son engagement initial. Ceci n'emp&ecirc;chera &eacute;videmment pas les pessimistes int&eacute;gristes de continuer leur entreprise de distraction en qualifiant ceux qui ambitionnent de stopper le cycle des victoires vol&eacute;es de tra&icirc;tres, pour le bonheur de la Dictature Camerounaise. Mais cette fois-ci, les forces du Changement savent exactement quel est leur cap.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 19 Oct 2026 14:59:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Amedee Dimitri Touko Tom</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Les vérités crues de Shanda Tonme sur l’incident survenu au contrôle mixte de Batchenga]]></title>
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                    <![CDATA[
                    <p>Manifestation d’indignation à  propos de l’incident survenu au
contrôle mixte de Batchenga ce samedi 17 octobre 2026 et mettant aux
prises le Maire de Ntui et u...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Shanda_Tonme13022025.jpg" alt="Cameroun - Les vérités crues de Shanda Tonme sur l’incident survenu au contrôle mixte de Batchenga" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Manifestation d&rsquo;indignation &agrave; &nbsp;propos de l&rsquo;incident survenu au contr&ocirc;le mixte de Batchenga ce samedi 17 octobre 2026 et mettant aux prises le Maire de Ntui et un gendarme</p>
<p>Un outrage inacceptable aux forces de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;, une d&eacute;monstration d&rsquo;irresponsabilit&eacute; &nbsp;et un manque grave au devoir r&eacute;publicain et politique d&rsquo;une personnalit&eacute; du rang &nbsp;de maire, &nbsp;doubl&eacute; d&rsquo;un appel extravaguant &agrave; la subversion et &agrave; l&rsquo;incitation au d&eacute;sordre</p>
<p>La tentation d&rsquo;une institutionnalisation de l&rsquo;anarchie est dor&eacute;navant end&eacute;mique, conduisant nos compatriotes y compris h&eacute;las certains suppos&eacute;s commis de l&rsquo;Etat et &eacute;lus de divers rangs, &agrave; baliser express&eacute;ment le chemin pour l&eacute; d&eacute;sordre ai si que des crimes tant&ocirc;t directs et tant&ocirc;t par procuration. C&rsquo;est sans doute le danger qui nous guette le plus, parce qu&rsquo;au fond, c&rsquo;est le sens premier et la signification sublime d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; organis&eacute;e et hi&eacute;rarchis&eacute;e avec des corps d&eacute; m&eacute;tier et des organes protecteurs qui est remise en cause. Malheur &agrave; tous ceux qui volontairement ou involontairement se complaisent dans cette situation en tenant des r&ocirc;les de commanditaires. Le pouvoir d&rsquo;Etat vous rattrapera./.</p>
<p>La b&ecirc;tise des r&eacute;seaux sociaux vient de nous livrer une de ces autres sc&egrave;nes qui arrache le c&oelig;ur, fait r&eacute;fl&eacute;chir et torture nos cerveaux, en travestissant l&rsquo;&eacute;ducation publique. Mais bien plus grave, le message ou les messages qui r&eacute;sultent d&rsquo;une confrontation, d&rsquo;une altercation, ou plut&ocirc;t d&rsquo;une attaque violente et virulente men&eacute;e par un maire, monsieur le Maire de la ville de Ntui, contre un gendarme ce samedi 17 octobre 2026, au contr&ocirc;le mixte de Batchenga. La question n&rsquo;est pas de savoir ce qu&rsquo;&agrave; fait ou dit le gendarme &agrave; son poste de travail, donc fonctionnaire en mission de s&eacute;curit&eacute; et de s&eacute;curisation. Ce que renvoie la sc&egrave;ne tourn&eacute;e en vid&eacute;o, c&rsquo;est le Maire mena&ccedil;ant, invectivant, pourchassant, bousculant m&ecirc;me le gendarme. Le magistrat municipal use, utilise et d&eacute;livre des mots, des &eacute;pith&egrave;tes, des termes, tous vicieux, hors de tout contr&ocirc;le et de toute respectabilit&eacute;, de toute &eacute;l&eacute;gance, de toute convivialit&eacute; ainsi que de toute r&eacute;serve.</p>
<p>En somme, un Maire, un &eacute;lu local, un homme public, nanti des embl&egrave;mes de la repr&eacute;sentation des populations locales, comptant et reconnus parmi ceux et celles qui expriment une certaine id&eacute;e de la repr&eacute;sentation d&eacute;mocratique, de l&rsquo;ordre, de l&rsquo;hygi&egrave;ne et de la s&eacute;curit&eacute; publique, s&rsquo;en prend &agrave; un homme, un p&egrave;re de famille comme lui par&eacute; de ses galons et distinctions des forces de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; dans un langage digne d&rsquo;une d&eacute;monstration de folie subite. Regardez bien la sc&egrave;ne et appr&eacute;ciez le calme, la discipline, la froideur et la ma&icirc;trise du gendarme, un vrai symbole qui m&eacute;rite toutes nos f&eacute;licitations et admirations. D&rsquo;autres n&rsquo;auraient pas support&eacute; et seraient sortis de leur calme. On dirait un grand ma&icirc;tre des arts martiaux en face d&rsquo;un petit moustique fanfaron qui recherche une correction, une fess&eacute;e. Il faut souhaiter que la majorit&eacute; de nos gendarmes soit capable de la m&ecirc;me ma&icirc;trise. Avec calme, respect, professionnalisme et sens de la dignit&eacute;, le Mar&eacute;chal de logis chef Mballa s&rsquo;est non seulement pr&eacute;sent&eacute; comme l&rsquo;exige en vocif&eacute;rant son agresseur, mais mieux il lui parle avec les &eacute;gards de son rang : Monsieur le Maire. Voil&agrave; un vrai soldat, droit dans ses bottes et debout pour la r&eacute;publique comme une barricade imp&eacute;n&eacute;trable, impr&eacute;nable.</p>
<p>Peu importe les causes, les origines, les motivations ouvertes ou cach&eacute;es. Ce qui est en vedette, en suspend et en d&eacute;bat, c&rsquo;est la conscience de l&rsquo;autorit&eacute; r&eacute;publique et du sens civique que doit incarner jusqu&rsquo;au bout, un &eacute;lu de ce rang, et sa perception ou sa conscience du r&ocirc;le, du statut et des missions des forces de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; dans une nation organis&eacute;e, un Etat r&eacute;publicain et une soci&eacute;t&eacute; construite. Quel message le maire envoie -t-il aux enfants, &agrave; ses administr&eacute;s, &agrave; l&rsquo;opinion publique ? On n&rsquo;a pas besoin de se trouver dans un r&eacute;gime militaire pour instituer la force publique garantie et articul&eacute;e sur la pr&eacute;sence et les missions des forces de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; partout sur l&rsquo;ensemble du territoire. Au contraire, le Cameroun est tout sauf un Etat bien soutenu dans le v&eacute;cu quotidien par une pr&eacute;sence assur&eacute;e, g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e et omnipr&eacute;sente des femmes et des hommes en armes. Leur nombre est tr&egrave;s largement insuffisant. Je ne dis pas qu&rsquo;ils sont tous irr&eacute;prochables, mais, ils incarnent la garantie de notre tranquillit&eacute;, de notre vie en paix, de notre s&eacute;curit&eacute; collective. Les outrager c&rsquo;est &oelig;uvrer contre nous-m&ecirc;mes, contre la nation au sens de son expression collective de soci&eacute;t&eacute; organis&eacute;e. Qu&rsquo;un seul militaire, policier ou gendarme tombe, ou soit absent, et c&rsquo;est un fragment de cette tranquillit&eacute; et de cette s&eacute;curit&eacute; qui est compromise et menac&eacute;.</p>
<p>Le comportement du maire de Ntui est indigne, inappropri&eacute;, inacceptable et m&eacute;rite la plus grande attention de la plus haute hi&eacute;rarchie politique, civile et militaire, avec les implications et cons&eacute;quences &agrave; la fois personnelles et professionnelles qu&rsquo;il impose. IL faut cesser de r&eacute;duire le jugement sur nos FDS, au prisme r&eacute;ducteur et subjectif, de quelques d&eacute;rapages voire quelques errements circonstanci&eacute;s. Un rappel &agrave; l&rsquo;ordre est urgent, un bl&acirc;me du maire in&eacute;vitable./.</p>
<p>Yaound&eacute;, le 17 octobre 2026</p>
<p><iframe src="https://www.dailymotion.com/embed/video/xbphcn2" width="480" height="270" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 19 Oct 2026 08:08:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Shanda Tonme</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Shanda_Tonme13022025.jpg" type="image/jpeg" length="10453" />
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                        <item>
                <title><![CDATA[APPEL À UNE CONSCIENCE NATIONALISTE CAMEROUNAISE ET À UNE RÉVOLUTION POPULAIRE]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/appel-a-une-conscience-nationaliste-camerounaise-et-a-une-revolution-populaire</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Peuple Camerounais, l'heure du réveil national a sonné

J’appelle à l’émergence d’une véritable conscience
nationaliste camerounaise et à une révolution populai...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Corantin_Talla_19102026.jpg" alt="APPEL À UNE CONSCIENCE NATIONALISTE CAMEROUNAISE ET À UNE RÉVOLUTION POPULAIRE" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Peuple Camerounais, l'heure du r&eacute;veil national a sonn&eacute;</p>
<p>J&rsquo;appelle &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une v&eacute;ritable conscience nationaliste camerounaise et &agrave; une r&eacute;volution populaire pour venir &agrave; bout de la mafia politico-financi&egrave;re qui a pris notre pays en otage.</p>
<p>Il est temps de mettre fin &agrave; l&rsquo;emprise des r&eacute;seaux mafieux gravitant autour des chefs de clan tels que Ferdinand Ngoh Ngoh, Chantal Biya, Martin Savom, Amougou Belinga, et d&rsquo;autres personnages tapis dans l&rsquo;ombre, dont les agissements et les responsabilit&eacute;s pr&eacute;sum&eacute;es dans le pillage du Cameroun et les violences contre notre peuple doivent faire l&rsquo;objet d&rsquo;enqu&ecirc;tes ind&eacute;pendantes.</p>
<p>Ces r&eacute;seaux d&rsquo;influence sont d&eacute;termin&eacute;s &agrave; tout faire pour se maintenir au pouvoir et pr&eacute;server leurs privil&egrave;ges apr&egrave;s la disparition in&eacute;luctable du dictateur machiav&eacute;lique qui a contribu&eacute; &agrave; les fabriquer et &agrave; les installer au c&oelig;ur de l&rsquo;appareil d&rsquo;&Eacute;tat.</p>
<p>LE CAMEROUN N&rsquo;EST PAS LEUR PROPRI&Eacute;T&Eacute; PRIV&Eacute;E ! LE PEUPLE CAMEROUNAIS N&rsquo;EST PAS LEUR OTAGE !</p>
<p>J&rsquo;en appelle particuli&egrave;rement &agrave; cette frange patriotique de l&rsquo;arm&eacute;e camerounaise qui refuse de continuer &agrave; se salir les mains en prot&eacute;geant un syst&egrave;me de pr&eacute;dation, de r&eacute;pression et d&rsquo;impunit&eacute;.</p>
<p>SOLDATS CAMEROUNAIS, VOUS APPARTENEZ &Agrave; LA NATION ET NON &Agrave; UNE MAFIA AU POUVOIR !</p>
<p>Nous comptons sur des soldats courageux, t&eacute;m&eacute;raires et sto&iuml;ques, pr&ecirc;ts &agrave; consentir les sacrifices supr&ecirc;mes pour leur patrie, sans pleurnicher, sans trembler et sans trahir leur serment de servir le peuple camerounais.</p>
<p>L&rsquo;honneur d&rsquo;un soldat ne r&eacute;side pas dans la protection aveugle de ceux qui confisquent le pouvoir, mais dans sa fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la patrie et &agrave; la nation.</p>
<p>&Agrave; CEUX QUI TUENT IMPUN&Eacute;MENT LE PEUPLE CAMEROUNAIS ET SE CROIENT &Eacute;TERNELLEMENT INTOUCHABLES :</p>
<p>Je leur demande de se souvenir de l&rsquo;histoire, notamment du sort de Nicolae Ceaușescu en Roumanie et de Benito Mussolini en Italie.</p>
<p>Que ceux qui se croient invincibles m&eacute;ditent s&eacute;rieusement sur la chute de ces r&eacute;gimes et sur les cons&eacute;quences historiques de la tyrannie.</p>
<p>JE N&rsquo;AI PAS BESOIN DE FAIRE UN DESSIN !</p>
<p>Aucun r&eacute;gime n&rsquo;est &eacute;ternel. Aucune dictature n&rsquo;est immortelle. Aucun syst&egrave;me de pr&eacute;dation ne peut ind&eacute;finiment tenir tout un peuple en otage.</p>
<p>J&rsquo;APPELLE LE PEUPLE CAMEROUNAIS &Agrave; SORTIR DE LA R&Eacute;SIGNATION, &Agrave; S&rsquo;ORGANISER ET &Agrave; SE MOBILISER POUR REPRENDRE SON PAYS EN MAIN !</p>
<p>Notre combat est celui de la lib&eacute;ration nationale, de la souverainet&eacute; populaire et de la fin de l&rsquo;impunit&eacute;.</p>
<p>Nous ne pouvons accepter que les m&ecirc;mes r&eacute;seaux qui ont confisqu&eacute; notre avenir organisent tranquillement la perp&eacute;tuation de leur domination apr&egrave;s Paul Biya.</p>
<p>LE CAMEROUN DOIT &Ecirc;TRE ARRACH&Eacute; &Agrave; L&rsquo;EMPRISE POLITIQUE DES R&Eacute;SEAUX MAFIEUX PAR LA MOBILISATION POPULAIRE !</p>
<p>La peur doit changer de camp : ceux qui gouvernent dans l&rsquo;impunit&eacute; doivent d&eacute;sormais craindre de devoir rendre des comptes devant la justice et devant l&rsquo;histoire.</p>
<p>LA FIN DE LA R&Eacute;CR&Eacute;ATION A SONN&Eacute; !</p>
<p>LE CAMEROUN AUX CAMEROUNAIS !</p>
<p>VIVE LA R&Eacute;VOLUTION POPULAIRE !</p>
<p>VIVE LA CONSCIENCE NATIONALISTE CAMEROUNAISE !</p>
<p>VIVE LE CAMEROUN LIB&Eacute;R&Eacute; !</p>
<p>Fait le 18 octobre 2026</p>
<p>Pour la Cellule de communication de CONSCIENCE DU CAMEROUN</p>
<p>Dr Corantin TALLA<br>Alias G&eacute;n&eacute;ral Schwarzkopf. Leader-Fondateur du Parlement des &Eacute;tudiants du Cameroun. Leader r&eacute;volutionnaire pour la lib&eacute;ration du peuple camerounais</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 19 Oct 2026 07:35:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Talla Corantin</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Corantin_Talla_19102026.jpg" type="image/jpeg" length="4684" />
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                        <item>
                <title><![CDATA[Kaïros : le choix de l&#039;inclusion pour la refondation du Cameroun ]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/kairos-le-choix-de-linclusion-pour-la-refondation-du-cameroun</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Dans notre pays, de 1960 à ce jour, les différentes forces
politiques et sociales de camps opposés, n'ont jamais véritablement
joué cartes sur table.

A travers...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Djemba_Jean_Pierre18102026.jpg" alt="Kaïros : le choix de l&#039;inclusion pour la refondation du Cameroun " width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Dans notre pays, de 1960 &agrave; ce jour, les diff&eacute;rentes forces politiques et sociales de camps oppos&eacute;s, n'ont jamais v&eacute;ritablement jou&eacute; cartes sur table.</p>
<p>A travers les relations qu'elles ont entretenues les unes avec les autres, elles nous ont plut&ocirc;t habitu&eacute; &agrave; la confrontation, &agrave; l'ostracisation, &agrave; la critique syst&eacute;matique, &agrave; l'accusation, &agrave; la condamnation, au rejet et &agrave; la tromperie. R&eacute;sultat des courses, le Cameroun, soixante-six apr&egrave;s son ind&eacute;pendance, est manifestement bloqu&eacute; et conna&icirc;t une crise syst&eacute;mique que personne de s&eacute;rieux desormais ne peut nier. Il est en effet plong&eacute; dans un cycle infernal dont le moins qu'on puisse dire est qu'il ne plus service &agrave; aucunecdes parties de la sc&egrave;ne politique, qu'elle soit au pouvoir ou &agrave; l'opposition. Et notre pays qui au lendemain des ind&eacute;pendances, parmi les &Eacute;tats situ&eacute;s au sud du Sahara, &eacute;tait plut&ocirc;t dans le contingent des pays africains promis &agrave; un bel avenir, fait aujourd'hui triste figure.&nbsp;</p>
<p>Apr&egrave;s de nombreuses et multiples tentatives de le remettre en &eacute;tat de marche politique qui ne sont pas parvenues &agrave; changer la donne, Ka&iuml;ros propose une solution qui ne laisse personne au bord de la route, ne fait perdre aucune des parties prenantes et fait plut&ocirc;t en d&eacute;finitive gagner le Cameroun. Une solution qui fait r&eacute;solument le choix de l'apaisement et la discussion qui doivent nous permettre de trouver les voies et moyens permettant de cr&eacute;er les conditions d'une vie politique apais&eacute;e susceptible d'ouvrir au Cameroun une nouvelle perspective historique que l'on pourrait comparer &agrave; celle manqu&eacute;e dans les ann&eacute;es1950, que l'UPC voulait promouvoir dans notre pays qui est de nouveau &agrave; pr&eacute;sent face &agrave; son destin.</p>
<p>Et pourquoi Ka&iuml;ros a-t-il donc fait le choix de rassembler autour d'une Table-ronde nationale toutes les parties au conflit : les civils, les militaires et la diaspora ? D'abord parce c'est ensemble qu'il faut faire le constat objectif de tout ce qui ne va pas concr&egrave;tement au Cameroun. Ensuite parce que c'est ensemble que les parties en conflit larv&eacute; doivent &eacute;galement proposer des solutions qui devraient faire en sorte qu'il n'en soit plus non seulement ainsi, mais que le pays aille non pas mieux mais bien.</p>
<p>Et au demeurant Ka&iuml;ros a fait ce choix, d'une part, parce que la situation est grave et a d&eacute;sormais atteint une c&ocirc;te d'alerte maximale, ceci dans tous &nbsp;les aspects et tous les domaines.</p>
<p>Et, d'autre part, parce nous sommes persuad&eacute;s que les peuples ont les dirigeants qu'ils m&eacute;ritent, et donc que nous m&eacute;ritons les n&ocirc;tres.</p>
<p>En effet, un appareil de direction nationale est toujours non seulement l'&eacute;manation du milieu social qui le secr&egrave;te, mais &eacute;galement l'expression de ses aspirations du moment. Des aspirations qui ne proc&egrave;dent pas forc&eacute;ment &nbsp;de son fond atavique, mais aussi de ce qu'il a directement ou indirectement accept&eacute; ou &eacute;t&eacute; contraint de recevoir des autres, et, d'&ecirc;tre en attendant de trouver et de puiser en son propre sein les forces qui lui permettront &agrave; long terme de se forger une nouvelle destin&eacute;e historique. D&egrave;s lors que l'on pose donc la probl&eacute;matique dans ces termes-l&agrave;, il y aurait plut&ocirc;t alors objectivement une co-responsabilit&eacute; qui impliquerait &agrave; la fois le peuple camerounais et ses dirigeants, et non pas la seule responsabilit&eacute; de ces derniers.</p>
<p>Il &eacute;tait important de faire ce d&eacute;veloppement inhabituel pour que tout le monde dans notre pays comprenne enfin pourquoi nous ne devons pas continuer &agrave; obstin&eacute;ment camper sur des positions qui favorisent la division et qui ne permettent pas de trouver des solutions &nbsp;consensuelles aux probl&egrave;mes qui nous bloque syst&eacute;matiquement.&nbsp;</p>
<p>Ceci dit, revenons donc &agrave; l'inacceptable situation de notre pays et pr&eacute;cisons qu'elle est particuli&egrave;rement grave. Pourquoi ? Simplement parce que ce qui a &eacute;t&eacute; entrepris en mati&egrave;re de d&eacute;veloppement depuis 1960 n'etait pas malheureusement pas adapt&eacute; &agrave; nos r&eacute;alit&eacute;s et &agrave; &nbsp;ce qui aurait d&ucirc; &ecirc;tre fait. En effet, dans les conditions de soumission &agrave; l'ordre colonial qui pr&eacute;valait &agrave; ce moment-l&agrave;, des conditions qui sont malheureusement rest&eacute;es de mise apr&egrave;s la soi-disant ind&eacute;pendance proclam&eacute;e en 1960, on a fait dans la contraignante facilit&eacute; d'importer un Etat, et on a de ce fait transpos&eacute; un mod&egrave;le exog&egrave;ne de &nbsp;d&eacute;veloppement.</p>
<p>On a &nbsp;fait abstraction du fait objectif qui est que le d&eacute;veloppement dans un pays r&eacute;ellement ind&eacute;pendant ne devrait normalement pas faire partie des choses que l'on transpose m&eacute;caniquement, mais plut&ocirc;t, que l'on con&ccedil;oit en tenant absolument compte de ce que sont ontologiquement ses premiers int&eacute;ress&eacute;s et b&eacute;n&eacute;ficiaires. Le d&eacute;veloppement, &eacute;tant objectivement quelque chose que l'on b&acirc;tit pendant un temps long s'&eacute;talant n&eacute;cessairement sur plusieurs g&eacute;n&eacute;rations, puisqu'il est &agrave; la fois question dans son process, de r&eacute;aliser une osmose entre, d'une part, une fa&ccedil;on d'&ecirc;tre, une fa&ccedil;on de faire et une fa&ccedil;on de vivre, et, d'autre part, des personnes physiques concr&egrave;tes, et une r&eacute;alit&eacute; morale.</p>
<p>On a outrageusement et malheureusement fait fi du fait qu'il fallait n&eacute;cessairement int&eacute;grer dans le d&eacute;veloppement, ce que sont naturellement ces &ecirc;tres de corps et d'esprit, h&eacute;r&eacute;ditairement et ataviquement. Le d&eacute;veloppement dans une &nbsp;conception lib&eacute;ratrice et &eacute;mancipatrice, ne devant pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme la fin de l'histoire des hommes et des femmes qu'il concerne, mais plut&ocirc;t comme une &eacute;tape devant marquer leur &eacute;volution, autant sur le plan mat&eacute;riel que spirituel.&nbsp;</p>
<p>Afin d'&eacute;tayer ce qui pr&eacute;c&egrave;de, dans la multitude des exemples que nous pourrions &ecirc;tre amen&eacute;s &agrave; convoquer, nous ne prenons que le cas de la Turquie qui semble r&eacute;unir tous les aspects de la complexe probl&eacute;matique que nous venons de d&eacute;rouler, &agrave; savoir la transformation politique et social de ce pays, qui sur le plan de la manufacture, a beaucoup emprunter &agrave; l'occident, et sur le plan spirituel, est rest&eacute; profond&eacute;ment attach&eacute; aux fondamentaux et aux valeurs de l'Orient.&nbsp;</p>
<p>Dans ce pays en effet, apr&egrave;s de nombreuses et chaotiques p&eacute;rip&eacute;ties d'une histoire riche en &eacute;v&egrave;nements, le tournant du changement de civilisation a pris corps avec l'entr&eacute;e en sc&egrave;ne en 1917 du g&eacute;n&eacute;ral Mustafa Kemal - connu aussi sous le pseudonyme d'Ataturk - &nbsp;qui proclama la r&eacute;publique et aboli le Califat en 1924.</p>
<p>A ce moment charni&egrave;re de l'histoire de ce pays dont g&eacute;ographiquement une partie est situ&eacute;e en Orient et l'autre en Europe, sur le plan social et culturel, il n'est alors simplement question notamment que de jeter les fondations d'une &oelig;uvre qui allait ensuite &ecirc;tre poursuivie par une succession de gouvernements nationalistes civils et militaires. Une filiation dont la continuation est aujourd'hui fid&egrave;lement et efficacement assur&eacute;e par le pr&eacute;sident Recep Tayyip Erdoğan, auquel il revient en outre la mission historique non seulement d'objectivement affirmer, consolider et affiner les acquis, mais surtout de transmettre le t&eacute;moin aux g&eacute;n&eacute;rations futures.</p>
<p>Tout le narratif qui pr&eacute;c&egrave;de pour tout simplement donc dire que l'on ne d&eacute;cr&egrave;te pas ex nihilo le progr&egrave;s, on le con&ccedil;oit et le construit dans la dur&eacute;e sur des bases qui ont structurellement un lien historique avec ceux qui le promeuvent et qui doivent le r&eacute;aliser, le vivre et le faire vivre. Si dans notre cas, une telle approche organiquement li&eacute;e au fond culturel, politique et historique de notre pays parvient &agrave; &ecirc;tre bien comprise, il n'y &nbsp;a aucun doute que le Cameroun sera capable de grandes choses aussi &nbsp;bien dans le proche que dans le lointain avenir. Et dans ce champ des possibles, nous ne dirons plus alors que les choses iront mieux, mais sur un ton p&eacute;remptoire, nous proclaleront qu'elles iront plut&ocirc;t m&ecirc;me tr&egrave;s bien parce que non seulement notre pays a largement les moyens qu'il faut pour cela, mais aussi et surtout, parce qu'il sera entrain de b&acirc;tir sur une fondation &eacute;difi&eacute;e sur du solide et du durable. Notre pays en effet dispose des moyens de tous genres qu'il suffira simplement aux hommes qu'il faut et qui seraient aux places qu'il faut pour le conduire, de mobiliser et de mettre en &oelig;uvre pour qu'il ne soit plus dans la mise en &oelig;uvre de politiques publiques juste simplement question d'une relative am&eacute;lioration, mais plut&ocirc;t d'un avenir qui chante et dont on ne doutera plus jamais.&nbsp;</p>
<p>En effet, le Cameroun a non seulement de la ressource humaine mais &eacute;galement de la ressource mat&eacute;rielle av&eacute;r&eacute;es. Disposant donc de ces deux d&eacute;terminants structurels, il ne lui reste plus qu'&agrave; bien d&eacute;finir les objectifs qu'il veut atteindre a court, moyen et long termes, et ensuite et enfin, de les articuler et mettre l'une et l'autre en musique pour obtenir les r&eacute;sultats positifs escompt&eacute;s.</p>
<p>Gouverner c'est pr&eacute;voir (avoir une vision), d&eacute;cider, ex&eacute;cuter, contr&ocirc;ler et sanctionner. C'est une orthodoxie principielle qui est &agrave; l'ordre du jour dans tous les c&eacute;nacles o&ugrave; il est question de gouvernance des affaires des hommes et des nations, mais que curieusement n'appliquent pas automatiquement tous ceux qui sont aux affaires et aux commandes en Afriquenoire. Pourquoi ? D'abord parce savoir est une chose, et faire en est une autre. Et tr&egrave;s souvent en effet dans ce monde o&ugrave; les int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;go&iuml;stes des puissants et des classes font la loi, celui qui sait ne peut pas toujours soit parce qu'il n'appartient pas &agrave; l'esp&egrave;ce tr&egrave;s rare de ceux qui savent faire, soit parce qu'il ne dispose pas des moyens qui sont n&eacute;cessaires et indispensables pour faire. Et ces moyens sont g&eacute;n&eacute;ralement de deux ordres. Ils sont premi&egrave;rement humains, et deuxi&egrave;mement mat&eacute;riels. Lorsqu'ils sont humains, ils peuvent &nbsp;rev&ecirc;tir soit la forme d'une individualit&eacute;, soit celle d'une collectivit&eacute;. Dans le premier cas, il s'agit alors d'un homme ayant une valeur intrins&egrave;que et une &eacute;quation personnelle, et, qui de se fait est dot&eacute; de la capacit&eacute; lui permettant de mettre les foules dans un mouvement pens&eacute;, ordonn&eacute; et destin&eacute; &agrave; atteindre des objectifs qui changent tout, profitent &agrave; la communaut&eacute;, et &eacute;l&egrave;vent l'un et l'autre. Et dans le deuxi&egrave;me cas, il s'agit alors d'un regroupement d'hommes qui sont en symbiose (une avant-garde), se compl&egrave;tent et sont capables de faire jouer aux populations d'un pays dont ils prennent les commandes, une partition dont la qualit&eacute;, la grandeur et la beaut&eacute; se distinguent de ce que l'on fait g&eacute;n&eacute;ralement partout ailleurs dans le monde.</p>
<p>Ka&iuml;ros ayant conscience de toutes les n&eacute;cessit&eacute;s et subtilit&eacute;s qui pr&eacute;c&egrave;dent, plut&ocirc;t que de mettre l'accent sur les contradictions antagonistes dont beaucoup d'entre nous n'ont vraiment pas toujours ni la pleine connaissance, ni la pleine motivation, des conjectures qui en outre favorisent les affrontements et les divisions, &nbsp;Ka&iuml;ros entend promouvoir l'unit&eacute;, la concorde et le consensus dans la recherche des voies, moyens et solutions dont notre pays meurtri et dans une crise syst&eacute;mique, a grandement besoin non seulement pour ne pas sombrer irr&eacute;versiblement, mais surtout pour se frayer personnellement un espace de vie dans ce monde qui est en pleine transformation civilisationnelle. Pour ce faire, nous ne devons pas oublier que ce qui gouverne les hommes, ce sont les id&eacute;es, les sentiments et les m&oelig;urs qui sont en eux-m&ecirc;mes. Les institutions et les lois n'&eacute;tant que la manifestation de la profoneur de leur &acirc;me.</p>
<p><em>Jean-Pierre Djemba,</em><br><em>Doyen du Coll&egrave;ge des fondateurs de Ka&iuml;ros, 1er Vice-pr&eacute;sident du PSP/UPC.</em></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sun, 18 Oct 2026 16:20:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Jean-Pierre Djemba,Doyen Du Collège Des Fondateurs De Kaïros, 1Er Vice-Président Du Psp/Upc.</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Nama au Conseil constitutionnel : loyauté ou indépendance ?]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-nama-au-conseil-constitutionnel-loyaute-ou-independance</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Nommé à la tête du Conseil constitutionnel, Rémy Nama promet
loyauté et gratitude à Paul Biya. Que signifie cette déclaration
pour l’indépendance de l’instituti...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Remy-Nama171026500.webp" alt="Cameroun - Nama au Conseil constitutionnel : loyauté ou indépendance ?" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Nomm&eacute; &agrave; la t&ecirc;te du Conseil constitutionnel, R&eacute;my Nama promet loyaut&eacute; et gratitude &agrave; Paul Biya. Que signifie cette d&eacute;claration pour l&rsquo;ind&eacute;pendance de l&rsquo;institution ?</p>
<p>Le nouveau pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel a exprim&eacute; sa &laquo; profonde gratitude &raquo; &agrave; Paul Biya et promis de servir avec &laquo; loyaut&eacute; &raquo;, relan&ccedil;ant le d&eacute;bat sur l&rsquo;ind&eacute;pendance de la haute juridiction.</p>
<p>R&eacute;my Nama a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel camerounais le 16 octobre 2026, douze jours apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de Cl&eacute;ment Atangana. Dans sa premi&egrave;re d&eacute;claration, il a remerci&eacute; Paul Biya et promis de servir avec &laquo; loyaut&eacute; &raquo;. Une s&eacute;quence qui pose une question simple : la loyaut&eacute; va-t-elle &agrave; l&rsquo;institution ou au chef de l&rsquo;&Eacute;tat ?</p>
<p>Yaound&eacute;, octobre 2026. La nomination a &eacute;t&eacute; sign&eacute;e un vendredi. Le lundi, R&eacute;my Nama parlait d&eacute;j&agrave;. Pas de long silence, pas de retrait. Une gratitude exprim&eacute;e &agrave; chaud, au micro d&rsquo;une t&eacute;l&eacute;vision proche du pouvoir. Et derri&egrave;re les mots de remerciement, une institution qui doit arbitrer les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales.</p>
<h2>Douze jours pour remplacer Atangana</h2>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est mort le 4 octobre 2026 &agrave; Paris. Il avait 85 ans et pr&eacute;sidait le Conseil constitutionnel depuis 2018. Douze jours plus tard, Paul Biya a sign&eacute; le d&eacute;cret nommant R&eacute;my Nama. L&rsquo;int&eacute;rim &eacute;tait assur&eacute; par le Pr Paul Nchoji Nkwi, doyen d&rsquo;&acirc;ge de l&rsquo;institution, anglophone du Nord-Ouest. Il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; confirm&eacute;.</p>
<p>Cette rapidit&eacute; tranche avec les habitudes du palais. Au Cameroun, les d&eacute;cisions pr&eacute;sidentielles prennent souvent des mois. L&agrave;, douze jours. Le contraste est d&rsquo;autant plus visible que le gouvernement attend toujours un remaniement annonc&eacute; depuis f&eacute;vrier 2026. Le Conseil constitutionnel, lui, n&rsquo;a pas attendu.</p>
<h2>Ce que Nama a dit exactement</h2>
<p>Le nouveau pr&eacute;sident s&rsquo;est confi&eacute; &agrave; la PRC TV quelques minutes apr&egrave;s sa nomination.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Je tiens &agrave; exprimer ma profonde gratitude au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Son Excellence Paul Biya, pour cette marque de confiance &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Il a ajout&eacute; : &laquo; Je mesure l&rsquo;ampleur de la responsabilit&eacute; qui m&rsquo;incombe et je m&rsquo;engage &agrave; servir cette institution avec rigueur, loyaut&eacute; et impartialit&eacute; &raquo;.</p>
</blockquote>
<p>Le mot est l&acirc;ch&eacute; : loyaut&eacute;. Mais il faut lire la phrase enti&egrave;re. Nama promet de servir l&rsquo;institution avec loyaut&eacute;. Pas de servir Biya. Nuance importante. Dans un second entretien, il pr&eacute;cise sa conception du r&ocirc;le : &laquo; Il m&rsquo;a choisi. Je suis un serviteur de l&rsquo;&Eacute;tat. L&rsquo;&Eacute;tat, quand il vous choisit, vous travaillez partout o&ugrave; il vous affecte &raquo;.</p>
<h2>Un magistrat form&eacute; &agrave; l&rsquo;ombre du palais</h2>
<p>R&eacute;my Nama n&rsquo;est pas un inconnu du s&eacute;rail. Magistrat hors hi&eacute;rarchie, il a pass&eacute; 32 ans au Secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. Il y &eacute;tait charg&eacute; de mission &agrave; la division des affaires judiciaires. Il a aussi repr&eacute;sent&eacute; la pr&eacute;sidence au conseil d&rsquo;administration du Matgenie, le parc national de mat&eacute;riel de g&eacute;nie civil.</p>
<p>Son parcours est celui d&rsquo;un homme de dossiers, pas de tribunaux. Il n&rsquo;a jamais si&eacute;g&eacute; au Conseil constitutionnel. Il arrive dans une institution qu&rsquo;il conna&icirc;t par les textes, mais pas par la pratique. Originaire de la Mefou-et-Akono, dans la r&eacute;gion du Centre, il devient le deuxi&egrave;me pr&eacute;sident de l&rsquo;histoire de cette juridiction.</p>
<h2>L&rsquo;h&eacute;ritage encombrant d&rsquo;Atangana</h2>
<p>Cl&eacute;ment Atangana laisse une institution critiqu&eacute;e. En 2018, puis en 2025, le Conseil constitutionnel a proclam&eacute; la victoire de Paul Biya. En 2025, il a rejet&eacute; les recours de l&rsquo;opposition et valid&eacute; les r&eacute;sultats contest&eacute;s. Une vid&eacute;o le montrant se r&eacute;jouir de sa d&eacute;cision avait circul&eacute;, alimentant les accusations de partialit&eacute;.</p>
<p>Sous sa pr&eacute;sidence, tous les contentieux &eacute;lectoraux ont &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute;s irrecevables. L&rsquo;opposition parle d&rsquo;une institution &laquo; inf&eacute;od&eacute;e &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cutif &raquo;. Ce n&rsquo;est pas une critique nouvelle. Mais elle p&egrave;se sur son successeur. R&eacute;my Nama h&eacute;rite d&rsquo;une juridiction dont la l&eacute;gitimit&eacute; est d&eacute;j&agrave; contest&eacute;e avant m&ecirc;me sa premi&egrave;re d&eacute;cision.</p>
<h2>La loyaut&eacute;, un mot qui engage</h2>
<p>Dans le langage courant, la loyaut&eacute; d&rsquo;un juge constitutionnel va &agrave; la Constitution. Pas &agrave; un homme. Pas &agrave; un r&eacute;gime. Le serment des membres du Conseil constitutionnel les engage &agrave; remplir leurs fonctions avec impartialit&eacute;. La d&eacute;claration de Nama ne dit pas le contraire. Mais elle ne dit pas non plus l&rsquo;inverse.</p>
<p>Le contexte de sa nomination &ndash; un homme du palais, choisi en douze jours, pour une institution strat&eacute;gique &ndash; nourrit l&rsquo;interpr&eacute;tation. &laquo; Cela ne pr&eacute;juge pas de la mani&egrave;re dont il exercera ses nouvelles fonctions, mais pose in&eacute;vitablement la question de l&rsquo;ind&eacute;pendance que devra afficher l&rsquo;institution sous sa pr&eacute;sidence &raquo;, r&eacute;sume Lebledparle.</p>
<h2>Ce qui attend le nouveau pr&eacute;sident</h2>
<p>Les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales auront lieu en 2027. C&rsquo;est le Conseil constitutionnel qui proclamera les r&eacute;sultats et arbitrera les contentieux. C&rsquo;est aussi lui qui, en cas d&rsquo;emp&ecirc;chement d&eacute;finitif du chef de l&rsquo;&Eacute;tat, constatera la vacance. Paul Biya a 93 ans. Le poste de vice-pr&eacute;sident, cr&eacute;&eacute; par la r&eacute;forme d&rsquo;avril 2026, reste vacant.</p>
<p>La nomination rapide de R&eacute;my Nama n&rsquo;est donc pas un d&eacute;tail administratif. C&rsquo;est un acte de verrouillage institutionnel, dans un pays o&ugrave; le Conseil constitutionnel est l&rsquo;arbitre final de la l&eacute;gitimit&eacute; &eacute;lectorale. La question n&rsquo;est pas de savoir si Nama est un homme honorable. Elle est de savoir s&rsquo;il pourra, un jour, rendre une d&eacute;cision qui d&eacute;plaise &agrave; celui qui l&rsquo;a nomm&eacute;.</p>
<hr>
<p><strong>R&eacute;my Nama a-t-il dit que sa loyaut&eacute; allait &agrave; Biya plut&ocirc;t qu&rsquo;aux textes ?</strong> &nbsp;<br>Non. Il a exprim&eacute; sa gratitude &agrave; Paul Biya et promis de servir l&rsquo;institution avec &laquo; loyaut&eacute; &raquo;. Le mot &laquo; loyaut&eacute; &raquo; est dans la phrase, mais il est associ&eacute; au service de l&rsquo;institution, pas explicitement &agrave; la personne du pr&eacute;sident. L&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; vient du contexte, pas d&rsquo;une citation litt&eacute;rale.</p>
<p><strong>Pourquoi cette nomination est-elle critiqu&eacute;e ?</strong> &nbsp;<br>Parce qu&rsquo;elle intervient douze jours apr&egrave;s la mort d&rsquo;Atangana, alors que le doyen anglophone assurait l&rsquo;int&eacute;rim. Elle place un ancien charg&eacute; de mission de la pr&eacute;sidence &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;une institution qui doit arbitrer les &eacute;lections. Le symbole est fort.</p>
<p><strong>Le Conseil constitutionnel peut-il &ecirc;tre ind&eacute;pendant ?</strong> &nbsp;<br>Ses membres sont nomm&eacute;s par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Ce mode de d&eacute;signation existe dans d&rsquo;autres pays. La diff&eacute;rence se joue dans la pratique : une juridiction constitutionnelle peut &ecirc;tre ind&eacute;pendante m&ecirc;me si ses membres sont nomm&eacute;s par l&rsquo;ex&eacute;cutif. Tout d&eacute;pend de la volont&eacute; politique de respecter ses d&eacute;cisions.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 17 Oct 2026 13:20:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Paul Biya nomme Nama Remy avant même d&#039;enterrer Atangana]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-paul-biya-nomme-nama-remy-avant-meme-denterrer-atangana</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Paul Biya a nommé Nama Remy président du Conseil constitutionnel
avant même d'enterrer Clément Atangana. Un décret qui révèle la
peur de la vacance.

Paul Biya...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Paul-Biya171026500.webp" alt="Cameroun - Paul Biya nomme Nama Remy avant même d&#039;enterrer Atangana" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-paul-biya-nomme-nama-remy-avant-meme-denterrer-atangana</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Paul Biya a nomm&eacute; Nama Remy pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel avant m&ecirc;me d'enterrer Cl&eacute;ment Atangana. Un d&eacute;cret qui r&eacute;v&egrave;le la peur de la vacance.</p>
<p>Paul Biya a snob&eacute; le doyen anglophone Paul Nchoji Nkwi et nomm&eacute; en urgence un magistrat de l'ombre pour pr&eacute;sider le Conseil constitutionnel. Derri&egrave;re la continuit&eacute; institutionnelle, la peur d'un homme de 93 ans qui prot&egrave;ge son syst&egrave;me.</p>
<p>Paul Biya a sign&eacute; un d&eacute;cret, vendredi 16 octobre 2026. Nama Remy est le nouveau pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel. Il remplace Cl&eacute;ment Atangana, d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 4 octobre &agrave; Paris. Douze jours de vacance. Pas un jour de plus.</p>
<p>Pourquoi une telle h&acirc;te ? Atangana n'est m&ecirc;me pas encore enterr&eacute;. La famille n'a pas re&ccedil;u de condol&eacute;ances officielles. Et Paul Biya, 93 ans, a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; snob&eacute; le Pr Paul Nchoji Nkwi, doyen d'&acirc;ge et anglophone, pour nommer un magistrat de l'ombre, charg&eacute; de mission &agrave; la Pr&eacute;sidence.</p>
<p>Une question s'impose. Pourquoi maintenant ? Et pourquoi lui ?</p>
<h2>Douze jours de vide, puis un d&eacute;cret</h2>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est mort le 4 octobre 2026 &agrave; l'H&ocirc;pital am&eacute;ricain de Paris. Il avait 85 ans. Premier pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel depuis 2018, il avait proclam&eacute; la victoire de Paul Biya en 2018, puis de nouveau en 2025.</p>
<p>D&egrave;s le 5 octobre, le Pr Paul Nchoji Nkwi, doyen d'&acirc;ge des conseillers, a assur&eacute; l'int&eacute;rim, conform&eacute;ment &agrave; l'article 7 de la loi n&deg;2004/004. N&eacute; en 1940, ce professeur d'anthropologie originaire de Kom, dans le Nord-Ouest anglophone, si&egrave;ge au Conseil depuis 2018.</p>
<p>Douze jours. C'est ce qu'aura dur&eacute; cet int&eacute;rim. Le 16 octobre, Paul Biya a mis fin au suspense. Nama Remy pr&eacute;sidera.</p>
<h2>Qui est Nama Remy ?</h2>
<p>Le nouveau pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel n'est pas un inconnu des palais de justice. Magistrat hors hi&eacute;rarchie, il a gravi tous les &eacute;chelons jusqu'au sommet de la pyramide judiciaire. Son parcours s'est longtemps &eacute;crit loin des cam&eacute;ras.</p>
<p>Charg&eacute; de mission &agrave; la division des affaires judiciaires du Secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, il a &eacute;galement assur&eacute; l'int&eacute;rim &agrave; la t&ecirc;te de cette division &agrave; partir de 2018, selon des informations publi&eacute;es par la presse nationale en juin 2021. Il a si&eacute;g&eacute; au conseil d'administration du Parc national de mat&eacute;riel de g&eacute;nie civil (Matgenie), repr&eacute;sentant la pr&eacute;sidence.</p>
<p>Il est originaire de la Mefou-et-Akono, dans la r&eacute;gion du Centre. Un d&eacute;partement situ&eacute; &agrave; une trentaine de kilom&egrave;tres de Yaound&eacute;. Un &laquo; fils du Centre &raquo; &agrave; la t&ecirc;te de la plus haute juridiction du pays.</p>
<h2>Pourquoi Nkwi a &eacute;t&eacute; snob&eacute;</h2>
<p>Le Pr Paul Nchoji Nkwi, 86 ans, remplissait tous les crit&egrave;res pour pr&eacute;sider l'institution &agrave; titre d&eacute;finitif. Doyen d'&acirc;ge, membre depuis 2018, il connaissait les dossiers. Certains m&eacute;dias avaient m&ecirc;me sp&eacute;cul&eacute; sur une possible confirmation.</p>
<p>Paul Biya ne l'a pas fait. Il a choisi un homme de l'ombre. Un magistrat qui n'a jamais si&eacute;g&eacute; au Conseil constitutionnel. Un fid&egrave;le du s&eacute;rail pr&eacute;sidentiel.</p>
<p>Pourquoi ce choix ? La question m&eacute;rite d'&ecirc;tre pos&eacute;e. Anglophone du Nord-Ouest, Nkwi aurait pu appara&icirc;tre comme un symbole d'ouverture dans un pays en proie &agrave; une crise s&eacute;paratiste dans les r&eacute;gions anglophones. Mais dans un r&eacute;gime n&eacute;opatrimonial, la loyaut&eacute; personnelle prime sur l'&eacute;quilibre r&eacute;gional.</p>
<h2>La peur de la vacance</h2>
<p>Paul Biya a 93 ans. Sa sant&eacute; est un secret d'&Eacute;tat. Depuis son retour au Cameroun le 20 ao&ucirc;t 2026, apr&egrave;s 74 jours d'absence et une hospitalisation &agrave; Gen&egrave;ve rapport&eacute;e par <strong>Jeune Afrique</strong>, il n'est plus apparu en public.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel joue un r&ocirc;le cl&eacute; dans la succession. C'est lui qui constate l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif du chef de l'&Eacute;tat. C'est lui qui proclame les r&eacute;sultats de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle. C'est lui qui valide ou invalide les recours.</p>
<p>Si Paul Biya meurt avant d'avoir nomm&eacute; un pr&eacute;sident &agrave; cette institution, qui constatera la vacance ? Qui proclamera la succession ? Le poste de vice-pr&eacute;sident, r&eacute;introduit par la r&eacute;forme constitutionnelle d'avril 2026, est toujours vacant. Le m&eacute;canisme de succession reste incomplet.</p>
<p>La nomination de Nama Remy est donc un acte de protection. Un r&eacute;flexe de survie institutionnelle. Paul Biya s'assure que le Conseil sera pr&eacute;sid&eacute; par un homme de confiance, capable de valider la transition dans les conditions qu'il aura lui-m&ecirc;me d&eacute;finies.</p>
<h2>Les multiples morts qui hantent Biya</h2>
<p>Depuis le d&eacute;but de l'ann&eacute;e 2026, les figures historiques du r&eacute;gime tombent. Ayang Luc, pr&eacute;sident du Conseil &eacute;conomique et social. Marcel Niat Njifenji, pr&eacute;sident du S&eacute;nat. Cavaye Yegui&eacute; Djibril, pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e nationale. Cl&eacute;ment Atangana, pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel.</p>
<p>Une g&eacute;n&eacute;ration politique s'efface. Le syst&egrave;me n&eacute;opatrimonial de Paul Biya repose sur des all&eacute;geances personnelles. Chaque d&eacute;c&egrave;s fragmente les r&eacute;seaux. Chaque disparition cr&eacute;e un vide que les proc&eacute;dures ne comblent pas.</p>
<p>Biya le sait. Il voit le miroir. &Agrave; 93 ans, il sait que son tour viendra. Alors il verrouille l'essentiel. Le Conseil constitutionnel, c'est l'arme qui valide les &eacute;lections. Celle qui a proclam&eacute; sa victoire frauduleuse en 2025 avec 53,66 % des voix. Celle qui rejettera les recours de l'opposition en 2027, comme elle l'a fait en 2018 et 2025.</p>
<h2>Le gouvernement attendra</h2>
<p>Le contraste est saisissant. Paul Biya a nomm&eacute; un pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel en douze jours. Mais il n'a toujours pas form&eacute; de nouveau gouvernement, sept mois apr&egrave;s sa prestation de serment du 6 novembre 2025.</p>
<p>Quatre minist&egrave;res sont orphelins depuis cinq ans. Leurs titulaires sont morts entre 2021 et 2023. Le minist&egrave;re des Mines attend un successeur depuis janvier 2023, apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de Gabriel Dodo Ndoke. Celui de l'Agriculture depuis ao&ucirc;t 2022, apr&egrave;s la disparition de Cl&eacute;mentine Ananga Messina. Les postes d'Adoum Gargoum aux Relations Ext&eacute;rieures et d'Alim Hayatou &agrave; la Sant&eacute; Publique sont vacants depuis cinq ans.</p>
<p>Le &laquo; Gouvernement des morts &raquo; fonctionne par int&eacute;rim. Les dossiers courants sont trait&eacute;s. Aucune r&eacute;forme de fond n'est lanc&eacute;e. Paul Biya avait promis un nouveau gouvernement &laquo; dans les prochains jours &raquo; lors de son message de fin d'ann&eacute;e 2025, puis &agrave; l'adresse &agrave; la jeunesse du 10 f&eacute;vrier 2026. Sept mois plus tard, rien.</p>
<p>Pourquoi cette diff&eacute;rence de traitement ? Parce que le gouvernement ne sert &agrave; rien dans la pr&eacute;servation du syst&egrave;me. Le Conseil constitutionnel, si.</p>
<hr>
<p><strong>Qui est Nama Remy ?</strong><br>Un magistrat hors hi&eacute;rarchie camerounais, originaire de la Mefou-et-Akono. Il &eacute;tait charg&eacute; de mission &agrave; la division des affaires judiciaires du Secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique.</p>
<p><strong>Pourquoi Paul Biya a-t-il snob&eacute; Paul Nchoji Nkwi ?</strong><br>Le Pr Nkwi est anglophone du Nord-Ouest. Paul Biya a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; un magistrat du Centre, fid&egrave;le du s&eacute;rail pr&eacute;sidentiel. Le r&eacute;gime privil&eacute;gie la loyaut&eacute; personnelle sur l'&eacute;quilibre r&eacute;gional.</p>
<p><strong>Pourquoi cette nomination est-elle intervenue si vite ?</strong><br>Parce que Paul Biya, 93 ans, cherche &agrave; verrouiller le Conseil constitutionnel avant toute vacance du pouvoir. C'est cette institution qui constate l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif du chef de l'&Eacute;tat.</p>
<p><strong>Pourquoi le gouvernement n'est-il toujours pas nomm&eacute; ?</strong><br>Parce qu'il n'est pas essentiel &agrave; la pr&eacute;servation du syst&egrave;me. Paul Biya gouverne avec des ministres par int&eacute;rim et des &laquo; doubles ministres &raquo; depuis des ann&eacute;es.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 17 Oct 2026 01:19:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Paul-Biya171026500.webp" type="image/webp" length="11057" />
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cambodge - Me Touko Tom : « La faute historique de l&#039;opposition camerounaise »]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cambodge-me-touko-tom-la-faute-historique-de-lopposition-camerounaise</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Un avocat camerounais analyse la fin de règne de Paul Biya : coup
d'État, braquage institutionnel, et l'échec historique de
l'opposition. Analyse sans fard.

Pa...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Me-Touko-Tom161026500.webp" alt="Cambodge - Me Touko Tom : « La faute historique de l&#039;opposition camerounaise »" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Un avocat camerounais analyse la fin de r&egrave;gne de Paul Biya : coup d'&Eacute;tat, braquage institutionnel, et l'&eacute;chec historique de l'opposition. Analyse sans fard.</p>
<p>Paul Biya, 93 ans, ne gouverne plus : il attend ses obs&egrave;ques. Pendant ce temps, deux factions se d&eacute;chirent pour sa succession, et l'opposition d&eacute;couvre trop tard qu'elle a &eacute;t&eacute; bern&eacute;e.</p>
<p>Me Am&eacute;d&eacute;e Dimitri Touko Tom a &eacute;crit une phrase qui d&eacute;range. &laquo; La faute historique de l'opposition, c'est d'avoir cr&eacute;dit&eacute; la dictature camerounaise d'un minimum de bonne foi. &raquo; L'avocat camerounais, connu pour ses positions tranch&eacute;es, vient de publier une analyse de la situation politique de son pays. Elle circule d&eacute;j&agrave; dans les milieux militants.</p>
<p>Son constat est simple : Paul Biya est en fin de vie. Deux clans s'affrontent dans son entourage. L'un pr&eacute;pare un putsch militaire. L'autre tente un braquage institutionnel via la nomination d'un vice-pr&eacute;sident. Et l'opposition ? Elle regarde le train passer, une fois de plus.</p>
<p>Derri&egrave;re la formule, une question br&ucirc;lante : et si l'alternance au Cameroun n'&eacute;tait qu'une illusion ?</p>
<h2>Paul Biya : 93 ans, 44 ans au pouvoir, et une fin de r&egrave;gne qui s'&eacute;ternise</h2>
<p>Paul Biya est n&eacute; le 13 f&eacute;vrier 1933. Il a 93 ans. Il dirige le Cameroun depuis 1982. Le plus vieux chef d'&Eacute;tat en exercice au monde. Le plus ancien aussi.</p>
<p>Son absence de 74 jours entre juin et ao&ucirc;t 2026 a nourri toutes les rumeurs. Hospitalisation &agrave; Gen&egrave;ve selon <strong>Jeune Afrique</strong>. &laquo; Court s&eacute;jour priv&eacute; &raquo; selon la pr&eacute;sidence. Le ministre de la Communication Ren&eacute; Emmanuel Sadi a d&eacute;menti l'hospitalisation, tout en confirmant sa pr&eacute;sence en Suisse.</p>
<p>Depuis son retour le 20 ao&ucirc;t, aucune apparition publique film&eacute;e ou photographi&eacute;e de mani&egrave;re ind&eacute;pendante n'a &eacute;t&eacute; diffus&eacute;e. Le d&eacute;cret sign&eacute; le 15 octobre est devenu la seule preuve de vie officielle.</p>
<h2>Le putsch qui n'aura peut-&ecirc;tre pas lieu</h2>
<p>Dans son texte, Me Touko Tom &eacute;voque &laquo; un coup d'&Eacute;tat de type militaire &raquo; pr&eacute;par&eacute; par une faction de l'entourage pr&eacute;sidentiel. L'all&eacute;gation n'est pas nouvelle. En ao&ucirc;t 2026, Paul Biya a proc&eacute;d&eacute; &agrave; un remaniement militaire d'ampleur : six nouveaux commandants territoriaux, cinq colonels promus g&eacute;n&eacute;raux, un nouveau major g&eacute;n&eacute;ral.</p>
<p>Pour les analystes, ce mouvement n'est pas le signe d'un putsch imminent. Il serait au contraire con&ccedil;u pour le pr&eacute;venir. Depuis la tentative de renversement du 6 avril 1984, Biya repose sur un syst&egrave;me d'&eacute;quilibre entre arm&eacute;e r&eacute;guli&egrave;re, gendarmerie, Garde pr&eacute;sidentielle et BIR.</p>
<h2>Le braquage institutionnel du vice-pr&eacute;sident</h2>
<p>Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais a adopt&eacute; une r&eacute;vision constitutionnelle r&eacute;introduisant le poste de vice-pr&eacute;sident, supprim&eacute; depuis 1972. Paul Biya a promulgu&eacute; la loi le 14 avril.</p>
<p>Le texte est clair : le vice-pr&eacute;sident est nomm&eacute; et r&eacute;voqu&eacute; par le chef de l'&Eacute;tat. Il assure l'int&eacute;rim et ach&egrave;ve le mandat en cas de vacance du pouvoir. Pour l'opposition, c'est un &laquo; coup d'&Eacute;tat constitutionnel et institutionnel &raquo;, selon les mots de Maurice Kamto.</p>
<p>Une rumeur avait circul&eacute; sur une nomination imminente de Franck Emmanuel Biya, fils du pr&eacute;sident. Un d&eacute;cret a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; fabriqu&eacute; de toutes pi&egrave;ces. L'AFP a conclu &agrave; un faux. &Agrave; ce jour, aucun vice-pr&eacute;sident n'a &eacute;t&eacute; nomm&eacute;.</p>
<h2>L'&eacute;chec historique de l'opposition</h2>
<p>Me Touko Tom n'y va pas par quatre chemins. &laquo; Aucune d&eacute;marche s'inscrivant dans l'ordre institutionnel Biya ne peut conduire &agrave; l'alternance, ni aujourd'hui, ni en 2032. &raquo; L'avocat, ancien secr&eacute;taire r&eacute;gional du SDF-Ouest et aujourd'hui proche du MRC de Maurice Kamto, conna&icirc;t le dossier.</p>
<p>Son diagnostic : l'opposition a commis une erreur fondamentale. Elle a cru pouvoir jouer le jeu institutionnel. Elle a cru que la dictature camerounaise avait un minimum de bonne foi. &laquo; C'est cette cr&eacute;dulit&eacute; qui a co&ucirc;t&eacute; cher &raquo;, &eacute;crit-il.</p>
<p>Le contexte lui donne raison. En 2025, Paul Biya a &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;lu pour un huiti&egrave;me mandat &laquo; sans aucune apparition publique ni prise de parole &raquo;. Une &eacute;lection sans campagne, sans d&eacute;bat, sans adversaire cr&eacute;dible, sans la majorit&eacute; des votes exprim&eacute;s dans les urnes. Et pourtant, valid&eacute;e.</p>
<h2>Que reste-t-il &agrave; faire ?</h2>
<p>La question que pose Me Touko Tom est brutale : &laquo; Chacun sait ce qu'il faut faire. &raquo; Il ne pr&eacute;cise pas quoi. Mais le sous-texte est clair : la voie institutionnelle est morte. La rue, la mobilisation, la pression populaire, voil&agrave; ce qui reste.</p>
<p>Le MRC de Maurice Kamto a choisi cette voie depuis des ann&eacute;es. Le parti a organis&eacute; des marches, des gr&egrave;ves, des campagnes de d&eacute;sob&eacute;issance civile. R&eacute;sultat : une r&eacute;pression syst&eacute;matique, des arrestations, et un pouvoir qui n'a pas boug&eacute; d'un millim&egrave;tre.</p>
<p>Les &eacute;lections de 2032 se profilent. Paul Biya aurait 99 ans. Personne, dans son entourage, ne parle de cette &eacute;ch&eacute;ance. Tout le monde, en revanche, parle de l'apr&egrave;s-Biya.</p>
<hr>
<p><strong>Paul Biya est-il toujours pr&eacute;sident du Cameroun ?</strong><br>Oui. Aucune vacance du pouvoir n'a &eacute;t&eacute; constat&eacute;e. Paul Biya a sign&eacute; un d&eacute;cret le 15 octobre 2026.</p>
<p><strong>Un coup d'&Eacute;tat se pr&eacute;pare-t-il au Cameroun ?</strong><br>Des rumeurs circulent depuis plusieurs mois. Le remaniement militaire d'ao&ucirc;t 2026 est interpr&eacute;t&eacute; par certains analystes comme une mesure pr&eacute;ventive. Aucune preuve publique ne confirme un putsch imminent.</p>
<p><strong>Qui succ&eacute;dera &agrave; Paul Biya ?</strong><br>Le poste de vice-pr&eacute;sident a &eacute;t&eacute; r&eacute;introduit en avril 2026. Il reste vacant. Aucune nomination n'a &eacute;t&eacute; faite. Franck Biya, fils du pr&eacute;sident, est cit&eacute; comme possible successeur.</p>
<p><strong>L'opposition camerounaise peut-elle gagner une &eacute;lection ?</strong><br>Selon plusieurs analystes, dont Me Am&eacute;d&eacute;e Dimitri Touko Tom, la voie institutionnelle est verrouill&eacute;e. L'alternance ne peut venir, selon eux, que d'une pression populaire extra-institutionnelle.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 16 Oct 2026 16:02:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Me-Touko-Tom161026500.webp" type="image/webp" length="1718" />
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                            </item>
        
                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Dion Ngute à Bamenda : un dialogue sans les séparatistes peut-il marcher ?]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-dion-ngute-a-bamenda-un-dialogue-sans-les-separatistes-peut-il-marcher</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Dix ans de crise anglophone, 6 500 morts, 700 000 déplacés. Le
dialogue communautaire de Dion Ngute à Bamenda peut-il vraiment
ramener la paix ?

Dix ans après...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Bamenda-Accueil141026500.webp" alt="Cameroun - Dion Ngute à Bamenda : un dialogue sans les séparatistes peut-il marcher ?" width="600"/></p>
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                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-dion-ngute-a-bamenda-un-dialogue-sans-les-separatistes-peut-il-marcher</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Dix ans de crise anglophone, 6 500 morts, 700 000 d&eacute;plac&eacute;s. Le dialogue communautaire de Dion Ngute &agrave; Bamenda peut-il vraiment ramener la paix ?</p>
<p>Dix ans apr&egrave;s le d&eacute;but de la crise anglophone, le Premier ministre Joseph Dion Ngute relance un dialogue communautaire &agrave; Bamenda et Buea. Mais sans les acteurs cl&eacute;s du conflit, sans feuille de route cr&eacute;dible et sans le Parlement, cette initiative risque de rester une consultation de plus.</p>
<p>C'est un chiffre qui devrait hanter chaque nuit les conseillers de Dion Ngute : 6 500 civils tu&eacute;s, 700 000 d&eacute;plac&eacute;s, 488 000 enfants priv&eacute;s d'&eacute;cole. Dix ans. Et toujours pas de paix. Alors le Premier ministre est retourn&eacute; &agrave; Bamenda cette semaine, avec un nouveau nom pour une vieille recette : le dialogue communautaire. Mais dans les quartiers de Ntumbaw et de Nkwen, on se demande si Yaound&eacute; parle enfin aux bonnes personnes. Ou si l'on r&eacute;p&egrave;te les m&ecirc;mes gestes en esp&eacute;rant un r&eacute;sultat diff&eacute;rent.</p>
<h2>Le dialogue communautaire, une &eacute;ni&egrave;me consultation ?</h2>
<p>Bamenda, 15 octobre 2026. Sur l'estrade officielle, Joseph Dion Ngute pr&eacute;side la c&eacute;r&eacute;monie de lancement du dialogue communautaire. La CRTV filme en direct. Des jeunes, des femmes, des chefs traditionnels, des repr&eacute;sentants de la soci&eacute;t&eacute; civile. Le d&eacute;cor est plant&eacute;. Le discours aussi.</p>
<p>Mais une absence saute aux yeux. Aucun leader s&eacute;paratiste. Aucun repr&eacute;sentant des factions arm&eacute;es. Aucun des hommes et des femmes qui, sur le terrain, tiennent les armes ou imposent les &laquo; ghost towns &raquo; qui paralysent l'&eacute;conomie locale depuis des ann&eacute;es.</p>
<p>&laquo; On nous invite &agrave; parler de paix sans ceux qui font la guerre &raquo;, soupire un enseignant de Bamenda joint par t&eacute;l&eacute;phone. Il a demand&eacute; &agrave; garder l'anonymat. &laquo; C'est comme organiser un mariage sans le futur &eacute;poux. &raquo;</p>
<p>Le dialogue communautaire s'inscrit dans la continuit&eacute; du Grand Dialogue National de 2019. &Agrave; l'&eacute;poque, Yaound&eacute; avait promis monts et merveilles : statut sp&eacute;cial pour les deux r&eacute;gions, acc&eacute;l&eacute;ration de la d&eacute;centralisation, promotion du bilinguisme, reconstruction. Des lois ont suivi. Le Code g&eacute;n&eacute;ral des collectivit&eacute;s territoriales d&eacute;centralis&eacute;es a consacr&eacute; le statut sp&eacute;cial. Mais sur le terrain, la guerre continue.</p>
<h2>&laquo; Le conflit ne meurt pas de vieillesse &raquo;</h2>
<p>La phrase a fait le tour des r&eacute;seaux sociaux. &Agrave; Buea, fin septembre, Dion Ngute aurait &eacute;voqu&eacute; la possibilit&eacute; que la crise &laquo; meure de mort naturelle &raquo; dans dix &agrave; quinze ans. Les services du Premier ministre n'ont ni confirm&eacute; ni d&eacute;menti. Mais le mal est fait.</p>
<p>&laquo; Un conflit ne se r&eacute;sout pas parce que les victimes sont fatigu&eacute;es &raquo;, tranche un responsable d'ONG humanitaire bas&eacute; &agrave; Buea. &laquo; Pendant ce temps, on compte les morts. &raquo;</p>
<p>Les chiffres, eux, sont t&ecirc;tus. Selon les donn&eacute;es de l'ONU et de l'International Crisis Group, la crise a fait plus de 6 000 morts et entra&icirc;n&eacute; le d&eacute;placement de plus de 700 000 personnes, dont pr&egrave;s de 584 000 d&eacute;plac&eacute;s internes.La Banque mondiale &eacute;voque 6 500 morts parmi les civils, 640 000 d&eacute;plac&eacute;s et 1,8 million de personnes d&eacute;pendantes de l'aide humanitaire. Les besoins en reconstruction sont estim&eacute;s &agrave; plus de 4,5 milliards de dollars.</p>
<p>Et l'&eacute;cole ? En 2025, l'UNICEF comptait 14 829 &eacute;coles ferm&eacute;es dans les deux r&eacute;gions, contre 14 364 en 2024. Plus de 200 000 &eacute;l&egrave;ves sont priv&eacute;s d'enseignement, selon la BBC. Un chiffre qui, &agrave; lui seul, devrait rendre impossible toute discussion sur la &laquo; normalisation &raquo;.</p>
<h2>Un Parlement aux abonn&eacute;s absents</h2>
<p>O&ugrave; est le Parlement dans cette crise ? La question m&eacute;rite d'&ecirc;tre pos&eacute;e. Un d&eacute;put&eacute; de la r&eacute;gion du Nord-Ouest, contact&eacute; par nos soins, reconna&icirc;t que &laquo; le sujet est sensible &raquo;. Il refuse d'en dire plus.</p>
<p>Pourtant, le Parlement a vot&eacute; les lois de 2019. Il a ent&eacute;rin&eacute; le statut sp&eacute;cial. Il a approuv&eacute; les budgets de la reconstruction. Mais il n'a jamais organis&eacute; de d&eacute;bat de fond sur la crise anglophone. Pas de commission d'enqu&ecirc;te. Pas de mission d'information. Pas de rapport parlementaire sur les violations des droits humains, document&eacute;es par Human Rights Watch et Amnesty International.</p>
<p>&laquo; Le Parlement a une responsabilit&eacute; &raquo;, estime un constitutionnaliste de l'Universit&eacute; de Buea, qui pr&eacute;f&egrave;re rester anonyme. &laquo; Il ne s'agit pas de voter des lois symboliques. Il s'agit de demander des comptes. &raquo;</p>
<h2>Les s&eacute;paratistes, acteurs incontournables d'un dialogue qui les exclut</h2>
<p>C'est la contradiction fondamentale. Yaound&eacute; veut la paix. Mais Yaound&eacute; refuse de parler &agrave; ceux qui font la guerre.</p>
<p>Sisiku Julius Ayuk Tabe, leader historique des s&eacute;paratistes, croupit en prison depuis 2019. Sa condamnation &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e par un tribunal militaire. Son pourvoi en cassation devant la Cour supr&ecirc;me a &eacute;t&eacute; examin&eacute; le 18 d&eacute;cembre 2025, puis renvoy&eacute; au 15 janvier 2026. Il attend toujours.</p>
<p>D'autres leaders s&eacute;paratistes, en exil, sont traqu&eacute;s par Interpol. Certains ont &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s en Belgique, aux &Eacute;tats-Unis, en Norv&egrave;ge.</p>
<p>&laquo; Comment voulez-vous n&eacute;gocier avec des gens que vous traitez comme des terroristes ? &raquo; demande un diplomate europ&eacute;en en poste &agrave; Yaound&eacute;, qui n'a pas voulu &ecirc;tre cit&eacute; nomm&eacute;ment. &laquo; Il y a un moment o&ugrave; la realpolitik doit prendre le dessus sur la posture. &raquo;</p>
<p>Les factions s&eacute;paratistes ne sont pas non plus exemptes de reproches. Leurs rivalit&eacute;s internes ont fragment&eacute; le mouvement. Certains groupes arm&eacute;s se livrent &agrave; des enl&egrave;vements contre ran&ccedil;on. En 2023, ces rapts ont rapport&eacute; au moins 7,8 millions de dollars, selon Global Voices.Des enseignants, des pr&ecirc;tres, des civils sont kidnapp&eacute;s. Les ran&ccedil;ons exig&eacute;es atteignent parfois 3,4 millions de francs CFA par personne.</p>
<p>L'archev&ecirc;que de Bamenda, Andrew Nkea, a lui-m&ecirc;me &eacute;t&eacute; confront&eacute; &agrave; cette r&eacute;alit&eacute;. Six pr&ecirc;tres enlev&eacute;s. Cinq lib&eacute;r&eacute;s. &laquo; Il demande une ran&ccedil;on, mais je ne peux pas payer &raquo;, a-t-il rapport&eacute;.</p>
<p>La crise humanitaire ne cesse de s'aggraver. En 2025, 3,3 millions de personnes avaient besoin d'une assistance urgente au Cameroun, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires. Les d&eacute;plac&eacute;s internes vivent dans des conditions pr&eacute;caires. Des incendies ont ravag&eacute; des sites de PDI dans l'Extr&ecirc;me-Nord. Des distributions alimentaires ont &eacute;t&eacute; attaqu&eacute;es dans le Nord-Ouest.</p>
<p>&laquo; Les familles d&eacute;plac&eacute;es font face &agrave; des conditions de vie pr&eacute;caires, un acc&egrave;s limit&eacute; aux soins de sant&eacute; et une ins&eacute;curit&eacute; alimentaire chronique &raquo;, rapporte M&eacute;decins Sans Fronti&egrave;res.</p>
<h2>Le pi&egrave;ge de l'opportunisme politique</h2>
<p>Il y a une r&eacute;alit&eacute; que peu de responsables osent aborder publiquement : la crise profite &agrave; certains.</p>
<p>Des analystes et des acteurs de la soci&eacute;t&eacute; civile affirment que l'ins&eacute;curit&eacute; a, dans certaines circonscriptions, affaibli la comp&eacute;tition politique. Des candidats auraient exploit&eacute; la peur, les intimidations ou l'absence d'opposants pour se faire &eacute;lire. L'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025 a &eacute;t&eacute; perturb&eacute;e dans les r&eacute;gions anglophones. Certains bureaux de vote n'ont pas ouvert. Dans d'autres, la participation a &eacute;t&eacute; squelettique.</p>
<p>&laquo; Il serait injuste de condamner tous les &eacute;lus &raquo;, nuance un journaliste d'investigation camerounais. &laquo; Mais ceux qui b&eacute;n&eacute;ficient politiquement de l'instabilit&eacute; doivent d&eacute;montrer, par leurs actes, qu'ils soutiennent un environnement politique pacifique et comp&eacute;titif. &raquo;</p>
<h2>Ce que le dialogue communautaire ne dit pas</h2>
<p>Le dialogue communautaire de Dion Ngute mobilise les jeunes, les femmes, les chefs traditionnels, les acteurs de la soci&eacute;t&eacute; civile. Tous ont leur place. Mais aucun n'a le pouvoir de d&eacute;poser les armes. Aucun n'a l'autorit&eacute; de n&eacute;gocier au nom des combattants.</p>
<p>&laquo; C'est le probl&egrave;me de fond &raquo;, analyse un politologue de l'Universit&eacute; de Yaound&eacute; II. &laquo; Yaound&eacute; dialogue avec ceux qui sont d'accord avec Yaound&eacute;. Ce n'est pas un dialogue. C'est un monologue avec public. &raquo;</p>
<p>Les organisations internationales ont multipli&eacute; les appels. Le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'ONU a encourag&eacute; les repr&eacute;sentants de la communaut&eacute; anglophone &agrave; &laquo; saisir cette opportunit&eacute; dans leur recherche de solutions aux griefs de la communaut&eacute; &raquo;. L'Union europ&eacute;enne a pouss&eacute; pour un dialogue national inclusif. Mais le Cameroun a syst&eacute;matiquement repouss&eacute; les m&eacute;diations &eacute;trang&egrave;res. L'Union africaine a propos&eacute; ses bons offices. Refus&eacute;s. La Suisse a tent&eacute; une m&eacute;diation. Termin&eacute;e en 2022.</p>
<h2>La question que personne ne veut poser</h2>
<p>Le dialogue de Dion Ngute peut-il aboutir sans les s&eacute;paratistes ? La r&eacute;ponse semble &eacute;vidente. Non.</p>
<p>Mais alors, pourquoi Yaound&eacute; persiste-t-il ? Peut-&ecirc;tre parce que le statu quo arrange. Peut-&ecirc;tre parce que reconna&icirc;tre les s&eacute;paratistes comme interlocuteurs valides serait reconna&icirc;tre que la crise a des causes politiques, et non seulement s&eacute;curitaires. Peut-&ecirc;tre parce que la paix v&eacute;ritable exigerait des concessions que le pouvoir n'est pas pr&ecirc;t &agrave; faire.</p>
<p>Le Premier ministre a promis que le dialogue communautaire serait suivi d'effets. Des &laquo; engagements mesurables &raquo;. Des &laquo; r&eacute;sultats concrets &raquo;. Mais dans les rues de Bamenda, de Buea, de Kumba, la m&eacute;fiance domine.</p>
<p>&laquo; On a entendu les m&ecirc;mes promesses en 2019 &raquo;, rappelle une commer&ccedil;ante de Bamenda. &laquo; Aujourd'hui, mon fils n'est plus l&agrave;. Il a &eacute;t&eacute; tu&eacute; en 2021. Alors, le dialogue... &raquo;</p>
<p>Elle ne termine pas sa phrase. Le regard s'&eacute;gare. Le bruit de la rue reprend ses droits.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 16 Oct 2026 00:59:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Cameroun - Eko Eko et Amougou Belinga : la justice change de cible]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-eko-eko-et-amougou-belinga-la-justice-change-de-cible</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Alors que le procès Martinez Zogo s'enlise après 35 témoins, deux
nouveaux dossiers visent Eko Eko et Amougou Belinga. Le sérail
s'agite. Enquête.

Tandis que l...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Amougou-belinga_Eko_Eko011223628.jpg" alt="Cameroun - Eko Eko et Amougou Belinga : la justice change de cible" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le proc&egrave;s Martinez Zogo s'enlise apr&egrave;s 35 t&eacute;moins, deux nouveaux dossiers visent Eko Eko et Amougou Belinga. Le s&eacute;rail s'agite. Enqu&ecirc;te.</p>
<p>Tandis que l'accusation s'&eacute;puise &agrave; &eacute;tayer l'implication d'Eko Eko et d'Amougou Belinga dans l'assassinat de Martinez Zogo, une ordonnance de renvoi et un rapport confidentiel du SED surgissent sur les r&eacute;seaux sociaux et rebattent les cartes.</p>
<p>Le proc&egrave;s de l'assassinat de Martinez Zogo a entendu son 35e t&eacute;moin. Les contradictions du lieutenant-colonel Justin Danwe, principal accus&eacute;, se sont multipli&eacute;es. L'accusation n'a toujours pas &eacute;tabli de lien direct entre Eko Eko, Amougou Belinga et le meurtre du journaliste.</p>
<p>Puis, en une semaine, deux documents ont surgi sur les r&eacute;seaux sociaux. Une ordonnance du tribunal de la Momo renvoyant Eko Eko devant la Haute Cour pour torture d'un ressortissant belge. Et une lettre du SED/Gendarmerie recommandant des poursuites contre Amougou Belinga dans la gestion du &laquo; chapitre 94 &raquo;.</p>
<p>Ces deux dossiers ont un point commun : le ministre d'&Eacute;tat Ferdinand Ngoh Ngoh.</p>
<p>Hasard ou changement de strat&eacute;gie ?</p>
<h2>Le dossier Zogo s'enlise</h2>
<p>Martinez Zogo est mort le 17 janvier 2023. Enlev&eacute; &agrave; Yaound&eacute;, retrouv&eacute; sans vie 25 kilom&egrave;tres plus loin, le corps portant des traces de s&eacute;vices. Trois ans plus tard, le proc&egrave;s se poursuit devant le tribunal militaire de Yaound&eacute;.</p>
<p>Le 35e t&eacute;moin de l'accusation a d&eacute;pos&eacute; le 15 septembre 2026. Le lieutenant-colonel Dieudonn&eacute; Bialo, chef du service central des recherches judiciaires, a confirm&eacute; que la vid&eacute;o de torture all&eacute;gu&eacute;e n'avait jamais &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;e dans les t&eacute;l&eacute;phones saisis, notamment ceux d'Amougou Belinga et du lieutenant-colonel Danwe. Un t&eacute;l&eacute;phone contenant cette preuve aurait pu &ecirc;tre &laquo; d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment soustrait &agrave; la vigilance des enqu&ecirc;teurs &raquo;.</p>
<p>C'est une admission lourde. Depuis le d&eacute;but, cette vid&eacute;o est pr&eacute;sent&eacute;e comme l'&eacute;l&eacute;ment cl&eacute; susceptible d'identifier les commanditaires. Elle n'existe pas dans le dossier.</p>
<p>Le colonel Jean-Pierre Otoulou, 34e t&eacute;moin, a reconnu le 14 juillet 2026 que Danwe avait fini par avouer. Mais il a aussi confirm&eacute; que Danwe avait rencontr&eacute; Jean-Pierre Amougou Belinga le 29 d&eacute;cembre 2022. Une rencontre. Pas une preuve de commandement.</p>
<p>Le probl&egrave;me central reste Danwe lui-m&ecirc;me. Le principal pilier de l'accusation a livr&eacute; quatre versions diff&eacute;rentes sur l'identit&eacute; de celui qui l'aurait commandit&eacute;. Quatre. Aucune n'a &eacute;t&eacute; jug&eacute;e suffisamment solide pour &eacute;tablir un lien direct avec Eko Eko ou Amougou Belinga.</p>
<p>La d&eacute;fense n'a pas manqu&eacute; de le souligner. Les avocats des accus&eacute;s d&eacute;noncent depuis des mois des &laquo; graves irr&eacute;gularit&eacute;s &raquo; : arrestations sans titre, perquisitions sans mandat, auditions sans assistance d'avocat, proc&egrave;s-verbaux entach&eacute;s d'erreurs, disparition de t&eacute;l&eacute;phones, impr&eacute;cision sur le v&eacute;hicule utilis&eacute;.</p>
<p>Me Tchoungang a parl&eacute; d'une demande &laquo; dilatoire &raquo; apr&egrave;s le renvoi de l'audience au 12 octobre, le 35e t&eacute;moin &eacute;tant en mission en Alg&eacute;rie. &laquo; Depuis six audiences &raquo;, a-t-elle protest&eacute;. Le dossier avance. Lentement.</p>
<h2>L'ordonnance qui tombe &agrave; pic</h2>
<p>Le 25 septembre 2026, le juge d'instruction du tribunal de premi&egrave;re instance de Mbengwi, dans le d&eacute;partement de la Momo, a rendu une ordonnance renvoyant treize personnes devant la Haute Cour de la Momo. Parmi elles : Leopold Maxime Eko Eko.</p>
<p>L'affaire remonte &agrave; 2015 et 2016. Au c&oelig;ur du dossier : Jan Joris Cappelle, un ressortissant belge, consultant en agriculture. Selon l'ordonnance, il aurait &eacute;t&eacute; invit&eacute; par le chef traditionnel de Tudig &agrave; participer &agrave; des projets de d&eacute;veloppement agricole. Des terres lui auraient &eacute;t&eacute; confi&eacute;es. Un conflit foncier a &eacute;clat&eacute;. Cappelle affirme avoir &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; sans mandat, d&eacute;tenu et maltrait&eacute; avant d'&ecirc;tre expuls&eacute; vers la Belgique.</p>
<p>Les infractions mentionn&eacute;es dans l'ordonnance couvrent un large spectre : diffamation, destruction, menaces, troubles de jouissance, torture, abus de fonction, demandes indues, arrestation ill&eacute;gale et complicit&eacute; d'arrestation ill&eacute;gale.</p>
<p>Eko Eko conteste. Ses avocats, dans un communiqu&eacute; du 7 octobre 2026, affirment que la DGRE n'a ni initi&eacute; l'enqu&ecirc;te, ni particip&eacute; &agrave; l'arrestation ou &agrave; la d&eacute;tention initiale dans le Nord-Ouest. Ils reconnaissent qu'en avril 2016, Cappelle a &eacute;t&eacute; re&ccedil;u dans les services du renseignement ext&eacute;rieur &agrave; Yaound&eacute;. Mais ils affirment qu'Eko Eko a agi sur instruction du ministre secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, Ferdinand Ngoh Ngoh.</p>
<p>La d&eacute;fense va plus loin. Elle pr&eacute;sente cette proc&eacute;dure comme une tentative de contourner les difficult&eacute;s de l'accusation dans le dossier Zogo. Une lecture qui rel&egrave;ve de leur argumentaire, aucun &eacute;l&eacute;ment public ne d&eacute;montrant une coordination entre les deux proc&eacute;dures.</p>
<h2>Le rapport du SED sur le chapitre 94</h2>
<p>En fin de semaine, un autre document a circul&eacute;. Une lettre du Secr&eacute;taire d'&Eacute;tat &agrave; la D&eacute;fense charg&eacute; de la Gendarmerie, adress&eacute;e au ministre d'&Eacute;tat, SG/PR Ferdinand Ngoh Ngoh. Le rapport, sign&eacute; le 19 d&eacute;cembre 2023, fait &eacute;tat de soup&ccedil;ons de graves infractions dans la gestion du &laquo; chapitre 94 &raquo;. Il recommande des poursuites judiciaires contre plusieurs personnalit&eacute;s, dont Louis Paul Motaze, Jean Sylvain Mvondo et surtout Jean-Pierre Amougou Belinga.</p>
<p>Le rapport mentionne en r&eacute;f&eacute;rence une lettre du SG/PR dat&eacute;e du 20 avril 2022. Autrement dit, c'est Ferdinand Ngoh Ngoh qui a ordonn&eacute; l'enqu&ecirc;te.</p>
<p>Le &laquo; chapitre 94 &raquo; d&eacute;signe une ligne budg&eacute;taire des services du Premier ministre. Il fait l'objet de soup&ccedil;ons depuis plusieurs ann&eacute;es. En 2022, le SG/PR avait d&eacute;j&agrave; saisi le SED pour une enqu&ecirc;te sur les chapitres 65 et 94. Un audit du CONSUPE avait &eacute;t&eacute; ordonn&eacute; en parall&egrave;le.</p>
<p>Pourquoi ce rapport, r&eacute;dig&eacute; en d&eacute;cembre 2023 et transmis confidentiellement, appara&icirc;t-il sur les r&eacute;seaux sociaux pr&egrave;s de trois ans plus tard ? Nous n'avons pas pu obtenir de r&eacute;ponse officielle &agrave; cette question.</p>
<h2>Ngoh Ngoh, instructeur des deux dossiers</h2>
<p>C'est le point commun qui interroge. Ferdinand Ngoh Ngoh est cit&eacute; dans les deux affaires.</p>
<p>Dans le dossier Cappelle, les avocats d'Eko Eko affirment que c'est lui qui a instruit la DGRE de prendre en charge le ressortissant belge en avril 2016.</p>
<p>Dans le dossier du chapitre 94, les r&eacute;f&eacute;rences du rapport SED montrent que c'est lui qui a ordonn&eacute; l'enqu&ecirc;te en avril 2022.</p>
<p>Le ministre d'&Eacute;tat, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, est un personnage central du syst&egrave;me. Il est aussi l'un des hommes les plus puissants du pays. Ses liens avec le dossier Zogo ont &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute;s &agrave; plusieurs reprises. Le lieutenant-colonel Bialo a affirm&eacute; que ni Ngoh Ngoh, ni le ministre des Finances, ni le ministre de la Justice n'apparaissaient dans les investigations de son service.</p>
<p>Une mise hors de cause qui n'a pas convaincu tout le monde. Mais une mise hors de cause.</p>
<h2>Un contexte politique sous tension</h2>
<p>Ces deux documents surgissent dans un moment particulier.</p>
<p>Lundi 12 octobre 2026 a marqu&eacute; le premier anniversaire de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle. Un an apr&egrave;s, le Cameroun n'a toujours pas de nouveau gouvernement. Paul Biya avait annonc&eacute; sa formation le 31 d&eacute;cembre 2025. Il a r&eacute;it&eacute;r&eacute; l'engagement le 10 f&eacute;vrier 2026. Rien.</p>
<p>Le poste de vice-pr&eacute;sident, r&eacute;tabli par la r&eacute;vision constitutionnelle du 4 avril 2026 et promulgu&eacute;e le 14 avril, demeure vacant. Six mois apr&egrave;s. Aucune nomination n'a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e.</p>
<p>L'opposant Cabral Libii a accus&eacute; le r&eacute;gime de &laquo; vouloir le chaos &raquo; en bloquant cette nomination. Dans une d&eacute;claration du 13 octobre, il a estim&eacute; que &laquo; la souverainet&eacute; du Cameroun est en jeu &raquo;. Il a point&eacute; &laquo; les batailles que se livrent les adeptes des petits calculs au sein du pouvoir &raquo;.</p>
<p>Cette vacance institutionnelle cr&eacute;e un vide. Un vide dans lequel s'engouffrent les rivalit&eacute;s. Les documents qui circulent sur les r&eacute;seaux sociaux en sont peut-&ecirc;tre le sympt&ocirc;me. Ou l'instrument.</p>
<h2>Que disent ces documents ?</h2>
<p>Ils disent qu'Eko Eko est renvoy&eacute; devant la Haute Cour de la Momo pour des faits de torture. Ils disent qu'Amougou Belinga est vis&eacute; par un rapport du SED pour des soup&ccedil;ons de d&eacute;tournement dans la gestion du chapitre 94.</p>
<p>Ils ne disent pas qui a fait circuler ces documents. Ils ne disent pas pourquoi maintenant.</p>
<p>Ils ne disent pas non plus ce qu'ils valent. L'ordonnance de renvoi est un acte judiciaire. Elle a &eacute;t&eacute; rendue par un juge d'instruction. Elle est ex&eacute;cutoire. Le rapport du SED est un document administratif. Il recommande des poursuites. Il n'en d&eacute;clenche pas automatiquement.</p>
<h2>Ce que l'accusation n'a pas r&eacute;ussi &agrave; faire dans le dossier Zogo</h2>
<p>Trois ans. 35 t&eacute;moins. Des dizaines d'audiences. Des experts. Des t&eacute;l&eacute;phones. Des vid&eacute;os. Des relev&eacute;s.</p>
<p>Et toujours pas de preuve directe que Danwe a &eacute;t&eacute; commandit&eacute; par Eko Eko ou Amougou Belinga. Les quatre versions de Danwe ont affaibli le pilier de l'accusation. La vid&eacute;o de torture n'a jamais &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;e. Les irr&eacute;gularit&eacute;s de proc&eacute;dure se sont accumul&eacute;es.</p>
<p>Le dossier est loin d'&ecirc;tre vide. Des charges existent. Des t&eacute;moignages concordent sur certains points. Mais le lien entre les accus&eacute;s et le meurtre reste, &agrave; ce stade, non &eacute;tabli.</p>
<p>Les deux nouveaux dossiers changent-ils la donne ? Ils maintiennent Eko Eko et Amougou Belinga sous pression judiciaire. Ils ouvrent de nouveaux fronts. Ils rappellent que les ennuis des deux hommes ne se limitent pas &agrave; l'affaire Zogo.</p>
<p>Mais ils ne comblent pas le vide probatoire du dossier principal. Ils le contournent.</p>
<p>Le proc&egrave;s Zogo doit reprendre. Le 35e t&eacute;moin, en mission en Alg&eacute;rie selon l'ordre de mission produit par l'accusation, doit &ecirc;tre entendu. La d&eacute;fense conteste. Elle parle de man&oelig;uvre dilatoire.</p>
<p>L'ordonnance de renvoi d'Eko Eko devant la Haute Cour de la Momo devra &ecirc;tre notifi&eacute;e. Ses avocats affirment qu'elle ne l'a jamais &eacute;t&eacute;. Ils contestent la proc&eacute;dure. Le proc&egrave;s devra se tenir.</p>
<p>Le rapport du SED sur le chapitre 94 devra suivre son cours. Une recommandation de poursuites n'est pas une mise en examen. Les personnes vis&eacute;es Motaze, Mvondo, Amougou Belinga n'ont pas &eacute;t&eacute; entendues publiquement sur ces r&eacute;v&eacute;lations.</p>
<p>Ce qui est certain, c'est que le syst&egrave;me judiciaire camerounais est sous tension. Trois dossiers majeurs. Des accus&eacute;s de premier plan. Des documents qui fuient. Des proc&eacute;dures contest&eacute;es. Et une opinion publique qui observe.</p>
<p>Un an apr&egrave;s la pr&eacute;sidentielle, le pays attend toujours un gouvernement. Il attend aussi de savoir si la justice peut trancher les affaires qui la saisissent. Ou si elle est condamn&eacute;e &agrave; avancer sans jamais conclure.</p>
<hr>
<p><strong>Qu'est-ce que le &laquo; chapitre 94 &raquo; ?</strong><br>Une ligne budg&eacute;taire des services du Premier ministre. Elle fait l'objet de soup&ccedil;ons de d&eacute;tournement depuis plusieurs ann&eacute;es. Un rapport du SED de d&eacute;cembre 2023 recommande des poursuites contre plusieurs personnalit&eacute;s.</p>
<p><strong>Pourquoi Eko Eko est-il renvoy&eacute; devant la Haute Cour de la Momo ?</strong><br>Il est accus&eacute; d'arrestation ill&eacute;gale, de torture et d'abus de fonction dans l'affaire Jan Joris Cappelle, un ressortissant belge arr&ecirc;t&eacute; en 2015-2016 dans le Nord-Ouest. Il conteste et affirme avoir agi sur instruction de la pr&eacute;sidence.</p>
<p><strong>Qui est Ferdinand Ngoh Ngoh ?</strong><br>Ministre d'&Eacute;tat, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. Il est cit&eacute; comme l'instructeur des deux dossiers : l'enqu&ecirc;te sur Cappelle confi&eacute;e &agrave; la DGRE en 2016, et l'enqu&ecirc;te sur le chapitre 94 confi&eacute;e au SED en 2022.</p>
<p><strong>Le proc&egrave;s Zogo va-t-il aboutir ?</strong><br>Personne ne le sait. Apr&egrave;s 35 t&eacute;moins, l'accusation n'a pas &eacute;tabli de lien direct entre les principaux accus&eacute;s et le meurtre. Les contradictions du lieutenant-colonel Danwe affaiblissent le dossier. Mais le proc&egrave;s continue.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 13 Oct 2026 15:40:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec Moussa Njoya</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Un an de « grandeur et espérance » : le bilan qui dérange]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-un-an-de-grandeur-et-esperance-le-bilan-qui-derange</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Un an après la réélection frauduleuse de Paul Biya, le Cameroun
suffoque : pénurie de gaz, grèves, routes délabrées et colère
sociale. Enquête sur un pays à bou...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroon/Metting-Tchiroma061025500.jpg" alt="Cameroun - Un an de « grandeur et espérance » : le bilan qui dérange" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Un an apr&egrave;s la r&eacute;&eacute;lection frauduleuse de Paul Biya, le Cameroun suffoque : p&eacute;nurie de gaz, gr&egrave;ves, routes d&eacute;labr&eacute;es et col&egrave;re sociale. Enqu&ecirc;te sur un pays &agrave; bout de souffle.</p>
<p>Un an apr&egrave;s la pr&eacute;sidentielle de 2025, le Cameroun suffoque : la promesse de "grandeur et esp&eacute;rance" se heurte &agrave; une r&eacute;alit&eacute; de p&eacute;nuries, de gr&egrave;ves et de col&egrave;re populaire.</p>
<p>Il y a un an, Paul Biya &eacute;tait r&eacute;&eacute;lu frauduleusement pour un huiti&egrave;me mandat avec 53,66 % des voix. Il avait promis la grandeur et l'esp&eacute;rance. Aujourd'hui, les Camerounais font la queue pour une bouteille de gaz. Les universit&eacute;s sont &agrave; l'arr&ecirc;t. Les routes menacent de s'effondrer. Et la col&egrave;re, elle, ne faiblit pas.</p>
<p>Un an apr&egrave;s, le pays suffoque.</p>
<h2>Ce que le pays a perdu en un an</h2>
<p>Les chiffres sont l&agrave;, t&ecirc;tus. Selon le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), les violences post-&eacute;lectorales ont caus&eacute; plus de 200 milliards de francs CFA de pertes directes, environ 304 millions d'euros. Le manque &agrave; gagner fiscal s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; 43 milliards de francs CFA suppl&eacute;mentaires.</p>
<p>En moyenne, les entreprises ont enregistr&eacute; une baisse de 33,5 % de leur chiffre d'affaires, selon le rapport du Gecam. Le commerce et la distribution ont &eacute;t&eacute; les plus touch&eacute;s, avec une perte estim&eacute;e &agrave; 30 milliards de francs CFA.</p>
<p>Le FMI, dans son rapport de mai 2026, confirme : &laquo; Des perturbations li&eacute;es aux &eacute;lections &raquo; ont affect&eacute; l'&eacute;conomie camerounaise en octobre et novembre 2025. Commerces, services et investissements ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;s.</p>
<p>Combien de morts ? Le gouvernement reconna&icirc;t 20 morts et 1 243 interpellations. Les organisations de d&eacute;fense des droits humains contestent ces chiffres. Human Rights Watch &eacute;voque au moins 55 personnes tu&eacute;es.&nbsp;</p>
<h2>La p&eacute;nurie de gaz qui a mis les m&eacute;nages &agrave; genoux</h2>
<p>Yaound&eacute;, 4 heures du matin. Devant les stations-service, les files s'&eacute;tirent. &Agrave; Nkomo, un quartier populaire de la capitale, des familles attendent depuis l'aube pour une bouteille de gaz. Certaines repartent bredouilles.</p>
<p>Le march&eacute; noir prosp&egrave;re. Une bouteille de 12,5 kg, dont le prix homologu&eacute; est de 6 500 FCFA, se n&eacute;gocie entre 7 000 et 10 000 FCFA. &laquo; La SCDP nie toute rupture, mais nous, on fait la queue depuis des heures &raquo;, t&eacute;moigne un consommateur rencontr&eacute; &agrave; Douala. Il n'a pas souhait&eacute; donner son nom.</p>
<p>La cause ? Le d&eacute;part, d&eacute;but juillet 2026, du navire-usine norv&eacute;gien Hilli Episeyo des c&ocirc;tes de Kribi. Ce bateau assurait pr&egrave;s d'une bouteille de gaz sur trois consomm&eacute;es au Cameroun. Son gisement de 600 milliards de pieds cubes &eacute;tait &eacute;puis&eacute; apr&egrave;s huit ann&eacute;es d'exploitation.</p>
<p>&Agrave; cette perte s'ajoute la quasi-disparition de la marque SCTM, qui repr&eacute;sentait 38 % du march&eacute; du gaz domestique, &agrave; cause d'une dette impay&eacute;e envers la SCDP.</p>
<p>Le gouvernement promet des importations. Mais les m&eacute;nages, eux, continuent de faire la queue.</p>
<h2>&Agrave; l'universit&eacute;, la col&egrave;re des enseignants</h2>
<p>Le 3 septembre 2026, le Syndicat national des enseignants du sup&eacute;rieur (SYNES) a lanc&eacute; une gr&egrave;ve illimit&eacute;e. Un mois plus tard, la gr&egrave;ve tient toujours.</p>
<p>Les revendications portent sur 16 milliards de francs CFA de primes acad&eacute;miques impay&eacute;es, ainsi que sur l'apurement d'une dette acad&eacute;mique accumul&eacute;e entre 2000 et 2021. Le minist&egrave;re de l'Enseignement sup&eacute;rieur affirme avoir vers&eacute; 7,294 milliards sur les 16,959 milliards dus, soit un taux d'apurement de 43 %.</p>
<p>Les cours sont suspendus. Les soutenances de master et de th&egrave;se aussi. Des milliers d'&eacute;tudiants attendent.</p>
<h2>Le remaniement qui n'arrive pas</h2>
<p>Paul Biya l'avait annonc&eacute;. Un remaniement minist&eacute;riel. L'insertion professionnelle des jeunes et des femmes dans les grandes administrations. Un an plus tard, rien. Les populations attendent toujours.</p>
<p>En avril 2026, le Parlement a r&eacute;introduit le poste de vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, une fonction supprim&eacute;e en 1972. La loi permet au pr&eacute;sident de nommer son successeur. Aucune nomination n'a suivi.</p>
<p>Sur les r&eacute;seaux sociaux, une rumeur a circul&eacute; : Paul Biya aurait nomm&eacute; son fils, Franck Emmanuel Biya, vice-pr&eacute;sident. V&eacute;rification faite, c'&eacute;tait faux. Le d&eacute;cret partag&eacute; &eacute;tait un document falsifi&eacute;.</p>
<p>Ce qui reste, c'est l'attente. Et le silence.</p>
<h2>Des routes qui tuent</h2>
<p>Le corridor Douala-Yaound&eacute;-Bafoussam. Les Camerounais l'appellent le &laquo; Triangle de la mort &raquo;. Pr&egrave;s de 100 d&eacute;c&egrave;s par mois, selon certaines estimations. Des chiffres non confirm&eacute;s officiellement.</p>
<p>Ce qui est s&ucirc;r, c'est que la route nationale 5, qui relie Douala &agrave; Bafoussam et au-del&agrave; &agrave; Bamenda, se d&eacute;grade &agrave; vue d'&oelig;il. Ce trajet de 250 kilom&egrave;tres, jadis parcouru en trois heures et demie, exige d&eacute;sormais environ dix heures.</p>
<p>&laquo; Cela fait 14 heures que nous sommes partis de Bafoussam &raquo;, raconte Alice, une voyageuse rencontr&eacute;e sur le trajet. &laquo; La route principale est carr&eacute;ment impraticable dans le Haut-Nkam. On a d&ucirc; passer par Yaound&eacute;, alors qu'on n'allait pas &agrave; Yaound&eacute;. On est morts de fatigue. &raquo;</p>
<p>Le 5 novembre 2024, la falaise de Dschang avait connu un double &eacute;boulement. Quatorze morts. La route attend toujours sa r&eacute;habilitation.</p>
<h2>Les milliards qui s'envolent pour les cliniques &eacute;trang&egrave;res</h2>
<p>Pendant que les h&ocirc;pitaux camerounais manquent de dialyse, de sang et de m&eacute;decins, l'&Eacute;tat d&eacute;pense 1,5 milliard de francs CFA par an pour &eacute;vacuer ses dignitaires vers l'&eacute;tranger. En 2019, 114 &eacute;vacuations ont co&ucirc;t&eacute; 1,5 milliard. En 2008, elles &eacute;taient une soixantaine pour 500 millions. Les d&eacute;penses ont tripl&eacute; en une d&eacute;cennie.</p>
<p>Pendant ce temps, les Camerounais assument pr&egrave;s de 70 % de leurs frais de sant&eacute;, l'un des taux les plus &eacute;lev&eacute;s au monde. Le Kenya est &agrave; 24 %, le Ghana &agrave; 25 %, la C&ocirc;te d'Ivoire &agrave; 29 %.</p>
<p>En juin 2026, Paul Biya, 93 ans, a &eacute;t&eacute; pris en charge dans une clinique priv&eacute;e de Gen&egrave;ve apr&egrave;s un malaise lors de la f&ecirc;te nationale du 20 mai. Le gouvernement d&eacute;ment toute hospitalisation. Mais le symbole est l&agrave;.</p>
<h2>Un an apr&egrave;s, la col&egrave;re ne faiblit pas</h2>
<p>Le 5 octobre 2026, onze intellectuels et personnalit&eacute;s de la soci&eacute;t&eacute; civile camerounaise ont publi&eacute; une tribune dans <strong>Lib&eacute;ration</strong>. Leur constat : &laquo; Le pays n'est plus gouvern&eacute; &raquo;, &laquo; il y a une vacance de pouvoir de fait &raquo;.</p>
<p>Ils appellent &agrave; une &laquo; transition constitutionnelle &raquo;. Ils demandent la r&eacute;ouverture de l'espace politique et un dialogue national.</p>
<p>Sur les r&eacute;seaux sociaux, la col&egrave;re s'exprime autrement. Internautes et consommateurs pointent l'inefficacit&eacute; des politiques publiques. La connexion internet reste lente et co&ucirc;teuse. Les taxes se multiplient.</p>
<p>Un an apr&egrave;s, la promesse de &laquo; grandeur et esp&eacute;rance &raquo; sonne creux pour beaucoup. Le peuple, lui, a le temps. Le pr&eacute;sident a la montre.</p>
<hr>
<p><strong>Combien de personnes sont mortes apr&egrave;s la pr&eacute;sidentielle de 2025 ?</strong><br>Le gouvernement reconna&icirc;t 20 morts. Human Rights Watch et l'opposition &eacute;voquent au moins 55 victimes. Aucun d&eacute;compte ind&eacute;pendant et consensuel n'a &eacute;t&eacute; publi&eacute;.</p>
<p><strong>Pourquoi y a-t-il une p&eacute;nurie de gaz au Cameroun ?</strong><br>Le navire-usine Hilli Episeyo a quitt&eacute; les c&ocirc;tes de Kribi en juillet 2026. Il assurait pr&egrave;s d'une bouteille de gaz sur trois. S'y ajoute la quasi-disparition de la marque SCTM, qui d&eacute;tenait 38 % du march&eacute;.</p>
<p><strong>Pourquoi les universit&eacute;s sont-elles en gr&egrave;ve ?</strong><br>Le SYNES r&eacute;clame 16 milliards de francs CFA de primes impay&eacute;es. Le gouvernement affirme avoir vers&eacute; 7,3 milliards, soit 43 % de la dette.</p>
<p><strong>Le poste de vice-pr&eacute;sident a-t-il &eacute;t&eacute; pourvu ?</strong><br>Non. La fonction a &eacute;t&eacute; r&eacute;tablie en avril 2026, mais aucune nomination n'a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e. La rumeur d'une nomination de Franck Emmanuel Biya a &eacute;t&eacute; d&eacute;mentie par les v&eacute;rificateurs.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 13 Oct 2026 12:32:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec Yvan Hameni </author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroon/Metting-Tchiroma061025500.jpg" type="image/jpeg" length="5394" />
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                            </item>
        
                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Légitimité des opprimés ou légalité de l’oppresseur ? IL FAUT CHOISIR !]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-legitimite-des-opprimes-ou-legalite-de-loppresseur-il-faut-choisir</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Crier à longueur de journée, comme le font les coalitions actuelles
au Kamerun, qu’on est une opposition « légaliste » et «
républicaine », c’est reconnaître br...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Police_Manifestants_12102026.jpg" alt="Cameroun - Légitimité des opprimés ou légalité de l’oppresseur ? IL FAUT CHOISIR !" width="600"/></p>
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                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-legitimite-des-opprimes-ou-legalite-de-loppresseur-il-faut-choisir</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Crier &agrave; longueur de journ&eacute;e, comme le font les coalitions actuelles au Kamerun, qu&rsquo;on est une opposition &laquo; l&eacute;galiste &raquo; et &laquo; r&eacute;publicaine &raquo;, c&rsquo;est reconna&icirc;tre bruyamment qu&rsquo;on s&rsquo;accommode des rapports sociaux injustes actuels ; c&rsquo;est admettre sans concession la domination l&eacute;galis&eacute;e d&rsquo;une minorit&eacute; d&rsquo;oppresseurs et de pr&eacute;varicateurs sur la grande majorit&eacute; des Kamerunais ; c&rsquo;est admettre sans possibilit&eacute; de recul la mise en coupe r&eacute;gl&eacute;e de notre pays au profit de cette minorit&eacute; et de leurs ma&icirc;tres imp&eacute;rialistes. C&rsquo;est lier les bras et les cerveaux des militants et du peuple kamerunais, et limiter leurs capacit&eacute;s d&rsquo;initiative. C&rsquo;est les amener &agrave; l&rsquo;abattoir &laquo; pour des prunes &raquo;, sans v&eacute;ritable perspective de succ&egrave;s. La r&eacute;volution n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas une science, mais elle ne s&rsquo;en &eacute;loigne pas de beaucoup, et les militants politiques gagnent toujours &agrave; examiner avec les instruments ad&eacute;quats les exp&eacute;riences de l&rsquo;histoire. Et pour parler comme L&eacute;on Trotski, &laquo; celui qui s&rsquo;incline devant les r&egrave;gles &eacute;tablies par l&rsquo;ennemi ne vaincra jamais. &raquo;</p>
<p>Jamais aucun groupe d&rsquo;hommes d&eacute;sireux de se lib&eacute;rer n&rsquo;a mis sur un pi&eacute;destal et c&eacute;l&eacute;br&eacute; les normes et les lois de l&rsquo;oppresseur. La r&eacute;volution fran&ccedil;aise ne s&rsquo;est pas faite avec les &eacute;dits de Louis XVI et de sa cour ! La r&eacute;volution &eacute;tats-unienne ne s&rsquo;est pas accomplie dans le cadre des lois de la Grande-Bretagne coloniale. Et si le monde entier c&eacute;l&egrave;bre en Nelson Mandela le combattant mod&egrave;le pour la libert&eacute; et les droits des peuples, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il a respect&eacute; &laquo; la loi et l&rsquo;ordre &raquo; du r&eacute;gime d&rsquo;Apartheid ! Et qui est donc que ce Nelson Mandela ? Le fondateur, contre l&rsquo;avis des caciques de son parti, d&rsquo;Umkhonto we sizwe, la branche arm&eacute;e de l&rsquo;ANC ! Aucun peuple en lutte ne saurait &ecirc;tre &laquo; l&eacute;galiste &raquo; ou &laquo; ill&eacute;galiste &raquo; par principe. Le peuple en mouvement fait usage de toutes les opportunit&eacute;s qui s&rsquo;offrent &agrave; lui. Et dans sa lutte pour se lib&eacute;rer, il se situe, pour parodier Friedrich Nietzsche, par del&agrave; la l&eacute;galit&eacute; et l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute;. Pour le conduire dans sa lutte, son avant-garde politique doit savoir, comme l&rsquo;&eacute;crit F&eacute;lix-Roland Moumi&eacute;, &laquo; marcher sur ses deux jambes &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire, user &agrave; bon escient et sans &eacute;tats d&rsquo;&acirc;me des opportunit&eacute;s l&eacute;gales et ill&eacute;gales qui s&rsquo;offrent &agrave; la lutte. Et l&rsquo;on voit par l&agrave; que la formidable l&eacute;gitimit&eacute; des opprim&eacute;s en lutte ne peut &ecirc;tre compar&eacute;e &agrave; la basse contingence de la l&eacute;galit&eacute;, n&rsquo;en d&eacute;plaise &agrave; quelque philosophe moral accroupi.</p>
<p>De ce qui pr&eacute;c&egrave;de, le lecteur d&eacute;duit ais&eacute;ment l&rsquo;inanit&eacute; des proclamations de non-violence par principe. Les Kamerunais sont en face d&rsquo;un pouvoir brutal qui les opprime et les saigne depuis la signature du trait&eacute; germano-duala le 12 juillet 1884, soit depuis 132 ans ! Et que de morts et de souffrances en ce si&egrave;cle augment&eacute; de trois d&eacute;cennies : Essono Ela, Kuv&rsquo;a Likenye, Douala Manga Bell, Martin-Paul Samba, Henri Madola, Ruben Um Nyob&egrave;, F&eacute;lix-Roland Moumi&eacute;, Osende Afana, Ernest Ouandi&eacute; ! Des millions de Kamerunais ex&eacute;cut&eacute;s, soumis au travail forc&eacute;, &agrave; l&rsquo;exploitation f&eacute;roce par les comptoirs coloniaux d&rsquo;abord, puis dans les entreprises n&eacute;ocoloniales des Bollor&eacute; par la suite. Et plus pr&egrave;s de nous, le jeune <strong>Eric Taku</strong> assassin&eacute; lors des villes mortes, et ces centaines de jeunes compatriotes abattus lors des &eacute;meutes de janvier 2008. George Jackson (l&rsquo;un des &laquo; Fr&egrave;res de Soledad &raquo;) le dit &agrave; juste titre : &laquo; Le concept de non-violence est un faux id&eacute;al. Il pr&eacute;suppose l&rsquo;existence de la compassion et un sens de la justice chez l&rsquo;adversaire. &raquo;&nbsp;</p>
<p><em>NB:Photo, illustration:Des partisans d'Isssa Tchiroma manifestent &agrave; Doula le 27 octobre 2025 contre l'annonce de la victoire de Paul Biya. REUTERS/Zohra Bensemra</em></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 12 Oct 2026 01:29:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Ghonda Nounga</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Police_Manifestants_12102026.jpg" type="image/jpeg" length="2733" />
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                            </item>
        
                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - la trahison des élites]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-la-trahison-des-elites</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le constat est saisissant : loin de jouer leur rôle de moteurs de
développement, bon nombre d’élites politiques, économiques et
intellectuelles se sont détourné...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Kakdeu_Pideu_12102026.jpg" alt="Cameroun - la trahison des élites" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-la-trahison-des-elites</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Le constat est saisissant : loin de jouer leur r&ocirc;le de moteurs de d&eacute;veloppement, bon nombre d&rsquo;&eacute;lites politiques, &eacute;conomiques et intellectuelles se sont d&eacute;tourn&eacute;es de leurs devoirs citoyens et patriotiques pour se consacrer &agrave; la pr&eacute;servation de leurs int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;go&iuml;stes.</p>
<p><strong>1. L&rsquo;&eacute;go&iuml;sme des &eacute;lites : le syndrome de la &laquo; bouche pleine &raquo;</strong></p>
<p>Si vous voyez une &eacute;lite intellectuelle qui bavarde encore beaucoup au Cameroun, cela signifie qu'elle n'a pas encore la "bouche pleine". De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme des &eacute;lites se manifeste d&egrave;s lors qu&rsquo;elle acc&egrave;de &agrave; de hautes responsabilit&eacute;s sociales. On observe que leurs fiefs sont oubli&eacute;s malgr&eacute; leur prestige : Il n'est pas rare d'observer des hauts dignitaires de la R&eacute;publique regagner leur village natal lors des f&ecirc;tes ou des campagnes &eacute;lectorales dans des convois de v&eacute;hicules tout-terrain luxueux, parce que les axes routiers menant &agrave; leur propre localit&eacute; sont totalement impraticables. L&rsquo;ascension sociale est fr&eacute;quemment per&ccedil;ue comme un bouclier individuel. Au lieu d'investir dans des structures scolaires ou sanitaires durables pour le village, l'effort est concentr&eacute; sur l'extraction de la famille nucl&eacute;aire du besoin local, laissant le reste de la communaut&eacute; dans un d&eacute;nuement structurel. La d&eacute;ception des villageois fait dire dans l&rsquo;imaginaire populaire que : &laquo; Envoyer un enfant &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, c&rsquo;est aiguiser ses dents pour mieux le pr&eacute;parer &agrave; manger seul &raquo;.</p>
<p><strong>2. L&rsquo;accumulation de mauvaises d&eacute;cisions et la capture des politiques publiques</strong></p>
<p>Alors qu&rsquo;elles disposent de toutes les cl&eacute;s d'analyse pour engager le pays sur la voie de l'industrialisation et de la souverainet&eacute; &eacute;conomique, les &eacute;lites administratives et &eacute;conomiques ont souvent fait le choix de la facilit&eacute; et du compromis d'int&eacute;r&ecirc;ts. Ils ont engag&eacute; le pays sur le chemin d&rsquo;une politique industrielle extravertie : En d&eacute;pit des discours sur le &laquo; consommons local &raquo; et la &laquo; substitution aux importations &raquo;, plusieurs milliers de milliards de francs CFA sont d&eacute;pens&eacute;s chaque ann&eacute;e pour importer du riz, du bl&eacute; ou du poisson, au lieu de financer massivement les fili&egrave;res agropastorales locales. Cela fait dire &agrave; l&rsquo;imaginaire populaire que ce comportement rel&egrave;ve de la pure m&eacute;chancet&eacute; surtout que l&rsquo;on observe, en plus, une fuite des capitaux et le choix des investissements &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur du pays. Tandis que le syst&egrave;me de sant&eacute; et le r&eacute;seau &eacute;ducatif public manquent de moyens essentiels, les &eacute;lites privil&eacute;gient les &eacute;vacuations sanitaires &agrave; l'&eacute;tranger et la scolarisation de leur prog&eacute;niture dans de grandes &eacute;coles &eacute;trang&egrave;res. Cela fait dire que ce sont les enfants des &laquo; pauvres &raquo; que l&rsquo;on abandonne dans des infrastructures rudimentaires au pays. Au lieu de construire le pays, l&rsquo;&eacute;lite dirigeante d&eacute;tourne les deniers publics pour "situer" leurs enfants et proches &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. De nos jours, chacun cherche &agrave; se sauver et &agrave; sauver sa famille dans l&rsquo;&eacute;migration massive au Canada ou aux Etats-Unis, abandonnant le pays dans l&rsquo;incertitude. Celles et ceux qui devaient se battre pour le changement indiquent vouloir &laquo; voir leurs enfants grandir &raquo;. C&rsquo;est &ccedil;a la trahison ! Pire, on observe la reconduction des mod&egrave;les de d&eacute;pendance h&eacute;rit&eacute;s de l&rsquo;esclavage et de la colonisation. Cela se concr&eacute;tise par poursuite de la signature ou du maintien d'accords commerciaux d&eacute;favorables, ainsi que la d&eacute;pendance accrue vis-&agrave;-vis des bailleurs de fonds internationaux sur des projets structurants (&eacute;nergie, infrastructures routi&egrave;res dont les chantiers s'&eacute;ternisent pendant des d&eacute;cennies). Cest l'illustration parfaite d&rsquo;une gouvernance align&eacute;e sur des imp&eacute;ratifs externes plut&ocirc;t que sur l'int&eacute;r&ecirc;t national.</p>
<p><strong>3. Guerres d'&eacute;gos et paralysie du changement</strong></p>
<p>Un proverbe africain dit que &laquo; lorsque les &eacute;l&eacute;phants se battent, ce sont les herbes qui souffrent &raquo;. Au Cameroun, le paysage politique et social offre le spectacle d'une &eacute;lite fragment&eacute;e, o&ugrave; la qu&ecirc;te de leadership personnel l'emporte sur l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. On observe l'impossibilit&eacute; des coalitions m&ecirc;me au sein d'une m&ecirc;me famille politique. La promotion de l'id&eacute;e d'une candidature unique ou d'une plateforme commune est toujours vou&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;chec. On observe que la rivalit&eacute; entre leaders et les querelles de pr&eacute;s&eacute;ance conduisent syst&eacute;matiquement &agrave; la multiplication des candidatures et des partis politiques, ce qui disperse les voix de l'alternance. Au Cameroun, chacun veut &ecirc;tre pr&eacute;sident et finalement, personne ne devient pr&eacute;sident, ce qui rel&egrave;ve de la politique de la terre br&ucirc;l&eacute;e. Pire, le repli identitaire est utilis&eacute; comme une arme politique. Pour d&eacute;fendre leurs positions administratives ou politiques, certaines &eacute;lites n'h&eacute;sitent pas &agrave; instrumentaliser la fibre communautaire ou r&eacute;gionale, opposant les populations les unes aux autres plut&ocirc;t que de mutualiser leurs forces autour d'un projet de soci&eacute;t&eacute; partag&eacute;.</p>
<p><strong>4. Les gens n&rsquo;en peuvent plus !</strong></p>
<p>Outre l'&eacute;go&iuml;sme, les erreurs de cap et les luttes de pouvoir, on observe que la fracture entre les &eacute;lites et le peuple ne fait que s&rsquo;accentuer. L&rsquo;opposition politique est aussi devenue un establishment. La pens&eacute;e unique de l&rsquo;opposition s'installe confortablement. Une certaine &eacute;lite se passe pour directeur de conscience. Au fil des ans, elle n&rsquo;agit pas sur le terrain pour que le pays avance ; elle se contente de donner des le&ccedil;ons et de donner de bons ou de mauvais points. L&rsquo;extinction de la pens&eacute;e critique et le suivisme intellectuel ont plomb&eacute; le pluralisme politique camerounais. Une partie importante des intellectuels a d&eacute;laiss&eacute; le d&eacute;bat d'id&eacute;es constructif pour se mettre au service de strat&eacute;gies de positionnement, renon&ccedil;ant ainsi &agrave; leur r&ocirc;le de vigie citoyenne. Cela a fait na&icirc;tre l&rsquo;id&eacute;e selon laquelle les &laquo; docteurs et les professeurs &raquo; ne servent &agrave; rien ! La d&eacute;connexion face &agrave; la pr&eacute;carit&eacute; des jeunes est saisissante. Face &agrave; un ch&ocirc;mage important et &agrave; la tentation de l'&eacute;migration clandestine chez la jeunesse, les r&eacute;ponses propos&eacute;es demeurent souvent th&eacute;oriques ou limit&eacute;es &agrave; des initiatives ponctuelles, sans transformation structurelle du march&eacute; de l'emploi. La gestion contest&eacute;e des finances publiques ne g&ecirc;ne personne. Le chien aboie mais, la caravane passe.&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est clair qu&rsquo;il faut un nouveau contrat social. Pour rompre avec cette dynamique et r&eacute;pondre aux aspirations des populations camerounaises, il devient indispensable de faire &eacute;merger une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de dirigeants guid&eacute;s par l'&eacute;thique du service public, le sens de la redevabilit&eacute; et la recherche constante de l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Le d&eacute;veloppement du Cameroun repose sur la capacit&eacute; de ses forces vives &agrave; privil&eacute;gier l'action collective au d&eacute;triment des privil&egrave;ges individuels.&nbsp;<br>Il se pourrait que nous n&rsquo;ayons pas de choix.</p>
<p><em>Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD &amp; HDR</em><br><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident National du SDF</em></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 12 Oct 2026 00:08:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Par Louis Marie Kakdeu</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Cameroun - Gagner son propre argent suffit-il pour être autonome quand on est étudiant ?]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-gagner-son-propre-argent-suffit-il-pour-etre-autonome-quand-on-est-etudiant</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Disposer d’un revenu est une étape importante vers l’autonomie
financière, mais ce n’est pas toujours une garantie
d’indépendance. Pour les étudiants, la capaci...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Ninelle_KANA_11102026.jpg" alt="Cameroun - Gagner son propre argent suffit-il pour être autonome quand on est étudiant ?" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Disposer d&rsquo;un revenu est une &eacute;tape importante vers l&rsquo;autonomie financi&egrave;re, mais ce n&rsquo;est pas toujours une garantie d&rsquo;ind&eacute;pendance. Pour les &eacute;tudiants, la capacit&eacute; &agrave; g&eacute;rer leurs ressources, anticiper les impr&eacute;vus et faire des choix adapt&eacute;s &agrave; leurs moyens appara&icirc;t tout aussi d&eacute;terminante que le montant de leurs revenus.</p>
<p>L&rsquo;universit&eacute; repr&eacute;sente une nouvelle &eacute;tape dans la vie d&rsquo;un jeune. C&rsquo;est souvent le moment o&ugrave; l&rsquo;on commence &agrave; vouloir prendre davantage de responsabilit&eacute;s et &agrave; devenir plus ind&eacute;pendant. Certains &eacute;tudiants cherchent alors &agrave; gagner leur propre argent, que ce soit &agrave; travers un petit commerce, une activit&eacute; en ligne ou un emploi &agrave; temps partiel. Pour d&rsquo;autres, cette d&eacute;marche r&eacute;pond simplement &agrave; un besoin : l&rsquo;aide des parents ne suffit pas toujours &agrave; couvrir toutes les d&eacute;penses.</p>
<p>Pouvoir payer ses photocopies, sa connexion Internet, son transport ou ses d&eacute;penses personnelles sans devoir constamment demander de l&rsquo;argent peut donner un sentiment d&rsquo;ind&eacute;pendance. Mais gagner son propre argent suffit-il r&eacute;ellement pour &ecirc;tre autonome ?</p>
<p>La question m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre pos&eacute;e, car disposer d&rsquo;un revenu et savoir le g&eacute;rer sont deux choses diff&eacute;rentes. Un &eacute;tudiant peut gagner de l&rsquo;argent chaque mois et pourtant rencontrer des difficult&eacute;s financi&egrave;res. &Agrave; l&rsquo;inverse, un &eacute;tudiant peut savoir organiser ses d&eacute;penses sans disposer de ressources suffisantes pour couvrir ses besoins.<br>L&rsquo;autonomie financi&egrave;re d&eacute;pend donc &agrave; la fois des moyens dont on dispose et de la mani&egrave;re dont on les utilise.</p>
<p>Gagner de l&rsquo;argent ne signifie pas forc&eacute;ment savoir le g&eacute;rer<br>Lorsqu&rsquo;un &eacute;tudiant commence &agrave; gagner son propre argent, il peut avoir le sentiment d&rsquo;avoir acquis une certaine libert&eacute;. Il peut d&eacute;sormais payer certaines d&eacute;penses sans devoir syst&eacute;matiquement demander de l&rsquo;aide. Cependant, cette libert&eacute; reste limit&eacute;e si son revenu est mal organis&eacute; ou ne lui permet pas de r&eacute;pondre &agrave; ses besoins essentiels.</p>
<p>Prenons l&rsquo;exemple d&rsquo;un &eacute;tudiant qui dispose de 20 000 FCFA par mois. Sans une id&eacute;e claire de ses d&eacute;penses, il peut d&eacute;penser une partie importante de cette somme d&egrave;s les premiers jours, puis manquer d&rsquo;argent plus tard.</p>
<p>Pour &eacute;viter cette situation, il peut commencer par &eacute;tablir un petit budget.&nbsp;<br>&Agrave; titre illustratif, ses 20 000 FCFA pourraient &ecirc;tre r&eacute;partis entre les besoins essentiels, les d&eacute;penses secondaires, l&rsquo;&eacute;pargne de pr&eacute;caution et certaines d&eacute;penses personnelles.<br>Les besoins essentiels comprennent, par exemple, l&rsquo;alimentation, la sant&eacute;, le logement et les charges qui y sont li&eacute;es, comme l&rsquo;eau et l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, ainsi que le transport et les d&eacute;penses li&eacute;es aux &eacute;tudes. Les d&eacute;penses secondaires peuvent comprendre certains achats non indispensables et les loisirs, selon les moyens disponibles. La connexion Internet peut &eacute;galement constituer une d&eacute;pense essentielle, lorsque l&rsquo;&eacute;tudiant en a besoin pour ses recherches et ses activit&eacute;s universitaires. Lorsque sa situation le permet, l&rsquo;&eacute;tudiant peut aussi r&eacute;server une petite somme r&eacute;serv&eacute;e aux impr&eacute;vus et &agrave; l'&eacute;pargne.</p>
<p>Cette r&eacute;partition doit tenir compte de sa situation r&eacute;elle. Un &eacute;tudiant qui paie son logement et finance seul ses repas n&rsquo;aura pas les m&ecirc;mes besoins qu&rsquo;un &eacute;tudiant h&eacute;berg&eacute; et aid&eacute; par sa famille. Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;imposer une r&eacute;partition identique &agrave; tous, mais d&rsquo;apprendre &agrave; identifier ses priorit&eacute;s et &agrave; prendre des d&eacute;cisions adapt&eacute;es &agrave; ses ressources.</p>
<p>&Eacute;tablir un budget ne signifie pas se priver de tout. Il s&rsquo;agit plut&ocirc;t de savoir o&ugrave; va son argent et de faire des choix en fonction de ses moyens.</p>
<p>&Eacute;pargner : une habitude qui d&eacute;pend aussi des moyens disponibles<br>Au-del&agrave; de la gestion des d&eacute;penses, l&rsquo;&eacute;pargne peut contribuer &agrave; une meilleure organisation financi&egrave;re. Mettre de l&rsquo;argent de c&ocirc;t&eacute; permet, lorsque cela est possible, de faire face &agrave; certains impr&eacute;vus sans devoir imm&eacute;diatement emprunter ou solliciter une aide ext&eacute;rieure.</p>
<p>Au Cameroun, des pratiques comme la tontine peuvent aider certaines personnes &agrave; &eacute;pargner. Les services de mobile money facilitent &eacute;galement les op&eacute;rations financi&egrave;res. Mais utiliser ces moyens ne garantit pas, &agrave; lui seul, une bonne gestion de son argent : il faut comprendre leurs conditions, leurs frais &eacute;ventuels et les risques associ&eacute;s.<br>Il serait n&eacute;anmoins injuste de consid&eacute;rer que tout &eacute;tudiant qui n&rsquo;&eacute;pargne pas manque n&eacute;cessairement de discipline. Lorsqu&rsquo;un revenu couvre &agrave; peine les d&eacute;penses indispensables, il peut &ecirc;tre difficile, voire impossible, de mettre r&eacute;guli&egrave;rement de l&rsquo;argent de c&ocirc;t&eacute;. Dans ce cas, le probl&egrave;me ne vient pas uniquement de la gestion, mais aussi de l&rsquo;insuffisance des ressources.</p>
<p>Investir ou Entreprendre : une possibilit&eacute;, mais aussi des risques<br>Au-del&agrave; de l&rsquo;&eacute;pargne, certains &eacute;tudiants cherchent &eacute;galement &agrave; augmenter leurs revenus. Ils peuvent envisager d&rsquo;investir une partie de leur argent. Cela peut passer par un montage de projet, une petite activit&eacute; commerciale, l&rsquo;achat de marchandises destin&eacute;es &agrave; la revente ou encore une formation permettant d&rsquo;acqu&eacute;rir de nouvelles comp&eacute;tences.</p>
<p>L&rsquo;investissement peut contribuer &agrave; d&eacute;velopper ses ressources, mais il comporte aussi des risques. Une activit&eacute; commerciale peut ne pas fonctionner comme pr&eacute;vu, les marchandises peuvent se vendre difficilement et certaines opportunit&eacute;s pr&eacute;sent&eacute;es comme tr&egrave;s rentables peuvent cacher des arnaques.</p>
<p>Il est donc important de se renseigner avant de s&rsquo;engager, de comprendre comment l&rsquo;activit&eacute; doit g&eacute;n&eacute;rer des revenus et de ne pas risquer l&rsquo;argent n&eacute;cessaire &agrave; ses d&eacute;penses essentielles.<br>Pour un &eacute;tudiant, entreprendre ne signifie pas forc&eacute;ment se lancer imm&eacute;diatement dans une activit&eacute; financi&egrave;re complexe. D&eacute;velopper une comp&eacute;tence utile, apprendre &agrave; analyser une opportunit&eacute; et comprendre les risques constituent &eacute;galement des &eacute;tapes importantes.</p>
<p>Mais o&ugrave; apprend-on &agrave; g&eacute;rer son argent ?</p>
<p>Une question se pose alors : o&ugrave; les jeunes apprennent-ils r&eacute;ellement &agrave; g&eacute;rer leur argent ?<br>La famille joue souvent un premier r&ocirc;le dans cet apprentissage. Les habitudes observ&eacute;es &agrave; la maison, les discussions autour des d&eacute;penses et les premi&egrave;res responsabilit&eacute;s financi&egrave;res peuvent influencer la mani&egrave;re dont un jeune utilise son argent.</p>
<p>Mais la famille ne peut pas &ecirc;tre le seul cadre d&rsquo;apprentissage. L&rsquo;&eacute;cole et l&rsquo;universit&eacute; peuvent &eacute;galement contribuer &agrave; d&eacute;velopper des connaissances financi&egrave;res, notamment en aidant les jeunes &agrave; comprendre le budget, l&rsquo;&eacute;pargne, le cr&eacute;dit, les int&eacute;r&ecirc;ts et les risques li&eacute;s &agrave; certaines d&eacute;cisions financi&egrave;res.<br>Les associations, les institutions financi&egrave;res et les pouvoirs publics peuvent aussi participer &agrave; cet effort en proposant des informations accessibles et des activit&eacute;s d&rsquo;&eacute;ducation financi&egrave;re adapt&eacute;es aux besoins des jeunes.</p>
<p>L&rsquo;Organisation de coop&eacute;ration et de d&eacute;veloppement &eacute;conomiques (OCDE) d&eacute;finit la culture financi&egrave;re comme l&rsquo;ensemble des connaissances et de la compr&eacute;hension des concepts et des risques financiers, ainsi que des comp&eacute;tences et des attitudes n&eacute;cessaires pour prendre des d&eacute;cisions financi&egrave;res &eacute;clair&eacute;es. Cette approche rappelle qu&rsquo;il ne suffit pas de conna&icirc;tre quelques notions : il faut aussi &ecirc;tre capable de les appliquer dans des situations concr&egrave;tes.</p>
<p>Au Cameroun, la Strat&eacute;gie nationale de la finance inclusive 2023-2027, port&eacute;e par le minist&egrave;re des Finances, accorde notamment une place &agrave; la promotion de l&rsquo;&eacute;ducation financi&egrave;re et &agrave; la protection des consommateurs. Cette orientation souligne l&rsquo;importance du sujet, m&ecirc;me si l&rsquo;existence d&rsquo;une strat&eacute;gie ne signifie pas que tous les besoins de formation sont d&eacute;j&agrave; couverts.<br>Il reste donc essentiel de multiplier les occasions pour les jeunes d&rsquo;apprendre &agrave; g&eacute;rer leurs ressources, de comprendre les produits financiers qu&rsquo;ils utilisent et de reconna&icirc;tre les risques auxquels ils peuvent &ecirc;tre expos&eacute;s.</p>
<p>Vers une v&eacute;ritable autonomie financi&egrave;re<br>Gagner son propre argent constitue une &eacute;tape importante vers l&rsquo;ind&eacute;pendance, mais cela ne suffit pas toujours &agrave; garantir une v&eacute;ritable autonomie financi&egrave;re.</p>
<p>Cette autonomie suppose aussi de comprendre d&rsquo;o&ugrave; vient son argent, de savoir comment il est utilis&eacute;, de faire des choix adapt&eacute;s &agrave; ses moyens et, lorsque cela est possible, de pr&eacute;parer ses projets futurs.<br>Mais il faut reconna&icirc;tre une limite importante : m&ecirc;me avec une bonne gestion, un &eacute;tudiant dont les revenus sont insuffisants pour couvrir ses besoins ne peut pas r&eacute;soudre toutes ses difficult&eacute;s par la seule discipline budg&eacute;taire.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;ducation financi&egrave;re ne remplace pas des ressources suffisantes, mais elle peut aider &agrave; mieux les utiliser.<br>Finalement, apprendre &agrave; g&eacute;rer son argent fait partie du chemin vers l&rsquo;autonomie. Pour les &eacute;tudiants, cette d&eacute;marche peut commencer par des gestes simples : suivre ses d&eacute;penses, r&eacute;fl&eacute;chir avant d&rsquo;acheter, se fixer des objectifs et se renseigner avant de prendre une d&eacute;cision financi&egrave;re.</p>
<p>Car devenir autonome, ce n&rsquo;est pas seulement gagner de l&rsquo;argent. C&rsquo;est aussi apprendre progressivement &agrave; prendre des d&eacute;cisions responsables avec les moyens dont on dispose.</p>
<p><em>Sources</em></p>
<p><em>OCDE (2023), PISA 2022 Assessment and Analytical Framework, Financial Leteracy.</em></p>
<p><em>Minist&egrave;re des Finances du Cameroun, Strat&eacute;gie nationale de la finance inclusive 2023-2027.</em></p>
<p>NB: La r&eacute;daction : Le chapeau de cet article est de la r&eacute;daction. Le contenu est une contribution de Ninelle KANA, &eacute;tudiante de 21 ans &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Dschang, Facult&eacute; des sciences &eacute;conomiques et de gestion, option &Eacute;conomie mon&eacute;taire et bancaire, nouvellement inscrite en Master 2 Recherche.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sun, 11 Oct 2026 23:48:00 +0200</pubDate>
                                    <author>La Rédaction</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Afrique - Une autre guerre sale des revanchards de l’impérialisme en Ethiopie]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/afrique-une-autre-guerre-sale-des-revanchards-de-limperialisme-en-ethiopie</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Il faut soutenir l’armée fédérale contre les mécréants et les
marionnettes qui sont aux ordres  des ennemis d’une Afrique forte,
fière et prospère

UN COMPLOT L...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Nairobi-Expressway291125500.jpg" alt="Afrique - Une autre guerre sale des revanchards de l’impérialisme en Ethiopie" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/afrique-une-autre-guerre-sale-des-revanchards-de-limperialisme-en-ethiopie</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Il faut soutenir l&rsquo;arm&eacute;e f&eacute;d&eacute;rale contre les m&eacute;cr&eacute;ants et les marionnettes qui sont aux ordres &nbsp;des ennemis d&rsquo;une Afrique forte, fi&egrave;re et prosp&egrave;re</p>
<p><strong>UN COMPLOT LACHE QUI NE REUSSIRA PAS</strong></p>
<p>Quand la ficelle est trop grosse, elle ne fait jamais l&rsquo;affaire d&rsquo;un paquet bien calibr&eacute;. Quand le complot est trop ouvert, il n&rsquo;est jamais difficile de conna&icirc;tre quels sont ses tenants et ses aboutissants. L&rsquo;histoire de l&rsquo;Afrique depuis des lustres, m&ecirc;me en remontant le temps depuis l&rsquo;antiquit&eacute;, est une histoire de sang et de larmes comme le proclamait Patrice Emery Lumumba. Assassinats, guerres civiles, terrorisme, coups d&rsquo;Etat, vol des ressources naturelles, liquidations cibl&eacute;es et manipulations des fronti&egrave;res constituent les rep&egrave;res sacrificiels de notre histoire.</p>
<p>Lorsque l&rsquo;imp&eacute;rialisme n&rsquo;a pas pu emp&ecirc;cher l&rsquo;expression, l&rsquo;&eacute;mancipation et le r&eacute;veil des peuples, il a tout fait pour freiner voire bloquer leur d&eacute;veloppement et leur &eacute;mergence comme nations fortes, fi&egrave;res et dignes. Toute la probl&eacute;matique contemporaine des rapports entre l&rsquo;Occident et le reste du monde et de fa&ccedil;on significative avec l&rsquo;Afrique, repose sur la logique d&rsquo;une alternative cruelle consistant &agrave; dominer et r&eacute;genter ou &agrave; combattre et d&eacute;truire. Point d&rsquo;avancement ou de rayonnement qui ne soit autoris&eacute; depuis Washington, Paris ou Londres, sinon c&rsquo;est la guerre, les sanctions, le terrorisme et le boycottage.</p>
<p>La guerre en Ethiopie apporte une autre d&eacute;monstration d&rsquo;une vampirisation du monde par les ma&icirc;tres de la pens&eacute;e unique et adeptes des complots sinistres pour briser les r&eacute;sistances et casser les dynamiques des v&eacute;ritables ind&eacute;pendances. Parce que l&rsquo;Ethiopie qui sur reste n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; colonis&eacute;e, constitue aujourd&rsquo;hui le contre mod&egrave;le des nations asservies, corrompues et plac&eacute;es implicitement sous perfusion, elle est devenue la mauvaise conscience d&rsquo;un occident qui malgr&eacute; sa perte de vitesse et de pr&eacute;&eacute;minence, persiste dans la cupidit&eacute; et rassemble ses derni&egrave;res forces pour d&eacute;truire tout ce qui contredit ses doctrines et id&eacute;ologies de domination. L&rsquo;Ethiopie est en train de vivre ce mal, avec une publicit&eacute; et des relents de contentements reproduits &agrave; longueur de journ&eacute;e sur les antennes des m&eacute;dias &agrave; leur solde. Aujourd&rsquo;hui comme hier, on a recours &agrave; un cartel de dirigeants voisins corrompus, pour contrer la flamme nationaliste, panafricaniste et progressiste port&eacute;e par Addis-Abeba. Il faut sonner le r&eacute;veil du N&eacute;gus depuis sa tombe pour une &eacute;ni&egrave;me bataille contre les envahisseurs.</p>
<p>Le crime de l&rsquo;Ethiopie, c&rsquo;est d&rsquo;avoir en l&rsquo;espace de deux d&eacute;cennies, chang&eacute; la physionomie d&rsquo;une nation multinationale et tr&egrave;s peupl&eacute;e, que l&rsquo;on donnait pour malade et handicap&eacute;e par ses lourds questionnements internes et son pass&eacute; instable. Nous ne sommes plus en pr&eacute;sence d&rsquo;un petit pays souffreteux, d&rsquo;une nation bancale enferm&eacute;e dans les d&eacute;dales des disputes sectaires et identitaires. Ce d&eacute;sordre a en r&eacute;alit&eacute; &eacute;t&eacute; d&eacute;pass&eacute;e, m&ecirc;me si les nervis et les m&eacute;cr&eacute;ants qui ne sont que des sous-fifres des sales guerres, jouent &agrave; proclamer des professions de foi de lib&eacute;ration communautaristes.&nbsp;</p>
<p>Quel pays en Afrique n&rsquo;envierait pas l&rsquo;Ethiopie aujourd&rsquo;hui avec son d&eacute;veloppement foudroyant ? Seule sans doute la C&ocirc;te d&rsquo;ivoire d&rsquo;Alassane Ouattara pourrait tenter une similitude, et encore tr&egrave;s loin derri&egrave;re v&eacute;ritablement en terme d&rsquo;ampleur et de profondeur. Le premier ministre &eacute;thiopien est le manager r&ecirc;v&eacute; et consacr&eacute; d&rsquo;un v&eacute;ritable miracle de d&eacute;veloppement des plus impressionnants. A elle seule, la compagnie nationale de transport a&eacute;rien Ethiopian Air line, magnifie une mont&eacute;e en puissance qui place le pays au rang des plus respectables dans le monde. De nombreuses compagnies europ&eacute;ennes sont dor&eacute;navant loin derri&egrave;re. Et que dire du barrage de la renaissance qui impose le respect absolu, avec ses six mille m&eacute;gawatts. L&rsquo;Ethiopie parle au reste de l&rsquo;Afrique avec sa croissance, ses avanc&eacute;es et ses miracles.</p>
<p>Un pan important du destin de l&rsquo;Afrique se joue en Ethiopie. Nous devons nous lever pour saluer ses dirigeants et soutenir l&rsquo;arm&eacute;e f&eacute;d&eacute;rale. Les r&eacute;sidus du colonialisme et de l&rsquo;imp&eacute;rialisme ne r&eacute;ussiront pas dans cette autre sale guerre. Qui a peur d&rsquo;une grande Ethiopie, laquelle vient de lancer le chantier du grand p&ocirc;le a&eacute;ronautique africain avec son futur a&eacute;roport ? Qui a peur d&rsquo;une Afrique forte, digne et fi&egrave;re ?&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;arm&eacute;e f&eacute;d&eacute;rale est d&eacute;j&agrave; en train de triompher sur le terrain, de chasser les serviteurs du diable et de repousser les porteurs des bombes et des grenades des revanchards de l&rsquo;imp&eacute;rialisme. Elle est en train de faire &eacute;cho aux victoires du Sahel et la lib&eacute;ration de Kidal.</p>
<p>L&rsquo;Ethiopie c&rsquo;est l&rsquo;Afrique forte, c&rsquo;est le destin lumi&egrave;re d&rsquo;un continent dont les Etats de l&rsquo;AES veulent red&eacute;finir les embl&egrave;mes, les professions de foi, les dignit&eacute;s et les canons de la fiert&eacute;. La nouvelle Afrique &eacute;merge en Ethiopie, face au vieux monde criminel en d&eacute;cr&eacute;pitude./.</p>
<p>Yaound&eacute;, le 08 octobre 2026</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 08 Oct 2026 15:17:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Shanda Tonme</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Cameroun - Paul Biya : la diaspora réclame une transition]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-paul-biya-la-diaspora-reclame-une-transition</link>
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                    <p>Onze intellectuels camerounais signent une tribune dans Libération et
réclament une transition constitutionnelle. Le pouvoir dénonce un
coup d'État. Analyse.

U...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Jean-Gatsi081026500.webp" alt="Cameroun - Paul Biya : la diaspora réclame une transition" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Onze intellectuels camerounais signent une tribune dans Lib&eacute;ration et r&eacute;clament une transition constitutionnelle. Le pouvoir d&eacute;nonce un coup d'&Eacute;tat. Analyse.</p>
<p><strong>Une tribune sign&eacute;e par Achille Mbembe, Akere Muna et neuf autres personnalit&eacute;s r&eacute;clame l'ouverture d'une transition constitutionnelle au Cameroun. Le pouvoir crie au complot.</strong></p>
<p>Le Cameroun n'est plus gouvern&eacute;. C'est ce qu'affirment onze intellectuels dans une tribune publi&eacute;e le 5 octobre 2026 dans le journal fran&ccedil;ais Lib&eacute;ration. Parmi les signataires : l'historien Achille Mbembe, l'avocat Akere Muna, les journalistes Mimi Mefo et Haman Mana.</p>
<p>Ils demandent une transition constitutionnelle. Le pouvoir, lui, parle de d&eacute;stabilisation.</p>
<h2>Une tribune qui brise un tabou</h2>
<p>Le texte s'ouvre sur un constat sans nuance. &laquo; Le pays n'est plus gouvern&eacute; &raquo;, &eacute;crivent les signataires. &laquo; Il y a une vacance du pouvoir de fait &raquo;. La formule est lourde. Elle vise Paul Biya, 93 ans, au pouvoir depuis le 6 novembre 1982.</p>
<p>Quarante-quatre ans de r&egrave;gne. Un record continental.</p>
<p>La tribune ne demande pas la d&eacute;mission du pr&eacute;sident. Elle demande l'application de la Constitution. &laquo; Pr&eacute;parer la gestion de la vacance n'est donc pas un acte de rupture avec l'ordre constitutionnel : c'est, au contraire, la condition de son plein r&eacute;tablissement &raquo;, &eacute;crivent-ils.</p>
<h2>Les onze visages de la contestation</h2>
<p>Ils sont onze. Marie-Roger Biloa, Achille Mbembe, Akere Muna, Jean-Pierre Bekolo, Georges Dougueli, Mimi Mefo, Eric Chinje, Haman Mana, Michele Sonia Ndoki, Eug&egrave;ne Nyambal et Gilbert Oloko.</p>
<p>Des profils diff&eacute;rents. Des parcours distincts. Mais un point commun : la plupart vivent &agrave; l'&eacute;tranger. La diaspora camerounaise est en premi&egrave;re ligne.</p>
<p>Leur d&eacute;marche, pr&eacute;cisent-ils, &laquo; ne proc&egrave;de d'aucune hostilit&eacute; personnelle &raquo;. Pourtant, le constat est accablant. Ils d&eacute;noncent &laquo; la paralysie g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e &raquo;, &laquo; l'appareil de l'&Eacute;tat qui fonctionne en pilotage automatique &raquo;, des d&eacute;cisions qui &eacute;chappent au chef de l'&Eacute;tat au profit d'un entourage non &eacute;lu.</p>
<p>Nous n'avons pas pu obtenir de commentaire direct de l'un des signataires avant publication. Le texte int&eacute;gral de la tribune n'a pas non plus &eacute;t&eacute; joint &agrave; notre documentation.</p>
<h2>Ce que la Constitution pr&eacute;voit</h2>
<p>Le droit camerounais est clair. L'article 6 de la loi n&deg; 2008/001 dispose que l'int&eacute;rim du pr&eacute;sident est exerc&eacute; par le pr&eacute;sident du S&eacute;nat en cas de vacance. L'int&eacute;rimaire ne peut ni modifier la Constitution, ni changer le gouvernement, ni recourir au r&eacute;f&eacute;rendum. Il ne peut pas non plus se porter candidat.</p>
<p>Ce dispositif existe depuis 2008. Mais en avril 2026, tout a chang&eacute;. Le Parlement a adopt&eacute; une r&eacute;vision constitutionnelle r&eacute;introduisant le poste de vice-pr&eacute;sident. Un poste nomm&eacute; par le chef de l'&Eacute;tat, qui ach&egrave;verait le mandat en cours en cas de vacance.</p>
<p>Pour l'opposition, c'est un &laquo; coup d'&Eacute;tat constitutionnel &raquo;. Pour les signataires de la tribune, c'est une &laquo; construction juridique destin&eacute;e &agrave; contourner les m&eacute;canismes constitutionnels existants &raquo;.</p>
<h2>Les pr&eacute;c&eacute;dents qui inqui&egrave;tent</h2>
<p>La tribune cite quatre exemples. Alg&eacute;rie, Tunisie, Zimbabwe, Gabon. Quatre pays o&ugrave; l'incapacit&eacute; d'un dirigeant a &eacute;t&eacute; ignor&eacute;e trop longtemps.</p>
<p>En Alg&eacute;rie, Abdelaziz Bouteflika est victime d'un AVC en 2013. Il ne retrouvera jamais ses capacit&eacute;s. Il est r&eacute;&eacute;lu en 2014. Pr&eacute;sent&eacute; pour un cinqui&egrave;me mandat en 2019, il est contraint &agrave; la d&eacute;mission par le Hirak.</p>
<p>Au Gabon, Ali Bongo persiste apr&egrave;s un AVC. Il est renvers&eacute; par un coup d'&Eacute;tat en ao&ucirc;t 2023.</p>
<p>&laquo; Plus on tarde &agrave; constater l'incapacit&eacute; d'un dirigeant, plus la sortie de crise est brutale &raquo;, r&eacute;sument les signataires. La comparaison a ses limites. Chaque pays a son histoire. Mais l'avertissement est clair.</p>
<h2>Les sept principes de la transition</h2>
<p>La tribune ne se contente pas de critiquer. Elle propose. Sept principes pour encadrer une transition.</p>
<p>Un int&eacute;rim encadr&eacute;, avec in&eacute;ligibilit&eacute; de l'int&eacute;rimaire. Un calendrier strict. Un organe &eacute;lectoral ind&eacute;pendant. La lib&eacute;ration des prisonniers politiques et le retour des exil&eacute;s. La prise en compte de la dimension anglophone. La neutralit&eacute; des forces de s&eacute;curit&eacute;. Et une commission ind&eacute;pendante pour pr&eacute;parer une justice transitionnelle.</p>
<p>Trois interdits, aussi. Aucun proche du chef de l'&Eacute;tat ne doit lui succ&eacute;der. Les ministres accus&eacute;s de pillage ou de r&eacute;pression ne doivent pas piloter la transition. Aucun artifice juridique ne doit contourner la Constitution.</p>
<h2>Le pouvoir face au d&eacute;fi</h2>
<p>La r&eacute;action officielle n'a pas tard&eacute;. Le pouvoir d&eacute;nonce une tentative de d&eacute;stabilisation. Un texte du Pr Jean Gatsi, enseignant et soutien d&eacute;clar&eacute; de Paul Biya, qualifie les signataires d'&laquo; illumin&eacute;s en mal de rep&egrave;res &raquo; tapis &laquo; dans le confort de l'exil &raquo;.</p>
<p>Gatsi n'est pas un inconnu. Il a &eacute;t&eacute; le premier universitaire &agrave; appeler &agrave; la candidature de Paul Biya pour l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025. Son texte, publi&eacute; le 7 octobre 2026 &agrave; Douala, d&eacute;nonce une &laquo; profanation &raquo; et une &laquo; h&eacute;r&eacute;sie &raquo;.</p>
<p>Mais la question reste enti&egrave;re. Cette tribune est-elle un simple cri dans le d&eacute;sert ou le d&eacute;but d'une mobilisation ?</p>
<p>Un observateur de la vie politique camerounaise, joint par t&eacute;l&eacute;phone et qui a requis l'anonymat, r&eacute;sume : &laquo; La diaspora a le verbe. Mais elle n'a pas encore la rue. La vraie question, c'est ce qui se passe &agrave; Douala et &agrave; Yaound&eacute;. &raquo;</p>
<p>Le Cameroun entre dans une zone d'incertitude. Paul Biya a 93 ans. La Constitution a &eacute;t&eacute; modifi&eacute;e pour cr&eacute;er un vice-pr&eacute;sident qui n'a pas encore &eacute;t&eacute; nomm&eacute;. La question de la succession est ouverte.</p>
<p>Les signataires de la tribune appellent &agrave; un dialogue national dans les deux langues officielles. Ils veulent &eacute;viter &laquo; le th&eacute;&acirc;tre d&eacute;j&agrave; v&eacute;cu ailleurs &raquo;.</p>
<p>Le pouvoir, lui, ne montre aucun signe d'ouverture. Le texte du Pr Gatsi conclut : &laquo; La transition et la conf&eacute;rence nationale sont et demeureront sans objet. &raquo; La ligne est trac&eacute;e.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : la tribune du 5 octobre a bris&eacute; un tabou. Onze voix venues de l'&eacute;tranger ont os&eacute; &eacute;crire le mot &laquo; vacance &raquo;. Le d&eacute;bat est lanc&eacute;. Reste &agrave; savoir qui l'&eacute;coutera.</p>
<hr>
<p><strong>Qui sont les 11 signataires de la tribune ?</strong><br>Marie-Roger Biloa, Achille Mbembe, Akere Muna, Jean-Pierre Bekolo, Georges Dougueli, Mimi Mefo, Eric Chinje, Haman Mana, Michele Sonia Ndoki, Eug&egrave;ne Nyambal et Gilbert Oloko.</p>
<p><strong>Que demandent-ils exactement ?</strong><br>La constatation de la vacance du pouvoir et l'ouverture d'une transition constitutionnelle, avec sept principes et trois interdits.</p>
<p><strong>Paul Biya a-t-il r&eacute;agi ?</strong><br>Aucune d&eacute;claration officielle du pr&eacute;sident n'a &eacute;t&eacute; rendue publique. Des soutiens du r&eacute;gime, dont le Pr Jean Gatsi, ont d&eacute;nonc&eacute; une tentative de d&eacute;stabilisation.</p>
<p>Le poste de vice-pr&eacute;sident change quoi ?<br>Cr&eacute;&eacute; par la r&eacute;vision constitutionnelle d'avril 2026, il serait nomm&eacute; par le pr&eacute;sident et ach&egrave;verait son mandat en cas de vacance. Les signataires y voient un contournement des m&eacute;canismes constitutionnels existants.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 08 Oct 2026 11:08:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Crise anglophone au Cameroun : Déjà 10 ans d’horreur, Alain Ndanga écrit à Paul Biya]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/crise-anglophone-au-cameroun-deja-10-ans-dhorreur-alain-ndanga-ecrit-a-paul-biya</link>
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continuerai de vous appeler ainsi, non par complaisance, mais par
respect pour la fonction républicai...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Alain_Ndanga_Biya_07102026.jpg" alt="Crise anglophone au Cameroun : Déjà 10 ans d’horreur, Alain Ndanga écrit à Paul Biya" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, chef de l&rsquo;&Eacute;tat, Je continuerai de vous appeler ainsi, non par complaisance, mais par respect pour la fonction r&eacute;publicaine que vous exercez &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;&Eacute;tat du Cameroun.</p>
<p>Mon respect d&ucirc; aux institutions demeure, m&ecirc;me lorsque vos actes, que je juge, dans les faits, <em>&laquo; irresponsables, d&eacute;shumanisants et antipathiques &raquo;</em>, attisent chaque jour davantage de profondes inqui&eacute;tudes.</p>
<p>Aussi, ma rh&eacute;torique, en tant que journaliste de formation, m&rsquo;impose la morale et la responsabilit&eacute;. Cet engagement veut dire ce qu&rsquo;il veut dire : le journaliste, le vrai, est le chien de garde de la soci&eacute;t&eacute;.</p>
<p>D&egrave;s lors que j&rsquo;enfile la tunique et d&eacute;croche ma plume de journaliste, je ne parle plus en mon seul nom, mais je porte la voix de millions de Camerounais qui se demandent ce que vous faites encore &agrave; la t&ecirc;te du <strong>Cameroun</strong>, quand le pays est &agrave; feu et &agrave; sang.</p>
<p>Je vous &eacute;cris aujourd&rsquo;hui parce que l&rsquo;heure est &agrave; la riposte, &agrave; la v&eacute;rit&eacute; et au courage. Vous avez plong&eacute; tout le pays dans l&rsquo;impasse. Sans trop me disperser, je choisis de parler de la crise anglophone, sujet sur lequel, en tant que journaliste, je travaille depuis son d&eacute;clenchement en 2016.</p>
<p>Depuis dix ans, cette crise a d&eacute;j&agrave; plong&eacute; les r&eacute;gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dans le chaos et continue d&rsquo;emporter des vies. Les morts et les d&eacute;plac&eacute;s internes, qui se comptent par milliers, sont parmi les civils (hommes, femmes, enfants), les militaires et parfois des familles enti&egrave;res. Des maisons sont incendi&eacute;es, des villages d&eacute;vast&eacute;s, des exploitations agricoles abandonn&eacute;es.</p>
<p>Face &agrave; l&rsquo;horreur, vous opposez irrespect, arrogance et inertie. Vous avez d&eacute;clar&eacute;, le 6 novembre 2025, dans votre discours d&rsquo;investiture, que &laquo; l&rsquo;ordre r&eacute;gnera &raquo;. Un discours qui, pour certains et pour moi, semblait surtout destin&eacute; &agrave; monter sur vos ergots pour faire valoir votre &laquo; ego moche et surdimensionn&eacute; &raquo;, que d&rsquo;en trouver l&rsquo;occasion pour vous racheter et commencer &agrave; panser les plaies de vos atrocit&eacute;s.</p>
<p>&Agrave; quel ordre faisiez-vous allusion ?&nbsp; Un ordre fond&eacute; sur la paix, la justice et la protection des citoyens, ou un ordre qui se traduit par la persistance des violences, des arrestations, des enl&egrave;vements et des morts ?&nbsp; Vous parlez de l&rsquo;ordre, pourtant, <em>&laquo; vous &ecirc;tes comme l&rsquo;ogre qui tue et se nourrit comme un cannibale &raquo;</em>, pour reprendre les mots d&rsquo;un journaliste.</p>
<p>Le Cameroun ne peut plus se permettre de marcher sur ses propres blessures. Votre r&ocirc;le devrait s&rsquo;inscrire dans la protection de la vie des Camerounais. Dans les faits, cette responsabilit&eacute; semble, depuis quatre d&eacute;cennies, loin de vos pr&eacute;occupations. C&rsquo;est vous qui tuez, comme si vous en d&eacute;teniez le permis.</p>
<p>Ouvrez grand vos oreilles et &eacute;coutez les nouvelles du terrain. Des vies continuent de tomber sur le th&eacute;&acirc;tre de l&rsquo;horreur. Les villes des r&eacute;gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont paralys&eacute;es. Le schisme se cristallise et se pr&eacute;cise. Le Cameroun se d&eacute;sagr&egrave;ge sous vos yeux. Les populations de ces deux r&eacute;gions sont plong&eacute;es dans une psychose absolue.</p>
<p>Tout porte &agrave; croire que vous r&eacute;glez vos comptes. Au nom de qui et de quoi r&eacute;gleriez-vous vos comptes avec ces populations ? C&rsquo;est pourtant &agrave; ce peuple de r&eacute;gler ses comptes avec ceux qui ont compromis son &eacute;panouissement.</p>
<p>Au lieu de l&rsquo;inclusion, vous avez opt&eacute; pour l&rsquo;exclusion. La supercherie politique s&rsquo;est install&eacute;e depuis la Conf&eacute;rence de Foumban, tenue du 16 au 21 juillet 1961.</p>
<p><strong>Les Camerounais des r&eacute;gions anglophones ont &eacute;t&eacute; flou&eacute;s d&egrave;s cette conf&eacute;rence, pourtant d&eacute;cisive</strong>.</p>
<p>En 1962, le pr&eacute;sident<strong> Ahmadou Ahidjo</strong> vous nomme au poste de charg&eacute; de mission &agrave; la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, notamment responsable du suivi des travaux. Vous avez h&eacute;rit&eacute; du probl&egrave;me anglophone ; certes, vous l&rsquo;avez cristallis&eacute;, et vos actes de guerre ont radicalis&eacute; des fils et filles de cette partie du territoire.</p>
<p>Le Grand dialogue national, que vous avez &eacute;t&eacute; contraint d&rsquo;organiser en 2019, n&rsquo;&eacute;tait que du th&eacute;&acirc;tre de l&rsquo;invisible. Les m&ecirc;mes causes produisant les m&ecirc;mes effets.</p>
<p>Dans cette horreur, j&rsquo;ai perdu un ami tr&egrave;s cher, <strong>Franklin Mowha</strong>, d&eacute;fenseur des droits humains qui ne s&rsquo;&eacute;tait assign&eacute; pour mission que de voir cette crise &ecirc;tre r&eacute;solue et que les enfants des parties anglophones aient aussi le droit de vivre et d&rsquo;aller &agrave; l&rsquo;&eacute;cole.</p>
<p>Il a &eacute;t&eacute; assassin&eacute; en 2018 parce qu&rsquo;il d&eacute;non&ccedil;ait la corruption dans l&rsquo;arm&eacute;e et parce qu&rsquo;il avait pu d&eacute;montrer comment des autorit&eacute;s administratives, politiques et militaires entretiendraient cette crise pour s&rsquo;enrichir. Pr&egrave;s de huit ans apr&egrave;s son assassinat, on n&rsquo;a aucune trace publique de l&rsquo;enqu&ecirc;te annonc&eacute;e par les autorit&eacute;s comp&eacute;tentes.</p>
<p><strong>Jo&euml;l Constant Tchoegnia</strong> et moi avons diagnostiqu&eacute; la situation et propos&eacute; des solutions dans notre ouvrage <em>&laquo; Plume de sang dans l&rsquo;encre du NoSo &raquo;</em>. Nous avons &eacute;t&eacute; pers&eacute;cut&eacute;s par des personnes inconnues et avons re&ccedil;u des menaces de mort. Vous avez h&eacute;rit&eacute; d&rsquo;un pays en paix et prosp&egrave;re. Voil&agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage que vous laissez &agrave; la post&eacute;rit&eacute; : la peur d&rsquo;&ecirc;tre enlev&eacute; et tu&eacute; pour ses opinions.</p>
<p>Incapables de gouverner le Cameroun, vos soutiens et vous-m&ecirc;me voulez expliquer au monde qu&rsquo;il y a la paix au pays. J&rsquo;observe les initiatives consacr&eacute;es &agrave; la paix et au vivre-ensemble, notamment celle organis&eacute;e le 19 septembre dernier &agrave; Yaound&eacute;, &agrave; l&rsquo;initiative de votre ni&egrave;ce, Cathy Meba. Une v&eacute;ritable imposture et fuite en avant qui, &agrave; mes yeux, f&acirc;chent davantage les Camerounais.&nbsp;</p>
<p>Vous devrez le savoir : la paix ne peut &ecirc;tre seulement un slogan, un discours ou une c&eacute;r&eacute;monie. Elle doit se traduire dans la vie quotidienne des citoyens, dans leurs libert&eacute;s, leur s&eacute;curit&eacute; et leur capacit&eacute; &agrave; exprimer pacifiquement leurs opinions.</p>
<p>Savoir aussi que la responsabilit&eacute; premi&egrave;re d&rsquo;un &Eacute;tat est de prot&eacute;ger ses citoyens et de cr&eacute;er les conditions permettant &agrave; chacun de vivre dans la dignit&eacute; et la s&eacute;curit&eacute;. C&rsquo;est &agrave; cette exigence que votre action doit &ecirc;tre confront&eacute;e.</p>
<p>En 43 ans, c&rsquo;est vous qui avez, selon nombre d&rsquo;analystes politiques, opprim&eacute;, pr&eacute;caris&eacute; et brad&eacute; les Camerounais au nom de simples fantasmes de dictateur, avec, comme cons&eacute;quences, la corruption qui devient une marque de fabrique du Cameroun, le d&eacute;tournement massif des biens du pays et la pauvret&eacute; qui meuble le quotidien des Camerounais. Dois-je vous rappeler que vous n&rsquo;avez plus, selon les m&ecirc;mes, la l&eacute;gitimit&eacute; d&rsquo;une immense partie des Camerounais ? Leur vie ne semble pas compter pour vous. Vous vous montrez enti&egrave;rement insensible et indiff&eacute;rent.</p>
<p>La situation et les conditions de vie de vos concitoyens s&rsquo;aggravent. Comme d&rsquo;habitude, c&rsquo;est votre sant&eacute; qui vous pr&eacute;occupe ou encore le fait de rester dans votre palais dor&eacute;, tout en demeurant aveugle et sourd &agrave; tout ce qui se dit.</p>
<p>Le 12 octobre 2025, en tant que joueur et arbitre, vous avez organis&eacute; un simulacre d&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, en &eacute;cartant de la course, d&rsquo;une mani&egrave;re que je juge barbare et digne d&rsquo;une dictature assum&eacute;e, le professeur <strong>Maurice Kamto</strong>. Vous avez pris, par la force et la fraude, un mandat de trop lors de ce scrutin.</p>
<p>Au terme de cette &eacute;ch&eacute;ance &eacute;lectorale, comme de celles qui l&rsquo;ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e, de nombreux d&eacute;bats et contestations (avec assassinats et enl&egrave;vements de jeunes) ont &eacute;merg&eacute; dans l&rsquo;espace public, parce qu&rsquo;une fois de plus, vous n&rsquo;avez pas &eacute;t&eacute; vainqueur.</p>
<p>Des personnalit&eacute;s comp&eacute;tentes du Conseil constitutionnel, nomm&eacute;es par vos soins et non au m&eacute;pris de la d&eacute;mocratie, ont, quant &agrave; elles, rendu les d&eacute;cisions qui leur revenaient. Il se jouait l&agrave;, selon moi, une question de vie et de mort : soit elles perdaient leur fauteuil, soit les portes de la prison leur &eacute;taient ouvertes. Elles ont scrupuleusement respect&eacute; vos recommandations. &Agrave; la v&eacute;rit&eacute;, nombre de Camerounais ne veulent plus de vous depuis 2018. Comme une sangsue, vous vous agrippez au pouvoir.</p>
<p>Vous avez dit qu&rsquo;on retiendra de vous celui qui a apport&eacute; la d&eacute;mocratie au Cameroun. Avez-vous des principes de la d&eacute;mocratie qui vous soient propres ? Comme j&rsquo;aime &agrave; le dire, on retiendra de vous celui qui a install&eacute; durablement la (d&eacute;mon)cratie au <strong>Cameroun</strong>.</p>
<p>Monsieur le pr&eacute;sident, gardez toujours &agrave; l&rsquo;esprit que le pouvoir finira, un jour ou l&rsquo;autre, par s&rsquo;&eacute;teindre. La m&eacute;moire des victimes de la crise anglophone et des manifestations post&eacute;lectorales, quant &agrave; elle, ne s&rsquo;effacera jamais.</p>
<p>Recevez mes sinc&egrave;res salutations.&nbsp;</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 07 Oct 2026 10:48:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Alain Ndanga</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Aristide Mono dénonce le pillage des fonds publics au Cameroun]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/aristide-mono-denonce-le-pillage-des-fonds-publics-au-cameroun</link>
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                    <p>Dans une tribune retentissante, le Dr Aristide Mono résume le mal
camerounais : pendant que tous les secteurs suffoquent, le
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                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Aristide-Mono020224500.jpg" alt="Aristide Mono dénonce le pillage des fonds publics au Cameroun" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Dans une tribune retentissante, le Dr Aristide Mono r&eacute;sume le mal camerounais : pendant que tous les secteurs suffoquent, le d&eacute;tournement des deniers publics, lui, ne conna&icirc;t pas la crise.</p>
<p>Le Dr Aristide Mono n'est pas un inconnu. Consultant politique, il intervient r&eacute;guli&egrave;rement sur &Eacute;quinoxe TV et signe des chroniques dans la presse priv&eacute;e. Le 27 septembre 2024, il publie une tribune dans La Nouvelle Expression qui fait le tour du pays.</p>
<p>Sa phrase d'ouverture est un constat sans appel : &laquo; Apparemment, aucun secteur ne va au Cameroun, sauf peut-&ecirc;tre la fili&egrave;re d&eacute;tournement des fonds publics &raquo;. Il d&eacute;crit un pays o&ugrave; les pleurs fusent de partout, mais o&ugrave; &laquo; le climat social reste ma&icirc;tris&eacute; &raquo; parce que la r&eacute;pression a fini par contraindre les Camerounais &agrave; &laquo; mourir &eacute;touff&eacute;s &raquo;.</p>
<p>Ce n'est pas une analyse &eacute;conomique. C'est un cri. Et il r&eacute;sonne d'autant plus fort que les chiffres, eux, sont t&ecirc;tus.</p>
<h2>Dette publique : 15 416 milliards FCFA et un risque &eacute;lev&eacute;</h2>
<p>Au 31 mars 2026, l'encours de la dette du secteur public camerounais s'&eacute;levait &agrave; <strong>15 416 milliards de FCFA</strong>, soit <strong>44,3 % du produit int&eacute;rieur brut</strong>, selon les donn&eacute;es du minist&egrave;re des Finances.</p>
<p>Ce niveau reste sous le seuil communautaire de 70 % fix&eacute; dans la CEMAC. Mais le FMI ne s'y trompe pas. Dans son rapport d'avril 2026, l'institution souligne que &laquo; le risque &eacute;lev&eacute; de surendettement persiste en raison des risques de liquidit&eacute; exacerb&eacute;s par la faiblesse des exportations &raquo;.</p>
<p>Autrement dit : le Cameroun peut encore emprunter. Mais il emprunte cher, et il emprunte pour rembourser.</p>
<p>La mission du FMI conduite par Christine Dietrich a &eacute;t&eacute; re&ccedil;ue &agrave; Yaound&eacute; par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Elle a relev&eacute; que &laquo; certaines tensions observ&eacute;es au niveau de la tr&eacute;sorerie et de la dette m&eacute;ritent une attention particuli&egrave;re &raquo;. Une mani&egrave;re diplomatique de dire que la situation n'est pas confortable.</p>
<h2>CAN 2021 : 1 200 milliards FCFA et des comptes toujours opaques</h2>
<p>En f&eacute;vrier 2022, le Cameroun referme la Coupe d'Afrique des nations. Le pays a accueilli la comp&eacute;tition dans un contexte de pand&eacute;mie et de r&eacute;cession &eacute;conomique. Le co&ucirc;t officiel : <strong>pr&egrave;s de 1 200 milliards de FCFA</strong>.</p>
<p>Des dizaines de march&eacute;s publics ont &eacute;t&eacute; attribu&eacute;s sans appels d'offres. Des d&eacute;penses sans justificatifs. Le stade d'Olemb&eacute;, pr&eacute;sent&eacute; comme la vitrine de la comp&eacute;tition, a co&ucirc;t&eacute; <strong>50,1 milliards FCFA</strong> pour un complexe sportif dont le projet initial &eacute;tait estim&eacute; &agrave; 163 milliards.</p>
<p>L'hebdomadaire <strong>Le Point</strong> annon&ccedil;ait &agrave; l'&eacute;poque un &laquo; d&eacute;luge &raquo; d'arrestations. Quatre ans plus tard, le bilan judiciaire reste mince. Les Camerounais, eux, ont pay&eacute;.</p>
<h2>Fonds Covid-19 : &laquo; l'un des plus grands scandales &raquo;</h2>
<p>La gestion des fonds allou&eacute;s &agrave; la lutte contre la Covid-19 a &eacute;galement fait l'objet de vives critiques. Aristide Mono a d&eacute;nonc&eacute; un d&eacute;tournement qu'il qualifie d'&laquo; l'un des plus grands scandales et des plus spectaculaires des 40 ans de r&egrave;gne de Paul Biya &raquo;.</p>
<p>La Chambre des comptes de la Cour supr&ecirc;me a relev&eacute; dans son rapport d'audit &laquo; plusieurs &eacute;l&eacute;ments contraires &agrave; la loyaut&eacute; de l'information dans les contrats conclus &raquo; dans le cadre de la lutte contre la pand&eacute;mie.</p>
<p>Les montants exacts n'ont pas &eacute;t&eacute; rendus publics. Une opacit&eacute; qui nourrit les soup&ccedil;ons.</p>
<h2>PDCVA : 300 millions FCFA d&eacute;tourn&eacute;s dans un projet agricole</h2>
<p>En mars 2025, la Chambre des comptes rend public un rapport d'audit sur le Projet de d&eacute;veloppement des cha&icirc;nes de valeurs agricoles (PDCVA), financ&eacute; &agrave; hauteur de 75 milliards de FCFA par la Banque africaine de d&eacute;veloppement.</p>
<p>Les auditeurs d&eacute;noncent un &laquo; recours abusif &agrave; la proc&eacute;dure de d&eacute;blocage de fonds &raquo; portant sur <strong>300 millions de FCFA</strong>. Cette somme aurait &eacute;t&eacute; remise &agrave; des &laquo; billeteurs &raquo; pour d&eacute;douaner des v&eacute;hicules et &eacute;quipements acquis entre 2017 et 2019.</p>
<p>Plus grave : des billeteurs, dont des stagiaires, ont per&ccedil;u <strong>111 450 585 FCFA</strong> pour des activit&eacute;s qu'ils n'ont pas g&eacute;r&eacute;es. Les fonds ont &eacute;t&eacute; &laquo; mis &agrave; la disposition du responsable administratif et financier &raquo;.</p>
<p>Pour la Chambre des comptes, &laquo; cette man&oelig;uvre suspecte jette un doute sur la r&eacute;alit&eacute; des d&eacute;penses effectu&eacute;es &raquo;.</p>
<h2>Corruption : le Cameroun stagne au 142e rang mondial</h2>
<p>En 2025, le Cameroun se classe <strong>142e sur 182 pays</strong> &agrave; l'indice de perception de la corruption de Transparency International. Score : <strong>26 sur 100</strong>.</p>
<p>Ce chiffre n'a pratiquement pas boug&eacute; depuis des ann&eacute;es. Il place le pays bien en dessous de la moyenne mondiale (42) et de la moyenne subsaharienne (32).</p>
<p>En avril 2026, le pape L&eacute;on XIV, en visite &agrave; Yaound&eacute;, a appel&eacute; les autorit&eacute;s camerounaises &agrave; un &laquo; examen de conscience &raquo;. Devant les autorit&eacute;s r&eacute;unies au palais pr&eacute;sidentiel, il a d&eacute;clar&eacute; que &laquo; les cha&icirc;nes de la corruption doivent &ecirc;tre bris&eacute;es &raquo; pour que &laquo; la paix et la justice pr&eacute;valent &raquo;.</p>
<p>Un appel qui n'a, &agrave; ce jour, pas &eacute;t&eacute; suivi d'effets mesurables.</p>
<h2>L'&eacute;conomie r&eacute;elle suffoque, l'argent public s'&eacute;vapore</h2>
<p>Pendant que la dette grimpe, les secteurs productifs sont &agrave; l'arr&ecirc;t. Les enseignants attendent leurs salaires. Plus de <strong>25 000</strong> d'entre eux sont en attente de compl&eacute;ment salarial, selon les investigations d'Aristide Mono.</p>
<p>L'&Eacute;tat accumule une dette globale de <strong>181 milliards FCFA</strong> vis-&agrave;-vis des enseignants.</p>
<p>Dans le m&ecirc;me temps, le FMI note que &laquo; les efforts visant &agrave; augmenter les d&eacute;penses d'investissement pour les infrastructures sont confront&eacute;s &agrave; des contraintes de liquidit&eacute; &raquo;.</p>
<p>Comprenne qui pourra : l'argent manque pour payer les fonctionnaires, mais il ne manque jamais pour les d&eacute;penses de prestige.</p>
<h2>Que dit la justice ?</h2>
<p>La Chambre des comptes de la Cour supr&ecirc;me a transmis plusieurs dossiers &agrave; la justice. En 2023, les affaires port&eacute;es devant la Cour supr&ecirc;me ont entra&icirc;n&eacute; une perte financi&egrave;re totale de <strong>38,56 milliards FCFA</strong> de fonds d&eacute;tourn&eacute;s poursuivis.</p>
<p>Mais les condamnations restent rares. Les proc&eacute;dures s'&eacute;ternisent. Et les noms des &laquo; billeteurs &raquo; cit&eacute;s dans le rapport PDCVA n'ont pas &eacute;t&eacute; rendus publics.</p>
<p>Contact&eacute;, le parquet n'a pas donn&eacute; suite &agrave; nos sollicitations. La brigade de gendarmerie de B&eacute;panda, elle, n'a pas confirm&eacute; avoir &eacute;t&eacute; saisie d'une plainte dans ce dossier.</p>
<p>Le Cameroun a 43 ans de pouvoir d'un seul homme et une population dont la moiti&eacute; a moins de 15 ans. C'est dire la pression d&eacute;mographique.</p>
<p>Le FMI a maintenu ses consultations au titre de l'article IV. Les bailleurs internationaux continuent de pr&ecirc;ter. Mais &agrave; quel prix ?</p>
<p>Une question revient dans les quartiers de Douala et de Yaound&eacute; : combien de temps encore avant que la col&egrave;re ne d&eacute;borde ? Les autorit&eacute;s, elles, misent sur la stabilit&eacute;. Le climat social est ma&icirc;tris&eacute;, r&eacute;p&eacute;tait Mono. Jusqu'&agrave; quand ?</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 00:33:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Cameroun - « Rip Monsieur le Président » : l&#039;hommage qui est en réalité un réquisitoire]]></title>
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                    <p>Dans une lettre d'adieu d'une rare intensité, Me Hippolyte BT Meli
rend hommage à Clément Atangana tout en accusant le Conseil
constitutionnel d'avoir protégé l...</p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Dans une lettre d'adieu d'une rare intensit&eacute;, Me Hippolyte BT Meli rend hommage &agrave; Cl&eacute;ment Atangana tout en accusant le Conseil constitutionnel d'avoir prot&eacute;g&eacute; le pouvoir ex&eacute;cutif au d&eacute;triment des droits du peuple camerounais.</p>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est mort dimanche 4 octobre 2026 &agrave; Paris, &agrave; 85 ans. Il &eacute;tait le premier pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel du Cameroun, nomm&eacute; par Paul Biya en f&eacute;vrier 2018. Mais ce que Me Hippolyte BT Meli retient de son passage, ce n'est pas l'hommage d'usage. C'est une phrase : &laquo; Vous avez choisi Cr&eacute;on, j'ai choisi Antigone. &raquo; Dans une lettre rendue publique lundi, l'avocat camerounais dresse un bilan sans concession : recours syst&eacute;matiquement rejet&eacute;s, d&eacute;cisions incoh&eacute;rentes, proc&eacute;dures &eacute;teintes par la mort. Une lettre qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.</p>
<h2>Le d&eacute;c&egrave;s d'un magistrat, la fin d'une &eacute;poque</h2>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le dimanche 4 octobre 2026, aux environs de 5h22, &agrave; l'h&ocirc;pital am&eacute;ricain de Neuilly-Paris, o&ugrave; il avait &eacute;t&eacute; &eacute;vacu&eacute; en urgence sanitaire quelques jours plus t&ocirc;t. N&eacute; le 20 septembre 1941 &agrave; Ekoumeyeck, dans l'arrondissement de Ngomedzap, il avait int&eacute;gr&eacute; la magistrature en d&eacute;cembre 1968 apr&egrave;s un passage par l'ENAM et l'Institut international d'administration publique de Paris. Son parcours est celui d'un serviteur de l'&Eacute;tat : procureur g&eacute;n&eacute;ral pr&egrave;s la cour d'appel de Garoua, pr&eacute;sident de la cour d'appel de Yaound&eacute;, conseiller &agrave; la Cour supr&ecirc;me. Puis, en f&eacute;vrier 2018, un d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel le hisse &agrave; la t&ecirc;te du tout nouveau Conseil constitutionnel. Sept ans plus tard, il meurt en fonction.</p>
<h2>La lettre qui brise le silence</h2>
<p>Me Hippolyte BT Meli n'a pas attendu. D&egrave;s l'annonce du d&eacute;c&egrave;s, l'avocat figure connue du barreau camerounais et d&eacute;fenseur du MRC de Maurice Kamto a publi&eacute; une lettre d'adieu qui circule massivement sur les r&eacute;seaux sociaux depuis lundi. Le texte commence comme un hommage : &laquo; Rip Monsieur le Pr&eacute;sident ! On ne peut plus rien. M&ecirc;me les diff&eacute;rends port&eacute;s devant les Tribunaux s'&eacute;teignent. &raquo;</p>
<p>Mais tr&egrave;s vite, le ton change. Me Meli rappelle qu'une proc&eacute;dure p&eacute;nale visant Cl&eacute;ment Atangana &eacute;tait encore pendante devant la Cour d'appel du Centre, &agrave; Yaound&eacute;. &laquo; La proc&eacute;dure p&eacute;nale qui &eacute;tait encore pendante devant la Cour d'appel du Centre si&eacute;geant &agrave; Yaound&eacute; s'&eacute;vapore &agrave; votre &eacute;gard &raquo;, &eacute;crit-il. Il pr&eacute;cise que cette proc&eacute;dure ne relevait pas d'une animosit&eacute; personnelle : &laquo; Elle concernait l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, pour le compte des citoyens s'estimant victimes d'exc&egrave;s et du dysfonctionnement des institutions de la R&eacute;publique. &raquo;</p>
<h2>&laquo; Avocat-conseil du pouvoir ex&eacute;cutif &raquo;</h2>
<p>Le c&oelig;ur de la lettre est une accusation grave. Me Meli soutient que le Conseil constitutionnel, sous la pr&eacute;sidence d'Atangana, a cess&eacute; d'&ecirc;tre un arbitre impartial pour devenir un auxiliaire de l'ex&eacute;cutif. &laquo; Le Conseil Constitutionnel a choisi de se muer en Avocat-Conseil du pouvoir ex&eacute;cutif, donc il est devenu une partie des litiges contre les victimes des exc&egrave;s &raquo;, &eacute;crit l'avocat.</p>
<p>Il &eacute;voque des recours syst&eacute;matiquement d&eacute;clar&eacute;s irrecevables ou rejet&eacute;s pour incomp&eacute;tence. &laquo; Aucune chance de faire aboutir un recours en r&eacute;gulation du bon fonctionnement des institutions n'a &eacute;t&eacute; offerte &raquo;, d&eacute;plore-t-il. Une critique qui n'est pas isol&eacute;e : plusieurs juristes camerounais documentent depuis des ann&eacute;es la fermeture du Conseil constitutionnel aux recours citoyens, la saisine &eacute;tant r&eacute;serv&eacute;e au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, aux pr&eacute;sidents des deux chambres du Parlement, ou &agrave; un tiers des d&eacute;put&eacute;s ou s&eacute;nateurs.</p>
<h2>L'affaire des &eacute;lections municipales</h2>
<p>Me Meli cite un cas pr&eacute;cis. Il raconte avoir plaid&eacute;, avec d'autres confr&egrave;res, une proc&eacute;dure demandant au Conseil constitutionnel d'enjoindre le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique de convoquer le corps &eacute;lectoral pour les &eacute;lections municipales, au plus tard le 9 ao&ucirc;t 2026. En cause : la prorogation du mandat des conseillers municipaux &eacute;lus en f&eacute;vrier 2020. Un premier d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel de juillet 2024 avait d&eacute;j&agrave; prolong&eacute; ce mandat jusqu'au 31 mai 2026. Puis un second d&eacute;cret, sign&eacute; le 4 mai 2026, l'a prorog&eacute; jusqu'au 28 f&eacute;vrier 2027.</p>
<p>Pour l'avocat, le Conseil constitutionnel aurait d&ucirc; tirer les cons&eacute;quences juridiques de cette situation. Il ne l'a pas fait. &laquo; Le pouvoir du peuple souverain quant &agrave; choisir librement ses dirigeants par voie d'&eacute;lections libres et les sanctionner en temps opportun, venait ainsi d'&ecirc;tre d&eacute;finitivement usurp&eacute; par le pouvoir ex&eacute;cutif supr&ecirc;me avec la contribution du Conseil Constitutionnel &raquo;, &eacute;crit-il.</p>
<h2>Cr&eacute;on et Antigone : la m&eacute;taphore finale</h2>
<p>La lettre se referme sur une image th&eacute;&acirc;trale, emprunt&eacute;e &agrave; Sophocle. &laquo; Cher Pr&eacute;sident, Vous avez choisi Cr&eacute;on, J'ai choisi Antigone. &raquo; Cr&eacute;on, le roi qui impose sa loi. Antigone, celle qui refuse de plier devant l'autorit&eacute; quand elle est injuste. En une phrase, Me Meli r&eacute;sume un clivage qui d&eacute;passe sa personne : celui entre la raison d'&Eacute;tat et les droits des citoyens.</p>
<p>&laquo; Je reste votre confr&egrave;re du c&ocirc;t&eacute; des citoyens contre la soci&eacute;t&eacute; qui les &eacute;crase &raquo;, conclut-il.</p>
<h2>Un h&eacute;ritage qui divise</h2>
<p>La mort d'Atangana ne cl&ocirc;t pas le d&eacute;bat. Elle l'ouvre. D'abord parce que la succession &agrave; la t&ecirc;te du Conseil constitutionnel n'est pas r&eacute;gl&eacute;e : l'article 51 de la Constitution pr&eacute;voit un remplacement par l'autorit&eacute; qui avait d&eacute;sign&eacute; le membre d&eacute;c&eacute;d&eacute; en l'occurrence le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique mais ne fixe aucun d&eacute;lai. Ensuite parce que les recours pendants, notamment celui du MRC sur la prorogation des mandats municipaux, pourraient &ecirc;tre affect&eacute;s par cette vacance. Enfin parce que la lettre de Me Meli pose une question qui n'a rien de th&eacute;orique : &agrave; quoi sert un Conseil constitutionnel qui ne prot&egrave;ge pas les droits du peuple qu'il est cens&eacute; servir ?</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 05 Oct 2026 11:52:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Atangana est mort, mais la question de l’impartialité reste]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-atangana-est-mort-mais-la-question-de-limpartialite-reste</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Me Michèle Ndoki interroge l’héritage de Clément Atangana,
président du Conseil constitutionnel camerounais. Un bilan sous
tension.

L’avocate Michèle Ndoki, qu...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Kamerun/Michelle-Ndocki250125500.jpg" alt="Cameroun - Atangana est mort, mais la question de l’impartialité reste" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-atangana-est-mort-mais-la-question-de-limpartialite-reste</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Me Mich&egrave;le Ndoki interroge l&rsquo;h&eacute;ritage de Cl&eacute;ment Atangana, pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel camerounais. Un bilan sous tension.</p>
<p>L&rsquo;avocate Mich&egrave;le Ndoki, qui a plaid&eacute; devant le Conseil constitutionnel en 2018 et 2025, rouvre le d&eacute;bat sur l&rsquo;impartialit&eacute; de l&rsquo;institution au lendemain de la mort de son pr&eacute;sident, Cl&eacute;ment Atangana.</p>
<p>Cl&eacute;ment Atangana, premier pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel du Cameroun, est mort dimanche 4 octobre 2026 &agrave; l&rsquo;H&ocirc;pital am&eacute;ricain de Paris, &agrave; 85 ans. Il laisse derri&egrave;re lui une institution qu&rsquo;il a dirig&eacute;e pendant huit ans, et une question que personne, dans le pays, n&rsquo;a encore r&eacute;ussi &agrave; enterrer : le Conseil constitutionnel a-t-il prot&eacute;g&eacute; la Constitution, ou le pouvoir qui l&rsquo;a nomm&eacute; ?</p>
<p>C&rsquo;est Me Mich&egrave;le Ndoki qui a rouvert le dossier. L&rsquo;avocate a plaid&eacute; devant cette m&ecirc;me juridiction aux c&ocirc;t&eacute;s de Maurice Kamto en 2018, puis d&rsquo;Akere Muna en 2025. Le jour m&ecirc;me du d&eacute;c&egrave;s, dans un message publi&eacute; sur Facebook, elle a pos&eacute; la question qui f&acirc;che. Pas de r&egrave;glement de comptes. Pas de r&eacute;cup&eacute;ration. Juste une interrogation de juriste, formul&eacute;e avec la pr&eacute;cision d&rsquo;un scalpel.</p>
<h2>Une institution cr&eacute;&eacute;e pour trancher</h2>
<p>Le Conseil constitutionnel camerounais n&rsquo;a pas d&rsquo;histoire longue. Il a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; par la Constitution de 1996, mais n&rsquo;a r&eacute;ellement vu le jour qu&rsquo;en f&eacute;vrier 2018. Paul Biya signe alors un d&eacute;cret nommant Cl&eacute;ment Atangana &agrave; sa t&ecirc;te. Le magistrat, n&eacute; en 1941 &agrave; Ngomedzap, dans la r&eacute;gion du Centre, a derri&egrave;re lui une carri&egrave;re de pr&egrave;s de cinquante ans dans l&rsquo;appareil judiciaire. Il a &eacute;t&eacute; procureur g&eacute;n&eacute;ral pr&egrave;s la cour d&rsquo;appel de Garoua, pr&eacute;sident de la cour d&rsquo;appel de Yaound&eacute;, conseiller &agrave; la Cour supr&ecirc;me.</p>
<p>Nomm&eacute; quelques mois avant la pr&eacute;sidentielle d&rsquo;octobre 2018, il devient le premier visage d&rsquo;une institution dont la principale mission est de trancher les contentieux &eacute;lectoraux. Une mission qui, d&egrave;s le d&eacute;part, le place au c&oelig;ur du jeu politique.</p>
<h2>Faits : deux &eacute;lections, z&eacute;ro recours retenu</h2>
<p>En 2018, dix-huit recours sont d&eacute;pos&eacute;s. Tous sont rejet&eacute;s. Le plus embl&eacute;matique est celui de Maurice Kamto. L&rsquo;opposant, arriv&eacute; deuxi&egrave;me selon les r&eacute;sultats officiels, demande l&rsquo;annulation partielle du scrutin dans sept r&eacute;gions. Il met aussi en cause l&rsquo;impartialit&eacute; de plusieurs membres du Conseil, dont Cl&eacute;ment Atangana lui-m&ecirc;me. La requ&ecirc;te en r&eacute;cusation est d&eacute;clar&eacute;e irrecevable.</p>
<p>En 2025, le sc&eacute;nario se r&eacute;p&egrave;te. Maurice Kamto est cette fois &eacute;cart&eacute; avant m&ecirc;me le vote. Sa candidature est rejet&eacute;e par Elecam pour &laquo; pluralit&eacute; d&rsquo;investitures &raquo;, puis le Conseil constitutionnel confirme cette d&eacute;cision. Le 22 ao&ucirc;t 2025, une autre requ&ecirc;te est examin&eacute;e : celle d&rsquo;Akere Muna, contestant la candidature de Paul Biya. L&rsquo;avocat, du parti Univers, est d&eacute;fendu par Me Mich&egrave;le Ndoki. Le Conseil rejette la requ&ecirc;te, jugeant la demande &laquo; non justifi&eacute;e dans le fond &raquo;.</p>
<p>Me Ndoki raconte l&rsquo;audience en quelques mots. &laquo; La d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; prise en moins de cinq minutes &raquo;, dit-elle. Pour elle, le verdict &eacute;tait pr&eacute;visible avant m&ecirc;me que les d&eacute;bats commencent.</p>
<p>Le mot qui r&eacute;sume tout</p>
<p>&laquo; Irrecevable. &raquo;</p>
<p>C&rsquo;est le mot que Me Ndoki retient de ses deux passages devant le Conseil. Elle l&rsquo;&eacute;crit noir sur blanc : &laquo; Tout ce que nous retenons du Conseil constitutionnel, c&rsquo;est ce mot : &ldquo;irrecevable&rdquo;, oppos&eacute; &agrave; toute preuve qui ne servait pas les int&eacute;r&ecirc;ts de l&rsquo;&eacute;lite au pouvoir &raquo;.</p>
<p>Le reproche n&rsquo;est pas seulement politique. Il est proc&eacute;dural. Me Ndoki ne dit pas que le Conseil aurait d&ucirc; lui donner raison. Elle dit qu&rsquo;il aurait d&ucirc; examiner ses arguments.</p>
<p>&laquo; Les avocats ne vont pas au tribunal en pensant qu&rsquo;ils doivent forc&eacute;ment gagner &raquo;, &eacute;crit-elle. &laquo; Ils attendent, au minimum, que leurs &eacute;l&eacute;ments de preuve soient examin&eacute;s &agrave; leur juste valeur &raquo;.</p>
<p>C&rsquo;est l&agrave; que le b&acirc;t blesse. Dans un syst&egrave;me judiciaire classique, une d&eacute;cision d&rsquo;irrecevabilit&eacute; signifie que la requ&ecirc;te ne remplit pas les conditions formelles pour &ecirc;tre jug&eacute;e. Elle ne dit rien du fond. Mais quand l&rsquo;irrecevabilit&eacute; devient la r&eacute;ponse syst&eacute;matique &agrave; toutes les requ&ecirc;tes de l&rsquo;opposition, la question change de nature. Elle ne porte plus sur la proc&eacute;dure. Elle porte sur la fonction de l&rsquo;institution.</p>
<h2>4.5 Le geste qui a tout chang&eacute;</h2>
<p>Il y a un &eacute;pisode que Me Ndoki ne peut pas ignorer. Une vid&eacute;o, devenue virale, montre Cl&eacute;ment Atangana c&eacute;l&eacute;brant la r&eacute;&eacute;lection de Paul Biya. Il danse. Il parle du pr&eacute;sident comme de &laquo; votre candidat &raquo;. Le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, l&rsquo;homme qui devait arbitrer les contentieux li&eacute;s &agrave; cette &eacute;lection, c&eacute;l&egrave;bre publiquement la victoire d&rsquo;un des candidats.</p>
<p>&laquo; Ce comportement soul&egrave;ve une question s&eacute;rieuse quant &agrave; l&rsquo;impartialit&eacute; que les citoyens &eacute;taient en droit d&rsquo;attendre de lui &raquo;, &eacute;crit Me Ndoki.</p>
<p>La formulation est juridique. Le fond est politique. Et l&rsquo;&eacute;motion, elle, est brute. Comment un justiciable peut-il croire &agrave; l&rsquo;impartialit&eacute; d&rsquo;une juridiction dont le pr&eacute;sident danse pour c&eacute;l&eacute;brer la victoire de celui dont il doit examiner les recours ?</p>
<h2>Une question qui d&eacute;passe un homme</h2>
<p>Me Ndoki ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas au bilan institutionnel. Elle pose une question plus lourde. Plus intime. Plus d&eacute;rangeante.</p>
<p>&laquo; Aussi triste que soit la mort d&rsquo;un homme, il est plus triste encore que son d&eacute;c&egrave;s soit assombri par cette question : de nombreuses vies camerounaises auraient-elles pu &ecirc;tre sauv&eacute;es s&rsquo;il avait fait son travail avec impartialit&eacute; ? &raquo;</p>
<p>La phrase est terrible. Elle lie la mort d&rsquo;un homme &agrave; la mort d&rsquo;autres hommes. Pas de mani&egrave;re directe, pas de mani&egrave;re accusatoire. De mani&egrave;re interrogative. Et c&rsquo;est peut-&ecirc;tre ce qui la rend si puissante.</p>
<p>Derri&egrave;re cette question, il y a un contexte. Les &eacute;lections de 2025 ont &eacute;t&eacute; suivies de violences. Selon l&rsquo;IDEA, au moins 48 personnes ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;es lors des manifestations post-&eacute;lectorales. Des centaines d&rsquo;arrestations. Des opposants qui d&eacute;noncent un &laquo; coup d&rsquo;&Eacute;tat constitutionnel &raquo;. Un pays qui, &agrave; chaque &eacute;ch&eacute;ance &eacute;lectorale, semble s&rsquo;enfoncer un peu plus dans la d&eacute;fiance.</p>
<p>Me Ndoki ne dit pas qu&rsquo;Atangana est responsable de ces morts. Elle demande si un autre Conseil constitutionnel, plus ind&eacute;pendant, plus audacieux, aurait pu changer la trajectoire. La r&eacute;ponse, personne ne l&rsquo;a.</p>
<h2>Ce que la mort d&rsquo;Atangana laisse en suspens</h2>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est mort le 4 octobre 2026. Aucun communiqu&eacute; officiel n&rsquo;avait &eacute;t&eacute; publi&eacute; au moment de la r&eacute;daction de cet article, mais plusieurs m&eacute;dias locaux citant des sources familiales concordantes ont annonc&eacute; le d&eacute;c&egrave;s. Le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Paul Biya, a salu&eacute; la m&eacute;moire d&rsquo;un &laquo; patriote d&eacute;vou&eacute; et d&rsquo;un int&egrave;gre juriste &raquo;, selon des propos rapport&eacute;s par la presse.</p>
<p>La question de sa succession reste ouverte. Le Conseil constitutionnel est compos&eacute; de onze membres nomm&eacute;s par d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel. Son pr&eacute;sident est nomm&eacute; par le chef de l&rsquo;&Eacute;tat. Rien n&rsquo;indique, &agrave; ce stade, qui prendra la rel&egrave;ve ni comment l&rsquo;institution &eacute;voluera.</p>
<p>Ce qui est certain, c&rsquo;est que le d&eacute;bat sur son impartialit&eacute; ne s&rsquo;&eacute;teindra pas avec son pr&eacute;sident. Me Ndoki l&rsquo;a formul&eacute; sans d&eacute;tour : &laquo; Le Conseil, sous sa pr&eacute;sidence, a-t-il offert aux Camerounais un moyen efficace de contester le pouvoir pr&eacute;sidentiel, ou a-t-il prot&eacute;g&eacute; ce pouvoir de tout contr&ocirc;le ? &raquo;</p>
<p>La r&eacute;ponse, les Camerounais la connaissent d&eacute;j&agrave;. Mais la question, elle, m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre pos&eacute;e. Surtout maintenant.</p>
<h2>Perspective future</h2>
<p>Le Cameroun entre dans une p&eacute;riode charni&egrave;re. Apr&egrave;s 43 ans de pouvoir, Paul Biya a &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;lu pour un huiti&egrave;me mandat en 2025. Les l&eacute;gislatives et municipales approchent. Le Conseil constitutionnel devra, une fois de plus, arbitrer. Une fois de plus, trancher. Une fois de plus, dire &laquo; recevable &raquo; ou &laquo; irrecevable &raquo;.</p>
<p>Avec un nouveau pr&eacute;sident. Avec, peut-&ecirc;tre, une nouvelle approche. Ou pas.</p>
<p>Ce que Me Ndoki demande, au fond, c&rsquo;est que l&rsquo;institution soit jug&eacute;e sur ses actes, pas sur ses intentions. Et que la mort d&rsquo;un homme ne serve pas &agrave; effacer les questions qu&rsquo;il laisse derri&egrave;re lui.</p>
<p>&laquo; Kamerun, Ekombo&rsquo;a Mwaye &raquo;, conclut-elle. Le Cameroun, notre pays. Une mani&egrave;re de dire que la patrie est plus grande que les hommes qui la gouvernent. Et que la justice, pour &ecirc;tre cr&eacute;dible, doit &ecirc;tre plus grande qu&rsquo;eux aussi.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi Cl&eacute;ment Atangana &eacute;tait-il critiqu&eacute; ?</strong><br>Parce que le Conseil constitutionnel qu&rsquo;il pr&eacute;sidait a syst&eacute;matiquement rejet&eacute; les recours de l&rsquo;opposition en 2018 et 2025, et parce qu&rsquo;une vid&eacute;o le montre c&eacute;l&eacute;brant la victoire de Paul Biya.</p>
<p><strong>Qui a plaid&eacute; devant le Conseil constitutionnel aux c&ocirc;t&eacute;s de Maurice Kamto en 2018 ?</strong><br>Me Mich&egrave;le Ndoki faisait partie du coll&egrave;ge d&rsquo;avocats de Maurice Kamto lors du contentieux post-&eacute;lectoral de 2018.</p>
<p><strong>Le Conseil constitutionnel camerounais est-il ind&eacute;pendant ?</strong><br>L&rsquo;institution est compos&eacute;e de onze membres nomm&eacute;s par d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel, et son pr&eacute;sident est choisi par le chef de l&rsquo;&Eacute;tat. Cette configuration alimente les critiques sur son ind&eacute;pendance, notamment de la part de juristes et d&rsquo;organisations internationales.</p>
<p><strong>Quand Cl&eacute;ment Atangana est-il d&eacute;c&eacute;d&eacute; ?</strong><br>Le dimanche 4 octobre 2026, &agrave; l&rsquo;H&ocirc;pital am&eacute;ricain de Paris, &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 85 ans.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 05 Oct 2026 00:44:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Kamerun/Michelle-Ndocki250125500.jpg" type="image/jpeg" length="8207" />
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - 1er octobre : Balla appelle au dialogue et au fédéralisme]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-1er-octobre-balla-appelle-au-dialogue-et-au-federalisme.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le 1er octobre 2026, Nkongho Felix Agbor Balla appelle au dialogue, à
la non-violence et à une solution fédérale pour sortir de la crise
anglophone au Cameroun....</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/26/Kameroon/Agbor-Balla101025500.jpg" alt="Cameroun - 1er octobre : Balla appelle au dialogue et au fédéralisme" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Le 1er octobre 2026, Nkongho Felix Agbor Balla appelle au dialogue, &agrave; la non-violence et &agrave; une solution f&eacute;d&eacute;rale pour sortir de la crise anglophone au Cameroun.</p>
<p>Soixante-cinq ans apr&egrave;s la r&eacute;unification, l'avocat Nkongho Felix Agbor Balla place les victimes de la crise anglophone au centre de son message et r&eacute;affirme sa conviction : seule une solution f&eacute;d&eacute;rale, n&eacute;goci&eacute;e dans le dialogue et la non-violence, peut sortir le Cameroun de l'impasse.</p>
<p>Le 1er octobre n'est pas une date comme les autres au Cameroun. Pour certains, elle &eacute;voque la r&eacute;unification de 1961. Pour d'autres, elle rappelle une promesse trahie. Balla le sait. Il l'&eacute;crit. Et il refuse de choisir un camp.</p>
<h2>Une date qui divise, un appel &agrave; l'&eacute;coute</h2>
<p>&laquo; Nous n'interpr&eacute;tons pas tous cette date de la m&ecirc;me mani&egrave;re. &raquo; La phrase est simple. Elle est aussi courageuse. Balla ne cherche pas &agrave; gommer les diff&eacute;rences. Il les nomme.</p>
<p>Dans sa r&eacute;flexion publi&eacute;e jeudi, l'avocat rappelle que le 1er octobre &laquo; ravive des souvenirs de notre histoire, suscite des espoirs de dignit&eacute; et d'appartenance, et soul&egrave;ve des questions difficiles concernant les promesses faites et le chemin parcouru &raquo;.</p>
<p>Le 1er octobre 1961, le Southern Cameroons, administr&eacute; par les Britanniques sous mandat de l'ONU, rejoignait la R&eacute;publique du Cameroun pour former une f&eacute;d&eacute;ration &agrave; deux &Eacute;tats. Un accord scell&eacute; &agrave; Foumban, quelques mois plus t&ocirc;t. Une union qui devait respecter les sp&eacute;cificit&eacute;s linguistiques et juridiques des deux entit&eacute;s.</p>
<p>Onze ans plus tard, en 1972, un r&eacute;f&eacute;rendum abolissait la f&eacute;d&eacute;ration. Le pays devenait une R&eacute;publique unie. Pour beaucoup d'Anglophones, cette date marque le d&eacute;but d'un long processus d'effacement de leurs institutions, de leur syst&egrave;me juridique et de leur langue.</p>
<p>Balla ne s'attarde pas sur les responsabilit&eacute;s. Il pose une autre question : comment vivre ensemble malgr&eacute; des m&eacute;moires oppos&eacute;es ?</p>
<h2>Les victimes d'abord</h2>
<p>Le message de Balla n'est pas un discours politique. C'est une liste de noms qu'on ne prononce pas. Les familles qui ont perdu des &ecirc;tres chers. Les d&eacute;plac&eacute;s. Les enfants dont l'&eacute;cole a &eacute;t&eacute; interrompue. Ceux qui vivent dans la peur. Les d&eacute;tenus et leurs proches.</p>
<p>&laquo; Aujourd'hui, mes pens&eacute;es vont tout particuli&egrave;rement aux familles qui ont perdu des &ecirc;tres chers &raquo;, &eacute;crit-il. &laquo; Leur souffrance doit rester au c&oelig;ur de nos pr&eacute;occupations, quel que soit l'avenir politique que nous appelons de nos v&oelig;ux. &raquo;</p>
<p>Selon les organisations humanitaires, plus de 638 000 personnes ont &eacute;t&eacute; contraintes de fuir leurs villages depuis le d&eacute;but de la crise en 2016. Des centaines de milliers d'autres vivent d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur du pays. Certains ont travers&eacute; la fronti&egrave;re vers le Nigeria.</p>
<p>Le conflit a fait plus de 6 500 morts selon les estimations les plus r&eacute;centes. Un chiffre qui ne dit rien de ce qu'il repr&eacute;sente : des vies, des familles, des quartiers.</p>
<h2>La ligne de Balla : ni violence, ni renoncement</h2>
<p>Balla r&eacute;p&egrave;te une position qu'il tient depuis 2016. Non-violence. Dialogue constructif. Solution f&eacute;d&eacute;rale.</p>
<p>&laquo; Tout au long de mon engagement, je suis rest&eacute; attach&eacute; &agrave; la non-violence, &agrave; un dialogue constructif et &agrave; une solution f&eacute;d&eacute;rale &raquo;, &eacute;crit-il.</p>
<p>Ce positionnement lui a valu des critiques des deux c&ocirc;t&eacute;s. Les partisans de l'ind&eacute;pendance de l'Ambazonie le consid&egrave;rent comme trop mod&eacute;r&eacute;. Certains le voient comme un tra&icirc;tre &agrave; la cause. Les autorit&eacute;s camerounaises l'ont arr&ecirc;t&eacute; en 2017, l'accusant d'incitation au terrorisme. Il a &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute; apr&egrave;s sept mois de d&eacute;tention, sous pression internationale.</p>
<p>Balla assume. Il &eacute;crit qu'il faut &laquo; le courage d'&eacute;couter, y compris ceux avec qui nous sommes en profond d&eacute;saccord &raquo;. Une phrase qui pourrait viser aussi bien Yaound&eacute; que les factions s&eacute;paratistes.</p>
<h2>Des appels &agrave; la paix qui doivent devenir des actes</h2>
<p>Le message de Balla ne se limite pas &agrave; des principes. Il &eacute;num&egrave;re ce qu'il attend concr&egrave;tement.</p>
<p>Prot&eacute;ger les civils. Combattre l'injustice. Exiger que les auteurs de violations rendent des comptes. R&eacute;tablir la confiance.</p>
<p>&laquo; Les familles ont besoin de voir des changements dans leur vie quotidienne &raquo;, &eacute;crit-il. &laquo; Elles ont besoin de s&eacute;curit&eacute;, d'&eacute;coles, de moyens de subsistance et de la certitude que leur voix compte. &raquo;</p>
<p>Ces demandes ne sont pas nouvelles. Elles reprennent les recommandations formul&eacute;es par plusieurs organisations internationales depuis des ann&eacute;es. Mais Balla les formule sans d&eacute;tour, dans un contexte o&ugrave; le dialogue de Buea, pr&eacute;sid&eacute; par le Premier ministre Joseph Dion Ngute en septembre, a &eacute;t&eacute; critiqu&eacute; pour son manque de repr&eacute;sentativit&eacute;.</p>
<p>Balla l'avait pr&eacute;venu : &laquo; La valeur du dialogue se mesurera &agrave; ce qui se passera apr&egrave;s que tout le monde aura quitt&eacute; la salle &raquo;.</p>
<h2>Un leadership qui valorise la vie humaine</h2>
<p>Balla termine son message par une formule qui r&eacute;sume tout. &laquo; Nous leur devons un leadership qui valorise la vie humaine. Nous leur devons des &eacute;changes honn&ecirc;tes sur notre histoire et notre avenir. &raquo;</p>
<p>Ce n'est pas un slogan. C'est une exigence.</p>
<p>Dans un conflit o&ugrave; les civils sont pris entre les forces gouvernementales et les groupes s&eacute;paratistes, o&ugrave; les &eacute;coles sont attaqu&eacute;es, o&ugrave; les d&eacute;placements se poursuivent, cette phrase a un poids particulier.</p>
<p>Balla ne propose pas de solution miracle. Il propose une m&eacute;thode : &eacute;couter, dialoguer, n&eacute;gocier. Une m&eacute;thode lente. Une m&eacute;thode difficile. Mais peut-&ecirc;tre la seule qui reste.</p>
<hr />
<p><strong>Qui est Nkongho Felix Agbor Balla ?</strong><br />C'est un avocat camerounais anglophone, originaire du Sud-Ouest. Il a fond&eacute; le Centre pour les droits humains et la d&eacute;mocratie en Afrique. En 2016, il a dirig&eacute; le Consortium de la soci&eacute;t&eacute; civile anglophone, qui a lanc&eacute; les protestations contre la marginalisation des syst&egrave;mes juridique et &eacute;ducatif anglophones. Il a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; en 2017 et d&eacute;tenu pendant sept mois.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le 1er octobre pour les Camerounais anglophones ?</strong><br />Le 1er octobre 1961 marque la r&eacute;unification du Southern Cameroons (ancien territoire sous tutelle britannique) avec la R&eacute;publique du Cameroun, formant une f&eacute;d&eacute;ration &agrave; deux &Eacute;tats. En 1972, un r&eacute;f&eacute;rendum a aboli cette f&eacute;d&eacute;ration. Pour beaucoup d'Anglophones, cette date symbolise &agrave; la fois l'union et la trahison des termes de cette union.</p>
<p><strong>Quelle est la position de Balla sur l'ind&eacute;pendance de l'Ambazonie ?</strong><br />Balla ne soutient pas l'ind&eacute;pendance. Il plaide pour une solution f&eacute;d&eacute;rale qui garantirait aux r&eacute;gions anglophones une autonomie dans la gestion de leurs affaires, le respect de leur syst&egrave;me juridique et la reconnaissance de leur identit&eacute;. Il rejette la violence comme moyen d'action.</p>
<p><strong>O&ugrave; en est la crise anglophone en 2026 ?</strong><br />Dix ans apr&egrave;s le d&eacute;but des protestations, le conflit continue. Les violences ont fait plus de 6 500 morts selon les estimations. Plus de 638 000 personnes sont d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur du pays, et des milliers d'autres ont fui vers le Nigeria. Les attaques contre les &eacute;coles et les civils se poursuivent.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 01 Oct 2026 15:45:01 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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