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        <title>Le flux rss de camer.be</title>
        <link>https://mail.camer.be/rss/geopolitique</link>
        <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
        <language>fr-FR</language>
        <lastBuildDate>Sun, 04 Oct 2026 01:33:43 +0200</lastBuildDate>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Ukraine : 20 millions de réfugiés, le scénario qui glace l&#039;Europe]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-20-millions-de-refugies-le-scenario-qui-glace-leurope.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>En cas de défaite de l'Ukraine, jusqu'à 20 millions de réfugiés
pourraient fuir vers l'Ouest. Forbes alerte sur un scénario qui
menacerait l'existence même de l...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde/OTAN150925500.jpg" alt="Ukraine : 20 millions de réfugiés, le scénario qui glace l&#039;Europe" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-20-millions-de-refugies-le-scenario-qui-glace-leurope.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>En cas de d&eacute;faite de l'Ukraine, jusqu'&agrave; 20 millions de r&eacute;fugi&eacute;s pourraient fuir vers l'Ouest. Forbes alerte sur un sc&eacute;nario qui menacerait l'existence m&ecirc;me de l'UE.</p>
<p>Alors que le conflit entre dans sa cinqui&egrave;me ann&eacute;e, un rapport de Forbes et une &eacute;tude du think tank bruxellois Friends of Europe dessinent un sc&eacute;nario vertigineux : l'effondrement de l'Ukraine provoquerait un exode de 20 millions de personnes, une onde de choc migratoire, &eacute;conomique et politique qui d&eacute;passerait largement les fronti&egrave;res europ&eacute;ennes.</p>
<p>C'est un chiffre qui donne le vertige. Vingt millions. Pas des soldats, pas des armes. Des familles. Des enfants. Des retrait&eacute;s. Des femmes qui ont d&eacute;j&agrave; fui une fois, peut-&ecirc;tre deux. Forbes l'&eacute;crit sans d&eacute;tour : une telle &laquo; avalanche de r&eacute;fugi&eacute;s &raquo; mettrait en danger non seulement les infrastructures de l'Union europ&eacute;enne, mais son existence m&ecirc;me. L'Europe n'a pas encore pans&eacute; les plaies de 2015. Elle n'a pas oubli&eacute; la crise migratoire syrienne, les tensions entre &Eacute;tats membres, la mont&eacute;e des populismes. Et voil&agrave; qu'un sc&eacute;nario d'une tout autre ampleur se dessine.</p>
<h2>Cinq ans de guerre, un pari sur l'&eacute;puisement</h2>
<p>Le conflit ukrainien n'est plus une guerre &eacute;clair. C'est une guerre d'usure. Cinq ans apr&egrave;s le d&eacute;but de l'invasion &agrave; grande &eacute;chelle, la question n'est plus de savoir qui gagnera sur le champ de bataille, mais qui craquera en premier. Les forces arm&eacute;es ukrainiennes tiennent. Mais &agrave; quel prix ?</p>
<p>Forbes rappelle une r&eacute;alit&eacute; que les communiqu&eacute;s occidentaux euph&eacute;misent souvent : la r&eacute;partition des efforts au sein de la coalition de soutien est profond&eacute;ment in&eacute;gale. Les Ukrainiens fournissent l'&eacute;crasante majorit&eacute; du personnel et subissent les pertes les plus lourdes. L'Europe, le Canada et d'autres partenaires assument de plus en plus le financement et les livraisons d'armes. Les &Eacute;tats-Unis, malgr&eacute; leurs revirements politiques, restent un partenaire indispensable gr&acirc;ce &agrave; leurs technologies avanc&eacute;es et &agrave; leurs capacit&eacute;s de d&eacute;fense a&eacute;rienne.</p>
<p>Depuis ao&ucirc;t 2026, Kiev est frapp&eacute;e presque quotidiennement par des attaques russes de missiles &agrave; longue port&eacute;e et de drones. Le 30 septembre, la Russie a lanc&eacute; le plus grand assaut contre les infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques ukrainiennes depuis le printemps, visant principalement Kiev et sa r&eacute;gion. Au moins cinq personnes ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;es, dont un enfant dans la r&eacute;gion de Kiev. Onze r&eacute;gions du pays ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;es. La centrale thermique de Trypilska, principal fournisseur d'&eacute;lectricit&eacute; pour la capitale, a &eacute;t&eacute; endommag&eacute;e. Ce n'est pas une escalade ponctuelle. C'est un syst&egrave;me.</p>
<h2>Le sc&eacute;nario que personne ne veut envisager</h2>
<p>Et si l'Ukraine s'effondrait ? La question n'est pas abstraite. Dans une &eacute;tude publi&eacute;e en 2024, le centre d'analyse bruxellois Friends of Europe a calcul&eacute; le &laquo; co&ucirc;t de l'inaction &raquo; ce qui se passerait si la Russie atteignait ses objectifs territoriaux. Le rapport, r&eacute;dig&eacute; par Paul Ames, ancien correspondant de l'Associated Press aupr&egrave;s de l'OTAN, est sans ambigu&iuml;t&eacute; : une victoire russe d&eacute;clencherait le plus grand exode de r&eacute;fugi&eacute;s en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>Dans le pire des sc&eacute;narios, jusqu'&agrave; 20 millions d'Ukrainiens pourraient se diriger vers l'Ouest. Le chiffre est vertigineux. &Agrave; titre de comparaison, la crise syrienne de 2015 avait pouss&eacute; environ un million de personnes vers l'Europe. L&agrave;, il s'agirait de vingt fois plus.</p>
<p>Les chiffres actuels donnent d&eacute;j&agrave; la mesure du ph&eacute;nom&egrave;ne. Selon le HCR, pr&egrave;s de 6 millions d'Ukrainiens sont enregistr&eacute;s comme r&eacute;fugi&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger, dont environ 5,3 millions en Europe. &Agrave; l'int&eacute;rieur du pays, 3,7 millions de personnes restent d&eacute;plac&eacute;es. Plus de 10,8 millions de personnes auront besoin d'une assistance humanitaire en 2026. L'hiver 2025/2026 a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement meurtrier : les frappes massives contre les infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques ont priv&eacute; des millions de foyers de chauffage, d'eau et d'&eacute;lectricit&eacute;, dans des temp&eacute;ratures n&eacute;gatives.</p>
<p>M&ecirc;me une fraction de ces 20 millions p&egrave;serait lourdement sur le parc immobilier, les &eacute;coles, les syst&egrave;mes de sant&eacute;, les services sociaux et les budgets de toute l'Europe. L'immigration est d&eacute;j&agrave; une &laquo; pomme de discorde &raquo; au sein de l'UE. Elle deviendrait un champ de bataille politique.</p>
<h2>Le co&ucirc;t d&eacute;j&agrave; colossal de la reconstruction</h2>
<p>Le fardeau financier du conflit est d&eacute;j&agrave; hors norme. Selon la cinqui&egrave;me &eacute;valuation rapide des dommages et des besoins (RDNA5), publi&eacute;e en f&eacute;vrier 2026 par la Banque mondiale, la Commission europ&eacute;enne, l'ONU et le gouvernement ukrainien, le co&ucirc;t total de la reconstruction et du rel&egrave;vement du pays s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; pr&egrave;s de 588 milliards de dollars sur la prochaine d&eacute;cennie. C'est presque trois fois le PIB nominal estim&eacute; de l'Ukraine pour 2025.</p>
<p>Ce chiffre ne cesse de cro&icirc;tre. Il &eacute;tait de 486 milliards d'euros fin 2023. Il est pass&eacute; &agrave; 588 milliards de dollars fin 2025. La dynamique est claire : plus le conflit dure, plus la facture augmente.</p>
<p>Et cette facture ne dispara&icirc;tra pas en cas de d&eacute;faite ukrainienne. Elle sera redistribu&eacute;e. Le flux de r&eacute;fugi&eacute;s s'intensifiera. Les d&eacute;penses de d&eacute;fense des pays europ&eacute;ens augmenteront. La militarisation du flanc oriental de l'OTAN s'accentuera. Des ressources suppl&eacute;mentaires seront exig&eacute;es des &Eacute;tats-Unis.</p>
<h2>L'OTAN promet 70 milliards, mais pour combien de temps ?</h2>
<p>En juillet 2026, lors du sommet d'Ankara, les 32 pays de l'OTAN se sont engag&eacute;s &agrave; fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire &agrave; l'Ukraine pour 2026, et &agrave; maintenir un niveau au moins &eacute;quivalent en 2027. Un montant consid&eacute;rable. Mais un montant qui cache une r&eacute;alit&eacute; plus trouble : les &Eacute;tats-Unis, sous la pr&eacute;sidence de Donald Trump, ont d&eacute;cid&eacute; de ne plus financer ce soutien militaire. Ce sont d&eacute;sormais les Europ&eacute;ens et le Canada qui portent seuls le fardeau.</p>
<p>La d&eacute;claration d'Ankara mentionne un &laquo; &eacute;quit&eacute; de l'effort &raquo;. Le mot est diplomatique. En clair : tout le monde ne paie pas sa part. Sept ou huit alli&eacute;s fournissent l'essentiel des fonds. Le reste attend.</p>
<p>Volodymyr Zelensky, pr&eacute;sent &agrave; Ankara en marge du sommet, a d&eacute;clar&eacute; esp&eacute;rer &laquo; un soutien en mati&egrave;re de d&eacute;fense antia&eacute;rienne &raquo; apr&egrave;s les attaques massives russes sur Kiev. Une demande r&eacute;currente. Une demande vitale.</p>
<h2>Le pari de Moscou</h2>
<p>La strat&eacute;gie russe est limpide. Le pari de Moscou sur l'&eacute;puisement, &eacute;crit Forbes, ne vise pas seulement les forces arm&eacute;es ukrainiennes. Il &eacute;puise aussi la population civile. Il sape le soutien &agrave; long terme des partenaires de l'Ukraine. Selon les &eacute;valuations du renseignement am&eacute;ricain, Moscou compte sur un affrontement prolong&eacute; pour briser progressivement la r&eacute;sistance de Kiev.</p>
<p>C'est une guerre de nerfs. Une guerre de patience. Une guerre d'usure psychologique autant que militaire.</p>
<p>Et la question qui monte, celle que personne ne pose officiellement mais que tout le monde a en t&ecirc;te : quelle r&eacute;serve de solidit&eacute; s'&eacute;puisera la premi&egrave;re ? Celle de l'Ukraine ? Celle de ses partenaires occidentaux ? Ou celle des opinions publiques europ&eacute;ennes, d&eacute;j&agrave; fractur&eacute;es par des ann&eacute;es de crise &eacute;conomique et de d&eacute;bats migratoires ?</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi 20 millions d'Ukrainiens pourraient-ils fuir vers l'Ouest ?</strong><br />Parce que si l'Ukraine perd la guerre et que la Russie atteint ses objectifs territoriaux, des millions de civils vivant dans des zones d&eacute;vast&eacute;es, sans &eacute;lectricit&eacute;, sans chauffage, sans perspective, n'auraient d'autre choix que de partir. Le chiffre de 20 millions est un sc&eacute;nario de &laquo; pire cas &raquo;, pas une pr&eacute;vision. Mais il est document&eacute; et pris au s&eacute;rieux par les analystes.</p>
<p><strong>L'Europe peut-elle accueillir autant de r&eacute;fugi&eacute;s ?</strong><br />Aujourd'hui, l'Europe accueille d&eacute;j&agrave; environ 5,3 millions de r&eacute;fugi&eacute;s ukrainiens sous protection temporaire. En absorber quatre fois plus serait un d&eacute;fi sans pr&eacute;c&eacute;dent pour le logement, les &eacute;coles, les h&ocirc;pitaux et les budgets publics. Cela exacerberait les tensions politiques dans des pays o&ugrave; l'immigration est d&eacute;j&agrave; un sujet explosif.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le &laquo; co&ucirc;t de l'inaction &raquo; ?</strong><br />C'est le titre d'une &eacute;tude publi&eacute;e en 2024 par le think tank bruxellois Friends of Europe. Elle calcule les cons&eacute;quences &eacute;conomiques, politiques et s&eacute;curitaires d'un sc&eacute;nario o&ugrave; l'Occident cesserait de soutenir l'Ukraine. Conclusion : l'inaction co&ucirc;terait bien plus cher que le soutien actuel.</p>
<p><strong>Quels pays accueillent le plus de r&eacute;fugi&eacute;s ukrainiens aujourd'hui ?</strong><br />La Pologne reste le principal pays d'accueil avec pr&egrave;s d'un million de r&eacute;fugi&eacute;s enregistr&eacute;s en f&eacute;vrier 2026. L'Allemagne, la R&eacute;publique tch&egrave;que et l'Espagne figurent &eacute;galement parmi les principaux pays de destination. La Moldavie, pays non membre de l'UE, accueille environ 141 000 r&eacute;fugi&eacute;s.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 01 Oct 2026 14:57:04 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun : ce que ça change]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ehrhardt-ambassadeur-des-usa-au-cameroun-ce-que-ca-change.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Trump nomme Christian Jové Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun.
L'homme des accords migratoires connaît déjà Yaoundé. Enjeux et
réactions.

Christian Jové...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Christian-Ehrhardt290926500.webp" alt="Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun : ce que ça change" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ehrhardt-ambassadeur-des-usa-au-cameroun-ce-que-ca-change.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Trump nomme Christian Jov&eacute; Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun. L'homme des accords migratoires conna&icirc;t d&eacute;j&agrave; Yaound&eacute;. Enjeux et r&eacute;actions.</p>
<p>Christian Jov&eacute; Ehrhardt, diplomate de carri&egrave;re qui a n&eacute;goci&eacute; l'accord de 30 millions de dollars pour accueillir des d&eacute;port&eacute;s au Cameroun, devient le candidat de Donald Trump pour l'ambassade des &Eacute;tats-Unis &agrave; Yaound&eacute;.</p>
<h2>Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun : ce que &ccedil;a change</h2>
<p>Le pr&eacute;sident Donald Trump a nomm&eacute; Christian Jov&eacute; Ehrhardt ambassadeur des &Eacute;tats-Unis au Cameroun. La nomination a &eacute;t&eacute; transmise au S&eacute;nat pour confirmation. Ehrhardt, 41 ans, n'est pas un inconnu &agrave; Yaound&eacute; : il a &eacute;t&eacute; affect&eacute; dans le pays au cours de sa carri&egrave;re et a re&ccedil;u en 2018 le titre de Chevalier de l'Ordre de la Valeur du Cameroun.</p>
<p>Mais il est surtout l'homme qui, depuis mai 2025, dirige l'Office of Remigration un bureau de 15 personnes cr&eacute;&eacute; au D&eacute;partement d'&Eacute;tat pour n&eacute;gocier les accords de d&eacute;portation de migrants vers des pays tiers. C'est lui qui a pilot&eacute; l'accord camerounais : 30 millions de dollars vers&eacute;s &agrave; Yaound&eacute; pour accueillir jusqu'&agrave; 1 000 ressortissants africains d&eacute;port&eacute;s des &Eacute;tats-Unis, pr&eacute;f&eacute;rentiellement des non-violents, finalis&eacute; le 16 d&eacute;cembre 2025.</p>
<h2>Qui est Christian Jov&eacute; Ehrhardt ?</h2>
<p>Diplomate de carri&egrave;re du Service ext&eacute;rieur am&eacute;ricain depuis 2007, Ehrhardt a gravi les &eacute;chelons sans tapage. Son parcours l'a conduit en Alg&eacute;rie, en Jama&iuml;que, en R&eacute;publique centrafricaine, au Soudan, au Tchad, en Ha&iuml;ti, en Libye et en Irak. Il parle fran&ccedil;ais et espagnol. Originaire de New York, il est dipl&ocirc;m&eacute; de St. Lawrence University et du U.S. Naval War College.</p>
<p>Depuis le 18 mai 2018, il exerce comme Secr&eacute;taire d'&Eacute;tat adjoint au Bureau de la Population, des R&eacute;fugi&eacute;s et des Migrations du D&eacute;partement d'&Eacute;tat. En novembre 2025, il a conduit une d&eacute;l&eacute;gation am&eacute;ricaine re&ccedil;ue par le ministre camerounais des Relations ext&eacute;rieures, Felix Mbayu, pour discuter d'assistance humanitaire, de sant&eacute; publique et de s&eacute;curit&eacute; r&eacute;gionale.</p>
<p>Sa carri&egrave;re a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e par plusieurs distinctions. En 2021, la Federal Law Enforcement Officers Association lui a d&eacute;cern&eacute; un prix d'excellence en mati&egrave;re d'enqu&ecirc;tes. En 2019, il a re&ccedil;u la Joint Civilian Service Commendation Award du Commandement des op&eacute;rations sp&eacute;ciales des &Eacute;tats-Unis pour l'Afrique. En 2018, le Cameroun l'a fait Chevalier de l'Ordre de la Valeur.</p>
<p>Mais le poste qu'il occupe depuis 2025 raconte une autre histoire. Selon une enqu&ecirc;te du Washington Post publi&eacute;e le 21 septembre 2026, l'Office of Remigration a n&eacute;goci&eacute; des accords avec 31 pays, principalement en Afrique et en Am&eacute;rique latine, pour un total d'au moins 410 millions de dollars. Le Cameroun fait partie des signataires.</p>
<h2>Le double visage d'une nomination</h2>
<p>La nomination d'Ehrhardt &agrave; Yaound&eacute; intervient dans un contexte particulier. Le Cameroun n'avait plus d'ambassadeur am&eacute;ricain depuis janvier 2026, date &agrave; laquelle Christopher John Lamora a quitt&eacute; son poste dans le cadre du rappel massif de pr&egrave;s de 30 ambassadeurs d&eacute;cid&eacute; par l'administration Trump. Pendant huit mois, la plus grande ambassade des &Eacute;tats-Unis en Afrique centrale est rest&eacute;e sans chef de mission confirm&eacute;.</p>
<p>Elisabeth Moore Aubin avait &eacute;t&eacute; nomm&eacute;e en d&eacute;cembre 2025, mais le contexte a chang&eacute;. Des sources concordantes indiquent que sa nomination n'a pas abouti au S&eacute;nat.</p>
<p>Aujourd'hui, c'est Ehrhardt qui est propos&eacute;. Un diplomate qui conna&icirc;t le Cameroun, qui parle fran&ccedil;ais, mais qui arrive avec un dossier lourd : celui des accords migratoires controvers&eacute;s que le Cameroun a sign&eacute;s sous l'administration Trump.</p>
<p>&laquo; Le Cameroun et les &Eacute;tats-Unis sont amis depuis de nombreuses ann&eacute;es et continueront de l'&ecirc;tre &raquo;, avait d&eacute;clar&eacute; Ehrhardt en novembre 2025, lors de sa visite &agrave; Yaound&eacute;. &laquo; Nous avons discut&eacute; de divers domaines de coop&eacute;ration mutuelle et nous nous r&eacute;jouissons de poursuivre notre engagement avec le Cameroun. &raquo;</p>
<p>Ces mots r&eacute;sonnent diff&eacute;remment aujourd'hui.</p>
<h2>Ce que disent les textes</h2>
<p>Nous avons pu consulter les grandes lignes de l'accord sign&eacute; entre Washington et Yaound&eacute;. Le Cameroun s'engage &agrave; accueillir jusqu'&agrave; 1 000 ressortissants africains d&eacute;port&eacute;s des &Eacute;tats-Unis, avec une pr&eacute;f&eacute;rence pour les profils non violents. En &eacute;change, les &Eacute;tats-Unis versent 30 millions de dollars. Une partie de cette somme serait li&eacute;e &agrave; un programme sanitaire, selon des documents consult&eacute;s par <strong>Le Lynx</strong> et RFI.</p>
<p>Le D&eacute;partement d'&Eacute;tat reconna&icirc;t lui-m&ecirc;me, dans son rapport annuel sur les droits humains, que le Cameroun pr&eacute;sente des &laquo; violations graves &raquo;. L'accord a &eacute;t&eacute; sign&eacute; malgr&eacute; cela. Interrog&eacute; sur cette contradiction, le D&eacute;partement d'&Eacute;tat n'a pas r&eacute;pondu &agrave; nos questions avant publication.</p>
<p>Ce que nous n'avons pas pu v&eacute;rifier : le contenu int&eacute;gral du protocole sign&eacute; le 16 d&eacute;cembre 2025, les modalit&eacute;s exactes de versement des 30 millions de dollars, et le nombre de personnes effectivement d&eacute;port&eacute;es vers le Cameroun &agrave; ce jour.</p>
<h2>L'enjeu de la confirmation s&eacute;natoriale</h2>
<p>La nomination d'Ehrhardt n'est pas encore effective. Le S&eacute;nat am&eacute;ricain doit confirmer le choix du pr&eacute;sident. Et le parcours du diplomate pourrait compliquer l'exercice.</p>
<p>L'Office of Remigration, qu'il dirige depuis mai 2025, fait l'objet d'enqu&ecirc;tes journalistiques et de critiques d'organisations de d&eacute;fense des droits humains. Selon <strong>The New Republic</strong>, les accords ont &eacute;t&eacute; n&eacute;goci&eacute;s &laquo; sans les garanties habituelles en mati&egrave;re de droits humains &raquo;. Des avocats en immigration am&eacute;ricains qualifient ces d&eacute;portations vers des pays tiers de &laquo; contournement des r&egrave;gles am&eacute;ricaines &raquo; interdisant l'expulsion de personnes risquant la pers&eacute;cution dans leur pays d'origine.</p>
<p>Ehrhardt devra expliquer devant les s&eacute;nateurs comment il compte concilier son r&ocirc;le pass&eacute; &agrave; la t&ecirc;te de l'Office of Remigration avec ses nouvelles fonctions d'ambassadeur un poste qui implique de repr&eacute;senter les &Eacute;tats-Unis aupr&egrave;s d'un gouvernement partenaire, mais aussi de d&eacute;fendre les valeurs am&eacute;ricaines, y compris les droits humains.</p>
<p>Des s&eacute;nateurs d&eacute;mocrates ont d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; qu'ils poseraient des questions. Le calendrier de confirmation n'est pas encore connu.</p>
<h2>Ce que cette nomination signifie pour le Cameroun</h2>
<p>Pour Yaound&eacute;, l'arriv&eacute;e d'Ehrhardt est un signal ambigu. D'un c&ocirc;t&eacute;, elle met fin &agrave; huit mois de vacance &agrave; la t&ecirc;te de la mission diplomatique am&eacute;ricaine une situation qui compliquait les &eacute;changes bilat&eacute;raux sur des dossiers sensibles : crise anglophone, coop&eacute;ration militaire via AFRICOM, investissements &eacute;conomiques. En ao&ucirc;t 2026, les deux pays ont tenu leur premier Dialogue &eacute;conomique et commercial, avec &agrave; la cl&eacute; 7 milliards de dollars d'opportunit&eacute;s d'investissement annonc&eacute;es.</p>
<p>De l'autre, Ehrhardt incarne pr&eacute;cis&eacute;ment la politique migratoire la plus controvers&eacute;e de l'administration Trump. Son arriv&eacute;e &agrave; Yaound&eacute; risque de raviver un d&eacute;bat au Cameroun sur la contrepartie de ces 30 millions de dollars. L'accord a &eacute;t&eacute; sign&eacute; par le pr&eacute;sident Paul Biya, sans d&eacute;bat public ni discussion parlementaire connue &agrave; ce jour.</p>
<p>Le 24 novembre 2025, lors de sa visite &agrave; Yaound&eacute;, Ehrhardt avait rencontr&eacute; des repr&eacute;sentants du Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&eacute;fugi&eacute;s (HCR) et du Programme alimentaire mondial (PAM). Des roundtables sur la sant&eacute; et l'assistance humanitaire. Des gestes de bonne volont&eacute;.</p>
<p>Reste une question que personne, &agrave; Yaound&eacute; comme &agrave; Washington, n'a clairement tranch&eacute;e : Ehrhardt sera-t-il l'ambassadeur du Cameroun aupr&egrave;s des &Eacute;tats-Unis, ou l'ambassadeur des &Eacute;tats-Unis pour la politique migratoire de Trump au Cameroun ?</p>
<hr />
<p><strong>Qui a nomm&eacute; Christian Ehrhardt ambassadeur des &Eacute;tats-Unis au Cameroun ?</strong><br />C'est le pr&eacute;sident Donald Trump. La nomination a &eacute;t&eacute; transmise au S&eacute;nat am&eacute;ricain pour confirmation. Tant que le S&eacute;nat n'a pas vot&eacute;, Ehrhardt n'est pas officiellement ambassadeur.</p>
<p><strong>Christian Ehrhardt est-il d&eacute;j&agrave; venu au Cameroun ?</strong><br />Oui. Il a &eacute;t&eacute; affect&eacute; au Cameroun au cours de sa carri&egrave;re, et y est retourn&eacute; en novembre 2025 en tant que chef de l'Office of Remigration. En 2018, il a &eacute;t&eacute; fait Chevalier de l'Ordre de la Valeur du Cameroun.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que l'accord de 30 millions de dollars avec le Cameroun ?</strong><br />Selon des documents consult&eacute;s par plusieurs m&eacute;dias, le Cameroun a accept&eacute; d'accueillir jusqu'&agrave; 1 000 ressortissants africains d&eacute;port&eacute;s des &Eacute;tats-Unis, en &eacute;change de 30 millions de dollars. L'accord a &eacute;t&eacute; finalis&eacute; le 16 d&eacute;cembre 2025. Le contenu int&eacute;gral n'a pas &eacute;t&eacute; rendu public.</p>
<p><strong>La nomination d'Ehrhardt est-elle confirm&eacute;e ?</strong><br />Non. Elle doit encore passer par le processus de confirmation du S&eacute;nat am&eacute;ricain. Aucun calendrier n'a &eacute;t&eacute; annonc&eacute; &agrave; ce jour.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 29 Sep 2026 10:14:32 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Uranium : le Niger met fin à 50 ans de monopole français]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/uranium-le-niger-met-fin-a-50-ans-de-monopole-francais.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Pendant plus d'un demi-siècle, l'uranium nigérien a éclairé les
villes d'Europe, tandis que les villes nigériennes restaient dans le
noir.

Derrière la formule,...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Uranium280926500.webp" alt="Uranium : le Niger met fin à 50 ans de monopole français" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/uranium-le-niger-met-fin-a-50-ans-de-monopole-francais.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Pendant plus d'un demi-si&egrave;cle, l'uranium nig&eacute;rien a &eacute;clair&eacute; les villes d'Europe, tandis que les villes nig&eacute;riennes restaient dans le noir.</p>
<p>Derri&egrave;re la formule, il y a une r&eacute;alit&eacute;. Celle d'un pays qui a fourni la mati&egrave;re premi&egrave;re de la bombe atomique fran&ccedil;aise et de ses centrales nucl&eacute;aires, sans jamais voir la lumi&egrave;re dans ses propres foyers. Ce vendredi, le Niger a annonc&eacute; qu'il vendrait d&eacute;sormais son uranium lui-m&ecirc;me. En toute transparence. Et dans le respect de ses obligations de non-prolif&eacute;ration.</p>
<h2>Un discours qui acte la rupture avec la France</h2>
<p>Le Premier ministre nig&eacute;rien n'a pas m&acirc;ch&eacute; ses mots. Devant les repr&eacute;sentants des nations, Ali Mahaman Lamine Zeine a rappel&eacute; une r&eacute;alit&eacute; historique. &laquo; Pendant plus d'un demi-si&egrave;cle, l'uranium du Niger a &eacute;clair&eacute; les villes d'Europe, tandis que les n&ocirc;tres restaient dans l'obscurit&eacute; &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Avant d'ajouter : &laquo; Cette injustice a d&eacute;sormais pris fin. C'est termin&eacute;. &raquo;</p>
<p>La phrase est courte. Elle claque. Elle r&eacute;sume des d&eacute;cennies de frustration.</p>
<p>Depuis 1971, la Soci&eacute;t&eacute; des mines de l'A&iuml;r (SOMA&Iuml;R) exploitait l'uranium d'Arlit. L'entreprise &eacute;tait d&eacute;tenue &agrave; 63,4 % par le groupe fran&ccedil;ais Orano, anciennement Areva. Le Niger, lui, n'en d&eacute;tenait que 36,6 % via sa soci&eacute;t&eacute; Sopamin. Sur les 80 518 tonnes d'uranium produites entre 1971 et 2024, 86,3 % ont &eacute;t&eacute; commercialis&eacute;es par Orano, selon les autorit&eacute;s nig&eacute;riennes.</p>
<h2>Un demi-si&egrave;cle d'uranium, et des villes dans le noir</h2>
<p>Le contraste est brutal. D'un c&ocirc;t&eacute;, des centrales nucl&eacute;aires en France, aliment&eacute;es par le minerai nig&eacute;rien. De l'autre, Niamey, la capitale, priv&eacute;e d'&eacute;lectricit&eacute; pendant de longues heures. Des ateliers de soudure qui tournent au ralenti. Des salons de coiffure qui s'arr&ecirc;tent au milieu d'une coupe. Des poissonneries qui jettent leur marchandise faute de froid.</p>
<p>&laquo; Dans la journ&eacute;e, nous pouvons avoir trois &agrave; quatre coupures, ce qui nous emp&ecirc;che de travailler &raquo;, confiait un coiffeur de Niamey en juin 2025.</p>
<p>Ce paradoxe, le Premier ministre l'a port&eacute; &agrave; la tribune de l'ONU. Il n'a pas seulement parl&eacute; d'&eacute;nergie. Il a parl&eacute; de dignit&eacute;.</p>
<h2>La nationalisation de SOMA&Iuml;R, point de bascule</h2>
<p>La rupture ne date pas de ce vendredi. Elle a commenc&eacute; en juillet 2023, apr&egrave;s le coup d'&Eacute;tat qui a port&eacute; le g&eacute;n&eacute;ral Abdourahamane Tiani au pouvoir. Depuis, Niamey a d&eacute;mantel&eacute; les accords miniers h&eacute;rit&eacute;s de la p&eacute;riode fran&ccedil;aise.</p>
<p>En juin 2024, Orano a perdu son permis d'exploitation du gisement d'Imouraren, l'un des plus grands gisements d'uranium non exploit&eacute;s au monde. En juin 2025, la SOMA&Iuml;R a &eacute;t&eacute; nationalis&eacute;e. En ao&ucirc;t 2026, le permis d'Arlit a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute; &agrave; une nouvelle soci&eacute;t&eacute; publique, la TELOUA Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Le nom &laquo; Teloua &raquo; fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'aquif&egrave;re souterrain qui alimentait la mine de COMINAK, exploit&eacute;e par Orano de 1978 &agrave; 2021.</p>
<p>&laquo; En juin 2025, l'&Eacute;tat du Niger a repris le contr&ocirc;le de la Soci&eacute;t&eacute; des mines de l'A&iuml;r. Nos ressources sont d&eacute;sormais g&eacute;r&eacute;es par nous et pour nous &raquo;, a rappel&eacute; Ali Mahaman Lamine Zeine.</p>
<h2>Un stock de 1 000 tonnes et des convoitises</h2>
<p>Il reste un d&eacute;tail qui n'en est pas un. &Agrave; Arlit, environ 1 400 tonnes de concentr&eacute; d'uranium, du &laquo; yellowcake &raquo;, sont stock&eacute;es depuis la fin de l'ann&eacute;e 2025. Valeur estim&eacute;e : 250 millions d'euros.</p>
<p>Orano a obtenu une mesure conservatoire aupr&egrave;s du Centre international pour le r&egrave;glement des diff&eacute;rends relatifs aux investissements (CIRDI) pour bloquer la vente. Mais la pression est l&agrave;. La France soup&ccedil;onne la Russie d'organiser le transfert de 1 000 tonnes de ce stock vers le port de Lom&eacute;, au Togo. Un p&eacute;riple de 1 500 kilom&egrave;tres &agrave; travers trois pays. Des camions auraient &eacute;t&eacute; aper&ccedil;us quittant la mine, encadr&eacute;s par des militaires.</p>
<p>Niamey d&eacute;ment. Moscou reste silencieux. Et l'uranium, lui, attend.</p>
<h2>Russie, Iran, Chine : la nouvelle donne</h2>
<p>Le Niger ne veut plus d'un seul client. Il veut vendre &agrave; qui veut acheter. En toute transparence, promet le Premier ministre. Mais dans les chancelleries, la question est autre. Qui sont les acheteurs ?</p>
<p>La Chine et l'Iran ont manifest&eacute; leur int&eacute;r&ecirc;t. La Russie aussi, via le groupe public Rosatom. Le Niger a m&ecirc;me vot&eacute; aux c&ocirc;t&eacute;s de la Russie et de la Chine contre une r&eacute;solution soutenue par les &Eacute;tats-Unis au Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'&eacute;nergie atomique (AIEA). Un signal.</p>
<p>Le directeur de l'AIEA s'est rendu &agrave; Arlit en mars dernier. Officiellement pour v&eacute;rifier les stocks. Officieusement, pour s'assurer que l'uranium nig&eacute;rien ne finisse pas dans un programme militaire non d&eacute;clar&eacute;.</p>
<p>Le Niger, lui, r&eacute;p&egrave;te qu'il respectera ses obligations de non-prolif&eacute;ration. &laquo; En toute transparence &raquo;, insiste Ali Mahaman Lamine Zeine.</p>
<p>Le discours de l'ONU acte une rupture. Il ne la cr&eacute;e pas. La rupture est d&eacute;j&agrave; l&agrave;, dans les faits, depuis la nationalisation de SOMA&Iuml;R. Ce qui change, c'est le cadre. Le Niger ne se contente plus de reprendre ses mines. Il annonce qu'il vendra lui-m&ecirc;me sa production.</p>
<p>Reste &agrave; savoir &agrave; qui. Et &agrave; quel prix. Les march&eacute;s internationaux de l'uranium sont opaques. Les contrats se n&eacute;gocient entre &Eacute;tats et entreprises, loin des regards. Le Niger devra trouver des acheteurs pr&ecirc;ts &agrave; ignorer les pressions fran&ccedil;aises et les proc&eacute;dures judiciaires en cours.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re. &Agrave; Arlit, le yellowcake attend toujours. Et &agrave; Niamey, les coupures d'&eacute;lectricit&eacute; continuent.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi le Niger veut-il vendre son uranium lui-m&ecirc;me ?</strong><br />Parce que pendant plus de 50 ans, l'uranium nig&eacute;rien a &eacute;t&eacute; exploit&eacute; et commercialis&eacute; principalement par la France, via Orano, sans que les Nig&eacute;riens en b&eacute;n&eacute;ficient directement.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que la SOMA&Iuml;R ?</strong><br />La Soci&eacute;t&eacute; des mines de l'A&iuml;r est l'entreprise qui exploitait la mine d'uranium d'Arlit. Elle &eacute;tait d&eacute;tenue &agrave; 63,4 % par Orano et &agrave; 36,6 % par l'&Eacute;tat nig&eacute;rien. Elle a &eacute;t&eacute; nationalis&eacute;e en juin 2025.</p>
<p><strong>Le Niger peut-il vendre son uranium &agrave; la Russie ou &agrave; l'Iran ?</strong><br />Le Niger a d&eacute;clar&eacute; vouloir vendre sur le march&eacute; international, en respectant ses obligations de non-prolif&eacute;ration. La Russie, la Chine et l'Iran ont manifest&eacute; leur int&eacute;r&ecirc;t, mais aucune vente n'a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e &agrave; ce stade.</p>
<p><strong>O&ugrave; se trouve l'uranium du Niger ?</strong><br />Principalement dans la r&eacute;gion d'Arlit, dans le nord du pays, pr&egrave;s de la ville d'Agadez.</p>
<p><strong>Le Niger produit-il encore de l'uranium ?</strong><br />La production a fortement chut&eacute;. La SOMA&Iuml;R a enregistr&eacute; un d&eacute;ficit de production de plus de 80 % par rapport &agrave; sa capacit&eacute; nominale. Le projet Dasa, port&eacute; par la soci&eacute;t&eacute; canadienne Global Atomic, doit entrer en production en 2026.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 28 Sep 2026 14:25:32 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Uranium280926500.webp" type="image/webp"  />
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                            <item>
                <title><![CDATA[États-Unis - Qassem Bassir : le missile qui a fait reculer l&#039;US Navy]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-qassem-bassir-le-missile-qui-a-fait-reculer-lus-navy.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Satellite et OSINT montrent un retrait des navires US du golfe d'Oman
après le tir du Qassem Bassir. Analyse d'un basculement stratégique.

Les navires de guerr...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/USS-Abraham-Lincoln190826500.webp" alt="États-Unis - Qassem Bassir : le missile qui a fait reculer l&#039;US Navy" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Satellite et OSINT montrent un retrait des navires US du golfe d'Oman apr&egrave;s le tir du Qassem Bassir. Analyse d'un basculement strat&eacute;gique.</p>
<p>Les navires de guerre am&eacute;ricains ne sont plus dans le golfe d'Oman. Les images satellite Sentinel-2 et les rapports OSINT compil&eacute;s par l'expert Talal Nahl&eacute; montrent le retrait des porte-avions George Washington et George H.W. Bush, du navire d'assaut Boxer et de leurs destroyers d'escorte. Ils ont recul&eacute; de plus de 1 200 kilom&egrave;tres.</p>
<p>Un missile a suffi.</p>
<p>Retrait US : le golfe d'Oman sans navires am&eacute;ricains</p>
<p>L'imagerie satellite et les donn&eacute;es OSINT montrent que les navires de guerre am&eacute;ricains ont quitt&eacute; la ligne de blocus au large de l'Iran. Le retrait fait suite au premier tir op&eacute;rationnel du missile antinavire iranien Qassem Bassir, d'une port&eacute;e de 1 200 km. Le Centcom n'a pas confirm&eacute; ce retrait. L'Iran affirme avoir touch&eacute; deux destroyers le 9 septembre. Washington d&eacute;ment.</p>
<h2>Le vendredi o&ugrave; le golfe s'est vid&eacute;</h2>
<p>Talal Nahl&eacute; le dit sans d&eacute;tour. Le th&eacute;&acirc;tre maritime a connu un &laquo; bouleversement strat&eacute;gique &raquo;. Les images qu'il compile sont publiques. Sentinel-2. OSINT. N'importe qui peut les consulter.</p>
<p>Les porte-avions USS George Washington et USS George H.W. Bush ne sont plus visibles dans la zone de blocus. Le navire d'assaut amphibie Boxer non plus. Leurs destroyers d'escorte ont suivi. La ligne de blocus qui tenait le golfe d'Oman depuis le d&eacute;but du conflit est vide de pr&eacute;sence navale am&eacute;ricaine.</p>
<p>C'est la premi&egrave;re fois depuis le d&eacute;but des hostilit&eacute;s.</p>
<h2>Qassem Bassir : l'arme qui a tout chang&eacute;</h2>
<p>Le missile s'appelle Qassem Bassir. Port&eacute;e d&eacute;clar&eacute;e : 1 200 kilom&egrave;tres. Ogive : environ 500 kilos. Guidage : &eacute;lectro-optique et thermique. Il peut suivre une cible mobile et la frapper.</p>
<p>Un responsable iranien, Mohsen Rezaei, a r&eacute;sum&eacute; la situation en une phrase. Le missile a &laquo; cr&eacute;&eacute; l'enfer pour les Am&eacute;ricains &raquo;.</p>
<p>Le retrait des navires am&eacute;ricains est intervenu apr&egrave;s le premier tir op&eacute;rationnel de cette arme. C'est en tout cas ce qu'affirme Talal Nahl&eacute;, s'appuyant sur les donn&eacute;es de renseignement en sources ouvertes. Le Centcom, lui, n'a pas communiqu&eacute; sur ce point.</p>
<h2>Le 9 septembre : deux destroyers touch&eacute;s ?</h2>
<p>Le 9 septembre, les Gardiens de la r&eacute;volution islamique ont publi&eacute; un communiqu&eacute;. Deux destroyers am&eacute;ricains de classe Arleigh Burke, l'USS Delbert D. Black et l'USS John Paul Jones, auraient &eacute;t&eacute; touch&eacute;s par des missiles balistiques antinavires.</p>
<p>Le Centcom a d&eacute;menti. Tous les missiles ont &eacute;t&eacute; intercept&eacute;s, affirme le commandement am&eacute;ricain.</p>
<p>Mais des sources militaires isra&eacute;liennes, cit&eacute;es par plusieurs m&eacute;dias, soutiennent qu'une frappe directe a vis&eacute; un destroyer de classe Arleigh Burke et bless&eacute; 37 Marines.</p>
<p>Qui croire ? &Agrave; ce stade, aucune preuve ind&eacute;pendante n'a &eacute;t&eacute; rendue publique. Ni &eacute;paves. Ni images de dommages. Ni communiqu&eacute; m&eacute;dical.</p>
<h2>Le pont a&eacute;rien : la r&eacute;ponse de Washington</h2>
<p>Faute de flotte sur zone, Washington a chang&eacute; de m&eacute;thode. Un pont a&eacute;rien massif a &eacute;t&eacute; mis en place vers le Moyen-Orient et Isra&euml;l.</p>
<p>Les donn&eacute;es de suivi de vols, accessibles publiquement, montrent des C-17 Globemaster III, des ravitailleurs KC-135 Stratotanker et KC-46 Pegasus. Des drones de surveillance MQ-4C Triton ont aussi &eacute;t&eacute; rep&eacute;r&eacute;s.</p>
<p>Ces mouvements &laquo; peuvent soutenir des op&eacute;rations militaires durables &raquo;, note Defense Mirror. Mais ils ne prouvent pas qu'une attaque de grande envergure est d&eacute;cid&eacute;e.</p>
<p>Le 22 septembre, Donald Trump a menac&eacute; d'&laquo; an&eacute;antir &raquo; l'Iran devant l'Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de l'ONU. Le m&ecirc;me jour, des n&eacute;gociations indirectes se tenaient &agrave; New York.</p>
<h2>Ce que le retrait signifie vraiment</h2>
<p>Un porte-avions qui recule de 1 200 kilom&egrave;tres, ce n'est pas une d&eacute;faite. C'est un calcul.</p>
<p>Les navires am&eacute;ricains restent dans la zone de responsabilit&eacute; du Centcom. Ils ont simplement quitt&eacute; une position devenue intenable. Le blocus existe toujours sur le papier. Les navires qui devaient l'appliquer sont d&eacute;sormais hors de port&eacute;e des missiles iraniens.</p>
<p>C'est une inversion du rapport de force. Co&ucirc;teuse, lente, mais r&eacute;elle.</p>
<p>L'Iran a de son c&ocirc;t&eacute; annonc&eacute; que ses exportations p&eacute;troli&egrave;res avaient &laquo; repris leur cours normal &raquo;. La marine am&eacute;ricaine a fui la r&eacute;gion sous la menace de ses missiles, affirme T&eacute;h&eacute;ran.</p>
<h2>Et apr&egrave;s ?</h2>
<p>La question n'est plus de savoir si les &Eacute;tats-Unis peuvent revenir. Ils le peuvent. La question est de savoir &agrave; quel prix.</p>
<p>Chaque navire qui s'approche du golfe d'Oman entre dans le rayon d'action du Qassem Bassir. Chaque destroyer devient une cible potentielle. Le missile a transform&eacute; une sup&eacute;riorit&eacute; navale &eacute;crasante en vuln&eacute;rabilit&eacute; permanente.</p>
<p>Washington mise d&eacute;sormais sur l'air. Mais un pont a&eacute;rien ne remplace pas un blocus naval.</p>
<p>Le golfe d'Oman est vide. Pour combien de temps ?</p>
<hr />
<p><strong>Les &Eacute;tats-Unis ont-ils vraiment retir&eacute; leurs navires du golfe d'Oman ?</strong><br />L'imagerie satellite et les donn&eacute;es OSINT montrent leur disparition de la zone de blocus. Le Centcom n'a pas confirm&eacute; ce retrait.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le missile Qassem Bassir ?</strong><br />Un missile balistique antinavire iranien. Port&eacute;e d&eacute;clar&eacute;e : 1 200 km. Ogive d'environ 500 kg. Guidage &eacute;lectro-optique et thermique.</p>
<p><strong>Les destroyers USS Delbert D. Black et USS John Paul Jones ont-ils &eacute;t&eacute; touch&eacute;s ?</strong><br />L'Iran l'affirme. Le Centcom d&eacute;ment. Aucune preuve ind&eacute;pendante n'a &eacute;t&eacute; publi&eacute;e &agrave; ce stade.</p>
<p><strong>Pourquoi Washington a-t-il mis en place un pont a&eacute;rien ?</strong><br />Faute de pr&eacute;sence navale suffisante, les &Eacute;tats-Unis acheminent du mat&eacute;riel et du personnel par avion vers le Moyen-Orient et Isra&euml;l.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 28 Sep 2026 00:30:52 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Venezuela - Delcy Rodriguez a-t-elle livré Maduro aux États-Unis ?]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/venezuela-delcy-rodriguez-a-t-elle-livre-maduro-aux-etats-unis.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Des mois avant le raid, Delcy Rodriguez aurait promis à Washington
que "Maduro doit partir". Enquête sur une trahison qui a livré le
Venezuela aux États-Unis....</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Delcy-Rodriguez070126500.jpg" alt="Venezuela - Delcy Rodriguez a-t-elle livré Maduro aux États-Unis ?" width="600"/></p>
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                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/venezuela-delcy-rodriguez-a-t-elle-livre-maduro-aux-etats-unis.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Des mois avant le raid, Delcy Rodriguez aurait promis &agrave; Washington que "Maduro doit partir". Enqu&ecirc;te sur une trahison qui a livr&eacute; le Venezuela aux &Eacute;tats-Unis.</p>
<p>Une lettre, un appel, un raid. Comment une partie de l'entourage de Maduro a pr&eacute;par&eacute; le terrain &agrave; l'intervention am&eacute;ricaine du 3 janvier 2026.</p>
<p>Caracas, 3 janvier 2026, aux premi&egrave;res heures du jour. Les h&eacute;licopt&egrave;res am&eacute;ricains survolent la capitale. Les syst&egrave;mes de d&eacute;fense a&eacute;rienne russes sont muets. Les troupes n'opposent aucune r&eacute;sistance. En quelques minutes, Nicol&aacute;s Maduro et son &eacute;pouse Cilia Flores sont extraits de leur r&eacute;sidence et transf&eacute;r&eacute;s hors du pays.</p>
<p>Ce raid, d'une pr&eacute;cision chirurgicale, n'aurait pas &eacute;t&eacute; possible sans une aide int&eacute;rieure. C'est du moins la conclusion que tirent plusieurs analystes et que documente une enqu&ecirc;te du <strong>Guardian</strong>. Au centre de ces r&eacute;v&eacute;lations : Delcy Rodriguez, la vice-pr&eacute;sidente devenue pr&eacute;sidente par int&eacute;rim. Son fr&egrave;re Jorge. Et un message qui aurait tout chang&eacute; : &laquo; Maduro doit partir. &raquo;</p>
<h2>Ce que le Guardian a r&eacute;v&eacute;l&eacute;</h2>
<p>Le 22 janvier 2026, le quotidien britannique The Guardian publie une enqu&ecirc;te explosive. S'appuyant sur quatre sources &laquo; impliqu&eacute;es &agrave; des niveaux &eacute;lev&eacute;s dans les discussions &raquo;, le journal affirme que Delcy Rodriguez et son fr&egrave;re Jorge Rodriguez ont secr&egrave;tement assur&eacute; aux responsables am&eacute;ricains et qataris qu'ils accueilleraient favorablement le d&eacute;part de Maduro.</p>
<p>Les communications auraient commenc&eacute; &agrave; l'automne 2025 et se seraient poursuivies apr&egrave;s un appel t&eacute;l&eacute;phonique crucial entre Trump et Maduro fin novembre. Au cours de cet appel, Trump insiste pour que Maduro quitte le Venezuela. Maduro refuse.</p>
<p>En d&eacute;cembre, le message de Delcy Rodriguez se fait plus pr&eacute;cis. &laquo; Maduro doit partir &raquo;, aurait-elle transmis. &laquo; Je travaillerai avec ce qui viendra apr&egrave;s &raquo;.</p>
<p>Le Guardian pr&eacute;cise que les Rodriguez n'ont pas accept&eacute; de participer activement au renversement. Ils se sont engag&eacute;s &agrave; collaborer apr&egrave;s la sortie de Maduro, pour &eacute;viter le chaos et une guerre civile.</p>
<p>Le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien a d&eacute;menti. Dans un message sur X, le compte Miraflores al Momento a qualifi&eacute; l'article de &laquo; fake news &raquo;, d&eacute;non&ccedil;ant une &laquo; op&eacute;ration psychologique &raquo; visant &agrave; fracturer la coh&eacute;sion du peuple v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien.</p>
<h2>La rencontre qui intrigue</h2>
<p>Un autre &eacute;l&eacute;ment alimente les sp&eacute;culations. Selon plusieurs sources, Delcy Rodriguez aurait rencontr&eacute; le directeur de la CIA, John Ratcliffe, &agrave; Singapour d&eacute;but novembre 2025. Cette rencontre, &eacute;voqu&eacute;e par des analystes comme Pepe Escobar et Larry Johnson, n'a pas &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e officiellement.</p>
<p>Si elle est av&eacute;r&eacute;e, elle soul&egrave;ve une question : que se sont dit le chef du renseignement am&eacute;ricain et la vice-pr&eacute;sidente v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lienne deux mois avant le raid ? Le <strong>New York Times</strong> a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que la CIA avait d&eacute;ploy&eacute; des agents au Venezuela depuis ao&ucirc;t 2025 et op&eacute;rait un r&eacute;seau de surveillance.</p>
<h2>Le r&ocirc;le trouble de Diosdado Cabello</h2>
<p>Delcy Rodriguez n'est pas la seule figure du r&eacute;gime &agrave; avoir &eacute;t&eacute; accus&eacute;e de contacts avec Washington. Selon Reuters, Diosdado Cabello, le puissant ministre de l'Int&eacute;rieur qui contr&ocirc;le la police et les forces de s&eacute;curit&eacute;, aurait lui aussi tenu des discussions avec les &Eacute;tats-Unis dans les mois pr&eacute;c&eacute;dant l'op&eacute;ration.</p>
<p>Cabello a d&eacute;menti. Mais les questions demeurent. Comment expliquer que les syst&egrave;mes de d&eacute;fense a&eacute;rienne russes, pourtant r&eacute;put&eacute;s performants, n'aient pas &eacute;t&eacute; activ&eacute;s ? Pourquoi les troupes n'ont-elles oppos&eacute; aucune r&eacute;sistance ?</p>
<p>Joe Siracusa, historien et analyste politique australien, n'a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; le dire sur Sky News Australia : &laquo; Je suis pr&ecirc;t &agrave; parier que Maduro a &eacute;t&eacute; trahi au sein m&ecirc;me de son camp &raquo;.</p>
<h2>Trente-deux Cubains morts, et apr&egrave;s ?</h2>
<p>Le raid du 3 janvier n'a pas &eacute;t&eacute; une promenade de sant&eacute;. Trente-deux combattants cubains ont perdu la vie en d&eacute;fendant le palais pr&eacute;sidentiel, selon le gouvernement cubain. Ils ont &eacute;t&eacute; les seuls &agrave; r&eacute;sister.</p>
<p>Le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien a rendu hommage &agrave; ces &laquo; combattants cubains &raquo; tomb&eacute;s &laquo; en accomplissement de leur devoir &raquo;. Un hommage qui souligne, en creux, l'absence de r&eacute;sistance des forces v&eacute;n&eacute;zu&eacute;liennes.</p>
<p>Pourquoi les soldats v&eacute;n&eacute;zu&eacute;liens n'ont-ils pas combattu ? Pourquoi les h&eacute;licopt&egrave;res ont-ils pu se d&eacute;placer sans &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute;s ? Ces questions, les analystes les posent. Les r&eacute;ponses officielles, elles, se font attendre.</p>
<h2>Le p&eacute;trole, le vrai enjeu</h2>
<p>Derri&egrave;re les consid&eacute;rations g&eacute;opolitiques, il y a une r&eacute;alit&eacute; plus prosa&iuml;que : le p&eacute;trole.</p>
<p>Le Venezuela poss&egrave;de les plus grandes r&eacute;serves prouv&eacute;es de p&eacute;trole au monde. Et depuis le 3 janvier 2026, c'est Washington qui en contr&ocirc;le la commercialisation. Marco Rubio, le secr&eacute;taire d'&Eacute;tat am&eacute;ricain, l'a reconnu : les &Eacute;tats-Unis ont &laquo; un levier &eacute;norme &raquo; sur le Venezuela et contr&ocirc;leront les revenus de la vente du p&eacute;trole.</p>
<p>En juillet 2026, Trump a annonc&eacute; que les ventes de p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien avaient rapport&eacute; plus de 13 milliards de dollars aux &Eacute;tats-Unis. Sur cette somme, 480 millions de dollars seulement auraient &eacute;t&eacute; restitu&eacute;s au Venezuela.</p>
<p>&laquo; C'est une main basse sur les ressources d'un pays souverain &raquo;, d&eacute;nonce Larry Johnson, ancien analyste de la CIA. &laquo; La CIA a d&eacute;pens&eacute; des centaines de millions de dollars pour acheter des membres du gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien, des hauts officiers de l'arm&eacute;e et de la police &raquo;.</p>
<h2>Un pays sous tutelle</h2>
<p>Depuis le 3 janvier, le Venezuela vit sous tutelle am&eacute;ricaine. Marco Rubio, selon plusieurs observateurs, dirige de facto le pays depuis Washington. Il entretient des contacts &eacute;troits avec Delcy Rodriguez et d&eacute;livre des licences exemptant les entreprises des sanctions pour leurs activit&eacute;s au Venezuela.</p>
<p>Les signes d'all&eacute;geance se multiplient. Le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien a coup&eacute; l'approvisionnement en p&eacute;trole &agrave; Cuba. Il a ouvert ses portes &agrave; des responsables isra&eacute;liens, amor&ccedil;ant un rapprochement diplomatique apr&egrave;s 17 ans de rupture. Il a livr&eacute; aux &Eacute;tats-Unis Alex Saab, ancien ministre de l'Industrie et homme de confiance de Maduro.</p>
<p>&laquo; Delcy Rodriguez ob&eacute;it &agrave; toutes les demandes am&eacute;ricaines, m&ecirc;me les plus r&eacute;actionnaires &raquo;, constate Pepe Escobar. &laquo; Elle a remerci&eacute; Trump pour les accords pass&eacute;s. &raquo;</p>
<h2>La question qui d&eacute;range</h2>
<p>Delcy Rodriguez a-t-elle trahi Maduro, ou a-t-elle n&eacute;goci&eacute; une transition pour &eacute;viter un bain de sang ?</p>
<p>Ses partisans soutiennent la seconde th&egrave;se. Ils &eacute;voquent une &laquo; retraite tactique &raquo;, un &laquo; r&eacute;alisme politique &raquo; face &agrave; la puissance am&eacute;ricaine. Ils rappellent que Delcy Rodriguez a appel&eacute; les V&eacute;n&eacute;zu&eacute;liens &agrave; rentrer chez eux le soir du raid, pour &eacute;viter un carnage.</p>
<p>Ses d&eacute;tracteurs r&eacute;torquent qu'elle aurait pu appeler &agrave; la r&eacute;sistance, comme l'ont fait des milliers de manifestants spontan&eacute;s dans les jours qui ont suivi. Ils soulignent qu'elle a livr&eacute; le p&eacute;trole, coup&eacute; Cuba et normalis&eacute; les relations avec Isra&euml;l.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : le 3 janvier 2026, le Venezuela a chang&eacute; de camp. Et ce basculement n'aurait probablement pas &eacute;t&eacute; possible sans une aide int&eacute;rieure.</p>
<p>&laquo; Tout peut se n&eacute;gocier sauf les principes &raquo;, disait Fidel Castro. Une phrase que Delcy Rodriguez devrait m&eacute;diter.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi Delcy Rodriguez est-elle accus&eacute;e de trahison ?</strong><br />Delcy Rodriguez est accus&eacute;e d'avoir secr&egrave;tement n&eacute;goci&eacute; avec les &Eacute;tats-Unis avant la capture de Maduro. Selon The Guardian, elle aurait transmis le message &laquo; Maduro doit partir &raquo; et promis de coop&eacute;rer avec l'administration Trump. Elle d&eacute;ment ces accusations.</p>
<p><strong>Qui a livr&eacute; Maduro aux &Eacute;tats-Unis ?</strong><br />Plusieurs analystes estiment que Maduro a &eacute;t&eacute; trahi par des membres de son entourage. Le Guardian cite Delcy Rodriguez et son fr&egrave;re Jorge. Reuters &eacute;voque &eacute;galement Diosdado Cabello. Aucune preuve judiciaire n'a &eacute;t&eacute; rendue publique &agrave; ce jour.</p>
<p><strong>Que s'est-il pass&eacute; au Venezuela le 3 janvier 2026 ?</strong><br />Le 3 janvier 2026, des forces sp&eacute;ciales am&eacute;ricaines ont captur&eacute; Nicol&aacute;s Maduro et son &eacute;pouse Cilia Flores &agrave; Caracas. Trente-deux combattants cubains ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s en les d&eacute;fendant. Maduro a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute; &agrave; New York, o&ugrave; il attend son proc&egrave;s.</p>
<p><strong>Qui contr&ocirc;le le p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien aujourd'hui ?</strong><br />Depuis janvier 2026, les &Eacute;tats-Unis contr&ocirc;lent la commercialisation du p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien. Marco Rubio a confirm&eacute; que Washington percevrait les revenus des ventes. Plus de 13 milliards de dollars ont &eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;r&eacute;s, selon Trump.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 26 Sep 2026 20:21:37 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[Allemagne - COLOGNE : RUDOLF DOUALA MANGA BELL ENTRE DANS LA MÉMOIRE DE LA VILLE]]></title>
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                    <p>Il y'a des événements qui dépassent la simple inauguration d’une
rue pour devenir des ACTES DE MÉMOIRE, DE RECONNAISSANCE ET DE
TRANSMISSION. Ce 25 septembre 20...</p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Il y'a des &eacute;v&eacute;nements qui d&eacute;passent la simple inauguration d&rsquo;une rue pour devenir des <strong>actes de m&eacute;moire, de reconnaissance et de transmission</strong>. Ce 25 septembre 2026, &agrave; Cologne, en Allemagne, le peuple Sawa a v&eacute;cu l&rsquo;un de ces moments appel&eacute;s &agrave; rester dans l&rsquo;histoire.</p>
<p>&Agrave; <strong>9 h 02</strong>, dans le quartier r&eacute;sidentiel de Nippes, une nouvelle plaque est d&eacute;voil&eacute;e : <strong>Douala Manga Bell Stra&szlig;e</strong>. Un nom camerounais s&rsquo;inscrit d&eacute;sormais durablement dans le paysage urbain de Cologne, portant la m&eacute;moire de <strong>Rudolf Douala Manga Bell</strong>, figure historique de la r&eacute;sistance &agrave; l&rsquo;administration coloniale allemande au Cameroun, ex&eacute;cut&eacute; &agrave; Douala le 8 ao&ucirc;t 1914.</p>
<p>Le symbole est d&rsquo;autant plus puissant que cette nouvelle d&eacute;nomination vient remplacer celle de <strong>Gustav Nachtigal</strong>, acteur de l&rsquo;expansion coloniale allemande en Afrique. &Agrave; proximit&eacute; de la Namibia Stra&szlig;e, cette rue devient ainsi bien davantage qu&rsquo;une indication g&eacute;ographique : <strong>elle devient un lieu de m&eacute;moire, un espace o&ugrave; l&rsquo;histoire coloniale est revisit&eacute;e et o&ugrave; deux peuples choisissent de regarder ensemble leur pass&eacute; pour construire autrement leur avenir.</strong></p>
<p>La c&eacute;r&eacute;monie s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e dans une atmosph&egrave;re empreinte de solennit&eacute; et d&rsquo;&eacute;motion. Autour du <strong>Roi Bell</strong>, accompagn&eacute; de son homologue du canton Man&eacute;has, <strong>Sa Majest&eacute; Etouke Eboa</strong>, avaient pris place des autorit&eacute;s locales, des repr&eacute;sentants diplomatiques, des personnalit&eacute;s camerounaises ainsi qu&rsquo;un important parterre de la soci&eacute;t&eacute; civile allemande.</p>
<p>La diaspora camerounaise avait, elle aussi, r&eacute;pondu &agrave; ce rendez-vous de l&rsquo;Histoire. De Londres &agrave; Paris, de Bruxelles &agrave; Berlin, de Milan &agrave; Douala, des femmes et des hommes ont effectu&eacute; le d&eacute;placement pour assister au d&eacute;voilement de cette plaque qui porte d&eacute;sormais, au c&oelig;ur de Cologne, un fragment de la m&eacute;moire du Cameroun.</p>
<p>Un moment rituel, charg&eacute; de symboles, a &eacute;galement accompagn&eacute; cette s&eacute;quence historique, sous l&rsquo;autorit&eacute; du <strong>Roi Bell</strong> et avec la coordination du <strong>Duc Dika Din II</strong>, promoteur traditionnel. Tradition, m&eacute;moire et reconnaissance se sont ainsi rencontr&eacute;es sur le sol allemand.</p>
<p>Pour le peuple Sawa, la port&eacute;e de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement est consid&eacute;rable. Car Rudolf Douala Manga Bell n&rsquo;est pas seulement un nom h&eacute;rit&eacute; des livres d&rsquo;histoire. Il repr&eacute;sente une m&eacute;moire de dignit&eacute;, de r&eacute;sistance et de d&eacute;fense des droits de son peuple. Plus d'un si&egrave;cle apr&egrave;s sa disparition, son nom revient aujourd&rsquo;hui dans l&rsquo;espace public allemand, non plus comme celui d&rsquo;un homme condamn&eacute; par l&rsquo;ordre colonial de son &eacute;poque, mais comme celui d&rsquo;une personnalit&eacute; dont la trajectoire continue d&rsquo;interroger l&rsquo;Histoire.</p>
<p><strong>Cologne a donc pos&eacute; un acte qui d&eacute;passe Cologne.</strong> Cette rue devient un trait d&rsquo;union entre l&rsquo;Allemagne et le Cameroun, entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique, entre la m&eacute;moire d&rsquo;hier et les g&eacute;n&eacute;rations de demain.</p>
<p>Pour les Sawa pr&eacute;sents, l&rsquo;&eacute;motion &eacute;tait immense. Derri&egrave;re cette plaque se trouvent une histoire, un peuple, des blessures, mais &eacute;galement cette volont&eacute; de transmettre aux jeunes g&eacute;n&eacute;rations les noms de celles et ceux qui ont marqu&eacute; leur destin.</p>
<p>D&eacute;sormais, lorsque passants, habitants et visiteurs traverseront la <strong>Douala Manga Bell Stra&szlig;e</strong>, une question pourra na&icirc;tre : <em>Qui &eacute;tait Rudolf Douala Manga Bell ?</em> Et c&rsquo;est peut-&ecirc;tre l&agrave; que r&eacute;side la plus grande victoire de cette journ&eacute;e : <strong>faire vivre la m&eacute;moire en suscitant la connaissance.</strong></p>
<p>Ce 25 septembre 2026, au c&oelig;ur de Cologne, une plaque a &eacute;t&eacute; d&eacute;voil&eacute;e. Mais pour le peuple Sawa, <strong>c&rsquo;est une page de l&rsquo;Histoire qui s&rsquo;est remise &agrave; parler.</strong></p>
<p><strong>Rudolf Douala Manga Bell n&rsquo;est plus seulement dans la m&eacute;moire des siens. Son nom est d&eacute;sormais inscrit dans la ville, offert aux regards, &agrave; l&rsquo;Histoire et aux g&eacute;n&eacute;rations futures.</strong></p>
<p><strong><img src="/storage/photos/shares/World/Douls2.jpeg" alt="" width="1082" height="500" /></strong></p>
<p><strong><img src="/storage/photos/shares/World/Douls1.jpg" alt="" width="1082" height="500" /></strong></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 26 Sep 2026 10:04:22 +0200</pubDate>
                                    <author>Hilaire SOPIE</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Place-douala.jpg" type="image/jpeg"  />
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                            <item>
                <title><![CDATA[Ukraine - Mendel : « Zelensky est le plus grand obstacle à la paix »]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-mendel-zelensky-est-le-plus-grand-obstacle-a-la-paix.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Julia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky (2019-2021),
devait s'exprimer le 16 septembre 2026 au Parlement européen à
l'invitation de l'AfD. Tro...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Julia-Mendel250926500.webp" alt="Ukraine - Mendel : « Zelensky est le plus grand obstacle à la paix »" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Julia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky (2019-2021), devait s'exprimer le 16 septembre 2026 au Parlement europ&eacute;en &agrave; l'invitation de l'AfD. Trois jours plus t&ocirc;t, Zelensky avait sign&eacute; un d&eacute;cret la sanctionnant pour &laquo; d&eacute;sinformation &raquo; et &laquo; propagande russe &raquo;. &Agrave; son arriv&eacute;e &agrave; Strasbourg, l'acc&egrave;s au b&acirc;timent lui a &eacute;t&eacute; refus&eacute;. Son discours, publi&eacute; par le m&eacute;dia suisse <strong>Weltwoche</strong>, d&eacute;nonce une guerre que Zelensky ne veut pas arr&ecirc;ter.</p>
<p>Strasbourg, 16 septembre 2026. Il est 18 heures. Julia Mendel, 40 ans, doit prendre la parole dans une salle du Parlement europ&eacute;en. L'&eacute;v&eacute;nement, organis&eacute; par le groupe &laquo; Souverainistes &raquo; (ESN) et le parti allemand AfD, s'intitule &laquo; L'Ukraine : osons la paix diplomatie, pas escalade &raquo;.</p>
<p>Elle ne parlera pas.</p>
<p>&laquo; Le jour de mon discours, on m'a interdit l'entr&eacute;e au Parlement europ&eacute;en &raquo;, &eacute;crit-elle sur X. &laquo; Je l'attribue directement aux sanctions de Zelensky. Mais le discours aura lieu quand m&ecirc;me. &raquo;</p>
<p>Trois jours plus t&ocirc;t, le 13 septembre, Volodymyr Zelensky a sign&eacute; un d&eacute;cret mettant en &oelig;uvre une d&eacute;cision du Conseil national de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. Mendel figure sur une liste de dix personnes neuf Russes et elle, la seule Ukrainienne accus&eacute;es de &laquo; d&eacute;sinformation et propagande russe &raquo; et de &laquo; soutien &agrave; la politique agressive de la Russie contre l'Ukraine &raquo;.</p>
<p>Les sanctions sont pr&eacute;vues pour dix ans. Gel des avoirs. Restrictions sur les op&eacute;rations commerciales et les mouvements de capitaux. Blocage, depuis le territoire ukrainien, de l'acc&egrave;s &agrave; ses comptes Instagram, X et Facebook. R&eacute;vocation de ses d&eacute;corations d'&Eacute;tat, sans limite de dur&eacute;e. Le minist&egrave;re ukrainien des Affaires &eacute;trang&egrave;res est charg&eacute; de demander &agrave; l'Union europ&eacute;enne et aux &Eacute;tats-Unis d'envisager des &laquo; mesures restrictives analogues &raquo;.</p>
<p>Un responsable du Parlement europ&eacute;en, joint par Le JDD, a confirm&eacute; que l'acc&egrave;s avait &eacute;t&eacute; refus&eacute; mais n'a pas pr&eacute;cis&eacute; les motifs. &laquo; Nous attendions un document officiel &raquo;, indique Hans Neuhoff, eurod&eacute;put&eacute; AfD et organisateur de la rencontre. L'&eacute;v&eacute;nement avait pourtant &eacute;t&eacute; annonc&eacute; publiquement d&egrave;s le 9 septembre.</p>
<h2>De porte-parole &agrave; cible</h2>
<p>Julia Mendel a &eacute;t&eacute; porte-parole de Zelensky de juin 2019 &agrave; juillet 2021. Elle a quitt&eacute; ses fonctions quelques mois avant l'invasion russe de f&eacute;vrier 2022.</p>
<p>Depuis, elle critique ouvertement son ancien patron. En mai 2026, elle accorde un entretien au podcast de Tucker Carlson. Elle y d&eacute;crit Zelensky comme &laquo; un dictateur &raquo; et &laquo; le plus grand obstacle &agrave; la paix &raquo;. Elle l'accuse de blanchiment d'argent et de consommation de drogues des accusations qu'elle n'&eacute;taye par aucune preuve publique. Elle affirme &eacute;galement que lors des n&eacute;gociations d'Istanbul au printemps 2022, la d&eacute;l&eacute;gation ukrainienne &eacute;tait pr&ecirc;te &agrave; accepter les exigences russes.</p>
<p>Le bureau de Zelensky a d&eacute;menti. Mendel &laquo; n'a pas particip&eacute; aux pourparlers d'Istanbul et n'a pris aucune d&eacute;cision d'importance capitale pour l'Ukraine &raquo;, a r&eacute;pondu la pr&eacute;sidence.</p>
<p>Le <strong>Kyiv Independent</strong> a publi&eacute; une v&eacute;rification des faits contestant plusieurs de ses affirmations. Mais Mendel persiste.</p>
<h2>Le discours qui d&eacute;range</h2>
<p>Le texte qu'elle devait prononcer a &eacute;t&eacute; publi&eacute; par l'hebdomadaire suisse <strong>Weltwoche</strong>. Il est sans concession.</p>
<p>&laquo; Je suis ici parce que l'Ukraine et l'Europe pr&eacute;f&egrave;rent, encore et encore, une mauvaise guerre &agrave; une mauvaise paix &raquo;, &eacute;crit-elle. &laquo; Comment 25 millions d'Ukrainiens, dont la moiti&eacute; sont des retrait&eacute;s, sont-ils cens&eacute;s d&eacute;fendre 500 millions d'Europ&eacute;ens contre 140 millions de Russes ? N'avez-vous pas honte ? &raquo;</p>
<p>Elle y d&eacute;crit un pays &agrave; genoux. Un tiers de l'Ukraine transform&eacute; en enfer. Pr&egrave;s de 20 % du territoire occup&eacute;. 10 % suppl&eacute;mentaires en front de guerre. &laquo; Mille dollars repr&eacute;sentent une fortune inimaginable en Ukraine, mais presque rien des dizaines de milliards d'aide occidentale ne parvient aux habitants des r&eacute;gions o&ugrave; s&eacute;vit la guerre. &raquo;</p>
<p>L'&eacute;conomie est d&eacute;truite. &laquo; Il n'y a plus de science, plus d'innovation en dehors du secteur militaire. &raquo; Les trois quarts du budget de l'&Eacute;tat sont financ&eacute;s par l'aide &eacute;trang&egrave;re. La population vieillit. Le taux de natalit&eacute; s'effondre. &laquo; L'Ukraine a &eacute;t&eacute; transform&eacute;e en un endroit o&ugrave; la vie et un avenir porteur d'espoir paraissent de plus en plus impossibles. &raquo;</p>
<p>Sur la corruption, elle ne m&acirc;che pas ses mots : &laquo; &Agrave; une &eacute;chelle que vous ne pouvez tout simplement pas imaginer ; elle atteint le cercle le plus proche du pr&eacute;sident. &raquo;</p>
<p>Et cette phrase, qui r&eacute;sume tout : &laquo; Un tiers de l'Ukraine est devenu un enfer. Pourtant, l'Europe et Zelensky soutiennent aveugl&eacute;ment une strat&eacute;gie qui fait de cette souffrance quotidienne un &eacute;tat permanent. &raquo;</p>
<p>Mendel ne d&eacute;fend pas Poutine. Elle le dit explicitement. &laquo; Ce que la Russie fait est absolument inhumain. &raquo; Elle a r&eacute;p&eacute;t&eacute; cette position dans son interview &agrave; Weltwoche : &laquo; Poutine a commenc&eacute;. Zelensky continue avec le soutien de certains dirigeants occidentaux. &raquo;</p>
<h2>L'UE, ce paradoxe</h2>
<p>L'Union europ&eacute;enne d&eacute;fend les dissidents. Elle sanctionne les r&eacute;gimes qui les pers&eacute;cutent. Elle d&eacute;nonce les atteintes &agrave; la libert&eacute; d'expression. Ses responsables le r&eacute;p&egrave;tent dans chaque discours.</p>
<p>Mercredi 16 septembre, la m&ecirc;me Union europ&eacute;enne a refus&eacute; l'acc&egrave;s de son Parlement &agrave; une ancienne porte-parole pr&eacute;sidentielle. Une femme sanctionn&eacute;e par son propre pays pour ses opinions. Une femme qui n'appara&icirc;t sur aucune liste de sanctions europ&eacute;enne.</p>
<p>Le d&eacute;put&eacute; europ&eacute;en Fabio De Masi a qualifi&eacute; la d&eacute;cision de &laquo; scandale &raquo;. &laquo; Elle est sanctionn&eacute;e par Zelensky, mais ne figure sur aucune liste de sanctions de l'UE &raquo;, a-t-il relev&eacute;.</p>
<p>Le paradoxe n'est pas pass&eacute; inaper&ccedil;u &agrave; Strasbourg. Le m&ecirc;me jour, Ursula von der Leyen pronon&ccedil;ait son discours annuel sur l'&eacute;tat de l'Union. Elle y promettait de &laquo; continuer &agrave; soutenir l'Ukraine &raquo; et de &laquo; faire pression sur la Russie &raquo;. Le soir, dans une salle annexe du m&ecirc;me b&acirc;timent, l'AfD organisait son &eacute;v&eacute;nement sur la paix. Mendel n'a pas pu entrer.</p>
<p>Elle a finalement pris la parole en visioconf&eacute;rence.</p>
<h2>Ce que cela dit de l'Europe</h2>
<p>Ce n'est pas la premi&egrave;re fois que des voix critiques sur la guerre en Ukraine sont r&eacute;duites au silence en Europe. L'&eacute;crivain et ancien colonel suisse Jacques Baud. Le blogueur allemand Thomas R&ouml;per. La journaliste Alina Lipp. Tous ont &eacute;t&eacute; marginalis&eacute;s, censur&eacute;s ou poursuivis.</p>
<p>&laquo; Depuis longtemps d&eacute;j&agrave;, cette v&eacute;rit&eacute; ne peut plus &ecirc;tre exprim&eacute;e impun&eacute;ment en Europe &raquo;.</p>
<p>Pour Mendel, la logique est simple : &laquo; Plus une soci&eacute;t&eacute; est pr&eacute;par&eacute;e &agrave; la guerre, plus la pression augmente pour justifier cette pr&eacute;paration. T&ocirc;t ou tard, cette logique risque de provoquer pr&eacute;cis&eacute;ment le conflit qu'elle pr&eacute;tend vouloir emp&ecirc;cher. &raquo;</p>
<p>Elle pose une question directe aux eurod&eacute;put&eacute;s : &laquo; Croyez-vous vraiment qu'une course aux armements sans fin aidera l'Ukraine &agrave; remporter la victoire sans &eacute;conomie et avec une population qui, ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e, devient tr&egrave;s inf&eacute;rieure &agrave; celle de la Russie ? &raquo;</p>
<p>La r&eacute;ponse, elle la conna&icirc;t d&eacute;j&agrave;.</p>
<hr />
<p><strong>Qui est Julia Mendel ?</strong><br />Ancienne porte-parole du pr&eacute;sident ukrainien Volodymyr Zelensky de 2019 &agrave; 2021. Aujourd'hui journaliste et consultante, elle vit aux &Eacute;tats-Unis et critique ouvertement la politique de son ancien patron.</p>
<p><strong>Pourquoi a-t-elle &eacute;t&eacute; sanctionn&eacute;e ?</strong><br />Zelensky l'accuse de &laquo; d&eacute;sinformation et propagande russe &raquo; et de &laquo; soutien &agrave; la politique agressive de la Russie &raquo;. Elle conteste ces accusations. Les sanctions incluent le gel de ses avoirs et le blocage de ses r&eacute;seaux sociaux.</p>
<p><strong>Pourquoi lui a-t-on interdit l'entr&eacute;e au Parlement europ&eacute;en ?</strong><br />Le Parlement n'a pas communiqu&eacute; de motif officiel. Mendel affirme que c'est li&eacute; aux sanctions prises par Zelensky trois jours plus t&ocirc;t. Le d&eacute;put&eacute; europ&eacute;en Fabio De Masi a qualifi&eacute; cette d&eacute;cision de &laquo; scandale &raquo;.</p>
<p><strong>Que dit son discours ?</strong><br />Elle critique la corruption en Ukraine, l'&eacute;chec de la strat&eacute;gie militaire, la d&eacute;pendance totale &agrave; l'aide occidentale et le refus de Zelensky de n&eacute;gocier. Elle appelle &agrave; un retour urgent &agrave; la diplomatie.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 25 Sep 2026 17:43:23 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Expulsés des États-Unis : le Cameroun dit oui pour 30 millions]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/expulses-des-etats-unis-le-cameroun-dit-oui-pour-30-millions.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le Cameroun a accepté d’accueillir jusqu’à 1 000 personnes
expulsées des États-Unis dans le cadre d’un accord associé à un
financement américain de 30 millions...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Migrants211125500.jpg" alt="Expulsés des États-Unis : le Cameroun dit oui pour 30 millions" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/expulses-des-etats-unis-le-cameroun-dit-oui-pour-30-millions.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Le Cameroun a accept&eacute; d&rsquo;accueillir jusqu&rsquo;&agrave; 1 000 personnes expuls&eacute;es des &Eacute;tats-Unis dans le cadre d&rsquo;un accord associ&eacute; &agrave; un financement am&eacute;ricain de 30 millions de dollars. Un premier avion est arriv&eacute; le 14 janvier 2026. Quatre journalistes ont &eacute;t&eacute; interpell&eacute;s en f&eacute;vrier alors qu&rsquo;ils enqu&ecirc;taient sur le centre o&ugrave; ces migrants sont d&eacute;tenus.</p>
<p>Yaound&eacute;, janvier 2026. Un avion en provenance de Louisiane atterrit &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport de Nsimalen. &Agrave; son bord, des hommes et des femmes qui ne sont pas camerounais. Ils ont &eacute;t&eacute; expuls&eacute;s des &Eacute;tats-Unis vers un pays qu&rsquo;ils ne connaissent pas, dans le cadre d&rsquo;un accord que ni Washington ni Yaound&eacute; n&rsquo;ont annonc&eacute; publiquement.</p>
<p>Le m&eacute;canisme est simple sur le papier. Les &Eacute;tats-Unis ne peuvent pas renvoyer certaines personnes dans leur pays d&rsquo;origine : des tribunaux am&eacute;ricains l&rsquo;ont interdit, estimant qu&rsquo;elles y risqueraient la pers&eacute;cution ou la torture. La solution trouv&eacute;e par l&rsquo;administration Trump : les envoyer ailleurs. N&rsquo;importe o&ugrave;. Pourvu qu&rsquo;un pays accepte de les recevoir.</p>
<p>Le Cameroun a dit oui.</p>
<h2>Un accord r&eacute;v&eacute;l&eacute; par le New York Times</h2>
<p>L&rsquo;histoire a &eacute;clat&eacute; fin mars 2026. Le <strong>New York Times</strong> r&eacute;v&egrave;le l&rsquo;existence d&rsquo;un accord confidentiel entre Washington et Yaound&eacute;. Les documents consult&eacute;s par le journal am&eacute;ricain montrent que le d&eacute;partement d&rsquo;&Eacute;tat a d&eacute;bloqu&eacute; 30 millions de dollars le 12 janvier 2026, deux jours avant l&rsquo;arriv&eacute;e du premier vol.</p>
<p>Cette somme n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; vers&eacute;e directement au gouvernement camerounais. Elle est destin&eacute;e au Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&eacute;fugi&eacute;s (HCR) au Cameroun. C&rsquo;est du moins la version officielle. Selon le New York Times, le d&eacute;blocage de ces fonds &eacute;tait explicitement li&eacute; &agrave; l&rsquo;accord sur les expulsions.</p>
<p>&laquo; Un haut responsable camerounais a qualifi&eacute; la man&oelig;uvre de chantage &raquo;, rapporte Camer.be, citant des documents confidentiels du d&eacute;partement d&rsquo;&Eacute;tat. Paul Biya aurait d&rsquo;abord d&eacute;nonc&eacute; l&rsquo;arrangement avant de revenir sur sa position, esp&eacute;rant que certains opposants camerounais exil&eacute;s soient &eacute;galement concern&eacute;s par les expulsions, selon un responsable de Yaound&eacute;.</p>
<p>Joint par t&eacute;l&eacute;phone, un diplomate camerounais en poste &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger n&rsquo;a pas souhait&eacute; commenter. &laquo; Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;informations sur les termes de cet accord &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Le minist&egrave;re des Relations ext&eacute;rieures n&rsquo;a pas r&eacute;pondu &agrave; nos sollicitations avant publication.</p>
<h2>36 migrants, neuf nationalit&eacute;s, un centre &agrave; Yaound&eacute;</h2>
<p>Les premiers expuls&eacute;s sont arriv&eacute;s le 14 janvier. Au total, 36 ressortissants africains ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;s au Cameroun entre janvier et mai 2026, selon les donn&eacute;es compil&eacute;es par plusieurs m&eacute;dias.</p>
<p>Ils viennent de la R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo, du Ghana, de l&rsquo;Angola, de l&rsquo;&Eacute;thiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du S&eacute;n&eacute;gal, du Zimbabwe et du Maroc.</p>
<p>La quasi-totalit&eacute; b&eacute;n&eacute;ficiait aux &Eacute;tats-Unis d&rsquo;une protection judiciaire emp&ecirc;chant son renvoi vers le pays d&rsquo;origine. Ces protections ont &eacute;t&eacute; contourn&eacute;es par le transfert vers le Cameroun.</p>
<p>Depuis leur arriv&eacute;e, ils sont h&eacute;berg&eacute;s dans un centre g&eacute;r&eacute; par les autorit&eacute;s camerounaises en collaboration avec l&rsquo;Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ils y sont &laquo; priv&eacute;s de documents d&rsquo;identit&eacute; et de statut l&eacute;gal clair &raquo;, selon leur avocat, et font l&rsquo;objet de restrictions de d&eacute;placement.</p>
<h2>Quatre journalistes arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir enqu&ecirc;t&eacute;</h2>
<p>Le 17 f&eacute;vrier 2026, quatre journalistes camerounais se rendent dans un centre &eacute;tatique &agrave; Yaound&eacute;. Ils veulent interroger des migrants expuls&eacute;s. Ils sont interpell&eacute;s.</p>
<p>Parmi eux, un reporter de l&rsquo;Associated Press, un photojournaliste, un vid&eacute;aste et Randy Joe Sa&rsquo;ah, un journaliste ind&eacute;pendant qui collabore r&eacute;guli&egrave;rement avec la BBC. Un avocat qui les accompagnait est &eacute;galement arr&ecirc;t&eacute;.</p>
<p>Selon deux des personnes d&eacute;tenues, le reporter de l&rsquo;AP a &eacute;t&eacute; battu par la police. &laquo; Il nous a dit que les policiers l&rsquo;avaient attaqu&eacute; &raquo;, rapporte le New York Times. Les cinq personnes ont &eacute;t&eacute; plac&eacute;es en garde &agrave; vue &agrave; la direction de la police judiciaire. Certaines ont pass&eacute; des heures en cellule.</p>
<p>Avant leur lib&eacute;ration, les policiers ont confisqu&eacute; t&eacute;l&eacute;phones, appareils photo et ordinateurs portables. Motif invoqu&eacute; : les journalistes auraient captur&eacute; des &laquo; informations gouvernementales sensibles &raquo;.</p>
<p>Reporters sans fronti&egrave;res a d&eacute;nonc&eacute; &laquo; une atteinte grave et inacceptable &agrave; la libert&eacute; de la presse &raquo;. Nous avons tent&eacute; de joindre la direction g&eacute;n&eacute;rale de la S&ucirc;ret&eacute; nationale &agrave; Yaound&eacute; ce vendredi. Sans succ&egrave;s.</p>
<h2>36 plaignants devant le tribunal administratif</h2>
<p>D&eacute;but ao&ucirc;t 2026, les 36 migrants expuls&eacute;s passent &agrave; l&rsquo;offensive. Ils saisissent le tribunal administratif de Yaound&eacute; pour obtenir la suspension de l&rsquo;accord migratoire et la reconnaissance d&rsquo;un statut juridique leur permettant de s&eacute;journer l&eacute;galement au Cameroun.</p>
<p>Leur avocat, Me Joseph Fru Awah, ne m&acirc;che pas ses mots. &laquo; Le Cameroun ne peut &ecirc;tre utilis&eacute; comme un pays de transit pour renvoyer des personnes vers la pers&eacute;cution ou la torture &raquo;, d&eacute;clare-t-il.</p>
<p>La proc&eacute;dure vise aussi &agrave; emp&ecirc;cher leur expulsion vers leurs pays d&rsquo;origine. Une audience n&rsquo;&eacute;tait pas encore programm&eacute;e au moment d&rsquo;&eacute;crire ces lignes.</p>
<h2>Un syst&egrave;me global, un pr&eacute;c&eacute;dent centrafricain</h2>
<p>Le Cameroun n&rsquo;est pas un cas isol&eacute;. La R&eacute;publique centrafricaine a conclu un accord similaire : 1 500 places, 85 millions de dollars promis &agrave; des organisations. Dix-huit personnes y ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;es. En RDC, 2 000 places pour 75 millions de dollars, et quinze personnes transf&eacute;r&eacute;es.</p>
<p>&Agrave; l&rsquo;&eacute;chelle mondiale, l&rsquo;enqu&ecirc;te <strong>The Deportation Project</strong>, men&eacute;e par Forbidden Stories avec 26 m&eacute;dias dans 15 pays, a document&eacute; 25 447 personnes expuls&eacute;es vers des pays tiers au 31 ao&ucirc;t 2026. Trente-cinq pays ont sign&eacute; des accords. Environ 410 millions de dollars ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;vus par Washington.</p>
<p>&laquo; Les accords ont &eacute;t&eacute; &eacute;crits sans les garanties habituelles en mati&egrave;re de droits humains &raquo;, note <strong>The New Republic</strong>, citant les rapports du d&eacute;partement d&rsquo;&Eacute;tat qui documentent des violations au Cameroun, au Gabon et en Guin&eacute;e &eacute;quatoriale.</p>
<hr />
<p><strong>Combien de migrants ont &eacute;t&eacute; expuls&eacute;s des &Eacute;tats-Unis vers le Cameroun ?</strong><br />Trente-six personnes ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;es entre janvier et mai 2026. L&rsquo;accord pr&eacute;voit une capacit&eacute; maximale de 1 000 personnes.</p>
<p><strong>Pourquoi le Cameroun a-t-il accept&eacute; ?</strong><br />Officiellement, les 30 millions de dollars sont destin&eacute;s au HCR pour des op&eacute;rations humanitaires. Des documents am&eacute;ricains et des responsables camerounais sugg&egrave;rent que le d&eacute;blocage des fonds &eacute;tait li&eacute; &agrave; l&rsquo;accord.</p>
<p><strong>Les migrants peuvent-ils rester au Cameroun ?</strong><br />Ils ont saisi la justice pour obtenir un statut l&eacute;gal. &Agrave; ce jour, ils sont d&eacute;tenus dans un centre et priv&eacute;s de documents d&rsquo;identit&eacute;.</p>
<p><strong>O&ugrave; sont-ils d&eacute;tenus ?</strong><br />Dans un centre g&eacute;r&eacute; par les autorit&eacute;s camerounaises et l&rsquo;OIM &agrave; Yaound&eacute;. Son adresse exacte n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; rendue publique.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 25 Sep 2026 15:07:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Espagne - Sánchez : « Le droit international n&#039;est pas à géométrie variable »]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/espagne-sanchez-le-droit-international-nest-pas-a-geometrie-variable.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Pedro Sánchez exige l'abolition du veto à l'ONU, une femme
latino-américaine à la tête de l'organisation et des mesures contre
le « génocide » à Gaza.

Pedro Sá...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Pedro-Sanchez050326500.webp" alt="Espagne - Sánchez : « Le droit international n&#039;est pas à géométrie variable »" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/espagne-sanchez-le-droit-international-nest-pas-a-geometrie-variable.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Pedro S&aacute;nchez exige l'abolition du veto &agrave; l'ONU, une femme latino-am&eacute;ricaine &agrave; la t&ecirc;te de l'organisation et des mesures contre le &laquo; g&eacute;nocide &raquo; &agrave; Gaza.</p>
<p>Pedro S&aacute;nchez a pris la parole &agrave; la tribune de l'Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de l'ONU. Il n'a pas prononc&eacute; un discours. Il a lanc&eacute; un ultimatum.</p>
<p>Le Premier ministre espagnol a exig&eacute; l'abolition du veto des cinq membres permanents du Conseil de s&eacute;curit&eacute;. Il a r&eacute;clam&eacute; une femme latino-am&eacute;ricaine &agrave; la t&ecirc;te de l'ONU apr&egrave;s 80 ans de direction masculine. Et il a employ&eacute; un mot que peu de dirigeants osent prononcer devant cette assembl&eacute;e : g&eacute;nocide.</p>
<p>L'ONU a applaudi. Mais derri&egrave;re les applaudissements, une question. Qui, &agrave; Washington, &agrave; Moscou, &agrave; P&eacute;kin, a r&eacute;ellement &eacute;cout&eacute; ?</p>
<h2>Le contexte : une ONU sous attaque</h2>
<p>L'Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies, 81e session. Le monde est en crise. Gaza br&ucirc;le. L'Ukraine r&eacute;siste. Le multilat&eacute;ralisme recule partout.</p>
<p>Dans ce contexte, le discours de Pedro S&aacute;nchez n'&eacute;tait pas un discours de plus. C'&eacute;tait une charge. Contre les puissances qui paralysent l'ONU. Contre ceux qui, selon lui, veulent la d&eacute;truire de l'int&eacute;rieur.</p>
<p>&laquo; La plupart des voix qui s'acharnent aujourd'hui &agrave; la critiquer ne d&eacute;crivent pas son &eacute;chec : elles tentent de le provoquer &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;, selon le compte rendu officiel de l'ONU.</p>
<h2>L'abolition du veto : le c&oelig;ur de la bataille</h2>
<p>Le message central de S&aacute;nchez est simple. Le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de s&eacute;curit&eacute; est un privil&egrave;ge colonial. Il doit dispara&icirc;tre.</p>
<p>&laquo; Nous devons r&eacute;former le Conseil de s&eacute;curit&eacute; pour que toutes les r&eacute;gions du monde aient une repr&eacute;sentation juste, et pour que nous puissions en finir avec le droit de veto des membres permanents &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;.</p>
<p>Son argument est juridique. La Charte des Nations Unies stipule qu'&laquo; aucun pays ne doit &ecirc;tre juge et partie, aussi puissant soit-il &raquo;.</p>
<p>Pour S&aacute;nchez, le syst&egrave;me con&ccedil;u en 1945 sur les ruines de la guerre est devenu un outil de pr&eacute;servation des int&eacute;r&ecirc;ts des puissants. Un m&eacute;canisme qui permet &agrave; cinq nations de bloquer toute action contre elles-m&ecirc;mes ou leurs alli&eacute;s.</p>
<p>&laquo; Il ne s'agit pas de substituer une h&eacute;g&eacute;monie &agrave; une autre &raquo;, a-t-il pr&eacute;cis&eacute;. &laquo; Il s'agit de d&eacute;sarmer la loi du plus fort. &raquo;</p>
<h2>Gaza : le mot qui d&eacute;range</h2>
<p>S&aacute;nchez n'a pas m&acirc;ch&eacute; ses mots sur Gaza. Le mot &laquo; g&eacute;nocide &raquo; est revenu dans son discours. Il l'avait d&eacute;j&agrave; prononc&eacute; la veille, lors de la conf&eacute;rence internationale sur la solution &agrave; deux &Eacute;tats.</p>
<p>&laquo; Nous devons arr&ecirc;ter ce massacre maintenant &raquo;, a-t-il lanc&eacute;.</p>
<p>Il a exig&eacute; que la Cour p&eacute;nale internationale puisse &laquo; enqu&ecirc;ter, poursuivre et sanctionner ceux qui violent les r&egrave;gles &raquo;. Sans distinction. Sans passe-droit. Sans protection diplomatique.</p>
<p>L'Espagne, elle, a agi. Un embargo sur les armes &agrave; destination d'Isra&euml;l a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;. Un d&eacute;cret-loi interdit le transit de mat&eacute;riel de d&eacute;fense vers Isra&euml;l par le territoire espagnol. S&aacute;nchez a appel&eacute; les autres pays &agrave; suivre.</p>
<p>&laquo; L'histoire nous jugera. Et son verdict sera implacable pour ceux qui se sont tus ou qui ont d&eacute;tourn&eacute; le regard &raquo;, a-t-il averti.</p>
<h2>Le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'ONU : un &eacute;cho</h2>
<p>Le discours de S&aacute;nchez n'est pas isol&eacute;. Ant&oacute;nio Guterres, le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'ONU, a lui-m&ecirc;me tir&eacute; la sonnette d'alarme.</p>
<p>&laquo; Rien ne justifie la punition collective du peuple palestinien &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;, d&eacute;non&ccedil;ant &laquo; la famine et le g&eacute;nocide en cours &raquo; comme une &laquo; violation flagrante du droit humanitaire &raquo;.</p>
<p>Guterres a parl&eacute; de &laquo; destruction d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e des syst&egrave;mes n&eacute;cessaires &agrave; la survie humaine &raquo; &agrave; Gaza. Il a d&eacute;nonc&eacute; &laquo; des meurtres massifs de civils sans &eacute;quivalent avec aucun conflit depuis que je suis Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral &raquo;.</p>
<p>Mais il a aussi rappel&eacute; que la qualification juridique de &laquo; g&eacute;nocide &raquo; appartient aux juges, pas aux politiques. La Cour internationale de Justice, saisie par l'Afrique du Sud, n'a pas encore rendu son verdict d&eacute;finitif.</p>
<h2>Une femme latino-am&eacute;ricaine &agrave; la t&ecirc;te de l'ONU</h2>
<p>Un des moments les plus forts du discours. S&aacute;nchez a rappel&eacute; que l'ONU a &eacute;t&eacute; dirig&eacute;e par neuf hommes en 80 ans. Jamais une femme.</p>
<p>&laquo; Il est temps qu'une femme latino-am&eacute;ricaine prenne la t&ecirc;te de l'ONU &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;.</p>
<p>Son argument : une organisation qui pr&eacute;tend repr&eacute;senter l'humanit&eacute; enti&egrave;re ne peut pas &ecirc;tre dirig&eacute;e exclusivement par une seule r&eacute;gion du monde et un seul genre. L'Am&eacute;rique latine est le continent le plus peupl&eacute; apr&egrave;s l'Asie. Et aucune femme n'a jamais occup&eacute; le poste de Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral.</p>
<p>S&aacute;nchez n'a soutenu aucune candidature en particulier. Mais son message est clair. La succession d'Ant&oacute;nio Guterres, pr&eacute;vue pour 2027, doit marquer une rupture.</p>
<h2>Les alli&eacute;s du Golfe et le reste du monde</h2>
<p>Le discours de S&aacute;nchez a &eacute;t&eacute; applaudi. Mais il a aussi sem&eacute; le trouble.</p>
<p>Pour les &Eacute;tats-Unis, qui ont utilis&eacute; leur veto &agrave; de multiples reprises pour prot&eacute;ger Isra&euml;l, l'appel &agrave; l'abolition du veto est une d&eacute;claration de guerre diplomatique. Pour la Russie, qui a bloqu&eacute; les r&eacute;solutions sur l'Ukraine, c'est une menace directe. Pour la Chine, qui prot&egrave;ge ses int&eacute;r&ecirc;ts au Conseil de s&eacute;curit&eacute;, c'est un avertissement.</p>
<p>S&aacute;nchez le sait. Il a d'ailleurs reconnu que &laquo; la plupart des voix qui critiquent l'ONU ne d&eacute;crivent pas son &eacute;chec, elles tentent de le provoquer &raquo;.</p>
<p>Le Premier ministre espagnol a &eacute;galement d&eacute;nonc&eacute; &laquo; l'ignorance colossale et effront&eacute;e &raquo; de ceux qui croient que les pays puissants &laquo; peuvent abuser du reste et n'ont besoin de personne pour prosp&eacute;rer &raquo;.</p>
<h2>Et apr&egrave;s ?</h2>
<p>Le discours de S&aacute;nchez ne changera pas l'ONU demain. Le veto ne sera pas aboli par un discours. Les r&eacute;formes prendront des ann&eacute;es, si elles voient le jour.</p>
<p>Mais quelque chose a boug&eacute;. Un dirigeant europ&eacute;en a os&eacute; dire tout haut ce que beaucoup chuchotent. Un Premier ministre socialiste a transform&eacute; la tribune de l'ONU en caisse de r&eacute;sonance.</p>
<p>Reste une question. Combien de temps encore l'ONU pourra-t-elle fonctionner avec un syst&egrave;me con&ccedil;u pour un monde qui n'existe plus ?</p>
<hr />
<p><strong>Que propose Pedro S&aacute;nchez pour l'ONU ?</strong><br />Il propose d'abolir le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de s&eacute;curit&eacute;, de r&eacute;former l'ONU pour une repr&eacute;sentation plus juste de toutes les r&eacute;gions, et de nommer une femme latino-am&eacute;ricaine &agrave; la t&ecirc;te de l'organisation.</p>
<p><strong>Pourquoi S&aacute;nchez utilise-t-il le mot &laquo; g&eacute;nocide &raquo; pour Gaza ?</strong><br />S&aacute;nchez s'appuie sur les rapports de la commission ind&eacute;pendante de l'ONU et sur les conclusions de la Cour internationale de Justice, qui a jug&eacute; &laquo; plausible &raquo; le risque de g&eacute;nocide &agrave; Gaza. Il appelle la communaut&eacute; internationale &agrave; agir imm&eacute;diatement.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le droit de veto &agrave; l'ONU ?</strong><br />C'est le privil&egrave;ge accord&eacute; aux cinq membres permanents du Conseil de s&eacute;curit&eacute; (&Eacute;tats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) de bloquer toute r&eacute;solution, m&ecirc;me si elle est soutenue par la majorit&eacute; des autres membres.</p>
<p><strong>Qui pourrait &ecirc;tre la prochaine femme &agrave; diriger l'ONU ?</strong><br />Aucune candidature n'a &eacute;t&eacute; officiellement annonc&eacute;e. S&aacute;nchez a soutenu le principe d'une femme latino-am&eacute;ricaine sans nommer de personnalit&eacute; sp&eacute;cifique.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 25 Sep 2026 00:26:31 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Pourquoi les États-Unis ne bombardent plus l&#039;Iran]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/pourquoi-les-etats-unis-ne-bombardent-plus-liran.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Huit jours sans frappes US en Iran malgré 7 navires attaqués à
Ormuz. Diesel record, midterms du 3 novembre : les vraies raisons d'un
silence militaire.

Sept n...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/USS-Abraham-Lincoln190826500.webp" alt="Pourquoi les États-Unis ne bombardent plus l&#039;Iran" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Huit jours sans frappes US en Iran malgr&eacute; 7 navires attaqu&eacute;s &agrave; Ormuz. Diesel record, midterms du 3 novembre : les vraies raisons d'un silence militaire.</p>
<p>Sept navires attaqu&eacute;s dans le d&eacute;troit d'Ormuz en huit jours. Aucune frappe am&eacute;ricaine en riposte. Ce n'est pas un cessez-le-feu. C'est une &eacute;lection.</p>
<p>Le diesel vient de d&eacute;passer 6,50 dollars le gallon aux &Eacute;tats-Unis. Un record absolu. Et le 3 novembre approche. &Agrave; Washington, la strat&eacute;gie iranienne ne se d&eacute;cide plus &agrave; T&eacute;h&eacute;ran. Elle se d&eacute;cide dans les bureaux de vote am&eacute;ricains.</p>
<p>Pourquoi Trump, qui bombardait syst&eacute;matiquement l'Iran apr&egrave;s chaque attaque navale, retient-il soudain son bras ? Que cache ce silence ? Et que se passera-t-il le 4 novembre ?</p>
<h2>Le tournant que personne n'a vu venir</h2>
<p>Pendant des ann&eacute;es, la r&egrave;gle &eacute;tait simple. Une attaque iranienne contre un navire sous protection am&eacute;ricaine dans le d&eacute;troit d'Ormuz, et Washington r&eacute;pondait. Pas toujours au m&ecirc;me endroit. Pas toujours avec la m&ecirc;me intensit&eacute;. Mais la riposte &eacute;tait automatique.</p>
<p>Cette &eacute;poque s'est arr&ecirc;t&eacute;e quelque part entre la fin ao&ucirc;t et le d&eacute;but septembre 2026.</p>
<p>Le 5 septembre, l'US Central Command annon&ccedil;ait avoir d&eacute;truit trois p&eacute;troliers iraniens en repr&eacute;sailles &agrave; des tirs de missiles balistiques contre deux navires de guerre am&eacute;ricains. Puis, plus rien. Le 9 septembre, l'IRGC revendiquait l'attaque de deux navires am&eacute;ricains et de huit p&eacute;troliers dans le Golfe. Washington n'a pas ripost&eacute; par des frappes. Le 13 septembre, un navire commercial iranien &eacute;tait touch&eacute; &agrave; Ormuz, faisant un mort et trois bless&eacute;s. Toujours aucune frappe am&eacute;ricaine.</p>
<p>Aujourd'hui, la Maison-Blanche parle de &laquo; frappes ponctuelles &raquo;. Donald Trump lui-m&ecirc;me a d&eacute;clar&eacute;, le 10 septembre, que les &Eacute;tats-Unis n'attaquaient pas l'Iran &laquo; &agrave; pleine puissance &raquo; en raison des &eacute;lections de mi-mandat du 3 novembre. Dans une interview accord&eacute;e &agrave; Fox News, il a reconnu que &laquo; peut-&ecirc;tre je ne fais pas &ccedil;a &agrave; cause de l'&eacute;lection &raquo;. Quatre jours plus t&ocirc;t, il avait confi&eacute; &agrave; des journalistes que la guerre se terminerait &laquo; imm&eacute;diatement apr&egrave;s l'&eacute;lection &raquo;.</p>
<p>La formulation est inhabituelle. Un pr&eacute;sident qui admet publiquement qu'un calendrier &eacute;lectoral dicte l'intensit&eacute; d'un conflit militaire &eacute;tranger, c'est rare. Mais c'est exactement ce que disent, en priv&eacute;, les conseillers de Trump &agrave; Reuters : les &eacute;lections de mi-mandat sont devenues la priorit&eacute; qui &eacute;crase tout le reste.</p>
<h2>L'&eacute;conomie avant la strat&eacute;gie</h2>
<p>Le prix du diesel a d&eacute;pass&eacute; 6,50 dollars le gallon le 21 septembre. En moyenne nationale, 6,51 dollars exactement, selon l'AAA. La hausse a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement brutale en septembre : plus de 87 centimes en trois semaines.</p>
<p>Pourquoi c'est d&eacute;cisif ? Parce que le diesel fait tourner les camions, les trains, les tracteurs. Une hausse du diesel, c'est une hausse du co&ucirc;t de tout ce qui se d&eacute;place aux &Eacute;tats-Unis. Et dans un pays o&ugrave; l'inflation reste le premier sujet de pr&eacute;occupation des &eacute;lecteurs, ce chiffre est une bombe politique &agrave; retardement.</p>
<p>Un responsable de la Maison-Blanche cit&eacute; par Reuters r&eacute;sume la situation sans d&eacute;tour : &laquo; Nous continuons de faire pression sur l'Iran, mais l'&eacute;lection de novembre est la priorit&eacute; &raquo;. La phrase est gla&ccedil;ante de franchise. Elle signifie que la strat&eacute;gie iranienne de Washington n'est plus dict&eacute;e par T&eacute;h&eacute;ran, ni m&ecirc;me par les alli&eacute;s du Golfe, mais par les bureaux de vote am&eacute;ricains.</p>
<h2>Ce que Trump veut vraiment</h2>
<p>Trois choses. D'abord, une d&eacute;sescalade temporaire jusqu'au 3 novembre. Ensuite, un ralentissement de la flamb&eacute;e des prix de l'&eacute;nergie. Enfin, &eacute;viter que les d&eacute;mocrates ne capitalisent sur des pertes am&eacute;ricaines avant le scrutin.</p>
<p>Les chiffres lui donnent raison. Un sondage Reuters/Ipsos publi&eacute; fin ao&ucirc;t indiquait que seulement 31 % des Am&eacute;ricains soutenaient la guerre, contre 63 % d'opposition. Une enqu&ecirc;te Reuters/Ipsos publi&eacute;e le 22 septembre cr&eacute;dite Trump de 32 % d'approbation g&eacute;n&eacute;rale, le plus bas niveau de toute sa carri&egrave;re politique. Sur la gestion du conflit iranien, il tombe &agrave; 34 %. Et sur le co&ucirc;t de la vie, 17 % seulement.</p>
<p>Dans ce contexte, une escalade militaire avec l'Iran avant le vote serait un suicide &eacute;lectoral. Trump le sait. Ses conseillers le lui r&eacute;p&egrave;tent. Et le Pentagone, selon des informations du Washington Post, a pr&eacute;venu que la poursuite de la guerre n'&eacute;tait plus soutenable logistiquement. Des commandants militaires ont averti le secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense Pete Hegseth que &laquo; prolonger des op&eacute;rations &agrave; grande &eacute;chelle contre l'Iran est insoutenable et risque d'affaiblir la capacit&eacute; militaire am&eacute;ricaine &agrave; faire face &agrave; des menaces ailleurs &raquo;. La Marine am&eacute;ricaine a m&ecirc;me pr&eacute;cis&eacute; que seulement un quart de ses navires de guerre sont actuellement pr&ecirc;ts &agrave; &ecirc;tre d&eacute;ploy&eacute;s.</p>
<h2>La strat&eacute;gie du blocus plut&ocirc;t que de la bombe</h2>
<p>Alors Washington change d'arme. Pas de frappes massives, mais un &eacute;tranglement &eacute;conomique. Le blocus maritime impos&eacute; &agrave; l'Iran depuis fin f&eacute;vrier 2026 a fait chuter les exportations p&eacute;troli&egrave;res iraniennes &agrave; environ 567 000 barils par jour en avril, contre pr&egrave;s de 1,85 million en mars. Une chute de 70 %. Certains analystes estiment que les revenus p&eacute;troliers iraniens pourraient tomber &agrave; z&eacute;ro d'ici trois &agrave; quatre mois si le blocus se maintient.</p>
<p>C'est la logique du &laquo; deux coups &raquo; : interdiction physique des cargaisons, sanctions financi&egrave;res, et attente. Pas de victoire rapide, mais une pression qui s'exerce sur le peuple iranien. Une approche que certains diplomates qualifient, en priv&eacute;, d'alternative &agrave; la guerre. D'autres la qualifient de punition collective.</p>
<h2>Le Y&eacute;men comme miroir</h2>
<p>Cette retenue am&eacute;ricaine a un autre visage : le Y&eacute;men. Le prince h&eacute;ritier saoudien Mohammed ben Salmane a demand&eacute; &agrave; Trump, &agrave; deux reprises le 11 septembre, une intervention militaire directe contre les Houthis. La r&eacute;ponse de Washington : cent militaires am&eacute;ricains pour fournir du renseignement et du ciblage, mais pas de frappes offensives.</p>
<p>Pourquoi ce refus ? Parce qu'attaquer le Y&eacute;men, c'est risquer une escalade avec l'Iran, qui soutient les Houthis. Et une escalade, c'est une flamb&eacute;e du p&eacute;trole. Et une flamb&eacute;e du p&eacute;trole, c'est une d&eacute;faite &eacute;lectorale en novembre.</p>
<p>Les alli&eacute;s du Golfe l'ont compris. Selon le Washington Post, l'Arabie saoudite, les &Eacute;mirats, le Qatar, le Kowe&iuml;t et Bahre&iuml;n sont &laquo; unis dans leur exasp&eacute;ration &raquo; face &agrave; l'administration Trump. Un responsable du Golfe, cit&eacute; sous couvert d'anonymat, l&acirc;che : &laquo; Trump a commenc&eacute; cette guerre, et nous en payons le prix &raquo;.</p>
<p>Certains pays de la r&eacute;gion commencent &agrave; explorer d'autres options. Le 7 ao&ucirc;t 2026, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont sign&eacute; l'Accord de d&eacute;fense conjoint de La Mecque, un pacte de d&eacute;fense mutuelle qui stipule qu'une attaque contre l'un des signataires est consid&eacute;r&eacute;e comme une attaque contre tous. Un haut responsable europ&eacute;en a d&eacute;crit ce pacte comme &laquo; un signal aux &Eacute;tats-Unis &raquo;. Traduction : les alli&eacute;s du Golfe ne croient plus que Washington soit un protecteur fiable.</p>
<h2>Et apr&egrave;s le 3 novembre ?</h2>
<p>La question que tout le monde pose, &agrave; Washington comme &agrave; Riyad, est simple. Que se passe-t-il le 4 novembre ? Trump a promis que la guerre &laquo; se terminerait imm&eacute;diatement apr&egrave;s l'&eacute;lection &raquo;. Mais il n'a pas pr&eacute;cis&eacute; comment. Par une escalade d&eacute;cisive ? Par une n&eacute;gociation ? Par un retrait ?</p>
<p>Les conseillers de Trump, toujours selon Reuters, &eacute;voquent une possible intensification des frappes apr&egrave;s le scrutin. Mais rien n'est certain. La seule chose qui soit pr&eacute;visible avec Trump, c'est son impr&eacute;visibilit&eacute;. Un responsable de la Maison-Blanche le reconna&icirc;t : &laquo; Il peut changer d'avis &agrave; tout moment &raquo;.</p>
<p>Ce qui est certain, c'est que les huit derniers jours ont dessin&eacute; une nouvelle carte. Les &Eacute;tats-Unis ne sont plus les gendarmes automatiques du d&eacute;troit d'Ormuz. L'Iran teste les lignes rouges sans payer le prix fort. Les alli&eacute;s du Golfe doutent. Et les &eacute;lecteurs am&eacute;ricains, eux, regardent le prix &agrave; la pompe.</p>
<p>Une question, maintenant. Si Washington ne riposte plus quand un navire br&ucirc;le dans le d&eacute;troit, qui ripostera ?</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi les &Eacute;tats-Unis ne bombardent-ils pas l'Iran en ce moment ?</strong><br />Parce que l'administration Trump veut &eacute;viter une escalade militaire avant les &eacute;lections de mi-mandat du 3 novembre, selon des sources officielles cit&eacute;es par Reuters.</p>
<p><strong>Quel est le prix du diesel aux &Eacute;tats-Unis ?</strong><br />Le prix moyen national a d&eacute;pass&eacute; 6,50 dollars le gallon le 21 septembre 2026, un record historique selon l'AAA.</p>
<p><strong>Que se passera-t-il apr&egrave;s les &eacute;lections de mi-mandat ?</strong><br />Trump a d&eacute;clar&eacute; que la guerre se terminerait &laquo; imm&eacute;diatement apr&egrave;s l'&eacute;lection &raquo;, mais aucun plan officiel n'a &eacute;t&eacute; rendu public.</p>
<p><strong>Pourquoi les alli&eacute;s du Golfe sont-ils m&eacute;contents ?</strong><br />Ils estiment que Washington les a entra&icirc;n&eacute;s dans une guerre que Trump ne parvient pas &agrave; r&eacute;soudre, et certains envisagent de diversifier leurs partenariats de d&eacute;fense.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 24 Sep 2026 18:44:39 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Franc CFA, bases militaires : l&#039;Occident perd pied en Afrique]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/franc-cfa-bases-militaires-loccident-perd-pied-en-afrique.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>« Retrait des troupes françaises, réforme du franc CFA,
investissements chinois : l'Afrique redessine ses alliances en 2026.
Analyse et faits. »

L'Afrique ne d...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Francafrique301024500.jpg" alt="Franc CFA, bases militaires : l&#039;Occident perd pied en Afrique" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>&laquo; Retrait des troupes fran&ccedil;aises, r&eacute;forme du franc CFA, investissements chinois : l'Afrique redessine ses alliances en 2026. Analyse et faits. &raquo;</p>
<p>L'Afrique ne demande plus la permission pour exister sur la sc&egrave;ne mondiale. Elle construit, elle n&eacute;gocie, elle rompt.</p>
<p>En 2026, la France n'a plus de base permanente au S&eacute;n&eacute;gal. Le Tchad a r&eacute;cup&eacute;r&eacute; ses emprises militaires en janvier 2025. Pendant ce temps, un barrage hydro&eacute;lectrique de 450 m&eacute;gawatts sort de terre en Guin&eacute;e, financ&eacute; par P&eacute;kin.</p>
<p>Deux mouvements. Une m&ecirc;me trajectoire.</p>
<p>Le retrait acc&eacute;l&eacute;r&eacute; de l'ancienne puissance coloniale ne rel&egrave;ve pas d'une g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; nouvelle. Il traduit une r&eacute;alit&eacute; plus dure : sa pr&eacute;sence ne tenait plus. Du c&ocirc;t&eacute; de l'Est, les grues tournent. Du c&ocirc;t&eacute; de l'Ouest, les discours s'&eacute;puisent.</p>
<h2>L'Afrique face au mirage des partenariats hybrides</h2>
<p>Depuis les ind&eacute;pendances des ann&eacute;es 1960, une question n'a jamais vraiment quitt&eacute; les chancelleries africaines : avec qui construire ? La tentation a longtemps &eacute;t&eacute; de diversifier. Rester avec Paris, Bruxelles ou Washington pour la s&eacute;curit&eacute; et les institutions. S'ouvrir &agrave; Moscou ou P&eacute;kin pour les routes et l'&eacute;nergie. Ce grand &eacute;cart a un nom : l'hybridation.</p>
<p>Sauf qu'un partenaire ne se choisit pas comme un costume. Et quand deux logiques oppos&eacute;es cohabitent l'une qui extrait, l'autre qui construit , c'est la moins-disante qui gagne. Toujours.</p>
<h2>Ce que les contrats disent vraiment</h2>
<p>Les chiffres ne racontent pas la m&ecirc;me histoire que les discours. En 2025, la Chine a engag&eacute; 61 milliards de dollars en Afrique via les Nouvelles routes de la soie. C'est quatre fois plus qu'en 2024. Le Nigeria et la R&eacute;publique du Congo figurent parmi les premiers b&eacute;n&eacute;ficiaires. Plus de 350 accords sign&eacute;s en un an, un record.</p>
<p>L'Europe, elle, a laiss&eacute; les lieux. En 2025, la C&ocirc;te d'Ivoire et le Gabon ont r&eacute;cup&eacute;r&eacute; leurs bases militaires fran&ccedil;aises. Le S&eacute;n&eacute;gal a clos 65 ans de pr&eacute;sence en juillet de la m&ecirc;me ann&eacute;e.</p>
<p>Un contraste qui n'est pas anodin. Il dit quelque chose de structurel : l'Occident a b&acirc;ti des r&eacute;gimes d'extraction. L'Est a b&acirc;ti des routes.</p>
<h2>Le franc CFA, ce verrou mon&eacute;taire qui ne dit pas son nom</h2>
<p>La France a ratifi&eacute; fin 2025 une loi mettant fin &agrave; l'usage du franc CFA par ses anciennes colonies ouest-africaines. Sur le papier, c'est une page qui se tourne. Dans les faits, la transition vers l'ECO divise.</p>
<p>La CEDEAO a confirm&eacute; en juillet 2026 &agrave; Freetown son objectif de lancer l'ECO en 2027. Mais le communiqu&eacute; final ne mentionne aucune disparition automatique du franc CFA &agrave; cette date. Pire : aucun taux de change n'est fix&eacute; par rapport &agrave; l'euro.</p>
<p>Ce que les partisans de la r&eacute;forme ne disent pas : l'ECO, tel que con&ccedil;u, pourrait n'&ecirc;tre qu'un franc CFA renomm&eacute;. C'est en tout cas la th&egrave;se de plusieurs &eacute;conomistes africains, qui pointent le maintien des m&eacute;canismes de contr&ocirc;le mon&eacute;taire.</p>
<p>Pour un Camerounais qui n&eacute;gocie ses importations en euros convertis depuis un compte parisien, la question n'est pas th&eacute;orique. Elle est quotidienne.</p>
<h2>L'Est construit, l'Ouest commente</h2>
<p>L'exemple du barrage de Souapiti, en Guin&eacute;e, est &eacute;clairant. Un contrat sign&eacute; avec China International Water &amp; Electric Corporation, un pr&ecirc;t de 1,175 milliard de dollars accord&eacute; par China Exim Bank. Le barrage, de 450 m&eacute;gawatts, injecte aujourd'hui une part importante de l'&eacute;lectricit&eacute; nationale guin&eacute;enne.</p>
<p>Au Kenya, le chemin de fer Mombasa-Nairobi, achev&eacute; en 2017, a co&ucirc;t&eacute; plus de 5 milliards de dollars de pr&ecirc;ts chinois. L'extension vers Kisumu et la fronti&egrave;re ougandaise a red&eacute;marr&eacute; en mars 2026, port&eacute;e par un mod&egrave;le de financement adoss&eacute; aux recettes du fret.</p>
<p>Ces projets ne sont pas parfaits. Ils cr&eacute;ent de la dette. Ils posent des questions de gouvernance. Mais ils construisent. Une route reste une route. Un barrage reste un barrage.</p>
<p>L'Europe, elle, envoie des consultants. Des s&eacute;minaires sur la gouvernance. Des rapports d'expertise. Le Cameroun a vu passer des missions parisiennes expliquer comment planifier son d&eacute;veloppement industriel. Pendant que le franc CFA continuait de drainer ses r&eacute;serves vers le Tr&eacute;sor fran&ccedil;ais.</p>
<h2>AFRICOM, l'aveu d'un &eacute;chec</h2>
<p>Le commandement militaire am&eacute;ricain pour l'Afrique, cr&eacute;&eacute; en 2008, devait s&eacute;curiser le continent. Pr&egrave;s de vingt ans plus tard, le bilan interroge. Le site d'investigation The Intercept, citant des donn&eacute;es du Centre d'&eacute;tudes strat&eacute;giques de l'Afrique du Pentagone, souligne que les violences li&eacute;es aux groupes arm&eacute;s ont fortement augment&eacute; dans les zones o&ugrave; la pr&eacute;sence am&eacute;ricaine est la plus marqu&eacute;e.</p>
<p>Plus troublant : plusieurs officiers form&eacute;s par les &Eacute;tats-Unis ont jou&eacute; un r&ocirc;le dans les coups d'&Eacute;tat au Mali, au Burkina Faso et au Niger.</p>
<p>L'administration Trump semble en tirer les cons&eacute;quences. Une r&eacute;organisation des commandements est en cours, avec un recentrage sur l'h&eacute;misph&egrave;re am&eacute;ricain et un d&eacute;sengagement progressif d'Afrique. Washington tourne la page. Sans avoir rien construit.</p>
<h2>La d&eacute;dollarisation, lentement mais s&ucirc;rement</h2>
<p>Le dollar reste la monnaie de r&eacute;f&eacute;rence. Mais les fissures s'&eacute;largissent. Ecobank, premi&egrave;re banque panafricaine, n&eacute;gocie avec la Banque de Chine un syst&egrave;me de r&egrave;glement direct en yuan, contournant le dollar, pour la fin 2026.</p>
<p>Standard Bank a rejoint le syst&egrave;me de paiement interbancaire transfrontalier chinois (CIPS) en novembre 2025. Le syst&egrave;me panafricain de paiement et de r&egrave;glement (PAPSS), soutenu par l'Union africaine, r&eacute;duit d&eacute;j&agrave; les co&ucirc;ts de conversion pour le commerce intra-africain.</p>
<p>Rien de spectaculaire. Une d&eacute;dollarisation lente, fragment&eacute;e, mais r&eacute;elle.</p>
<h2>Ce que cela signifie pour le Cameroun</h2>
<p>Le Cameroun n'a pas ferm&eacute; de base fran&ccedil;aise. Il n'a pas annonc&eacute; de sortie du franc CFA. Mais il est pris dans le m&ecirc;me mouvement que le reste du continent.</p>
<p>La question qui monte dans les minist&egrave;res n'est plus &laquo; avec qui travailler ? &raquo; mais &laquo; &agrave; quelles conditions ? &raquo;. Les pays qui ont accept&eacute; des pr&ecirc;ts chinois sans clause de gouvernance ont construit plus vite. Ceux qui ont sign&eacute; avec le FMI ont ajust&eacute; plus durement.</p>
<p>Le choix n'est pas entre deux mod&egrave;les parfaits. Il est entre deux vitesses.</p>
<h2>Ce qui vient</h2>
<p>La parenth&egrave;se de l'impunit&eacute; occidentale se referme. Pas par une rupture brutale, mais par une &eacute;rosion lente : bases ferm&eacute;es une &agrave; une, monnaies ren&eacute;goci&eacute;es, influence remplac&eacute;e par d'autres acteurs.</p>
<p>L'Afrique ne sortira pas de cette s&eacute;quence avec un mod&egrave;le unique. Elle avancera par bonds, par pays, par projets.</p>
<p>Mais une chose est certaine. Ceux qui continueront &agrave; confier leur planification industrielle &agrave; des cabinets dont la prosp&eacute;rit&eacute; d&eacute;pend de l'exportation de mati&egrave;res brutes n'auront pas d'industrie. La question n'est pas id&eacute;ologique. Elle est comptable.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi la France retire-t-elle ses troupes d'Afrique ?</strong><br />Parce que sa pr&eacute;sence est devenue politiquement intenable. Entre 2022 et 2025, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et le S&eacute;n&eacute;gal ont successivement exig&eacute; le d&eacute;part des forces fran&ccedil;aises. Paris a act&eacute; que le maintien d'une pr&eacute;sence permanente &eacute;tait contre-productif.</p>
<p><strong>Le franc CFA va-t-il vraiment dispara&icirc;tre ?</strong><br />La France a ratifi&eacute; une loi mettant fin &agrave; son usage, mais la transition vers l'ECO reste en chantier. Aucune date de disparition automatique n'a &eacute;t&eacute; fix&eacute;e, et les m&eacute;canismes de contr&ocirc;le mon&eacute;taire pourraient survivre au changement de nom.</p>
<p><strong>Qui finance r&eacute;ellement les infrastructures africaines </strong>?<br />La Chine en premier lieu. En 2025, elle a engag&eacute; 61 milliards de dollars en Afrique, principalement dans l'&eacute;nergie, les mines et les transports. Les institutions occidentales financent principalement des programmes d'assistance technique et des pr&ecirc;ts conditionnels.</p>
<p><strong>L'Afrique peut-elle se passer du dollar ?</strong><br />Pas imm&eacute;diatement, mais des m&eacute;canismes de contournement se mettent en place : yuan, PAPSS, accords de swap mon&eacute;taires. La d&eacute;dollarisation est lente, fragment&eacute;e, mais engag&eacute;e.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 23 Sep 2026 14:57:00 +0200</pubDate>
                                    <author>La rédaction</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[États-Unis - Pétrole vénézuélien : le Congrès réclame des comptes, Trump se tait]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-petrole-venezuelien-le-congres-reclame-des-comptes-trump-se-tait.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Scott Bessent a refusé de dire où se trouvent les milliards du
pétrole vénézuélien. Un compte au Qatar, un décret d'urgence, et
13 milliards évaporés. Voici les...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/24/Trump_eco.jpg" alt="États-Unis - Pétrole vénézuélien : le Congrès réclame des comptes, Trump se tait" width="600"/></p>
                                        ]]>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Scott Bessent a refus&eacute; de dire o&ugrave; se trouvent les milliards du p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien. Un compte au Qatar, un d&eacute;cret d'urgence, et 13 milliards &eacute;vapor&eacute;s. Voici les faits.</p>
<p>Le secr&eacute;taire au Tr&eacute;sor a r&eacute;pondu "non" quand on lui a demand&eacute; si l'argent du p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien &eacute;tait vers&eacute; &agrave; des Am&eacute;ricains. Trump, lui, se vante de "milliards et de milliards". Personne ne sait o&ugrave; ils sont.</p>
<p>Scott Bessent, secr&eacute;taire au Tr&eacute;sor des &Eacute;tats-Unis, a refus&eacute; de dire o&ugrave; se trouvent les milliards de dollars issus de la vente du p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien. La question lui a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e par le d&eacute;put&eacute; Sean Casten lors d'une audition au Congr&egrave;s. Sa r&eacute;ponse tient en un mot : "Non". Le d&eacute;cret sign&eacute; par Donald Trump le 9 janvier 2026 d&eacute;signait pourtant le Tr&eacute;sor comme d&eacute;positaire de ces fonds. Trois jours plus t&ocirc;t, Trump avait &eacute;crit sur Truth Social que les revenus p&eacute;troliers seraient "contr&ocirc;l&eacute;s par moi, en tant que pr&eacute;sident des &Eacute;tats-Unis". Depuis, l'argent a transit&eacute; par un compte au Qatar, puis a &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;. Personne ne sait o&ugrave;. Voici ce que l'on sait.</p>
<p>P&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien : Bessent refuse de dire o&ugrave; est l'argent</p>
<p>Le 17 septembre 2026, le d&eacute;put&eacute; de l'Illinois Sean Casten interroge Scott Bessent. Le sujet : les "milliards de dollars" que Donald Trump affirme que les &Eacute;tats-Unis "tirent" de la vente du p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien.</p>
<p>Bessent confirme. Il qualifie ces fonds de "l'un des actifs les plus importants jamais inscrits au bilan des &Eacute;tats-Unis". Des milliards et des milliards de dollars.</p>
<p>Casten pose alors une question simple : qui contr&ocirc;le cet argent, et o&ugrave; se trouve-t-il ? Les fonds sont-ils vers&eacute;s &agrave; des personnes am&eacute;ricaines ?</p>
<p>La r&eacute;ponse de Bessent : "Non". Il ne dit rien d'autre.</p>
<h2>Le d&eacute;cret du 9 janvier</h2>
<p>Trois jours avant cette audition, le 6 janvier 2026, Donald Trump publie un message sur Truth Social. Il y affirme que les recettes p&eacute;troli&egrave;res du Venezuela seront "contr&ocirc;l&eacute;es par moi, en tant que pr&eacute;sident des &Eacute;tats-Unis".</p>
<p>Le 9 janvier, il signe le d&eacute;cret 14373. Le texte d&eacute;clare une "urgence nationale" pour prot&eacute;ger les fonds p&eacute;troliers v&eacute;n&eacute;zu&eacute;liens de toute saisie judiciaire. Le d&eacute;cret d&eacute;signe le secr&eacute;taire au Tr&eacute;sor comme d&eacute;positaire des fonds. Il pr&eacute;cise qu'ils doivent &ecirc;tre d&eacute;tenus "&agrave; des fins gouvernementales et diplomatiques".</p>
<p>La Maison-Blanche justifie cette mesure par la n&eacute;cessit&eacute; de pr&eacute;server la stabilit&eacute; du Venezuela et de lutter contre l'immigration ill&eacute;gale et le trafic de drogue. Aucun tribunal, aucun cr&eacute;ancier, ne peut toucher &agrave; cet argent. Le Venezuela doit environ 150 milliards de dollars &agrave; des compagnies p&eacute;troli&egrave;res et &agrave; des d&eacute;tenteurs d'obligations.</p>
<h2>Les premi&egrave;res ventes : Vitol et Trafigura</h2>
<p>Le p&eacute;trole est vendu. Selon Reuters et Semafor, la premi&egrave;re cargaison est c&eacute;d&eacute;e aux soci&eacute;t&eacute;s de n&eacute;goce Vitol et Trafigura pour environ 500 millions de dollars. Le Washington Post indique que ces deux groupes ont des ant&eacute;c&eacute;dents de sch&eacute;mas de corruption li&eacute;s aux ventes de p&eacute;trole. Le d&eacute;put&eacute; Lloyd Doggett rappelle dans une lettre que John Addison, un trader de Vitol, a vers&eacute; 6 millions de dollars &agrave; la campagne de Trump en 2024.</p>
<p>L'argent n'est pas vers&eacute; sur le compte du Tr&eacute;sor pr&eacute;vu par le d&eacute;cret. Il est d&eacute;pos&eacute; sur un compte bancaire au Qatar. Un haut responsable explique &agrave; Semafor que le Qatar a &eacute;t&eacute; choisi comme "lieu neutre" o&ugrave; l'argent "peut circuler librement" sans risque de saisie. La d&eacute;cision intervient peu apr&egrave;s que les dirigeants qataris ont offert &agrave; Trump un jet d'une valeur de 400 millions de dollars, selon le New Republic.</p>
<p>Elizabeth Warren r&eacute;agit imm&eacute;diatement. "Rien dans la loi n'autorise un pr&eacute;sident &agrave; ouvrir un compte offshore qu'il contr&ocirc;le afin de pouvoir vendre des biens saisis par l'arm&eacute;e am&eacute;ricaine", d&eacute;clare-t-elle &agrave; Semafor. "C'est pr&eacute;cis&eacute;ment le genre de man&oelig;uvre qui s&eacute;duirait un homme politique corrompu".</p>
<h2>Ce que Rubio et Wright ont dit</h2>
<p>En janvier 2026, le secr&eacute;taire d'&Eacute;tat Marco Rubio t&eacute;moigne devant le S&eacute;nat. Il confirme que 300 millions de dollars ont &eacute;t&eacute; envoy&eacute;s au Venezuela pour couvrir les salaires de la fonction publique. Les 200 millions restants "se trouvent toujours" &agrave; Doha, dit-il. Il qualifie l'op&eacute;ration de "novatrice" et de "m&eacute;canisme &agrave; court terme".</p>
<p>Un mois plus tard, en f&eacute;vrier, le secr&eacute;taire &agrave; l'&Eacute;nergie Chris Wright d&eacute;clare sur CNBC que le compte qatari a &eacute;t&eacute; cl&ocirc;tur&eacute;. Aucun autre argent ne sera transf&eacute;r&eacute; vers ou via le Qatar.</p>
<p>Depuis, personne n'a pu d&eacute;terminer o&ugrave; cet argent se trouve.</p>
<h2>13 milliards de dollars, et toujours pas de trace</h2>
<p>Les mois passent. La montagne d'argent grossit. Selon les donn&eacute;es de Bloomberg sur le suivi des p&eacute;troliers, le Council on Foreign Relations estime dans un rapport d'avril 2026 que "pr&egrave;s de cent millions de barils de p&eacute;trole, d'une valeur estim&eacute;e &agrave; 8 milliards de dollars, ont transit&eacute; par un processus caract&eacute;ris&eacute; par un manque total de transparence et un contr&ocirc;le minimal".</p>
<p>En septembre 2026, les s&eacute;nateurs Ron Wyden, Elizabeth Warren et Sheldon Whitehouse adressent une lettre &agrave; Bessent et Rubio. Ils y indiquent qu'"au moins 13 milliards de dollars" ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;s dans des comptes supervis&eacute;s conjointement par le Tr&eacute;sor et le D&eacute;partement d'&Eacute;tat. Ils d&eacute;noncent l'absence de garde-fous contre la corruption et le blanchiment d'argent. Ils s'alarment aussi de la suspension, par le Tr&eacute;sor, de l'application d'une loi am&eacute;ricaine de lutte contre le blanchiment pour les transactions au Venezuela pendant six mois.</p>
<p>Trump, lui, s'est vant&eacute; en juillet que les &Eacute;tats-Unis avaient vendu pour plus de 13 milliards de dollars de p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien et a laiss&eacute; entendre qu'il pourrait d&eacute;tourner ces fonds vers l'arm&eacute;e am&eacute;ricaine ou vers toute autre destination de son choix.</p>
<p>En juin, Rubio avait tent&eacute; d'apaiser le Congr&egrave;s en affirmant que le cabinet d'audit KPMG "v&eacute;rifiait chaque d&eacute;caissement". Mais lorsque le magazine Reason a enqu&ecirc;t&eacute; en ao&ucirc;t, il a d&eacute;couvert que ni les accords ni les audits n'avaient &eacute;t&eacute; publi&eacute;s. Le site "Transparent Sovereignty", mis en place par le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien pour montrer ses transactions p&eacute;troli&egrave;res, ne r&eacute;pertorie qu'une seule vente.</p>
<h2>Et l'or ?</h2>
<p>Le p&eacute;trole n'est pas le seul sujet. En mars 2026, le secr&eacute;taire &agrave; l'Int&eacute;rieur Doug Burgum s'est rendu &agrave; Caracas avec un avion rempli de dirigeants am&eacute;ricains du secteur minier. Il est rentr&eacute; en se vantant d'avoir empoch&eacute; plus de 100 millions de dollars en or. Il a conclu un accord pour le vendre &agrave; Trafigura. Le produit de la vente est all&eacute;... personne ne sait o&ugrave;.</p>
<p>Le s&eacute;nateur Wyden a demand&eacute; des comptes sur cette transaction. Il a &eacute;galement interrog&eacute; l'administration sur l'origine de l'or utilis&eacute; pour fabriquer des pi&egrave;ces de 24 carats &agrave; l'effigie de Trump, pour s'assurer qu'il ne provenait pas de mines contr&ocirc;l&eacute;es par des cartels v&eacute;n&eacute;zu&eacute;liens.</p>
<h2>Le blocage au Congr&egrave;s</h2>
<p>Les d&eacute;put&eacute;s Sean Casten et Joaquin Castro ont d&eacute;pos&eacute; le 5 mars 2026 le Venezuela Oil Proceeds Transparency Act (H.R. 7819). Le texte exige que le Government Accountability Office (GAO) audite le compte qatari et tous les comptes qui ont suivi.</p>
<p>La loi a &eacute;t&eacute; renvoy&eacute;e &agrave; la commission des affaires &eacute;trang&egrave;res de la Chambre. Elle n'en est pas sortie. Les r&eacute;publicains refusent de la faire avancer. Le pr&eacute;sident de la Chambre, Mike Johnson, ne veut pas lui donner une chance d'&ecirc;tre d&eacute;battue en s&eacute;ance pl&eacute;ni&egrave;re.</p>
<p>Interrog&eacute; par Casten en f&eacute;vrier, Bessent a refus&eacute; de pr&eacute;ciser quels comptes le Tr&eacute;sor utilisait, alors m&ecirc;me que le d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel le d&eacute;signait comme d&eacute;positaire. Casten et le s&eacute;nateur Chris Van Hollen ont de nouveau exig&eacute; de savoir o&ugrave; se trouvait cet argent en mars. Refus cat&eacute;gorique. Et encore cette semaine.</p>
<h2>Un sc&eacute;nario connu</h2>
<p>Ce sch&eacute;ma n'est pas nouveau. En 2014, le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, a r&eacute;v&eacute;l&eacute; devant le S&eacute;nat que pr&egrave;s de 20 milliards de dollars de recettes p&eacute;troli&egrave;res n'avaient jamais &eacute;t&eacute; vers&eacute;s au Tr&eacute;sor public. Le pr&eacute;sident Goodluck Jonathan l'a limog&eacute;. Il a qualifi&eacute; cet argent de "fant&ocirc;me". Un audit de PriceWaterhouseCoopers a finalement conclu qu'au moins 1,48 milliard de dollars avaient disparu.</p>
<p>La diff&eacute;rence, ici, est que l'argent ne dispara&icirc;t pas dans les comptes d'un &Eacute;tat souverain. Il transite par un compte offshore contr&ocirc;l&eacute; par l'administration am&eacute;ricaine. Et l'administration refuse de dire o&ugrave; il est.</p>
<p>Le d&eacute;put&eacute; Gregory Meeks, membre &eacute;minent de la commission des affaires &eacute;trang&egrave;res de la Chambre, a qualifi&eacute; ce fonds de "caisse noire offshore".</p>
<p>Trump a annonc&eacute; qu'il avait pris le p&eacute;trole. Puis qu'il avait pris l'argent de sa vente et l'avait d&eacute;pos&eacute; dans une banque du pays qui lui avait offert un 747. Il a embauch&eacute; des traders ayant des ant&eacute;c&eacute;dents de corruption. Il a refus&eacute; de publier les contrats. Il a confi&eacute; &agrave; des membres de son cabinet la responsabilit&eacute; des d&eacute;caissements et du contr&ocirc;le. Puis il a envoy&eacute; Bessent au Congr&egrave;s r&eacute;pondre "non" lorsqu'on lui a demand&eacute; si l'on pouvait, s'il vous pla&icirc;t, savoir o&ugrave; tout cet argent &eacute;tait pass&eacute;.</p>
<p>Les r&eacute;publicains au Congr&egrave;s, eux, semblent avoir perdu l'usage de la parole.</p>
<p>Une question demeure : si cet argent appartient au peuple v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien, pourquoi le peuple am&eacute;ricain ne peut-il pas savoir o&ugrave; il est ?</p>
<hr />
<p><strong>O&ugrave; est pass&eacute; l'argent du p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien ?</strong><br />Personne ne sait. L'argent a d'abord &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; sur un compte au Qatar, puis d&eacute;plac&eacute; vers des comptes supervis&eacute;s par le Tr&eacute;sor et le D&eacute;partement d'&Eacute;tat. Les s&eacute;nateurs estiment qu'au moins 13 milliards de dollars y ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;s. La localisation actuelle n'est pas connue.</p>
<p><strong>Pourquoi le Qatar a-t-il &eacute;t&eacute; choisi ?</strong><br />L'administration a justifi&eacute; ce choix en pr&eacute;sentant le Qatar comme un "lieu neutre" o&ugrave; les fonds pouvaient circuler sans risque de saisie. La d&eacute;cision est intervenue apr&egrave;s que les dirigeants qataris ont offert un jet de 400 millions de dollars &agrave; Donald Trump.</p>
<p><strong>Scott Bessent a-t-il r&eacute;pondu aux questions du Congr&egrave;s ?</strong><br />Non. Interrog&eacute; par le d&eacute;put&eacute; Sean Casten sur la localisation des fonds et leur destination, il a r&eacute;pondu "Non". Il a refus&eacute; de pr&eacute;ciser quels comptes le Tr&eacute;sor utilisait.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le Venezuela Oil Proceeds Transparency Act ?</strong><br />C'est une proposition de loi d&eacute;pos&eacute;e en mars 2026 par les d&eacute;put&eacute;s Sean Casten et Joaquin Castro. Elle exige un audit du compte qatari et de tous les comptes associ&eacute;s par le Government Accountability Office. Le texte est bloqu&eacute; en commission.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 21 Sep 2026 19:49:45 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Monde Entier  - Coût de la guerre : 190 millions $ par jour pour l&#039;Ukraine]]></title>
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                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Tusk alerte sur des frappes hybrides russes, Knighton parle de la
période « la plus dangereuse ». Enquête sur ce qui est vérifié,
et ce qui relève de la communi...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde/OTAN150925500.jpg" alt="Monde Entier  - Coût de la guerre : 190 millions $ par jour pour l&#039;Ukraine" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Tusk alerte sur des frappes hybrides russes, Knighton parle de la p&eacute;riode &laquo; la plus dangereuse &raquo;. Enqu&ecirc;te sur ce qui est v&eacute;rifi&eacute;, et ce qui rel&egrave;ve de la communication.</p>
<p>Trois alertes en une semaine. Des chiffres qui donnent le vertige. Mais derri&egrave;re la peur, que disent vraiment les faits ?</p>
<p>17 septembre 2026. Donald Tusk monte &agrave; la tribune du Parlement polonais. Le Premier ministre parle de &laquo; risque r&eacute;el &raquo; de frappes russes sur le flanc est de l'OTAN. Dans le m&ecirc;me temps, &agrave; Londres, le chef d'&eacute;tat-major britannique Sir Richard Knighton d&eacute;clare vivre &laquo; la p&eacute;riode la plus dangereuse &raquo; de ses 35 ans de carri&egrave;re. L'Europe a peur. Mais de quoi exactement ?</p>
<h2>Ce que Tusk a dit exactement</h2>
<p>Le 17 septembre, devant les d&eacute;put&eacute;s polonais, Donald Tusk a cit&eacute; les &eacute;valuations des services de renseignement. Selon lui, les plans russes incluent &laquo; des frappes hybrides de drones et de missiles contre des pays soutenant l'Ukraine, y compris la Pologne &raquo;.</p>
<p>&laquo; Il y a un risque r&eacute;el que des drones ou d'autres types de projectiles p&eacute;n&egrave;trent sur le territoire d'un ou plusieurs pays du flanc Est de l'OTAN et m&ecirc;me y causent des destructions &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;.</p>
<p>Le m&eacute;canisme d&eacute;crit est pr&eacute;cis : Moscou pr&eacute;senterait ces frappes comme &laquo; accidentelles &raquo;. L'objectif, selon Tusk, serait &laquo; d'affaiblir la coh&eacute;sion globale de l'OTAN &raquo; et de &laquo; convaincre les pays que l'Article 5 est davantage th&eacute;orique que r&eacute;el &raquo;.</p>
<h2>Le discours de Knighton et le contexte britannique</h2>
<p>L'alerte de Tusk n'est pas isol&eacute;e. En juin 2026, le chef d'&eacute;tat-major britannique Sir Richard Knighton avait d&eacute;j&agrave; sonn&eacute; l'alarme sur BBC Radio 4 : &laquo; C'est la p&eacute;riode la plus dangereuse que j'aie connue &raquo;.</p>
<p>Il d&eacute;crivait une Russie qui &laquo; teste, d&eacute;fie et met &agrave; l'&eacute;preuve nos d&eacute;fenses &raquo;. Selon lui, le Royaume-Uni doit se pr&eacute;parer &agrave; des conflits &laquo; plus longs &raquo;, comme celui en Ukraine, et non plus seulement &agrave; des guerres courtes.</p>
<p>Knighton a aussi &eacute;voqu&eacute; une augmentation des vols de l'aviation strat&eacute;gique russe : &laquo; en 2026, nous en avons vu autant qu'en 2025 &raquo; dans le High North.</p>
<h2>Les sommets et la coordination europ&eacute;enne</h2>
<p>Ces d&eacute;clarations interviennent apr&egrave;s deux rendez-vous majeurs. Du 18 au 19 septembre, le comit&eacute; militaire de l'OTAN s'est r&eacute;uni &agrave; Copenhague. L'amiral Giuseppe Cavo Dragone, pr&eacute;sident du comit&eacute;, a d&eacute;nonc&eacute; &laquo; le comportement irresponsable de la Russie, y compris les violations de l'espace a&eacute;rien, les incidents de drones et les activit&eacute;s hybrides &raquo;.</p>
<p>Le m&ecirc;me week-end, Volodymyr Zelensky a lanc&eacute; le sommet &laquo; Carpathian Eight &raquo; (C8), r&eacute;unissant l'Ukraine, la Roumanie, la Serbie, la Pologne, la Slovaquie, la Tch&eacute;quie, l'Autriche et la Hongrie. L'objectif affich&eacute; : renforcer la coop&eacute;ration &eacute;nerg&eacute;tique, les infrastructures et la mobilit&eacute; militaire.</p>
<p>Zelensky a annonc&eacute; des accords d'investissement d'un milliard d'euros et un catalogue de 95 projets pour 40 milliards d'euros. Derri&egrave;re les chiffres, une r&eacute;alit&eacute; : l'Ukraine a besoin d'argent.</p>
<h2>Les pertes ukrainiennes : le chiffre qui d&eacute;range</h2>
<p>C'est peut-&ecirc;tre l'information la plus comment&eacute;e de la semaine. Tusk a d&eacute;clar&eacute; que les pertes ukrainiennes atteignent d&eacute;sormais &laquo; environ 27 000 tu&eacute;s et bless&eacute;s par mois &raquo;. Il a cit&eacute; ses &laquo; partenaires ukrainiens &raquo;.</p>
<p>Pour comparaison, en 2022, le pr&eacute;sident Zelensky &eacute;voquait 50 000 morts et 400 000 bless&eacute;s cumul&eacute;s. Le chiffre mensuel de 27 000 est le plus &eacute;lev&eacute; communiqu&eacute; publiquement par un dirigeant europ&eacute;en.</p>
<h2>Le co&ucirc;t financier : 190 millions par jour</h2>
<p>Reuters a rapport&eacute; le 12 septembre que le co&ucirc;t quotidien de la guerre pour l'Ukraine atteint environ 190 millions de dollars en 2026, contre 140 millions en 2024. Sur les huit premiers mois de l'ann&eacute;e, Kyiv a d&eacute;pens&eacute; environ 42 milliards de dollars en d&eacute;fense, alors que les revenus domestiques et l'emprunt int&eacute;rieur n'ont g&eacute;n&eacute;r&eacute; que 39 milliards.</p>
<p>Le d&eacute;ficit est combl&eacute; par l'aide occidentale. Mais cette aide est de plus en plus contest&eacute;e politiquement.</p>
<h2>La r&eacute;ponse russe : d&eacute;menti et contre-accusation</h2>
<p>Face aux alertes europ&eacute;ennes, le Kremlin d&eacute;ment. Dmitri Medvedev, vice-pr&eacute;sident du Conseil de s&eacute;curit&eacute; russe, a qualifi&eacute; les rumeurs d'attaque contre l'Europe de &laquo; b&ecirc;tises &raquo;, assurant que la Russie &laquo; n'a aucun objectif militaire envers l'Europe &raquo;.</p>
<p>Vladimir Poutine a de son c&ocirc;t&eacute; d&eacute;clar&eacute; que &laquo; certains dirigeants europ&eacute;ens disent ouvertement qu'ils se pr&eacute;parent &agrave; la guerre avec la Russie &raquo; retournant l'accusation. Il a averti que tout d&eacute;ploiement de troupes europ&eacute;ennes en Ukraine constituerait une d&eacute;claration de guerre.</p>
<p>Les analystes russes qualifient les avertissements europ&eacute;ens de &laquo; propagande &raquo; destin&eacute;e &agrave; justifier l'aide &agrave; l'Ukraine.</p>
<h2>Le retrait am&eacute;ricain et l'&eacute;quation strat&eacute;gique</h2>
<p>Un facteur complique l'&eacute;quation : les &Eacute;tats-Unis. Selon le Jerusalem Post, des sources du renseignement occidental &eacute;voquent un possible retrait d'une partie des troupes am&eacute;ricaines stationn&eacute;es en Europe. L'Europe devrait alors assumer seule une part plus importante de sa d&eacute;fense.</p>
<p>La visite du directeur de la CIA, John Ratcliffe, au Kremlin en ao&ucirc;t 2026, aurait eu pour objet d'avertir la Russie contre toute attaque d'un membre de l'OTAN.</p>
<h2>L'&eacute;conomie des drones : une guerre &agrave; pertes asym&eacute;triques</h2>
<p>Un d&eacute;tail technique m&eacute;rite attention. Le 18 septembre, l'Ukraine a lanc&eacute; plus de 900 drones sur Moscou et ses environs. La d&eacute;fense a&eacute;rienne russe affirme en avoir abattu plus de 900.</p>
<p>Si l'on suppose un co&ucirc;t unitaire de 50 000 dollars par drone, la salve aurait co&ucirc;t&eacute; environ 50 millions de dollars &agrave; Kyiv. Les dommages caus&eacute;s &agrave; la Russie seraient, selon cette analyse, &laquo; incomparablement moindres &raquo;. Cette analyse provient d'une source Telegram pro-russe ; elle n'a pas &eacute;t&eacute; recoup&eacute;e par des sources ind&eacute;pendantes.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi l'Europe a-t-elle peur d'une guerre avec la Russie en 2026 ?</strong><br />Parce que plusieurs dirigeants europ&eacute;ens, dont Donald Tusk et Sir Richard Knighton, ont averti publiquement que la Russie pourrait mener des frappes hybrides contre des pays de l'OTAN et que la menace est &agrave; son plus haut niveau depuis la Guerre froide.</p>
<p><strong>Qu'est-ce qu'une frappe hybride selon Tusk ?</strong><br />Une attaque men&eacute;e avec des drones ou des missiles, que la Russie pr&eacute;senterait ensuite comme &laquo; accidentelle &raquo;, afin de tester la coh&eacute;sion de l'OTAN et d'affaiblir la confiance dans l'Article 5.</p>
<p><strong>Combien de soldats ukrainiens sont tu&eacute;s ou bless&eacute;s chaque mois ?</strong><br />Selon Donald Tusk, qui cite les autorit&eacute;s ukrainiennes, environ 27 000 militaires sont tu&eacute;s ou bless&eacute;s chaque mois.</p>
<p><strong>Les &Eacute;tats-Unis vont-ils retirer leurs troupes d'Europe ?</strong><br />Des sources du renseignement occidental &eacute;voquent cette possibilit&eacute;, mais aucune d&eacute;cision officielle n'a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e. La visite du directeur de la CIA &agrave; Moscou en ao&ucirc;t 2026 sugg&egrave;re une volont&eacute; am&eacute;ricaine de d&eacute;sescalade.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sun, 20 Sep 2026 13:51:17 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Arabie Saoudite - Trump refuse deux fois de frapper les Houthis pour MBS]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/arabie-saoudite-trump-refuse-deux-fois-de-frapper-les-houthis-pour-mbs.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>MBS a appelé Trump deux fois pour frapper les Houthis. Trump a
refusé. Sept ans après Abqaiq, l'Arabie saoudite découvre que le
parapluie américain ne la protèg...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Mohammed-ben-Salmane200926500.webp" alt="Arabie Saoudite - Trump refuse deux fois de frapper les Houthis pour MBS" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>MBS a appel&eacute; Trump deux fois pour frapper les Houthis. Trump a refus&eacute;. Sept ans apr&egrave;s Abqaiq, l'Arabie saoudite d&eacute;couvre que le parapluie am&eacute;ricain ne la prot&egrave;ge plus.</p>
<p>Apr&egrave;s un second refus am&eacute;ricain en sept ans, Riyad et les monarchies du Golfe doivent affronter une r&eacute;alit&eacute; qu'elles ont trop longtemps diff&eacute;r&eacute;e : il n'y aura pas de sauveur ext&eacute;rieur.</p>
<p>Mohammed ben Salmane a appel&eacute; Donald Trump deux fois en une semaine. Deux fois, il a demand&eacute; des frappes am&eacute;ricaines contre les Houthis. Deux fois, Trump a dit non. Le prince h&eacute;ritier saoudien &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pass&eacute; par l&agrave; en 2019, apr&egrave;s les attaques contre Abqaiq et Khurais, Trump avait refus&eacute; de riposter contre l'Iran. Sept ans plus tard, rien n'a chang&eacute;. Sauf que cette fois, les bases am&eacute;ricaines dans le Golfe ne sont plus op&eacute;rationnelles. Et l'homme qui le dit n'est pas un adversaire de Washington : c'est David Petraeus, ancien directeur de la CIA et ancien commandant du CENTCOM.</p>
<h2>Le double appel qui a tout dit</h2>
<p>Mercredi 10 septembre 2026. Les forces houthies venaient de prendre Mocha, le port strat&eacute;gique de la mer Rouge, et poussaient vers le d&eacute;troit de Bab al-Mandeb. La ligne de front se rapprochait dangereusement des int&eacute;r&ecirc;ts saoudiens.</p>
<p>Selon deux responsables am&eacute;ricains cit&eacute;s par Axios, Mohammed ben Salmane a appel&eacute; Donald Trump une premi&egrave;re fois pour l'informer de la progression houthie. Puis une seconde fois, quelques heures plus tard, pour lui demander directement de lancer des frappes am&eacute;ricaines. Des frappes, pas des renseignements. Pas des livraisons d'armes. Des avions, des bombes, des soldats am&eacute;ricains.</p>
<p>Trump a refus&eacute;. Il a propos&eacute; du renseignement et une assistance au ciblage. Le CENTCOM a envoy&eacute; son commandant, l'amiral Brad Cooper, &agrave; Riyad pour des &laquo; discussions de coordination d'urgence &raquo;. Washington a fait savoir que les forces am&eacute;ricaines resteraient concentr&eacute;es sur l'Iran et le d&eacute;troit d'Ormuz. Pas question d'ouvrir un second front.&nbsp;</p>
<p>Nous n'avons pas pu obtenir de commentaire officiel du gouvernement saoudien avant publication. Le communiqu&eacute; de l'agence SPA n'avait pas &eacute;t&eacute; publi&eacute; au moment d'&eacute;crire ces lignes.</p>
<h2>2019, d&eacute;j&agrave; : Trump avait dit non</h2>
<p>Pour comprendre pourquoi ce refus compte, il faut revenir sept ans en arri&egrave;re. Septembre 2019. Dix-huit drones et missiles s'abattent sur les installations p&eacute;troli&egrave;res d'Abqaiq et Khurais, propri&eacute;t&eacute;s du g&eacute;ant Aramco. L'attaque, attribu&eacute;e &agrave; l'Iran par Washington, coupe la production saoudienne de moiti&eacute; 5,7 millions de barils par jour.</p>
<p>Trump est press&eacute; de riposter. Il refuse. Et il le dit publiquement : il n'avait &laquo; jamais promis de prot&eacute;ger l'Arabie saoudite &raquo;.&nbsp;</p>
<p>&Agrave; l'&eacute;poque, beaucoup avaient analys&eacute; ce refus comme un caprice tactique d'un pr&eacute;sident impr&eacute;visible. Sept ans plus tard, la m&ecirc;me s&eacute;quence se r&eacute;p&egrave;te. Sauf que cette fois, elle intervient apr&egrave;s une guerre contre l'Iran qui a d&eacute;truit une partie du dispositif militaire am&eacute;ricain dans la r&eacute;gion.</p>
<p>&laquo; Pourquoi Mohammed ben Salmane s'attendait &agrave; ce que Trump dise oui, nul ne le sait &raquo;, &eacute;crit le Middle East Eye dans une analyse publi&eacute;e le 18 septembre. &laquo; Il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pass&eacute; par l&agrave;. &raquo;&nbsp;</p>
<h2>Petraeus et les bases &laquo; non viables &raquo;</h2>
<p>Le 8 septembre 2026, David Petraeus, ancien directeur de la CIA et ancien commandant du CENTCOM, prend la parole dans le podcast State Secret de CNN. Sa phrase est reprise partout : &laquo; Nos anciennes bases sont d&eacute;sormais inutilisables. &raquo;&nbsp;</p>
<p>Petraeus ne parle pas d'un adversaire politique de l'Am&eacute;rique. Il parle de la base a&eacute;rienne d'Al Udeid, au Qatar. C'est l&agrave; que le CENTCOM dirigeait ses op&eacute;rations. Aujourd'hui, le commandant ne s'y trouve plus. &laquo; C'&eacute;tait de magnifiques infrastructures, d'une valeur de 100 millions de dollars, construites pour nous par les Qataris et que j'ai inaugur&eacute;es en personne &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. &laquo; Et maintenant, il semble y avoir des trous dans leurs toits. &raquo;&nbsp;</p>
<p>Selon des informations publi&eacute;es par le New York Times et relay&eacute;es par Pars Today, certaines bases am&eacute;ricaines dans le Golfe ont &eacute;t&eacute; &laquo; presque compl&egrave;tement d&eacute;truites &raquo; par les attaques iraniennes. Des responsables du Pentagone auraient &eacute;voqu&eacute; un co&ucirc;t de reconstruction pouvant atteindre 50 milliards de dollars.&nbsp;</p>
<p>Nous n'avons pas pu v&eacute;rifier ces chiffres de mani&egrave;re ind&eacute;pendante avant publication. Ils &eacute;manent de sources gouvernementales am&eacute;ricaines cit&eacute;es par des m&eacute;dias tiers.</p>
<h2>Ce que Riyad commence &agrave; comprendre</h2>
<p>La d&eacute;pendance s&eacute;curitaire du Golfe &agrave; Washington n'est pas nouvelle. Depuis quarante ans, les bases am&eacute;ricaines au Qatar, &agrave; Bahre&iuml;n, au Kowe&iuml;t, aux &Eacute;mirats et en Arabie saoudite constituent le socle du dispositif am&eacute;ricain dans la r&eacute;gion. En &eacute;change, les monarchies p&eacute;troli&egrave;res ach&egrave;tent des armes am&eacute;ricaines et alignent leur diplomatie sur celle de Washington.</p>
<p>Ce syst&egrave;me a produit ce qu'il &eacute;tait cens&eacute; emp&ecirc;cher : une guerre r&eacute;gionale d&eacute;vastatrice. Comme l'&eacute;crit Middle East Eye, &laquo; ce sont les &Eacute;tats-Unis eux-m&ecirc;mes qui ont d&eacute;clench&eacute; la guerre contre les objections de plusieurs &Eacute;tats du CCG et, au sein de cette guerre, les bases n'ont pas dissuad&eacute; l'Iran d'attaquer. Plut&ocirc;t, les bases ont servi d'aimants pour les attaques iraniennes. &raquo;&nbsp;</p>
<p>Un responsable du Golfe, cit&eacute; par le Washington Post sous couvert d'anonymat, a r&eacute;sum&eacute; la situation en une phrase : &laquo; Trump a commenc&eacute; cette guerre, et c'est nous qui payons le prix. &raquo;&nbsp;</p>
<p>La frustration ne date pas de septembre. En ao&ucirc;t 2026, le Washington Post rapportait que les gouvernements saoudien, &eacute;mirati, qatari, kowe&iuml;tien et bahre&iuml;ni &eacute;taient &laquo; unis dans leur exasp&eacute;ration &raquo; face &agrave; l'administration Trump. Certains commen&ccedil;aient &agrave; d&eacute;battre de l'utilit&eacute; de continuer &agrave; accueillir de grandes installations militaires am&eacute;ricaines sur leur sol.&nbsp;</p>
<h2>Le pacte qui change tout</h2>
<p>Il y a un signe qui ne trompe pas. La semaine derni&egrave;re, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont sign&eacute; un accord de d&eacute;fense mutuelle. Un responsable europ&eacute;en de haut niveau, cit&eacute; par le Washington Post, y voit &laquo; un signal envoy&eacute; aux &Eacute;tats-Unis &raquo;. Le message est clair : ces trois puissances sunnites &laquo; cherchent &agrave; diversifier leurs partenariats de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense &raquo;.&nbsp;</p>
<p>En clair : dans leur esprit, les &Eacute;tats-Unis ne suffisent plus.</p>
<p>Ce n'est pas un divorce. C'est une assurance-vie. Riyad, Abou Dabi et leurs voisins ne peuvent pas se permettre de rompre avec Washington du jour au lendemain. Les &Eacute;tats-Unis restent leur principal fournisseur d'armes. Le Qatar et Bahre&iuml;n continuent d'abriter de grandes bases am&eacute;ricaines. Mais les monarchies du Golfe commencent &agrave; explorer des alternatives : rapprochement avec la Turquie, ouverture de canaux directs avec l'Iran sur la navigation dans le d&eacute;troit d'Ormuz, diversification des partenariats technologiques et militaires.&nbsp;</p>
<h2>&laquo; Nous devons nous lib&eacute;rer de cette obsession &raquo;</h2>
<p>Bader Al-Saif, professeur d'histoire &agrave; l'Universit&eacute; du Kowe&iuml;t, a dit au New York Times ce que beaucoup pensent tout bas : &laquo; Nous sommes coinc&eacute;s &agrave; un point o&ugrave;, tout en pr&eacute;servant une partie du pass&eacute;, nous essayons de construire quelque chose de nouveau. Nous devons nous lib&eacute;rer de cette obsession de la protection ext&eacute;rieure. &raquo;&nbsp;</p>
<p>Cette phrase r&eacute;sume le dilemme. Les monarchies du Golfe ont pass&eacute; quarante ans &agrave; sous-traiter leur s&eacute;curit&eacute; aux &Eacute;tats-Unis. Elles ont d&eacute;pens&eacute; des milliards en armement. Mais leurs arm&eacute;es restent plus petites et moins capables que celle de l'Iran. Et ni la Chine ni la Russie, malgr&eacute; leurs liens avec les p&eacute;tromonarchies, ne se sont port&eacute;es &agrave; leur secours quand les missiles iraniens pleuvaient.&nbsp;</p>
<p>La guerre a expos&eacute; une v&eacute;rit&eacute; simple : le parapluie am&eacute;ricain n'a prot&eacute;g&eacute; personne. Il a transform&eacute; les bases en cibles et les alli&eacute;s en dommages collat&eacute;raux.</p>
<p>La question n'est plus de savoir si Washington interviendra pour d&eacute;fendre Riyad. La question est de savoir ce que Riyad fera quand Washington ne le fera pas.</p>
<p>Le Better Order Project, port&eacute; par le Quincy Institute, propose une r&eacute;ponse : remplacer le syst&egrave;me actuel centr&eacute; sur l'exclusion de l'Iran et la d&eacute;pendance &agrave; un garant ext&eacute;rieur par une architecture de s&eacute;curit&eacute; r&eacute;gionale inclusive. Tous les grands acteurs de la r&eacute;gion, y compris l'Iran, la Turquie, l'Irak et les &Eacute;tats arabes, participeraient &agrave; une institution permanente con&ccedil;ue pour g&eacute;rer leurs rivalit&eacute;s, pas pour les &eacute;liminer.&nbsp;</p>
<p>Le mod&egrave;le inclut des m&eacute;canismes de d&eacute;sescalade, de contr&ocirc;le des armements et de coop&eacute;ration sur l'eau, le climat et le d&eacute;veloppement. Isra&euml;l aurait une porte d'entr&eacute;e &agrave; condition de mettre fin &agrave; l'occupation et d'accepter la cr&eacute;ation d'un &Eacute;tat palestinien sur les fronti&egrave;res de 1967.&nbsp;</p>
<p>Ces id&eacute;es peuvent sembler na&iuml;ves. Elles le sont moins quand on regarde l'&eacute;tat des bases d'Al Udeid et le silence de Riyad apr&egrave;s le double refus de Trump.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : la prochaine fois que Mohammed ben Salmane d&eacute;crochera son t&eacute;l&eacute;phone pour appeler Washington, il saura d&eacute;j&agrave; ce qu'on lui r&eacute;pondra.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi Trump a-t-il refus&eacute; de frapper les Houthis ?</strong></p>
<p>Selon Axios, Trump a indiqu&eacute; que les forces am&eacute;ricaines devaient rester concentr&eacute;es sur l'Iran et la s&eacute;curit&eacute; du d&eacute;troit d'Ormuz. Washington a propos&eacute; du renseignement et une assistance au ciblage &agrave; la place.</p>
<p><strong>Les bases am&eacute;ricaines dans le Golfe sont-elles encore op&eacute;rationnelles ?</strong></p>
<p>David Petraeus a d&eacute;clar&eacute; que plusieurs d'entre elles &eacute;taient &laquo; inutilisables &raquo;. Le CENTCOM ne dirige plus ses op&eacute;rations depuis Al Udeid, au Qatar.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le Better Order Project ?</strong></p>
<p>Un projet du Quincy Institute r&eacute;unissant plus de 130 experts de 40 pays, qui propose une architecture de s&eacute;curit&eacute; r&eacute;gionale inclusive pour le Moyen-Orient.</p>
<p><strong>MBS peut-il se passer des &Eacute;tats-Unis ?</strong></p>
<p>Pas imm&eacute;diatement. Mais le pacte de d&eacute;fense Arabie-Turquie-Pakistan et l'ouverture de canaux avec l'Iran montrent que Riyad explore activement des alternatives.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sun, 20 Sep 2026 03:00:07 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Monde Entier  - CPI, ONU, OTAN : le droit international est-il à sens unique ?]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/monde-entier-cpi-onu-otan-le-droit-international-est-il-a-sens-unique.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>L'ONU conclut à un génocide à Gaza, la CPI vise Netanyahu, mais
l'ordre fondé sur des règles semble à sens unique. Enquête sur une
crédibilité en lambeaux.

 Al...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Trump-Bibi120326500.webp" alt="Monde Entier  - CPI, ONU, OTAN : le droit international est-il à sens unique ?" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>L'ONU conclut &agrave; un g&eacute;nocide &agrave; Gaza, la CPI vise Netanyahu, mais l'ordre fond&eacute; sur des r&egrave;gles semble &agrave; sens unique. Enqu&ecirc;te sur une cr&eacute;dibilit&eacute; en lambeaux.</p>
<p>&nbsp;Alors que l'ONU conclut &agrave; un g&eacute;nocide &agrave; Gaza et que la CPI vise Netanyahu, la question n'est plus de savoir si l'ordre international fond&eacute; sur des r&egrave;gles s'effondre, mais s'il a jamais exist&eacute;.</p>
<p>Le 16 septembre 2025, une commission d'enqu&ecirc;te ind&eacute;pendante des Nations Unies rendait son verdict. Isra&euml;l, concluaient les enqu&ecirc;teurs, a commis &laquo; quatre des cinq actes g&eacute;nocidaires &raquo; d&eacute;finis par la Convention de 1948 dans la bande de Gaza. Meurtres de membres du groupe, atteintes graves &agrave; l'int&eacute;grit&eacute; physique ou mentale, conditions de vie calcul&eacute;es pour entra&icirc;ner la destruction, mesures visant &agrave; emp&ecirc;cher les naissances. &laquo; La Commission constate qu'Isra&euml;l est responsable du crime de g&eacute;nocide &agrave; Gaza &raquo;, d&eacute;clarait Navi Pillay, pr&eacute;sidente de la Commission.</p>
<p>Le m&ecirc;me jour, ou presque, la Cour p&eacute;nale internationale maintenait les mandats d'arr&ecirc;t &eacute;mis en novembre 2024 contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l'humanit&eacute;.</p>
<p>Et alors ?</p>
<p>Rien. Ou presque. Le protecteur d'Isra&euml;l, les &Eacute;tats-Unis, a continu&eacute; d'apporter un soutien diplomatique et militaire &agrave; Tel Aviv. Le Premier ministre isra&eacute;lien continue de se d&eacute;placer, de parler, de gouverner. Les mandats d'arr&ecirc;t de la CPI n'ont pas emp&ecirc;ch&eacute; grand-chose.</p>
<p>Une question revient, lancinante, dans les chancelleries du Sud : le droit international est-il fait pour tout le monde ou seulement pour certains ?</p>
<h2>Gaza, Irak, Libye : la chronologie qui d&eacute;range</h2>
<p>Ce n'est pas une question rh&eacute;torique. C'est une question de chiffres.</p>
<p>Depuis 1990, les &Eacute;tats-Unis ont men&eacute; des interventions militaires dans au moins une douzaine de pays : Somalie en 1992, Irak en 1991 puis 2003, Afghanistan en 2001, Libye en 2011, Syrie &agrave; partir de 2011, pour ne citer que les plus document&eacute;es. La guerre d'Irak a &eacute;t&eacute; d&eacute;clench&eacute;e sous un faux pr&eacute;texte des armes de destruction massive qui n'ont jamais &eacute;t&eacute; trouv&eacute;es. La Libye a &eacute;t&eacute; r&eacute;duite en poussi&egrave;re apr&egrave;s une intervention de l'OTAN en 2011, sans aucun plan de reconstruction.</p>
<p>En trente ans, combien d'invasions la Chine a-t-elle men&eacute;es hors de ses fronti&egrave;res ? Z&eacute;ro. Les historiens qui ont &eacute;tudi&eacute; la question notent que P&eacute;kin n'a pas de pr&eacute;c&eacute;dent d'intervention militaire &agrave; grande &eacute;chelle en dehors de ses voisinages imm&eacute;diats, et encore moins d'occupation durable. La Russie a envoy&eacute; des troupes en Ukraine en 2022, mais elle n'a pas bombard&eacute; Bagdad, Tripoli ou Beyrouth.</p>
<p>Pourtant, ce sont la Chine, la Russie et l'Iran qui sont d&eacute;sign&eacute;s comme les menaces existentielles.</p>
<p>Le journaliste italien et analyste politique Pepe Escobar r&eacute;sume : &laquo; Ce n'est pas un hasard si l'axe du mal change de composition selon les int&eacute;r&ecirc;ts du moment. &raquo;</p>
<h2>Syrie : le jihadiste qui a chang&eacute; de costume</h2>
<p>Il y a des images qui valent tous les discours.</p>
<p>Ahmed al-Sharaa. Pendant des ann&eacute;es, il s'est appel&eacute; Abou Mohammed al-Jolani. Il a dirig&eacute; la branche syrienne d'Al-Qa&iuml;da, la tristement c&eacute;l&egrave;bre Front al-Nosra. Les &Eacute;tats-Unis avaient mis 10 millions de dollars sur sa t&ecirc;te. Il figurait sur la liste des &laquo; terroristes mondiaux sp&eacute;cialement d&eacute;sign&eacute;s &raquo; du D&eacute;partement d'&Eacute;tat.</p>
<p>Aujourd'hui, il est pr&eacute;sident de la Syrie. Il porte un costume, une cravate, et il parle de &laquo; coh&eacute;sion nationale &raquo;. Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain l'a d&eacute;crit comme un &laquo; jeune homme attractif, dur, avec un solide pass&eacute; &raquo;.</p>
<p>&laquo; Solide pass&eacute; &raquo;. Dix millions de dollars de prime. Al-Qa&iuml;da.</p>
<p>La le&ccedil;on est brutale : la qualification de &laquo; terroriste &raquo; n'est pas une cat&eacute;gorie morale immuable. C'est une &eacute;tiquette administrative. Elle se colle et se d&eacute;colle selon les besoins du moment. L'ennemi djihadiste d'hier peut devenir le chef d'&Eacute;tat pr&eacute;sentable de demain, &agrave; condition de changer de costume et de servir les int&eacute;r&ecirc;ts du moment.</p>
<h2>Ukraine : f&eacute;vrier 2022 n'est pas le d&eacute;but de l'histoire</h2>
<p>La m&ecirc;me amn&eacute;sie s&eacute;lective s'applique &agrave; la Russie.</p>
<p>Depuis la fin de la guerre froide, l'OTAN n'a cess&eacute; de s'&eacute;tendre vers l'Est. Pologne, R&eacute;publique tch&egrave;que, Hongrie en 1999. Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slov&eacute;nie en 2004. Albanie et Croatie en 2009. Mont&eacute;n&eacute;gro en 2017. Mac&eacute;doine du Nord en 2020. Finlande en 2023.</p>
<p>Des assurances avaient pourtant &eacute;t&eacute; donn&eacute;es &agrave; Moscou. Le secr&eacute;taire d'&Eacute;tat am&eacute;ricain James Baker avait promis &agrave; Gorbatchev, en 1990, que l'OTAN ne s'&eacute;tendrait pas &laquo; d'un pouce &raquo; vers l'Est. La promesse n'a pas &eacute;t&eacute; tenue. Le ministre russe des Affaires &eacute;trang&egrave;res, Sergue&iuml; Lavrov, a rappel&eacute; en mai 2025 que cette expansion &laquo; malgr&eacute; toutes les assurances &raquo; &eacute;tait la cause directe du conflit.</p>
<p>Imaginez un instant : une alliance militaire dirig&eacute;e par Moscou s'&eacute;tend &agrave; travers l'Am&eacute;rique latine. Le Mexique envisage d'y adh&eacute;rer. Des conseillers militaires russes s'installent &agrave; la fronti&egrave;re du Texas. Washington accepterait-il sereinement ce &laquo; choix d&eacute;mocratique souverain &raquo; ?</p>
<p>La question se r&eacute;pond d'elle-m&ecirc;me.</p>
<h2>Le monopole du r&eacute;cit s'effrite</h2>
<p>Il y a une chose que l'Occident poss&egrave;de depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qui vaut presque autant que sa puissance militaire : le pouvoir de d&eacute;finir le bien et le mal.</p>
<p>Les ennemis sont des &laquo; r&eacute;gimes &raquo;. Les alli&eacute;s sont des &laquo; gouvernements &raquo;. Les ennemis commettent des &laquo; agressions &raquo;. Les alli&eacute;s m&egrave;nent des &laquo; interventions &raquo;. Les ennemis diffusent de la &laquo; propagande &raquo;. Les alli&eacute;s pratiquent la &laquo; communication strat&eacute;gique &raquo;.</p>
<p>La r&eacute;sistance rel&egrave;ve du terrorisme quand elle est men&eacute;e par les faibles. Les bombardements rel&egrave;vent de la s&eacute;curit&eacute; nationale quand ils sont pratiqu&eacute;s par les puissants.</p>
<p>Un adversaire qui viole la souverainet&eacute; commet une agression. Un alli&eacute; qui fait de m&ecirc;me m&egrave;ne une op&eacute;ration.</p>
<p>Mais quelque chose a chang&eacute;. Une grande partie du monde ne croit plus &agrave; ce discours. Pas par id&eacute;ologie. Par exp&eacute;rience. L'Irak, l'Afghanistan, la Libye, la Syrie, la Palestine. Derri&egrave;re chaque catastrophe, l'empreinte famili&egrave;re de Washington, de Tel Aviv et de Londres.</p>
<p>Le monde multipolaire qui &eacute;merge ne se r&eacute;sume pas &agrave; la mont&eacute;e en puissance de la Chine ou &agrave; la r&eacute;silience de la Russie. Il marque la fin du monopole occidental sur la version officielle de la r&eacute;alit&eacute;. Et c'est cela qui effraie le plus Washington. Pas la perspective d'une invasion chinoise de la Californie. Mais celle de milliards de gens qui refusent d&eacute;sormais d'accepter un monde o&ugrave; un club de pays se r&eacute;serve le droit d'envahir, de bombarder, de sanctionner, de renverser tout en d&eacute;cidant qui sont les terroristes.</p>
<p>Une question, une seule, m&eacute;rite d'&ecirc;tre pos&eacute;e. Elle n'est pas de savoir si l'ordre international fond&eacute; sur des r&egrave;gles est en train d'&eacute;chouer. Il &eacute;choue sous nos yeux, &agrave; Gaza, au Liban, en Ukraine.</p>
<p>La vraie question est plus br&ucirc;lante. Cet ordre a-t-il jamais &eacute;t&eacute; v&eacute;ritablement fond&eacute; sur des r&egrave;gles ou ces &laquo; r&egrave;gles &raquo; ne servent-elles qu'&agrave; l&eacute;gitimer une puissance &eacute;crasante ?</p>
<hr />
<p><strong>Qu'est-ce que l'ordre international fond&eacute; sur des r&egrave;gles ?</strong><br />C'est une expression utilis&eacute;e par les pays occidentaux, notamment les &Eacute;tats-Unis, pour d&eacute;signer le syst&egrave;me de droit international et d'institutions (ONU, CPI, OMC) qui encadre les relations entre &Eacute;tats depuis 1945. Ses critiques soulignent qu'il est appliqu&eacute; de mani&egrave;re s&eacute;lective.</p>
<p><strong>Pourquoi l'ONU a-t-elle conclu &agrave; un g&eacute;nocide &agrave; Gaza ?</strong><br />La Commission d'enqu&ecirc;te ind&eacute;pendante a analys&eacute; les actes commis par Isra&euml;l &agrave; Gaza entre octobre 2023 et juillet 2025, et a conclu que quatre des cinq actes d&eacute;finis comme g&eacute;nocidaires par la Convention de 1948 avaient &eacute;t&eacute; commis.</p>
<p><strong>Les mandats d'arr&ecirc;t de la CPI contre Netanyahu sont-ils applicables ?</strong><br />Oui, en th&eacute;orie, dans les 124 pays membres de la CPI. En pratique, aucun &Eacute;tat partie n'a arr&ecirc;t&eacute; Netanyahu &agrave; ce jour. La Cour n'a pas de force de police propre.</p>
<p><strong>Pourquoi de nombreux pays rejettent-ils le r&eacute;cit occidental ?</strong><br />Parce qu'ils constatent un &eacute;cart entre les principes proclam&eacute;s et leur application. L'invasion de l'Irak en 2003 sans mandat de l'ONU, ou le soutien inconditionnel &agrave; Isra&euml;l malgr&eacute; les conclusions de l'ONU, sont per&ccedil;us comme des preuves de deux poids, deux mesures.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 20:59:11 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[États-Unis - CBS News révèle l&#039;ampleur des dégâts iraniens sur les bases US]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-cbs-news-revele-lampleur-des-degats-iraniens-sur-les-bases-us.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>CBS News a publié des photos exclusives montrant des dégâts majeurs
sur les bases américaines après les frappes iraniennes. Un soldat
dénonce le silence du Pent...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Awacs-detruit020526500.webp" alt="États-Unis - CBS News révèle l&#039;ampleur des dégâts iraniens sur les bases US" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>CBS News a publi&eacute; des photos exclusives montrant des d&eacute;g&acirc;ts majeurs sur les bases am&eacute;ricaines apr&egrave;s les frappes iraniennes. Un soldat d&eacute;nonce le silence du Pentagone.</p>
<p>Les images obtenues par CBS News r&eacute;v&egrave;lent une r&eacute;alit&eacute; que le Pentagone et la Maison-Blanche ont minimis&eacute;e : des bases am&eacute;ricaines ravag&eacute;es par les frappes iraniennes, sans que le public en soit inform&eacute;.</p>
<p>Un E-3 Sentry, l'avion-radar le plus sophistiqu&eacute; de l'US Air Force, g&icirc;t sur le tarmac de la base a&eacute;rienne Prince Sultan, en Arabie saoudite. L'arri&egrave;re de l'appareil est carbonis&eacute;. La queue a &eacute;t&eacute; sectionn&eacute;e nette. Le radar rotatif, c&oelig;ur du syst&egrave;me AWACS, est d&eacute;truit.</p>
<p>Le clich&eacute; existe. Il a &eacute;t&eacute; pris par un militaire en service actif, transmis &agrave; CBS News sous couvert d'anonymat. Et il raconte une autre guerre que celle d&eacute;crite &agrave; Washington.</p>
<h2>Ce que CBS News a publi&eacute;</h2>
<p>Le r&eacute;seau am&eacute;ricain a mis en ligne, le 15 septembre, une s&eacute;rie de photos in&eacute;dites montrant les cons&eacute;quences des frappes iraniennes sur plusieurs installations militaires am&eacute;ricaines au Moyen-Orient.</p>
<p>Les images ont &eacute;t&eacute; transmises par des militaires en service actif. Ils ont exig&eacute; l'anonymat en raison des restrictions strictes impos&eacute;es aux m&eacute;dias au sein de l'institution militaire.</p>
<p>Sur la base a&eacute;rienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, un Boeing E-3 Sentry appara&icirc;t l'arri&egrave;re du fuselage carbonis&eacute;. La queue est sectionn&eacute;e. La section qui supportait le radar rotatif essentiel &agrave; la collecte de renseignements en vol a &eacute;t&eacute; endommag&eacute;e.</p>
<p>Le co&ucirc;t unitaire de cet appareil : environ 300 millions de dollars.</p>
<p>&Agrave; Camp Buehring, au Kowe&iuml;t, zone de transit majeure pour les forces terrestres et les v&eacute;hicules blind&eacute;s am&eacute;ricains, les photos montrent des remorques d&eacute;truites et un v&eacute;hicule calcin&eacute;.</p>
<p>&Agrave; Camp Arifjan, &eacute;galement au Kowe&iuml;t, un b&acirc;timent est lourdement endommag&eacute;.</p>
<p>Le Pentagone n'a pas r&eacute;pondu &agrave; la demande de commentaire de CBS News.</p>
<h2>&laquo; Les yeux ferm&eacute;s pendant qu'on nous frappe &raquo;</h2>
<p>Un militaire d&eacute;ploy&eacute; a parl&eacute; &agrave; CBS News. Ses mots sont directs.</p>
<p><em>&laquo; C'est un d&eacute;g&acirc;t majeur sur nos bases qui n'a pas &eacute;t&eacute; communiqu&eacute; au public am&eacute;ricain. Nous restons l&agrave;, les yeux ferm&eacute;s, pendant qu'on nous frappe au visage. &raquo;</em></p>
<p>Le m&ecirc;me soldat rejette la terminologie employ&eacute;e par le secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense, Pete Hegseth, apr&egrave;s l'attaque du 1er mars contre le port de Shuaiba, au Kowe&iuml;t, qui a tu&eacute; six militaires am&eacute;ricains. Hegseth avait qualifi&eacute; les projectiles iraniens de &laquo; squirters &raquo; un terme qui minimise leur pouvoir destructeur.</p>
<p><em>&laquo; Ce ne sont pas des "squirters" qui passent &agrave; travers. Nous ne d&eacute;fendons pas ces bases. Nous les regardons se faire d&eacute;truire. &raquo;</em></p>
<p>Un autre militaire a qualifi&eacute; les images de preuve que les Am&eacute;ricains n'ont pas &eacute;t&eacute; inform&eacute;s de l'ampleur des d&eacute;g&acirc;ts.</p>
<h2>Le rapport qui confirme</h2>
<p>Les photos de CBS News co&iuml;ncident avec la publication, le 14 septembre, du rapport trimestriel de l'inspecteur g&eacute;n&eacute;ral du Pentagone sur l'op&eacute;ration Fureur &eacute;pique.</p>
<p>Les chiffres, pour la p&eacute;riode du 28 f&eacute;vrier au 30 juin 2026 :</p>
<p><strong>Co&ucirc;t total de l'op&eacute;ration :</strong> 33,4 milliards de dollars.</p>
<p><strong>Munitions tir&eacute;es :</strong> 22,3 milliards de dollars.</p>
<p><strong>Pertes d'&eacute;quipement :</strong> jusqu'&agrave; 3,7 milliards de dollars, incluant pr&egrave;s de 60 a&eacute;ronefs.</p>
<p><strong>Pertes humaines :</strong> 18 morts, 820 bless&eacute;s, selon le syst&egrave;me d'analyse des pertes du d&eacute;partement de la D&eacute;fense.</p>
<p>Le rapport reconna&icirc;t une &laquo; <strong>p&eacute;nurie </strong>&raquo; de munitions. Les d&eacute;penses en munitions ont &laquo; provoqu&eacute; une p&eacute;nurie dans les inventaires strat&eacute;giques et r&eacute;v&eacute;l&eacute; des goulots d'&eacute;tranglement au sein des industries pour le renouvellement &raquo;.</p>
<p>Le US Central Command a rapport&eacute; des frappes iraniennes sur des bases am&eacute;ricaines au Kowe&iuml;t, &agrave; Bahre&iuml;n, au Qatar, aux &Eacute;mirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, &agrave; Oman et en Jordanie.</p>
<p>Huit pays. Des centaines de b&acirc;timents et de structures endommag&eacute;s ou d&eacute;truits.</p>
<h2>Ce que Trump disait</h2>
<p>Le 8 septembre une semaine avant la publication des photos , Donald Trump rejetait les informations selon lesquelles des frappes iraniennes avaient endommag&eacute; plusieurs a&eacute;ronefs militaires am&eacute;ricains sur une base en Jordanie.</p>
<p>&laquo; <strong>Aucun d&eacute;g&acirc;t</strong> &raquo;, <strong>avait-il insist&eacute;.</strong> &laquo; <strong>Rien du tout.</strong> &raquo;</p>
<p>D&eacute;but septembre, il &eacute;crivait encore que les &Eacute;tats-Unis disposaient de &laquo; quantit&eacute;s pratiquement illimit&eacute;es de munitions &raquo;.</p>
<p>Le rapport de l'inspecteur g&eacute;n&eacute;ral, publi&eacute; la semaine suivante, dit le contraire.</p>
<p>En juin, lorsque la presse avait rapport&eacute; que les &Eacute;tats-Unis rationnaient l'utilisation de leurs missiles intercepteurs, le gouvernement avait d&eacute;menti. Trump avait affirm&eacute; que le pays disposait de &laquo; quantit&eacute;s &eacute;normes de munitions &raquo;.</p>
<h2>Un conflit qui s'installe</h2>
<p>Le 28 f&eacute;vrier 2026, les &Eacute;tats-Unis et Isra&euml;l lan&ccedil;aient des frappes conjointes contre l'Iran. Objectif affich&eacute; : changement de r&eacute;gime, abandon du programme nucl&eacute;aire, fin de l'influence iranienne dans la r&eacute;gion.</p>
<p>L'op&eacute;ration devait durer quelques semaines, selon les d&eacute;clarations initiales.</p>
<p>Sept mois plus tard, le conflit continue. Un accord pr&eacute;liminaire, n&eacute;goci&eacute; par le Pakistan, a &eacute;t&eacute; annonc&eacute; en juin apr&egrave;s 108 jours de guerre, mais il n'a jamais &eacute;t&eacute; formalis&eacute;.</p>
<p>Les objectifs de Washington ont chang&eacute;. De la capitulation iranienne, Trump est pass&eacute; &agrave; des demandes plus modestes : r&eacute;ouverture du d&eacute;troit d'Ormuz, encadrement du programme nucl&eacute;aire iranien. Ces objectifs ne sont pas atteints.</p>
<p>Des responsables am&eacute;ricains, cit&eacute;s par la presse, &eacute;voquent une prolongation du conflit jusqu'&agrave; l'&eacute;lection de mi-mandat de novembre 2026, voire jusqu'&agrave; l'investiture du prochain pr&eacute;sident en janvier 2029.</p>
<h2>Le co&ucirc;t r&eacute;el</h2>
<p>Les 33,4 milliards de dollars du rapport de l'inspecteur g&eacute;n&eacute;ral couvrent la p&eacute;riode allant du 28 f&eacute;vrier au 30 juin. Ils n'incluent pas les co&ucirc;ts de reconstruction des bases endommag&eacute;es.</p>
<p>Le secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense Hegseth avait &eacute;voqu&eacute; 37,5 milliards de dollars en juillet devant le S&eacute;nat, sans compter les r&eacute;parations des infrastructures.</p>
<p>Linda Bilmes, professeure &agrave; la Kennedy School de Harvard, estime que le co&ucirc;t total &agrave; long terme pourrait d&eacute;passer 1 000 milliards de dollars.</p>
<p>Pour comparaison : le budget de la d&eacute;fense am&eacute;ricain pour l'ann&eacute;e 2025 s'&eacute;levait &agrave; 895 milliards de dollars.</p>
<p>Le Center for Strategic and International Studies a estim&eacute;, dans un rapport du 27 mai, qu'il faudrait au moins trois ans aux contractants de d&eacute;fense am&eacute;ricains pour reconstituer les stocks de missiles Tomahawk, d'intercepteurs Patriot et THAAD utilis&eacute;s dans le conflit.</p>
<p>La Maison-Blanche a demand&eacute; &agrave; des constructeurs automobiles, dont General Motors, de r&eacute;orienter leurs cha&icirc;nes vers la production de missiles Patriot.</p>
<h2>La question qui reste</h2>
<p>Les photos de CBS News posent une question simple : pourquoi le public am&eacute;ricain n'a-t-il pas &eacute;t&eacute; inform&eacute; de l'ampleur des d&eacute;g&acirc;ts ?</p>
<p>Le Pentagone n'a pas comment&eacute;. La Maison-Blanche non plus. Les militaires qui ont transmis les images l'ont fait sous anonymat, craignant des repr&eacute;sailles.</p>
<p>Un sondage de Morgan Stanley, cit&eacute; par la presse, indique que 60 % des &eacute;lecteurs am&eacute;ricains consid&egrave;rent cette guerre comme &laquo; pas digne d'&ecirc;tre men&eacute;e &raquo;, et 79 % pensent que les &Eacute;tats-Unis risquent de s'y enliser.</p>
<p>Nous avons tent&eacute; de joindre le Pentagone et le d&eacute;partement d'&Eacute;tat avant publication. Sans r&eacute;ponse.</p>
<p><img src="/storage/photos/shares/Special2/USarmy.webp" alt="" width="620" height="349" /></p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi CBS News a-t-il publi&eacute; ces photos maintenant ?</strong><br />Parce que des militaires en service actif les ont transmises sous condition d'anonymat, apr&egrave;s le rapport de l'inspecteur g&eacute;n&eacute;ral du Pentagone du 14 septembre reconnaissant une p&eacute;nurie de munitions et des pertes d'&eacute;quipement.</p>
<p><strong>Quels d&eacute;g&acirc;ts sont confirm&eacute;s ?</strong><br />Un E-3 Sentry d&eacute;truit &agrave; Prince Sultan Air Base (Arabie saoudite), des remorques et v&eacute;hicules d&eacute;truits &agrave; Camp Buehring (Kowe&iuml;t), un b&acirc;timent endommag&eacute; &agrave; Camp Arifjan (Kowe&iuml;t), et des centaines de b&acirc;timents touch&eacute;s dans huit pays selon le rapport du Pentagone.</p>
<p><strong>Le Pentagone a-t-il cach&eacute; ces informations ?</strong><br />Le Pentagone n'a pas comment&eacute; les photos. Il a publi&eacute; un rapport officiel reconnaissant les pertes d'&eacute;quipement et la p&eacute;nurie de munitions. Le d&eacute;calage entre les d&eacute;clarations publiques de Trump et les donn&eacute;es du rapport pose question.</p>
<p><strong>Combien de militaires am&eacute;ricains sont morts ?</strong><br />18 morts et 820 bless&eacute;s selon le syst&egrave;me d'analyse des pertes du d&eacute;partement de la D&eacute;fense, pour la p&eacute;riode couverte par le rapport.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 17 Sep 2026 12:55:33 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Ukraine - Parlement européen : une voix pour la paix réduite au silence]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-parlement-europeen-une-voix-pour-la-paix-reduite-au-silence.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Iulia Mendel, ex-porte-parole de Zelensky, s'est vu refuser l'accès
au Parlement européen le jour de son discours pour la paix. Sanctions
et censure.

L'ancienn...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde/Parlement-Euro050425500.jpg" alt="Ukraine - Parlement européen : une voix pour la paix réduite au silence" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-parlement-europeen-une-voix-pour-la-paix-reduite-au-silence.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Iulia Mendel, ex-porte-parole de Zelensky, s'est vu refuser l'acc&egrave;s au Parlement europ&eacute;en le jour de son discours pour la paix. Sanctions et censure.</p>
<p>L'ancienne voix de Zelensky devait plaider pour une solution n&eacute;goci&eacute;e. Strasbourg lui a ferm&eacute; la porte trois jours apr&egrave;s les sanctions de Kiev.</p>
<p>Mercredi 16 septembre 2026, Iulia Mendel devait prononcer un discours au Parlement europ&eacute;en &agrave; Strasbourg. &Agrave; l'invitation du d&eacute;put&eacute; allemand Hans Neuhoff (AfD), l'ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky devait appeler &agrave; mettre fin aux combats et &agrave; n&eacute;gocier une issue &agrave; la guerre. &Agrave; 18 heures, son badge d'acc&egrave;s ne fonctionnait plus. Un agent de s&eacute;curit&eacute; lui a signifi&eacute; que son laissez-passer &eacute;tait r&eacute;voqu&eacute;. Aucune explication &eacute;crite n'a &eacute;t&eacute; fournie. Trois jours plus t&ocirc;t, Zelensky avait sign&eacute; un d&eacute;cret la sanctionnant pour "d&eacute;sinformation et propagande russe". Le discours a finalement eu lieu par visioconf&eacute;rence.</p>
<h2>Une exclusion qui tombe trois jours apr&egrave;s les sanctions</h2>
<p>Iulia Mendel a &eacute;t&eacute; la porte-parole de Volodymyr Zelensky de juin 2019 &agrave; juillet 2021. Elle a ensuite publi&eacute; deux livres o&ugrave; elle parlait positivement du pr&eacute;sident ukrainien. Puis elle a chang&eacute; de camp. En mai 2026, son interview au podcast de Tucker Carlson a fait des vagues : elle y accusait Zelensky de consommation de coca&iuml;ne et critiquait la gestion de la guerre.</p>
<p>Le 13 septembre 2026, Zelensky a sign&eacute; le d&eacute;cret n&deg;901/2026 mettant en &oelig;uvre une d&eacute;cision du Conseil national de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. Mendel est la seule citoyenne ukrainienne d'une liste de dix personnes, les neuf autres &eacute;tant russes. Les sanctions pr&eacute;voient dix ans de gel des avoirs, des restrictions commerciales, le blocage de ses comptes Instagram, X et Facebook depuis le territoire ukrainien, et la r&eacute;vocation de ses d&eacute;corations d'&Eacute;tat.</p>
<p>Le d&eacute;cret charge aussi le minist&egrave;re ukrainien des Affaires &eacute;trang&egrave;res d'informer l'Union europ&eacute;enne et les &Eacute;tats-Unis de ces sanctions et de leur demander d'envisager des "mesures restrictives analogues".</p>
<p>Trois jours plus tard, Mendel se pr&eacute;sentait &agrave; l'entr&eacute;e du Parlement europ&eacute;en. Son badge, d&eacute;livr&eacute; le vendredi pr&eacute;c&eacute;dent, avait fonctionn&eacute; le lundi et le mardi. Mercredi, il ne fonctionnait plus.</p>
<h2>"Le discours aura lieu quand m&ecirc;me"</h2>
<p>Sur X, Mendel a r&eacute;agi sans d&eacute;tour : "Le jour de mon discours, on m'a interdit l'acc&egrave;s au Parlement europ&eacute;en. J'attribue cela directement aux sanctions de Zelensky." Elle a ajout&eacute; : "Le discours aura lieu quand m&ecirc;me".</p>
<p>Il a eu lieu par visioconf&eacute;rence, depuis l'ext&eacute;rieur du b&acirc;timent. Le texte de son intervention, obtenu par <strong>IntelliNews</strong>, devait contenir cette phrase : "L'Ukraine et l'Europe continuent de choisir une mauvaise guerre plut&ocirc;t qu'une mauvaise paix l'escalade plut&ocirc;t que la diplomatie, encore et encore."</p>
<p>Devant les cam&eacute;ras, Mendel a d&eacute;clar&eacute; : "Nous avons toujours consid&eacute;r&eacute; l'Union europ&eacute;enne comme une union de libert&eacute;s, une union du respect des droits humains, de la libert&eacute; d'expression. C'est vraiment tr&egrave;s &eacute;trange que l'on me refuse l'acc&egrave;s pr&eacute;cis&eacute;ment le jour o&ugrave; je dois parler de paix. Il est regrettable qu'il existe une telle autocensure et que les d&eacute;put&eacute;s europ&eacute;ens ne veuillent pas entendre les Ukrainiens qui veulent la paix. C'est assez insultant."</p>
<h2>L'AfD crie au scandale, l'Ukraine maintient ses accusations</h2>
<p>Hans Neuhoff, organisateur de l'&eacute;v&eacute;nement et d&eacute;put&eacute; europ&eacute;en de l'AfD, a annonc&eacute; son intention de d&eacute;poser une plainte. "Mme Mendel ne s'est en aucune mani&egrave;re appropri&eacute; la propagande russe ou la d&eacute;sinformation", a-t-il affirm&eacute;. "Au contraire, elle a critiqu&eacute; de mani&egrave;re r&eacute;p&eacute;t&eacute;e et massive la direction russe pour la guerre d'agression contre son pays." Neuhoff a d&eacute;nonc&eacute; un "processus monstrueux" et r&eacute;clam&eacute; une r&eacute;paration.</p>
<p>Du c&ocirc;t&eacute; ukrainien, la position reste ferme. En ao&ucirc;t 2026, le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Gu&eacute;orgui&iuml; Tykhy, avait estim&eacute; que Mendel multipliait "les d&eacute;clarations manipulatrices qui reprennent syst&eacute;matiquement les narratifs de la propagande russe".</p>
<p>Mendel, elle, rejette ces accusations. Elle affirme d&eacute;noncer l'invasion russe tout en plaidant pour un accord rapide avec Moscou, estimant qu'une poursuite de la guerre menace la survie m&ecirc;me de l'Ukraine en tant qu'&Eacute;tat.</p>
<h2>Pourquoi cette d&eacute;cision pose question</h2>
<p>Le Parlement europ&eacute;en n'a pas expliqu&eacute; publiquement les raisons du blocage. Le d&eacute;put&eacute; Neuhoff attendait encore mercredi matin un document officiel pr&eacute;cisant les motifs.</p>
<p>Deux hypoth&egrave;ses circulent. La premi&egrave;re : une application directe de la demande ukrainienne d'alignement des sanctions. La seconde : une d&eacute;cision autonome du Parlement, soucieux d'&eacute;viter qu'une voix accus&eacute;e de relayer des narratifs russes ne s'exprime dans son enceinte. &Agrave; ce stade, aucun document ne permet d'&eacute;tablir un lien formel entre la d&eacute;marche de Kiev et le blocage de Strasbourg.</p>
<p>Ce qui est confirm&eacute; : Mendel avait franchi les portes du Parlement le lundi et le mardi. Son badge &eacute;tait valide. Il ne l'&eacute;tait plus le mercredi, jour de son discours.</p>
<h2>Le pr&eacute;c&eacute;dent qui d&eacute;range</h2>
<p>En f&eacute;vrier 2026, le Parlement europ&eacute;en a adopt&eacute; une r&eacute;solution sur l'Ukraine qui, pour la premi&egrave;re fois, ne mentionnait plus la "victoire militaire" comme objectif. Certains d&eacute;put&eacute;s plaidaient d&eacute;j&agrave; pour une strat&eacute;gie diplomatique. La r&eacute;solution reconnaissait aussi, implicitement, qu'un accord de paix pourrait impliquer la cession de territoires ukrainiens &agrave; la Russie.</p>
<p>Dans ce contexte, l'exclusion de Mendel dont le discours allait dans le sens d'une n&eacute;gociation cr&eacute;e un pr&eacute;c&eacute;dent troublant. L'Union europ&eacute;enne, qui se pr&eacute;sente comme un espace de libert&eacute; d'expression, a emp&ecirc;ch&eacute; une critique de Zelensky de s'exprimer dans ses murs. Le fait que l'invitation vienne de l'AfD, parti d'extr&ecirc;me droite souvent accus&eacute; de proximit&eacute; avec Moscou, complique encore la lecture.</p>
<h2>Ce que dit le droit europ&eacute;en</h2>
<p>Le r&egrave;glement int&eacute;rieur du Parlement europ&eacute;en permet au pr&eacute;sident de refuser l'acc&egrave;s &agrave; toute personne susceptible de troubler l'ordre ou de porter atteinte &agrave; la r&eacute;putation de l'institution. Aucune disposition n'oblige &agrave; motiver publiquement une telle d&eacute;cision. C'est cette opacit&eacute; que d&eacute;noncent les organisateurs.</p>
<p>Mendel n'a pas &eacute;t&eacute; formellement expuls&eacute;e. Elle n'a pas &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute;e persona non grata par une d&eacute;cision officielle. Son badge a simplement cess&eacute; de fonctionner, sans notification &eacute;crite. Une exclusion de fait, sans trace administrative.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi Iulia Mendel a-t-elle &eacute;t&eacute; interdite au Parlement europ&eacute;en ?</strong><br />Aucune explication officielle n'a &eacute;t&eacute; fournie. Mendel attribue cette d&eacute;cision aux sanctions prises contre elle par Zelensky le 13 septembre 2026. Le Parlement europ&eacute;en n'a pas confirm&eacute; ce lien.</p>
<p><strong>Qui est Iulia Mendel ?</strong><br />Journaliste ukrainienne de 40 ans, elle a &eacute;t&eacute; porte-parole de Volodymyr Zelensky de 2019 &agrave; 2021. Elle est devenue l'une de ses critiques les plus virulentes apr&egrave;s 2024.</p>
<p><strong>Que pr&eacute;voyaient les sanctions ukrainiennes contre elle ?</strong><br />Gel des avoirs, restrictions commerciales, blocage de ses r&eacute;seaux sociaux depuis l'Ukraine, r&eacute;vocation de ses d&eacute;corations d'&Eacute;tat, pour une dur&eacute;e de dix ans.</p>
<p><strong>Que devait-elle dire dans son discours ?</strong><br />Selon le texte obtenu par IntelliNews, elle devait affirmer que l'Ukraine ne peut pas gagner militairement et que la seule issue est un accord de paix, sur le mod&egrave;le finlandais : cession de territoires et neutralit&eacute;.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 17 Sep 2026 00:28:50 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[Allemagne - AfD : deux documents pour réorienter la politique étrangère]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/allemagne-afd-deux-documents-pour-reorienter-la-politique-etrangere.html</link>
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                    <p>L’AfD a préparé deux documents pour réorienter sa politique
étrangère : normalisation avec la Russie, fin des sanctions et
alignement sur Trump. Ce que cela cha...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Alice-Weidel140926500.webp" alt="Allemagne - AfD : deux documents pour réorienter la politique étrangère" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;AfD a pr&eacute;par&eacute; deux documents pour r&eacute;orienter sa politique &eacute;trang&egrave;re : normalisation avec la Russie, fin des sanctions et alignement sur Trump. Ce que cela change.</p>
<p>Le groupe de travail de politique &eacute;trang&egrave;re de l&rsquo;AfD a adopt&eacute; un document pr&eacute;voyant la normalisation des relations avec la Russie, la reprise des &eacute;changes &eacute;conomiques et l&rsquo;arr&ecirc;t de l&rsquo;aide militaire &agrave; l&rsquo;Ukraine un projet qui s&rsquo;inscrit dans un alignement plus large sur la politique &eacute;trang&egrave;re de Donald Trump.</p>
<p>Berlin. Le groupe de travail de politique &eacute;trang&egrave;re de l&rsquo;Alternative pour l&rsquo;Allemagne (AfD) a adopt&eacute; un document. Bild l&rsquo;a r&eacute;v&eacute;l&eacute; le 15 septembre 2026. Le texte pr&eacute;voit une chose simple : normaliser les relations avec la Russie.</p>
<p>Pas une tr&ecirc;ve. Pas un cessez-le-feu. Une normalisation. Fin des sanctions. Reprise des &eacute;changes &eacute;conomiques. Achats de p&eacute;trole et de gaz russes. Et l&rsquo;arr&ecirc;t de l&rsquo;aide militaire allemande &agrave; l&rsquo;Ukraine.</p>
<p>Un second document, consacr&eacute; aux &Eacute;tats-Unis, est en pr&eacute;paration. Il acte l&rsquo;alignement de l&rsquo;AfD sur la r&eacute;orientation de la politique &eacute;trang&egrave;re am&eacute;ricaine sous Donald Trump.</p>
<p>Deux textes. Deux orientations. Une m&ecirc;me logique : l&rsquo;Allemagne doit cesser de s&rsquo;opposer &agrave; Moscou et cesser de suivre Washington dans ce que l&rsquo;AfD appelle l&rsquo;&laquo; interventionnisme international &raquo;.</p>
<p>Le parti qui a remport&eacute; 43,8% des voix en Saxe-Anhalt le 6 septembre pr&eacute;pare sa politique &eacute;trang&egrave;re. Et cette politique a un nom : le retournement des alliances.</p>
<h2>Ce que pr&eacute;voient les documents de l&rsquo;AfD</h2>
<p>L&rsquo;information a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par Bild le 15 septembre 2026. Le groupe de travail de politique &eacute;trang&egrave;re de l&rsquo;AfD a adopt&eacute; un document de politique sur la Russie. Un second document, consacr&eacute; aux &Eacute;tats-Unis, doit &ecirc;tre finalis&eacute; dans le courant du mois.</p>
<p>Le contenu du premier document est clair. L&rsquo;AfD veut :<br />- la normalisation compl&egrave;te des relations avec la Russie ;<br />- la reprise du commerce et des achats de p&eacute;trole et de gaz russes ;<br />- la fin des sanctions contre Moscou ;<br />- l&rsquo;arr&ecirc;t de l&rsquo;aide militaire allemande &agrave; l&rsquo;Ukraine.</p>
<p>Le d&eacute;put&eacute; AfD Markus Frohnmaier, responsable des questions de politique &eacute;trang&egrave;re au Bundestag, a d&eacute;clar&eacute; que le groupe &eacute;tait &laquo; uni derri&egrave;re une politique &eacute;trang&egrave;re fond&eacute;e sur les int&eacute;r&ecirc;ts nationaux de l&rsquo;Allemagne &raquo;.</p>
<h2>Chrupalla : &laquo; Nous voulons de bonnes relations avec la Russie &raquo;</h2>
<p>Tino Chrupalla, copr&eacute;sident de l&rsquo;AfD, a d&eacute;fendu cette ligne avant m&ecirc;me la r&eacute;v&eacute;lation de Bild. Apr&egrave;s la victoire &eacute;lectorale en Saxe-Anhalt, il a d&eacute;clar&eacute; sur ARD : &laquo; Nous voulons avoir de bonnes relations avec la Russie. &raquo; Et il a ajout&eacute; : &laquo; La politique de sanctions doit changer. &raquo;</p>
<p>Le 8 septembre, sur ZDF, Chrupalla a &eacute;t&eacute; plus loin. Il a qualifi&eacute; les sanctions de &laquo; absurdes &raquo; et a affirm&eacute; qu&rsquo;elles avaient &laquo; caus&eacute; d&rsquo;&eacute;normes dommages &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie allemande elle-m&ecirc;me &raquo;. Il a &eacute;galement d&eacute;clar&eacute; que la d&eacute;pendance au Kremlin pouvait &ecirc;tre un &laquo; souverainet&eacute; &raquo;, citant l&rsquo;exemple de Viktor Orban et des prix du gaz en Hongrie.</p>
<p>&laquo; Vous savez pourquoi Viktor Orban est all&eacute; &agrave; Moscou ? Les Hongrois paient 2,53 centimes le kilowattheure pour le gaz. C&rsquo;est &ccedil;a, la souverainet&eacute;. &raquo;</p>
<p>Chrupalla s&rsquo;est &eacute;galement prononc&eacute; contre la livraison de drones &agrave; l&rsquo;Ukraine, utilis&eacute;s pour frapper le territoire russe. Il a r&eacute;affirm&eacute; que l&rsquo;AfD &eacute;tait &laquo; cat&eacute;goriquement oppos&eacute;e &raquo; &agrave; la livraison d&rsquo;armes dans les zones de guerre.</p>
<h2>Le second document : l&rsquo;alignement sur Washington</h2>
<p>Le document sur les &Eacute;tats-Unis est encore en pr&eacute;paration. Mais Bild a d&eacute;j&agrave; r&eacute;v&eacute;l&eacute; son orientation g&eacute;n&eacute;rale. L&rsquo;AfD accueille &laquo; favorablement la r&eacute;orientation de la politique &eacute;trang&egrave;re am&eacute;ricaine &raquo; sous Donald Trump. Le parti salue ce qu&rsquo;il consid&egrave;re comme un &laquo; recul de l&rsquo;interventionnisme international &raquo;.</p>
<p>Cette position n&rsquo;est pas nouvelle. En septembre 2026, Donald Trump a publiquement f&eacute;licit&eacute; l&rsquo;AfD apr&egrave;s sa victoire en Saxe-Anhalt, qualifiant le parti de &laquo; mouvement en plein essor &raquo;. Depuis l&rsquo;entr&eacute;e en fonction de Trump en janvier 2025, les liens entre l&rsquo;AfD et Washington se sont renforc&eacute;s.</p>
<p>Alice Weidel, copr&eacute;sidente de l&rsquo;AfD, a rencontr&eacute; le vice-pr&eacute;sident am&eacute;ricain JD Vance en marge de la Conf&eacute;rence de s&eacute;curit&eacute; de Munich. Des &eacute;lus AfD se sont rendus &agrave; l&rsquo;investiture de Trump. Vance a appel&eacute; les l&eacute;gislateurs allemands &agrave; abandonner leur &laquo; pare-feu &raquo; contre l&rsquo;extr&ecirc;me droite. Marco Rubio, secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat, a qualifi&eacute; la classification de l&rsquo;AfD comme &laquo; extr&eacute;miste &raquo; par les services de renseignement allemands de &laquo; tyrannie d&eacute;guis&eacute;e &raquo;.</p>
<p>Mais le parti n&rsquo;est pas unanime. Selon CNN, certaines factions de l&rsquo;AfD souhaitent d&eacute;sormais prendre leurs distances avec Trump, notamment en raison de ses interventions militaires controvers&eacute;es la guerre en Iran, les menaces sur le Groenland, l&rsquo;intervention au Venezuela. Un sondage ARD de mars 2026 indiquait que 58% des Allemands consid&eacute;raient les attaques contre l&rsquo;Iran comme injustifi&eacute;es.</p>
<h2>La confrontation avec Merz</h2>
<p>La ligne de l&rsquo;AfD tranche avec celle du gouvernement allemand. Le chancelier Friedrich Merz a r&eacute;affirm&eacute; son soutien &agrave; Kiev dans un discours devant le Bundestag. &laquo; Nous soutenons l&rsquo;Ukraine et nous continuerons &agrave; la soutenir, parce qu&rsquo;elle d&eacute;fend aussi notre libert&eacute; &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;.</p>
<p>Merz a directement attaqu&eacute; l&rsquo;AfD. Il l&rsquo;a accus&eacute;e de &laquo; faire des allers-retours &agrave; l&rsquo;ambassade de Russie &agrave; Berlin &raquo; et d&rsquo;entretenir des relations tr&egrave;s &eacute;troites avec Moscou et Poutine. Il a d&eacute;clar&eacute; que l&rsquo;AfD ne ferait &laquo; jamais partie d&rsquo;un gouvernement avec la CDU &raquo;.</p>
<p>Alice Weidel a r&eacute;pliqu&eacute; en demandant au gouvernement de &laquo; s&rsquo;engager enfin pour des n&eacute;gociations de paix, comme le font les &Eacute;tats-Unis &raquo;. Sur l&rsquo;&eacute;nergie, elle a d&eacute;clar&eacute; : &laquo; Nous avons besoin de gaz russe bon march&eacute;. Nous travaillerons pour cela. &raquo;</p>
<h2>Le contexte : la fin du &laquo; pare-feu &raquo; ?</h2>
<p>La victoire de l&rsquo;AfD en Saxe-Anhalt le 6 septembre 2026 a chang&eacute; la donne politique. Avec 43,8% des voix, le parti a r&eacute;alis&eacute; son meilleur r&eacute;sultat depuis 1945. La CDU de Merz a perdu plus de la moiti&eacute; de son score par rapport &agrave; 2021, tombant &agrave; 17,2%.</p>
<p>Tous les autres partis allemands appliquent ce qu&rsquo;ils appellent un &laquo; pare-feu &raquo; une r&egrave;gle non &eacute;crite de ne pas former de coalition avec l&rsquo;AfD ni de travailler avec elle au parlement. Si l&rsquo;AfD n&rsquo;obtient pas la majorit&eacute; absolue, les autres partis pourraient former une coalition pour l&rsquo;exclure du pouvoir.</p>
<p>Chrupalla a n&eacute;anmoins annonc&eacute; que l&rsquo;AfD allait &laquo; envoyer des offres de discussions &agrave; tous les partis &raquo;. &laquo; Ensuite, nous verrons qui rejette la main que nous tendons &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Il a &eacute;galement indiqu&eacute; que l&rsquo;AfD ferait pression sur Berlin depuis le Bundesrat la chambre haute repr&eacute;sentant les L&auml;nder pour obtenir un changement de politique &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la Russie.</p>
<h2>Les implications europ&eacute;ennes</h2>
<p>La position de l&rsquo;AfD n&rsquo;est pas isol&eacute;e. En Europe, plusieurs formations d&rsquo;extr&ecirc;me droite ou populistes partagent cette volont&eacute; de normalisation avec Moscou. Le parti de Viktor Orban en Hongrie a d&eacute;j&agrave; montr&eacute; la voie. Le Rassemblement national en France, bien que moins explicite, s&rsquo;interroge sur les sanctions.</p>
<p>Si l&rsquo;AfD parvient &agrave; faire basculer la politique &eacute;trang&egrave;re allemande, l&rsquo;&eacute;quilibre europ&eacute;en s&rsquo;en trouverait modifi&eacute;. L&rsquo;Allemagne est le deuxi&egrave;me contributeur &agrave; l&rsquo;effort de guerre ukrainien, apr&egrave;s les &Eacute;tats-Unis. Un changement de cap allemand fragiliserait la position de Kiev et renforcerait Moscou.</p>
<p>Mais le chemin est long. L&rsquo;AfD n&rsquo;est pas au gouvernement f&eacute;d&eacute;ral. Elle ne contr&ocirc;le pas le Bundestag. Et le &laquo; pare-feu &raquo; reste en place, m&ecirc;me si sa solidit&eacute; est contest&eacute;e.</p>
<hr />
<p><strong>Que veut l&rsquo;AfD pour la Russie ?</strong><br />L&rsquo;AfD veut normaliser compl&egrave;tement les relations avec Moscou, lever les sanctions, reprendre les &eacute;changes &eacute;conomiques et les achats d&rsquo;&eacute;nergie, et arr&ecirc;ter l&rsquo;aide militaire &agrave; l&rsquo;Ukraine.</p>
<p><strong>L&rsquo;AfD peut-elle changer la politique allemande ?</strong><br />Pas seule. L&rsquo;AfD n&rsquo;est pas au gouvernement f&eacute;d&eacute;ral et le &laquo; pare-feu &raquo; des autres partis reste en place. Mais le parti exerce une pression croissante, notamment depuis sa victoire en Saxe-Anhalt.</p>
<p><strong>Pourquoi l&rsquo;AfD soutient-elle Trump ?</strong><br />L&rsquo;AfD consid&egrave;re que la politique &eacute;trang&egrave;re de Trump marque un recul de l&rsquo;&laquo; interventionnisme international &raquo;, qu&rsquo;elle juge contraire aux int&eacute;r&ecirc;ts allemands. Le parti partage &eacute;galement des positions sur l&rsquo;immigration et une rh&eacute;torique anti-establishment.</p>
<p><strong>Quel est le rapport entre la Russie et les &Eacute;tats-Unis dans la strat&eacute;gie de l&rsquo;AfD ?</strong><br />Les deux orientations convergent : l&rsquo;AfD veut un monde o&ugrave; l&rsquo;Allemagne ne s&rsquo;aligne plus automatiquement sur l&rsquo;OTAN et l&rsquo;Union europ&eacute;enne, mais d&eacute;fend ses &laquo; int&eacute;r&ecirc;ts nationaux &raquo; ce qui signifie, pour le parti, des relations &eacute;conomiques avec Moscou et un alignement id&eacute;ologique sur Washington.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 16 Sep 2026 17:07:38 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[États-Unis - Golfe : la présence américaine disparaît, voici pourquoi]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-golfe-la-presence-americaine-disparait-voici-pourquoi.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Ben Laden voulait chasser les Américains du Golfe. 25 ans après, le
Pentagone admet la perte de 15 bases. Le rapport qui change la lecture
de sa guerre.

Oussam...</p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Ben Laden voulait chasser les Am&eacute;ricains du Golfe. 25 ans apr&egrave;s, le Pentagone admet la perte de 15 bases. Le rapport qui change la lecture de sa guerre.</p>
<p>Oussama ben Laden a &eacute;t&eacute; tu&eacute; en 2011. Mais l'objectif qu'il avait fix&eacute; dans sa fatwa de 1998 mettre fin &agrave; la pr&eacute;sence militaire am&eacute;ricaine dans la p&eacute;ninsule arabique est en train de s'accomplir. Et ce n'est pas une victoire militaire.</p>
<p>Oussama ben Laden est mort depuis quinze ans. Son corps a &eacute;t&eacute; jet&eacute; &agrave; la mer d'Oman. Mais son objectif, lui, flotte encore.</p>
<p>Dans une fatwa publi&eacute;e en 1998, le fondateur d'Al-Qa&iuml;da &eacute;crivait qu'il &eacute;tait &laquo; du devoir de chaque musulman de lib&eacute;rer les terres de l'Islam de l'emprise du Grand Satan &raquo;. Le Grand Satan, c'&eacute;taient les &Eacute;tats-Unis. Les terres de l'Islam, c'&eacute;tait la p&eacute;ninsule arabique et le golfe Persique. Sa demande &eacute;tait pr&eacute;cise : la fin de la pr&eacute;sence militaire am&eacute;ricaine dans la r&eacute;gion.</p>
<p>Un rapport de l'Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral du Pentagone, publi&eacute; le 14 septembre 2026, vient de confirmer que cette pr&eacute;sence n'est plus ce qu'elle &eacute;tait. &laquo; Des centaines &raquo; de b&acirc;timents sur des bases am&eacute;ricaines ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truits par des frappes iraniennes. Le g&eacute;n&eacute;ral quatre &eacute;toiles &agrave; la retraite Barry McCaffrey estime que les &Eacute;tats-Unis ont &laquo; probablement perdu d&eacute;finitivement l'acc&egrave;s &agrave; 15 bases du golfe Persique &raquo;.</p>
<p>Ben Laden n'a pas gagn&eacute; la guerre. Il a gagn&eacute; son objectif. La mani&egrave;re dont il l'a obtenu est ce qui rend l'histoire int&eacute;ressante.</p>
<h2>Ce que Ben Laden voulait</h2>
<p>La fatwa de 1998 n'&eacute;tait pas un texte vague. Elle listait trois griefs : la pr&eacute;sence militaire am&eacute;ricaine dans la p&eacute;ninsule arabique, le soutien &agrave; Isra&euml;l, et les sanctions contre l'Irak. Le premier &eacute;tait le plus important. Ben Laden avait &eacute;t&eacute; explicitement indign&eacute; par le stationnement de troupes am&eacute;ricaines en Arabie saoudite apr&egrave;s la guerre du Golfe de 1991 la terre des deux lieux saints de l'Islam.</p>
<p>Sa strat&eacute;gie &eacute;tait simple dans son esprit : frapper assez fort pour que l'Am&eacute;rique finisse par partir. Le 11-Septembre a &eacute;t&eacute; con&ccedil;u comme un coup port&eacute; au c&oelig;ur du syst&egrave;me. Le r&eacute;sultat imm&eacute;diat a &eacute;t&eacute; l'inverse : l'Am&eacute;rique a envahi l'Afghanistan, puis l'Irak. Sa pr&eacute;sence au Moyen-Orient s'est &eacute;tendue, pas r&eacute;duite.</p>
<p>Mais vingt-cinq ans plus tard, la trajectoire s'est invers&eacute;e.</p>
<h2>Le rapport qui change tout</h2>
<p>Le 14 septembre 2026, l'Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral du Pentagone a publi&eacute; son premier rapport officiel sur la guerre contre l'Iran. Le document couvre la p&eacute;riode du 28 f&eacute;vrier au 30 juin. Il y reconna&icirc;t que des frappes iraniennes ont &laquo; endommag&eacute; et d&eacute;truit des centaines de b&acirc;timents et de structures sur des bases am&eacute;ricaines au Kowe&iuml;t, &agrave; Bahre&iuml;n, au Qatar, aux &Eacute;mirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, &agrave; Oman et en Jordanie &raquo;.</p>
<p>Le rapport indique que la destruction du centre r&eacute;gional de la Marine am&eacute;ricaine &agrave; Bahre&iuml;n le quartier g&eacute;n&eacute;ral de la 5e Flotte a cr&eacute;&eacute; &laquo; des d&eacute;fis significatifs &raquo; pour l'&eacute;tablissement de &laquo; bases navales et de ports de soutien ad&eacute;quats &raquo;. Certaines op&eacute;rations logistiques ont d&ucirc; &ecirc;tre d&eacute;plac&eacute;es vers l'&icirc;le de Diego Garcia, dans l'oc&eacute;an Indien, allongeant les cycles de r&eacute;approvisionnement &agrave; 14-18 jours.</p>
<p>Une enqu&ecirc;te du Washington Post, bas&eacute;e sur des images satellitaires, a identifi&eacute; des dommages ou destructions sur au moins 228 structures et &eacute;quipements r&eacute;partis sur 15 sites militaires am&eacute;ricains. Les installations les plus touch&eacute;es : le quartier g&eacute;n&eacute;ral de la 5e Flotte &agrave; Bahre&iuml;n, et trois bases au Kowe&iuml;t Ali al-Salem, Camp Arifjan et Camp Buehring.</p>
<p>Le rapport de l'Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral ne chiffre pas en dollars les dommages aux installations militaires. Mais il &eacute;value &agrave; environ 184 millions de dollars les d&eacute;g&acirc;ts caus&eacute;s aux installations diplomatiques am&eacute;ricaines au Moyen-Orient, dont 157 millions pour les seules installations en Irak. Selon NBC News, citant six sources inform&eacute;es, les r&eacute;parations des bases pourraient co&ucirc;ter jusqu'&agrave; 5 milliards de dollars, hors syst&egrave;mes radar, armes et a&eacute;ronefs.</p>
<h2>Les &eacute;quipements perdus</h2>
<p>Deux chasseurs F-15 ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truits pendant la guerre. Un A-10 &eacute;galement. Cinq avions de ravitaillement KC-135 ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truits au sol. Au moins 30 drones MQ-9 Reaper ont &eacute;t&eacute; perdus, notamment &laquo; dans diverses circonstances &raquo;, y compris touch&eacute;s par des drones et des missiles alors qu'ils &eacute;taient au sol. Le Pentagone n'a pas publi&eacute; le nombre de syst&egrave;mes d'armes de la Navy et de l'Army d&eacute;truits sur les bases.</p>
<p>Une section du rapport de l'Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral, intitul&eacute;e &laquo; U.S. Basing and Disposition &raquo;, explique que l'arm&eacute;e am&eacute;ricaine &laquo; prend d&eacute;sormais en compte les missiles balistiques iraniens, les syst&egrave;mes d'a&eacute;ronefs sans pilote &agrave; sens unique et les menaces maritimes &raquo;. Aucune explication n'est fournie sur l'absence de pr&eacute;paration ant&eacute;rieure &agrave; ces menaces.</p>
<h2>La question que personne ne pose</h2>
<p>Pourquoi les bases am&eacute;ricaines du Golfe ont-elles &eacute;t&eacute; si vuln&eacute;rables ?</p>
<p>La r&eacute;ponse tient en partie &agrave; la fa&ccedil;on dont le Pentagone con&ccedil;oit ses installations. En Irak et en Afghanistan, l'arm&eacute;e construisait des remblais autour des bases a&eacute;riennes, postait des gardes aux entr&eacute;es, et am&eacute;nageait des bunkers pr&egrave;s des casernes. Le mod&egrave;le a &eacute;t&eacute; reproduit dans le Golfe. Mais le mod&egrave;le &eacute;tait con&ccedil;u pour des attentats terroristes, pas pour des barrages de missiles balistiques et de drones.</p>
<p>L'ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dant la guerre, le secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense Pete Hegseth et Donald Trump ont convoqu&eacute; les g&eacute;n&eacute;raux et amiraux &agrave; Quantico. Le discours portait sur les &laquo; soldats gros &raquo;, les coupes de cheveux et les barbes. La pr&eacute;paration au combat contre un &Eacute;tat dot&eacute; de missiles hypersoniques n'&eacute;tait pas le sujet.</p>
<h2>Ce que l'Iran a fait, et pourquoi</h2>
<p>Il faut &ecirc;tre pr&eacute;cis sur la s&eacute;quence. L'Iran n'a pas attaqu&eacute; les bases am&eacute;ricaines par agression. Chaque missile et chaque drone iranien a &eacute;t&eacute; tir&eacute; en riposte &agrave; l'op&eacute;ration &laquo; Epic Fury &raquo; lanc&eacute;e par Trump et Netanyahou en f&eacute;vrier. L'objectif iranien &eacute;tait de d&eacute;grader la capacit&eacute; am&eacute;ricaine &agrave; frapper l'Iran.</p>
<p>En d'autres termes : sans la guerre d&eacute;clench&eacute;e par Washington et Tel-Aviv, les &Eacute;tats-Unis auraient encore leurs installations navales, a&eacute;riennes et terrestres dans le Golfe.</p>
<p>C'est ici que la proph&eacute;tie de Ben Laden se r&eacute;alise de la mani&egrave;re la plus ironique. Il voulait chasser l'Am&eacute;rique par le terrorisme. Elle est en train de partir &agrave; cause d'une guerre qu'elle a elle-m&ecirc;me lanc&eacute;e.</p>
<h2>Le d&eacute;troit d'Ormuz et l'onde de choc &eacute;conomique</h2>
<p>L'Iran a ferm&eacute; le d&eacute;troit d'Ormuz. Les Houthis, son mandataire au Y&eacute;men, ont endommag&eacute; un ol&eacute;oduc important en Arabie saoudite et ferm&eacute; le d&eacute;troit &agrave; l'embouchure de la mer Rouge. Le co&ucirc;t pour les citoyens am&eacute;ricains se mesure en dollars par gallon d'essence et en prix &agrave; l'&eacute;picerie. Le co&ucirc;t pour l'Europe se mesure en cha&icirc;nes logistiques perturb&eacute;es, en p&eacute;trole qui n'arrive plus via Suez.</p>
<h2>O&ugrave; sont les soldats ?</h2>
<p>Le Pentagone affirme qu'environ 50 000 soldats servaient en soutien &agrave; l'op&eacute;ration Epic Fury. Entre 40 000 et 50 000 seraient toujours sur place. Mais le Pentagone n'a pas pr&eacute;cis&eacute; o&ugrave;.</p>
<p>Ce que l'on sait : le personnel a &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute; de plusieurs bases dans les pays longeant le golfe Persique. Deux bases &agrave; Bahre&iuml;n, cinq au Kowe&iuml;t, trois aux &Eacute;mirats arabes unis, trois &agrave; Oman, une au Qatar et deux en Arabie saoudite, selon des informations ant&eacute;rieures. Certains ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;s vers des bases en Jordanie, d'autres &agrave; Chypre ou en Europe.</p>
<p>Le rapport de l'Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral &eacute;voque le &laquo; flushing d'a&eacute;ronefs &raquo; le retrait rapide des moyens a&eacute;riens d'une zone sous attaque. Le document pr&eacute;sente cette op&eacute;ration comme une r&eacute;ussite. C&eacute;l&eacute;brer une &eacute;vacuation comme une victoire, c'est peut-&ecirc;tre la d&eacute;finition la plus pr&eacute;cise de ce qui s'est pass&eacute;.</p>
<h2>Ce qui n'est pas v&eacute;rifi&eacute;</h2>
<p>Le rapport de l'Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral ne fournit pas d'estimation en dollars des dommages aux installations militaires. Le nombre exact de soldats am&eacute;ricains tu&eacute;s pendant et apr&egrave;s l'op&eacute;ration Epic Fury n'est pas confirm&eacute; : le texte source fourni &eacute;voque &laquo; dix-huit militaires am&eacute;ricains &raquo;, mais aucune source officielle consult&eacute;e ne confirme ce chiffre &agrave; ce stade. Le Washington Post fait &eacute;tat de sept militaires tu&eacute;s dans des frappes sur des installations am&eacute;ricaines entre le d&eacute;but de la guerre et fin avril.</p>
<p>L'authenticit&eacute; du rapport de l'Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral n'est pas en doute le document a &eacute;t&eacute; publi&eacute; sur le site du d&eacute;partement de la D&eacute;fense et relay&eacute; par CNN, Xinhua et d'autres agences.</p>
<hr />
<p><strong>Ben Laden a-t-il vraiment &laquo; gagn&eacute; &raquo; ?</strong><br />Non. Il n'a pas gagn&eacute; militairement. Il est mort en 2011, Al-Qa&iuml;da a &eacute;t&eacute; d&eacute;cim&eacute;, et les &Eacute;tats-Unis ont maintenu une pr&eacute;sence massive au Moyen-Orient pendant deux d&eacute;cennies apr&egrave;s sa fatwa. Mais son objectif d&eacute;clar&eacute; la fin de la pr&eacute;sence militaire am&eacute;ricaine dans le golfe Persique est en train de se r&eacute;aliser, par des moyens qu'il n'avait pas pr&eacute;vus.</p>
<p><strong>Combien de bases am&eacute;ricaines ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;es ?</strong><br />Le Washington Post a identifi&eacute; des dommages sur 15 sites militaires am&eacute;ricains. Le g&eacute;n&eacute;ral McCaffrey affirme que l'acc&egrave;s &agrave; ces 15 bases est &laquo; probablement perdu d&eacute;finitivement &raquo;.</p>
<p><strong>La guerre contre l'Iran a-t-elle co&ucirc;t&eacute; cher aux &Eacute;tats-Unis ?</strong><br />Les six premiers jours de l'op&eacute;ration Epic Fury ont co&ucirc;t&eacute; plus de 11,3 milliards de dollars, selon une estimation du Pentagone. Les r&eacute;parations des bases pourraient atteindre 5 milliards de dollars suppl&eacute;mentaires.</p>
<p><strong>Pourquoi l'Iran a-t-il attaqu&eacute; les bases am&eacute;ricaines ?</strong><br />En riposte &agrave; l'op&eacute;ration Epic Fury lanc&eacute;e par les &Eacute;tats-Unis et Isra&euml;l en f&eacute;vrier 2026. Les frappes iraniennes visaient &agrave; d&eacute;grader la capacit&eacute; am&eacute;ricaine &agrave; poursuivre les frappes sur le territoire iranien.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 16 Sep 2026 12:35:54 +0200</pubDate>
                                    <author>La rédaction</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[Ces 6 pays qui donnent plus à l&#039;Ukraine que l&#039;Allemagne et la France réunis]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ces-6-pays-qui-donnent-plus-a-lukraine-que-lallemagne-et-la-france-reunis.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Danemark, Estonie, Lituanie, Norvège, Suède : ces pays nordiques
donnent plus de 2 % de leur PIB à l'Ukraine. La France, elle, donne
0,23 %.

Six pays nordiques...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Abeche_Ukraine06112024.jpg" alt="Ces 6 pays qui donnent plus à l&#039;Ukraine que l&#039;Allemagne et la France réunis" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Danemark, Estonie, Lituanie, Norv&egrave;ge, Su&egrave;de : ces pays nordiques donnent plus de 2 % de leur PIB &agrave; l'Ukraine. La France, elle, donne 0,23 %.</p>
<p>Six pays nordiques et baltes, 28,3 millions d'habitants, portent &agrave; eux seuls l'effort financier que les grandes puissances europ&eacute;ennes refusent d'assumer.</p>
<p>Le Danemark a donn&eacute; 2,75 % de son PIB &agrave; l'Ukraine. L'Estonie, 2,63 %. La France, 0,23 %. Ces chiffres, issus du Peterson Institute for International Economics et de l'Institut Kiel, racontent une Europe &agrave; deux vitesses. D'un c&ocirc;t&eacute;, des pays de 1,3 ou 5 millions d'habitants qui saignent leur budget pour Kiev. De l'autre, des g&eacute;ants &eacute;conomiques qui regardent ailleurs. Steigan, blogueur norv&eacute;gien, r&eacute;sume la fracture : &laquo; 5,3 % de la population europ&eacute;enne consacre plus de 2 % du PIB &agrave; l'Ukraine. 83,4 % donnent moins de 1 %. &raquo;</p>
<p>Ce n'est pas une opinion. C'est un rapport de force.</p>
<h2>Le classement que personne ne veut regarder en face</h2>
<p>Denmark. 2,75 % du PIB. Estonia. 2,63 %. Lithuania. 1,91 %. Latvia. 1,64 %. Sweden. 1,42 %.</p>
<p>Ces cinq pays, tous nordiques ou baltes, occupent le sommet du classement mondial de l'aide militaire bilat&eacute;rale &agrave; l'Ukraine, mesur&eacute;e en pourcentage de leur &eacute;conomie. La donn&eacute;e provient du Peterson Institute for International Economics (PIIE), une institution de recherche bas&eacute;e &agrave; Washington, qui s'appuie sur les donn&eacute;es du Ukraine Support Tracker de l'Institut Kiel.</p>
<p>Plus bas dans le tableau, la chute est brutale. Allemagne : 0,53 %. Royaume-Uni : 0,50 %. &Eacute;tats-Unis : 0,32 %. France : 0,23 %. Italie : 0,09 %. Espagne : 0,06 %.</p>
<p>Autrement dit : le Danemark, 5,9 millions d'habitants, consacre &agrave; la d&eacute;fense de l'Ukraine une part de son &eacute;conomie presque neuf fois sup&eacute;rieure &agrave; celle des &Eacute;tats-Unis, premi&egrave;re puissance militaire mondiale.</p>
<h2>Ces pays qui portent l'effort que les grands esquivent</h2>
<p>Paul Steigan, &eacute;diteur du site norv&eacute;gien Steigan.no, a compil&eacute; ces donn&eacute;es dans une analyse publi&eacute;e en septembre 2026. Sa conclusion, reprise par plusieurs m&eacute;dias internationaux, est sans appel : la solidarit&eacute; europ&eacute;enne avec Kiev est un mythe statistique.</p>
<p>Selon ses calculs, les pays nordiques et baltes Danemark, Estonie, Lituanie, Norv&egrave;ge, Su&egrave;de, Lettonie repr&eacute;sentent 28,3 millions d'habitants. Ensemble, ils allouent plus de 2 % de leur PIB &agrave; l'Ukraine.</p>
<p>Un deuxi&egrave;me groupe Finlande, Pays-Bas, Pologne totalise 60,2 millions de personnes. Leur contribution se situe entre 1 % et 2 % du PIB.</p>
<p>Un troisi&egrave;me ensemble Allemagne, Royaume-Uni, Slovaquie, Belgique, Croatie, Luxembourg rassemble 174,8 millions d'habitants. Leur effort : entre 0,5 % et 1 %.</p>
<p>Et puis il y a le reste. Islande, Bulgarie, R&eacute;publique tch&egrave;que, Slov&eacute;nie, Italie, Roumanie, Suisse, Espagne, Portugal, Irlande, Gr&egrave;ce, Autriche, Hongrie, Chypre, Malte. Et la France. 271,4 millions d'habitants. Moins de 0,5 % du PIB pour l'Ukraine.</p>
<p>Steigan pousse la logique jusqu'au bout : &laquo; Seulement environ un Europ&eacute;en sur vingt vit dans ce groupe de pays qui ont allou&eacute; plus de 2 % du PIB &agrave; l'Ukraine &raquo;.</p>
<p><strong>Ce que ces chiffres ne disent pas</strong></p>
<p>Ils ne mesurent pas l'aide humanitaire. Ils ne capturent pas les contributions via l'Union europ&eacute;enne, qui transitent par Bruxelles et non par des canaux bilat&eacute;raux. Ils ne disent rien non plus de la qualit&eacute; de l'aide, de sa rapidit&eacute;, de son impact sur le terrain.</p>
<p>Mais ils posent une question simple, que ni Berlin ni Paris n'ont vraiment adress&eacute;e : pourquoi les plus petits paient-ils le plus ?</p>
<h2>La g&eacute;ographie explique la moiti&eacute; du myst&egrave;re</h2>
<p>Le PIIE a identifi&eacute; deux facteurs principaux pour expliquer ces &eacute;carts. Le premier est la distance &agrave; Moscou. Plus un pays est proche de la Russie, plus sa contribution &agrave; la d&eacute;fense ukrainienne est &eacute;lev&eacute;e. La g&eacute;ographie explique &agrave; elle seule pr&egrave;s de la moiti&eacute; des diff&eacute;rences entre &Eacute;tats membres de l'UE.</p>
<p>Le second est le niveau de dette publique au moment de l'invasion russe. Les pays qui affichaient une dette faible disposaient d'une marge de man&oelig;uvre budg&eacute;taire pour augmenter leurs d&eacute;penses militaires sans sacrifier d'autres postes. Le Danemark et l'Estonie en sont les exemples les plus frappants : tous deux ont largement d&eacute;pass&eacute; ce que leur position g&eacute;ographique et fiscale laissait pr&eacute;sager.</p>
<p>Ensemble, ces deux facteurs proximit&eacute; et dette expliquent environ 60 % des &eacute;carts de contribution entre les &Eacute;tats membres de l'UE.</p>
<p>Le reste ? Des choix politiques.</p>
<h2>Le refus qui a fait exploser la fracture</h2>
<p>En mai 2026, le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'OTAN, Mark Rutte, a propos&eacute; que les pays membres consacrent un minimum de 0,25 % de leur PIB &agrave; l'aide militaire &agrave; l'Ukraine. L'objectif : p&eacute;renniser le soutien &agrave; Kiev alors que l'aide am&eacute;ricaine s'effrite sous la pr&eacute;sidence de Donald Trump.</p>
<p>La proposition a &eacute;t&eacute; enterr&eacute;e.</p>
<p>Selon le Telegraph, cinq pays ont bloqu&eacute; le m&eacute;canisme : le Royaume-Uni, la France, l'Espagne, l'Italie et le Canada. Tous ont une chose en commun : ils sont loin du seuil de 0,25 %. La France est &agrave; 0,23 % sur la p&eacute;riode couverte. L'Italie &agrave; 0,09 %. L'Espagne &agrave; 0,06 %.</p>
<p>Sept pays ont soutenu le plan. Tous avaient d&eacute;j&agrave; d&eacute;pass&eacute; les 0,25 % : les Pays-Bas, la Pologne, et les &Eacute;tats nordiques et baltes.</p>
<p>Le message est clair. Les pays qui faisaient d&eacute;j&agrave; plus que demand&eacute; voulaient que les autres suivent. Les pays qui faisaient moins ont refus&eacute; de s'engager.</p>
<h2>Ce que disent les int&eacute;ress&eacute;s</h2>
<p>Interrog&eacute; sur ces &eacute;carts, un diplomate europ&eacute;en en poste &agrave; Bruxelles, qui a requis l'anonymat faute d'autorisation de parler publiquement, reconna&icirc;t une &laquo; fatigue de l'aide &raquo; dans les grandes capitales. &laquo; La France et l'Allemagne ont des budgets contraints, des opinions publiques r&eacute;ticentes. Mais le vrai probl&egrave;me, c'est l'absence de vision commune. Chacun regarde ses int&eacute;r&ecirc;ts. &raquo;</p>
<p>Du c&ocirc;t&eacute; des pays nordiques, la lecture est diff&eacute;rente. &laquo; Nous ne donnons pas par g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;. Nous donnons parce que nous savons ce que signifie avoir la Russie &agrave; nos fronti&egrave;res &raquo;, confie un responsable estonien, joint par t&eacute;l&eacute;phone. &laquo; Si l'Ukraine tombe, nous sommes les suivants. C'est aussi simple que &ccedil;a. &raquo;</p>
<p>Ces propos n'ont pas pu &ecirc;tre confirm&eacute;s par une source officielle. Nous les rapportons tels qu'ils nous ont &eacute;t&eacute; transmis.</p>
<h2>La France et l'Allemagne face &agrave; leur contradiction</h2>
<p>Paris et Berlin r&eacute;p&egrave;tent que leur soutien &agrave; Kiev est total. Les chiffres disent autre chose.</p>
<p>La France a fourni une aide militaire &eacute;quivalant &agrave; 0,23 % de son PIB entre janvier 2022 et octobre 2025. L'Allemagne, 0,53 %. Ces deux pays, moteurs de l'Union europ&eacute;enne, se situent derri&egrave;re la Slovaquie (0,68 %), la Belgique (0,58 %) et la Pologne (0,68 %).</p>
<p>Pire : le PIIE identifie l'Allemagne et la Pologne comme les deux pays ayant donn&eacute; moins que ce que leur position g&eacute;ographique et fiscale laissait attendre.</p>
<p>Pour Berlin, l'explication tient &agrave; la lenteur de la machine bureaucratique et &agrave; la prudence historique de l'Allemagne sur les questions militaires. Pour la Pologne, le discours pro-ukrainien le plus bruyant d'Europe ne s'est pas traduit dans les m&ecirc;mes proportions budg&eacute;taires.</p>
<h2>Ce que cela change pour l'Afrique et le Cameroun</h2>
<p>La guerre en Ukraine a des r&eacute;percussions bien au-del&agrave; de l'Europe. Flamb&eacute;e des prix des c&eacute;r&eacute;ales, des engrais, de l'&eacute;nergie. Le Cameroun, comme une grande partie de l'Afrique, subit les cons&eacute;quences &eacute;conomiques d'un conflit qu'il n'a pas choisi.</p>
<p>Pendant ce temps, l'architecture de s&eacute;curit&eacute; europ&eacute;enne se redessine autour d'un principe simple : ceux qui se sentent menac&eacute;s paient. Ceux qui se sentent prot&eacute;g&eacute;s par la distance ou par l'OTAN paient moins.</p>
<p>Une le&ccedil;on que les pays africains, confront&eacute;s &agrave; leurs propres menaces s&eacute;curitaires Boko Haram, crises au Sahel, instabilit&eacute; en Afrique centrale observent avec un m&eacute;lange d'int&eacute;r&ecirc;t et d'amertume. Sur 54 &Eacute;tats africains, moins d'une dizaine ont soutenu activement les r&eacute;solutions de l'ONU condamnant l'invasion russe. La position africaine dominante reste le non-alignement.</p>
<p>Le plan de Rutte est mort. Mais la question qu'il a pos&eacute;e reste vivante : combien vaut la solidarit&eacute; europ&eacute;enne ?</p>
<p>L'Union europ&eacute;enne r&eacute;fl&eacute;chit &agrave; un nouveau paquet d'aide de 70 milliards d'euros pour l'Ukraine, qui pourrait &ecirc;tre annonc&eacute; au sommet de l'OTAN &agrave; Ankara. L'aide militaire europ&eacute;enne est pass&eacute;e d'environ 4 milliards d'euros par mois en 2025 &agrave; 2 milliards en 2026.</p>
<p>Le soutien faiblit. Les pays nordiques et baltes, eux, n'ont pas annonc&eacute; de baisse.</p>
<p>Une question demeure : combien de temps six petits pays peuvent-ils porter une guerre que les grands refusent d'assumer ?</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi le Danemark donne-t-il plus que les &Eacute;tats-Unis &agrave; l'Ukraine ?</strong><br />Parce qu'il mesure son aide en pourcentage de son PIB, pas en valeur absolue. Les &Eacute;tats-Unis donnent plus en euros, mais leur &eacute;conomie est environ 30 fois plus grande. Rapport&eacute; &agrave; leur richesse, les Danois donnent neuf fois plus.</p>
<p><strong>Les chiffres de Steigan sont-ils fiables ?</strong><br />Ils reposent sur les donn&eacute;es de l'Institut Kiel, une source reconnue. Mais Steigan est un blogueur norv&eacute;gien avec une ligne &eacute;ditoriale critique de l'aide &agrave; l'Ukraine. Les pourcentages cit&eacute;s varient l&eacute;g&egrave;rement selon les p&eacute;riodes et les p&eacute;rim&egrave;tres retenus (aide militaire seule, ou militaire + financi&egrave;re + humanitaire). &Agrave; prendre avec les pr&eacute;cautions d'usage.</p>
<p><strong>Pourquoi la France donne-t-elle si peu ?</strong><br />Officiellement, Paris invoque des contraintes budg&eacute;taires et une approche diff&eacute;rente de l'aide, davantage tourn&eacute;e vers les livraisons d'armes que vers les transferts financiers directs. Mais le PIIE note que la France fait partie des pays qui donnent moins que ce que leur situation &eacute;conomique permettrait.</p>
<p><strong>L'Union europ&eacute;enne ne compense-t-elle pas ces &eacute;carts ?</strong><br />Si, en partie. L'UE a fourni environ 95 milliards d'euros d'aide &agrave; l'Ukraine depuis 2022, via des canaux communs. Mais ces contributions sont r&eacute;parties selon des cl&eacute;s de calcul qui ne refl&egrave;tent pas les efforts bilat&eacute;raux des &Eacute;tats membres.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 15 Sep 2026 11:50:05 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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