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        <title>Le flux rss de camer.be</title>
        <link>https://mail.camer.be/rss/geopolitique</link>
        <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
        <language>fr-FR</language>
        <lastBuildDate>Sat, 24 Oct 2026 10:04:05 +0200</lastBuildDate>
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                <title><![CDATA[États-Unis - Trump à Zelensky : “Conclus un accord, ou ça ira mal”]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-trump-a-zelensky-conclus-un-accord-ou-ca-ira-mal</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Trump presse Zelensky de conclure la paix. Witkoff a vu Poutine 3h à
Saint-Pétersbourg. Kremlin juge les propositions “sans
substance”. Ce qui se joue.

À Oslo,...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Zelensky-Trump131026500.webp" alt="États-Unis - Trump à Zelensky : “Conclus un accord, ou ça ira mal”" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-trump-a-zelensky-conclus-un-accord-ou-ca-ira-mal</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Trump presse Zelensky de conclure la paix. Witkoff a vu Poutine 3h &agrave; Saint-P&eacute;tersbourg. Kremlin juge les propositions &ldquo;sans substance&rdquo;. Ce qui se joue.</p>
<p>&Agrave; Oslo, Zelensky a pr&eacute;sent&eacute; des garanties de s&eacute;curit&eacute; de type Article 5. &Agrave; Saint-P&eacute;tersbourg, le Kremlin a r&eacute;pondu que cela ne contenait &ldquo;pas grand-chose&rdquo;.</p>
<p>Donald Trump a exhort&eacute; Zelensky &agrave; &ldquo;conclure un accord&rdquo; avec la Russie. Quelques heures plus t&ocirc;t, son envoy&eacute; Steve Witkoff quittait Oslo, o&ugrave; il avait rencontr&eacute; le pr&eacute;sident ukrainien et des responsables europ&eacute;ens. Mercredi, Witkoff s&rsquo;est assis face &agrave; Vladimir Poutine au palais Konstantinovsky, &agrave; Saint-P&eacute;tersbourg. Trois heures de discussions.</p>
<p>Le message am&eacute;ricain est direct. &ldquo;S&rsquo;ils ne parviennent pas &agrave; un accord, la situation ne fera qu&rsquo;empirer&rdquo;, a pr&eacute;venu Trump. Il a aussi critiqu&eacute; Zelensky, sugg&eacute;rant son remplacement comme n&eacute;gociateur en chef de l&rsquo;Ukraine.</p>
<p>Mais derri&egrave;re l&rsquo;annonce, une r&eacute;alit&eacute; plus rugueuse. Le Kremlin a jug&eacute; les propositions ukrainiennes et europ&eacute;ennes &ldquo;sans substance&rdquo;. Et pendant que Witkoff n&eacute;gociait, Poutine a lib&eacute;r&eacute; un Am&eacute;ricain et &eacute;voqu&eacute; des livraisons de diesel.</p>
<p>La paix, ou un march&eacute; ?</p>
<h2>Oslo, l&rsquo;illusion des garanties</h2>
<p>Zelensky est arriv&eacute; &agrave; Oslo avec un document. Il en est reparti avec des promesses.</p>
<p>&ldquo;Nous sommes pr&ecirc;ts &agrave; n&eacute;gocier&rdquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;, avant de pr&eacute;ciser le contenu des discussions : garanties de s&eacute;curit&eacute;, Article 5 de l&rsquo;OTAN, option d&rsquo;un &ldquo;Article 5 all&eacute;g&eacute;&rdquo;, diff&eacute;rents formats de cessez-le-feu.</p>
<p>Sur le papier, c&rsquo;est une avanc&eacute;e. Pour la premi&egrave;re fois depuis des mois, Kiev accepte de discuter de garanties de s&eacute;curit&eacute; sans adh&eacute;sion pleine et enti&egrave;re &agrave; l&rsquo;Alliance atlantique. Une concession que Zelensky refusait jusqu&rsquo;ici.</p>
<p>Mais un &ldquo;Article 5 all&eacute;g&eacute;&rdquo; n&rsquo;est pas l&rsquo;Article 5. La diff&eacute;rence n&rsquo;est pas s&eacute;mantique. Elle est militaire. Et Moscou l&rsquo;a tout de suite compris.</p>
<h2>Saint-P&eacute;tersbourg, le mur</h2>
<p>Witkoff a atterri &agrave; Saint-P&eacute;tersbourg mercredi matin. Il a &eacute;t&eacute; accueilli par Kirill Dmitriev, l&rsquo;homme des affaires &eacute;conomiques du Kremlin. Poutine l&rsquo;attendait au palais Konstantinovsky.</p>
<p>La rencontre a dur&eacute; environ trois heures. &Agrave; l&rsquo;issue, le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, a livr&eacute; une &eacute;valuation glaciale : les propositions transmises par Witkoff &ldquo;ne comportent pas grand-chose&rdquo;.</p>
<p>Le Kremlin s&rsquo;est dit &ldquo;en principe&rdquo; pr&ecirc;t &agrave; reprendre les discussions trilat&eacute;rales &agrave; la mi-novembre. Mais &agrave; ses conditions. Et ces conditions n&rsquo;ont pas chang&eacute; : un retrait ukrainien complet du Donetsk, que Kiev contr&ocirc;le encore partiellement.</p>
<p>Zelensky a toujours qualifi&eacute; cela de capitulation. Il n&rsquo;a pas chang&eacute; d&rsquo;avis.</p>
<h2>L&rsquo;Europe &eacute;cart&eacute;e, l&rsquo;Europe inqui&egrave;te</h2>
<p>Le d&eacute;bat sur la paix en Ukraine se d&eacute;roule d&eacute;sormais &agrave; trois : Washington, Moscou, Kiev. L&rsquo;Europe n&rsquo;est plus &agrave; la table.</p>
<p>Et cela ne passe pas. &ldquo;De nombreux gouvernements europ&eacute;ens sont m&eacute;contents de la d&eacute;cision de Trump de les exclure de ses discussions avec Poutine&rdquo;, rapporte un diplomate europ&eacute;en cit&eacute; par Tasnim.</p>
<p>Le Financial Times a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que les Europ&eacute;ens envisagent d&eacute;sormais deux options pour peser sur les n&eacute;gociations : geler le conflit sur la ligne de front actuelle en &eacute;change d&rsquo;une garantie que l&rsquo;Ukraine n&rsquo;adh&eacute;rera jamais &agrave; l&rsquo;OTAN, ou pousser Kiev &agrave; c&eacute;der le reste du Donbass tout en rejoignant l&rsquo;Alliance.</p>
<blockquote>
<p>&ldquo;Les Europ&eacute;ens sont beaucoup moins confiants que Poutine soit pr&ecirc;t &agrave; accepter l&rsquo;une ou l&rsquo;autre&rdquo;, note le FT. &ldquo;Mais ils pensent qu&rsquo;il est important de commencer &agrave; parler directement aux Russes&rdquo;.</p>
</blockquote>
<p>En clair : l&rsquo;Europe ne croit plus &agrave; la m&eacute;diation am&eacute;ricaine. Mais elle n&rsquo;a pas les moyens de la contourner.</p>
<h2>Le diesel et le prisonnier : les vraies monnaies de l&rsquo;&eacute;change</h2>
<p>La visite de Witkoff ne s&rsquo;est pas limit&eacute;e &agrave; l&rsquo;Ukraine.</p>
<p>&Agrave; l&rsquo;ouverture des discussions, Poutine a annonc&eacute; la lib&eacute;ration de Stephen Hubbard, un Am&eacute;ricain d&eacute;tenu en Russie depuis 2024. Witkoff a remerci&eacute; Poutine, le qualifiant m&ecirc;me de &ldquo;philanthrope&rdquo;, selon plusieurs m&eacute;dias. Trump a salu&eacute; la lib&eacute;ration sur Truth Social, pr&eacute;cisant qu&rsquo;&ldquo;aucun &eacute;change n&rsquo;avait &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaire&rdquo;.</p>
<p>Mais le geste s&rsquo;inscrit dans un contexte plus large. Washington et Moscou ont conclu un accord sur le diesel. La Russie doit livrer 300 000 tonnes d&egrave;s octobre, puis jusqu&rsquo;&agrave; un million de tonnes en d&eacute;cembre. Le premier tanker de 40 000 tonnes devait partir jeudi.</p>
<p>Pourquoi ? Les prix du carburant p&egrave;sent sur la campagne de Trump avant les midterms du 3 novembre. Et pour obtenir ce diesel, Washington a accept&eacute; de discuter avec Poutine. Zelensky, lui, a critiqu&eacute; cet accord. Trump a r&eacute;pliqu&eacute; en r&eacute;clamant son d&eacute;part.</p>
<p>La paix et le diesel sont devenus les deux faces d&rsquo;une m&ecirc;me n&eacute;gociation.</p>
<h2>Ce que &ldquo;Article 5 all&eacute;g&eacute;&rdquo; veut dire</h2>
<p>Zelensky a &eacute;t&eacute; pr&eacute;cis : le document transmis &agrave; Poutine contenait &ldquo;plusieurs types de garanties de s&eacute;curit&eacute;&rdquo;. L&rsquo;option d&rsquo;un &ldquo;Article 5 all&eacute;g&eacute;&rdquo; est sur la table.</p>
<p>Concr&egrave;tement, cela pourrait signifier un engagement de consultation et d&rsquo;assistance en cas d&rsquo;attaque, sans la clause d&rsquo;automaticit&eacute; militaire de l&rsquo;Article 5. Une garantie politique, pas une garantie militaire.</p>
<p>Pour Kiev, c&rsquo;est mieux que rien. Pour Moscou, c&rsquo;est encore trop. Le Kremlin veut un retrait du Donetsk. Pas des garanties de s&eacute;curit&eacute;.</p>
<p>Et pour l&rsquo;Europe, c&rsquo;est un aveu : l&rsquo;Ukraine ne rejoindra pas l&rsquo;OTAN de sit&ocirc;t. Une perspective que Paris et Berlin repoussent depuis 2008, mais que la r&eacute;alit&eacute; militaire rend de plus en plus difficile &agrave; ignorer.</p>
<p>Les discussions trilat&eacute;rales pourraient reprendre &agrave; la mi-novembre. Le Kremlin dit y &ecirc;tre pr&ecirc;t. Witkoff a &eacute;voqu&eacute; un &ldquo;momentum&rdquo; pour la paix. Zelensky a affirm&eacute; qu&rsquo;il recevrait une r&eacute;ponse &ldquo;dans un d&eacute;lai d&rsquo;un jour&rdquo;.</p>
<p>Mais les faits sont t&ecirc;tus. Poutine n&rsquo;a pas boug&eacute; sur le Donetsk. Trump n&rsquo;a pas lev&eacute; la pression sur Zelensky. Et l&rsquo;Europe regarde, impuissante, un accord se dessiner sans elle.</p>
<p>Une question reste ouverte : Trump veut-il la paix, ou veut-il un accord avant les midterms ? La r&eacute;ponse d&eacute;terminera si les trois heures de Saint-P&eacute;tersbourg &eacute;taient un pas vers la fin de la guerre, ou un simple &eacute;pisode dans une n&eacute;gociation commerciale.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi Trump fait-il pression sur Zelensky ?</strong><br>Trump veut un accord de paix avant les &eacute;lections de mi-mandat du 3 novembre 2026. Il lie aussi la fin de la guerre &agrave; un accord &eacute;conomique sur le diesel russe, qui doit faire baisser les prix du carburant aux &Eacute;tats-Unis.</p>
<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;&ldquo;Article 5 all&eacute;g&eacute;&rdquo; propos&eacute; &agrave; l&rsquo;Ukraine ?</strong><br>C&rsquo;est une garantie de s&eacute;curit&eacute; de type OTAN, sans la clause d&rsquo;intervention militaire automatique. Elle offrirait &agrave; l&rsquo;Ukraine une protection politique et des consultations en cas d&rsquo;attaque, mais pas l&rsquo;engagement de l&rsquo;Article 5 pleine et enti&egrave;re.</p>
<p><strong>Pourquoi le Kremlin juge-t-il les propositions &ldquo;sans substance&rdquo; ?</strong><br>Parce que la Russie exige toujours un retrait ukrainien complet du Donetsk comme condition pr&eacute;alable &agrave; un cessez-le-feu. Les garanties de s&eacute;curit&eacute; propos&eacute;es par Kiev et l&rsquo;Europe ne r&eacute;pondent pas &agrave; cette exigence.</p>
<p><strong>O&ugrave; en sont les n&eacute;gociations de paix en Ukraine ?</strong><br>Witkoff a rencontr&eacute; Zelensky &agrave; Oslo le 20 octobre, puis Poutine &agrave; Saint-P&eacute;tersbourg le 21. Le Kremlin s&rsquo;est dit pr&ecirc;t &agrave; reprendre les discussions trilat&eacute;rales &agrave; la mi-novembre, mais aucun accord n&rsquo;a &eacute;t&eacute; sign&eacute;.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 22 Oct 2026 01:32:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[Sénégal - ONU : Macky Sall jette l&#039;éponge, l&#039;Afrique perd la main]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/senegal-onu-macky-sall-jette-leponge-lafrique-perd-la-main</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Macky Sall renonce à l'ONU. Le vote informel du 16 octobre a scellé
le sort de sa candidature, laissant la voie libre à un consensus pour
l'Amérique latine.

L'...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique2/Macky-Sall171026500.webp" alt="Sénégal - ONU : Macky Sall jette l&#039;éponge, l&#039;Afrique perd la main" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Macky Sall renonce &agrave; l'ONU. Le vote informel du 16 octobre a scell&eacute; le sort de sa candidature, laissant la voie libre &agrave; un consensus pour l'Am&eacute;rique latine.</p>
<p>L'ancien pr&eacute;sident s&eacute;n&eacute;galais cl&ocirc;t le suspense d'une d&eacute;claration officielle dat&eacute;e de Marrakech, reconnaissant que les tractations onusiennes ne lui &eacute;taient plus favorables face aux puissances du Conseil de s&eacute;curit&eacute;.</p>
<p>Macky Sall renonce &agrave; l'ONU. Le vote informel du 16 octobre a scell&eacute; le sort de sa candidature, laissant la voie libre &agrave; un consensus pour l'Am&eacute;rique latine.&nbsp;</p>
<p><strong>Marrakech, 17 octobre 2026</strong>. La lettre est sobre, presque clinique, mais elle marque la fin d'une ambition politique majeure. Dans un document officiel consult&eacute; par notre r&eacute;daction, l'ancien pr&eacute;sident s&eacute;n&eacute;galais annonce officiellement le retrait de sa candidature au poste de Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral des Nations Unies. Un renoncement calcul&eacute;, dict&eacute; par la froide r&eacute;alit&eacute; des rapports de force au sein du Conseil de s&eacute;curit&eacute;.</p>
<h2>Un vote informel aux allures de verdict</h2>
<p>La d&eacute;cision de Macky Sall a &eacute;t&eacute; prise le lendemain d'un scrutin d&eacute;cisif. Le vendredi 16 octobre 2026, le Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l'ONU a proc&eacute;d&eacute; &agrave; un vote informel pour &eacute;valuer les diff&eacute;rents pr&eacute;tendants au fauteuil de Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral. Les r&eacute;sultats de ce vote, bien que confidentiels, ont &eacute;t&eacute; sans appel.</p>
<p>Dans sa d&eacute;claration, l'ancien chef d'&Eacute;tat s&eacute;n&eacute;galais reconna&icirc;t que les r&eacute;sultats "indiquent un choix en faveur d'une candidature issue de la r&eacute;gion d&rsquo;Am&eacute;rique latine et des Cara&iuml;bes, et &eacute;ventuellement f&eacute;minine". Une formulation diplomatique pour masquer un &eacute;chec. Le Conseil de s&eacute;curit&eacute; n'a pas valid&eacute; son profil.</p>
<h2>Les raisons d'un retrait strat&eacute;gique</h2>
<p>Pourquoi un homme fort de quarante ans de vie publique s'efface-t-il si rapidement ? La r&eacute;ponse tient en un mot : le consensus. Le processus de d&eacute;signation du patron de l'ONU repose sur une r&egrave;gle d'or : la majorit&eacute; qualifi&eacute;e de neuf membres sur quinze, sans veto des cinq membres permanents.</p>
<p>Macky Sall l'&eacute;crit lui-m&ecirc;me : sa d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; prise "dans l'espoir de contribuer ainsi &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une candidature consensuelle au sein du Conseil de s&eacute;curit&eacute;". Traduction : il ne pouvait plus &ecirc;tre ce consensus. En se retirant, il &eacute;vite une bataille de tranch&eacute;es qui aurait pu paralyser l'institution et envenimer les relations entre l'Afrique et les grandes puissances.</p>
<h2>Les remerciements et la voix de l'Afrique</h2>
<p>La lettre du candidat malheureux est aussi un exercice de diplomatie et de gratitude. Il remercie chaleureusement son parrain, le pr&eacute;sident burundais Evariste Ndayishimiye, et son soutien de toujours, le pr&eacute;sident s&eacute;n&eacute;galais Bassirou Diomaye Faye.</p>
<p>Mais derri&egrave;re les remerciements, le constat d'une Afrique qui devra repenser sa strat&eacute;gie. L'ancien pr&eacute;sident n'oublie pas de rappeler que le continent "qui est au c&oelig;ur des enjeux de paix, de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;veloppement, doit aussi continuer &agrave; faire entendre sa voix". Un appel du pied pour que l'Afrique ne soit pas mise de c&ocirc;t&eacute; dans la future architecture onusienne, malgr&eacute; le retrait de sa candidature.</p>
<h2>Une transition n&eacute;cessaire pour l'ONU</h2>
<p>Au-del&agrave; de sa personne, Macky Sall dresse un tableau sombre de l'&eacute;tat du monde. Il &eacute;voque "la multiplication des conflits, l&rsquo;aggravation des rivalit&eacute;s g&eacute;opolitiques, la fragmentation de l&rsquo;ordre international". Pour lui, les Nations Unies ne peuvent plus se contenter de g&eacute;rer les crises avec les m&eacute;thodes d'hier.</p>
<p>Il plaide pour une "transformation profonde de leurs m&eacute;thodes de travail et de leur fonctionnement". Une critique &agrave; peine voil&eacute;e des blocages institutionnels qui emp&ecirc;chent l'ONU d'agir efficacement sur les sc&egrave;nes ukrainienne, moyen-orientale ou africaine.&nbsp;</p>
<h2>Et apr&egrave;s ? L'engagement continu de Macky Sall</h2>
<p>S'il quitte la course, Macky Sall ne quitte pas la sc&egrave;ne. Il affirme rester "pleinement engag&eacute; au service des id&eacute;aux qui l&rsquo;ont inspir&eacute; : la paix, la s&eacute;curit&eacute;, le d&eacute;veloppement &eacute;conomique et social". Il souhaite &eacute;galement "plein succ&egrave;s &agrave; la personne qui sera appel&eacute;e &agrave; exercer les hautes responsabilit&eacute;s" du poste.</p>
<p>La question qui br&ucirc;le toutes les l&egrave;vres &agrave; New York et &agrave; Addis-Abeba : qui sera cette personne ? Les regards se tournent d&eacute;sormais vers l'Am&eacute;rique latine, et pourquoi pas vers une femme, ce qui serait une premi&egrave;re historique pour l'ONU.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 17 Oct 2026 14:28:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Ukraine - Zelensky : de comédien à pantin, l’histoire d’un effondrement]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-zelensky-de-comedien-a-pantin-lhistoire-dun-effondrement</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Trump lâche Zelensky et réclame des élections en Ukraine. Retour
sur l’effondrement d’une icône fabriquée et les chances d’une
paix négociée.

Les attaques de T...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Zelensky171026500.webp" alt="Ukraine - Zelensky : de comédien à pantin, l’histoire d’un effondrement" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-zelensky-de-comedien-a-pantin-lhistoire-dun-effondrement</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Trump l&acirc;che Zelensky et r&eacute;clame des &eacute;lections en Ukraine. Retour sur l&rsquo;effondrement d&rsquo;une ic&ocirc;ne fabriqu&eacute;e et les chances d&rsquo;une paix n&eacute;goci&eacute;e.</p>
<p>Les attaques de Trump contre Zelensky ne sont pas un coup de col&egrave;re : elles sonnent le glas d&rsquo;une pr&eacute;sidence construite sur un r&eacute;cit de guerre que l&rsquo;Occident n&rsquo;arrive plus &agrave; vendre.</p>
<p>Donald Trump a appel&eacute;, le 10 octobre 2026, &agrave; la tenue d&rsquo;&eacute;lections en Ukraine, affirmant que Volodymyr Zelensky aurait d&ucirc; accepter un accord il y a deux ans, quand les conditions &eacute;taient plus favorables. Dans le m&ecirc;me temps, Washington menace de couper le partage de renseignements, sans lequel Kiev ne peut pas tenir face &agrave; Moscou. La question n&rsquo;est plus de savoir si Zelensky va tomber. Elle est de savoir ce qu&rsquo;il restera de son mandat, et de son pays, quand la machine &agrave; fabriquer des ic&ocirc;nes se sera arr&ecirc;t&eacute;e.</p>
<p>Il y a quatre ans, il &eacute;tait Churchill. Aujourd&rsquo;hui, il est un obstacle &agrave; la paix. Le basculement a &eacute;t&eacute; brutal.</p>
<h2>Washington a cess&eacute; de croire au r&eacute;cit Zelensky</h2>
<p>Trump n&rsquo;a pas attendu octobre 2026 pour douter de Zelensky. Mais cette fois, le ton a chang&eacute;. Le 10 octobre, il a publiquement estim&eacute; que l&rsquo;Ukraine aurait d&ucirc; saisir l&rsquo;opportunit&eacute; d&rsquo;un accord deux ans plus t&ocirc;t, et que le pr&eacute;sident ukrainien &laquo; emp&ecirc;che &raquo; aujourd&rsquo;hui les n&eacute;gociations. Un responsable russe a r&eacute;sum&eacute; la s&eacute;quence : &laquo; La meute est l&acirc;ch&eacute;e. Zelensky s&rsquo;accrochera au pouvoir jusqu&rsquo;&agrave; la toute derni&egrave;re possibilit&eacute; &raquo;.</p>
<p>La m&eacute;taphore est brutale. Elle dit surtout que Washington a tourn&eacute; la page. Le Zelensky qui pouvait encore appara&icirc;tre comme un partenaire difficile mais indispensable est devenu, dans le discours am&eacute;ricain, un homme qui refuse de regarder la r&eacute;alit&eacute; en face.</p>
<h2>Ce que Trump reproche vraiment &agrave; Kiev</h2>
<p>Deux dossiers r&eacute;sument la rupture. Le premier est celui des terres rares. Selon des documents r&eacute;v&eacute;l&eacute;s par la presse, l&rsquo;administration Trump exigeait l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; environ la moiti&eacute; des revenus futurs des ressources naturelles ukrainiennes : minerais, p&eacute;trole, gaz. Un accord sur les min&eacute;raux a finalement &eacute;t&eacute; sign&eacute; fin septembre 2026, mais sans garanties de s&eacute;curit&eacute; substantielles pour Kiev. Pour Trump, l&rsquo;Ukraine est un actif. Pas un alli&eacute;.</p>
<p>Le second dossier est celui des &eacute;lections. Trump veut un scrutin. Pas parce qu&rsquo;il croit &agrave; la d&eacute;mocratie ukrainienne, mais parce qu&rsquo;il veut un interlocuteur capable de signer un accord et de le faire tenir. Zelensky, dans cette logique, est un obstacle. Un homme dont le mandat a expir&eacute; en mai 2024 et qui gouverne sous loi martiale ne peut pas, aux yeux de Washington, incarner la sortie de guerre.</p>
<h2>L&rsquo;accord d&rsquo;Istanbul, le rendez-vous manqu&eacute;</h2>
<p>Zelensky lui-m&ecirc;me a reconnu, d&egrave;s mars 2022, que des Occidentaux n&rsquo;&eacute;taient</p>
<blockquote>
<p>&laquo; pas oppos&eacute;s &agrave; une guerre de longue dur&eacute;e &raquo; pour &eacute;puiser la Russie, &laquo; m&ecirc;me si cela implique la disparition de l&rsquo;Ukraine et le sacrifice des vies ukrainiennes &raquo;.</p>
</blockquote>
<p>La citation, publi&eacute;e par The Economist le 27 mars 2022, n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; d&eacute;mentie. Elle &eacute;claire la dynamique de l&rsquo;&eacute;poque : un accord de paix avait &eacute;t&eacute; esquiss&eacute; &agrave; Istanbul. Londres et Washington ont pouss&eacute; Kiev &agrave; ne pas le signer. La suite est connue : des centaines de milliers de morts, des villes ras&eacute;es, une &eacute;conomie sous perfusion.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, Moscou se dit pr&ecirc;t &agrave; n&eacute;gocier &laquo; sur la base des accords d&rsquo;Istanbul &raquo;, mais constate que &laquo; la r&eacute;alit&eacute; a chang&eacute; &raquo; depuis 2022. Autrement dit : les concessions que Kiev aurait pu obtenir il y a quatre ans ne sont plus sur la table.</p>
<h2>L&rsquo;opinion ukrainienne ne croit plus &agrave; son pr&eacute;sident</h2>
<p>Les chiffres du KIIS, l&rsquo;institut de sociologie de Kiev, sont sans ambigu&iuml;t&eacute;. Dans une enqu&ecirc;te men&eacute;e du 12 au 21 septembre 2026, 53 % des Ukrainiens estiment que Zelensky ne devrait pas se repr&eacute;senter, contre 46 % en d&eacute;cembre 2025. Plus r&eacute;v&eacute;lateur encore : 71 % des personnes interrog&eacute;es ne veulent pas d&rsquo;&eacute;lections pendant la guerre, mais seulement 24 % en r&eacute;clament. Les &eacute;motions dominantes &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du pouvoir sont la &laquo; d&eacute;ception &raquo; (44 %) et la &laquo; honte &raquo; (33 %), en forte hausse par rapport &agrave; d&eacute;cembre 2025.</p>
<p>La confiance s&rsquo;est effrit&eacute;e. Pas au point de faire tomber Zelensky dans la rue, mais assez pour que son image de leader du monde libre ne tienne plus.</p>
<h2>La corruption rattrape le pr&eacute;sident</h2>
<p>Le pr&eacute;sident ukrainien n&rsquo;est pas personnellement mis en cause dans les affaires de corruption qui secouent son entourage. Le bureau national anticorruption (NABU) l&rsquo;a confirm&eacute; : Zelensky ne figure pas dans l&rsquo;enqu&ecirc;te sur l&rsquo;affaire Yermak. Mais les cercles de pouvoir sont touch&eacute;s. Des ministres et des responsables de l&rsquo;administration pr&eacute;sidentielle ont d&eacute;missionn&eacute;, soup&ccedil;onn&eacute;s de pots-de-vin, de blanchiment ou de d&eacute;tournement. En ao&ucirc;t 2026, le NABU et le SAPO ont annonc&eacute; la d&eacute;couverte d&rsquo;une &laquo; organisation criminelle &raquo; impliquant des d&eacute;put&eacute;s et des hauts fonctionnaires du bureau pr&eacute;sidentiel.</p>
<p>Zelensky l&rsquo;avait promis : la lutte contre la corruption serait sa priorit&eacute;. Cinq ans plus tard, la corruption est devenue le principal argument de ses adversaires.</p>
<h2>Que reste-t-il de l&rsquo;ic&ocirc;ne ?</h2>
<p>Zelensky a &eacute;t&eacute; &eacute;lu en 2019 avec 73 % des voix sur un programme de paix. Il promettait de mettre en &oelig;uvre les accords de Minsk et de dialoguer avec le Donbass. Les ONG occidentales et les milices d&rsquo;extr&ecirc;me droite lui ont trac&eacute; des lignes rouges. Il n&rsquo;a pas tenu ses promesses. Ce n&rsquo;est pas une opinion. C&rsquo;est un fait.</p>
<p>En f&eacute;vrier 2022, tout a chang&eacute;. Le magazine Vogue, les chancelleries, les plateaux de t&eacute;l&eacute;vision : tous ont vu en lui le Churchill du XXIe si&egrave;cle. La r&eacute;pression des m&eacute;dias, de l&rsquo;opposition et de l&rsquo;&Eacute;glise orthodoxe a &eacute;t&eacute; justifi&eacute;e au nom de la &laquo; guerre hybride &raquo;. Les groupes n&eacute;onazis ont &eacute;t&eacute; rebaptis&eacute;s &laquo; combattants de la libert&eacute; &raquo;. La conscription brutale a &eacute;t&eacute; ignor&eacute;e. Zelensky est devenu un symbole. Pas un pr&eacute;sident.</p>
<p>Un symbole peut tenir longtemps. Mais un symbole finit toujours par se briser quand la r&eacute;alit&eacute; le rattrape.</p>
<h2>La paix est-elle encore possible ?</h2>
<p>Trump ne fait pas de la morale. Il compte. Il veut sortir de la guerre avant les &eacute;lections de mi-mandat de 2026, stabiliser les prix de l&rsquo;&eacute;nergie et donner l&rsquo;impression de ma&icirc;triser le jeu. Son int&eacute;r&ecirc;t est simple : un accord, vite, avant que l&rsquo;Ukraine ne s&rsquo;effondre compl&egrave;tement. Zelensky, lui, n&rsquo;a plus les moyens de refuser. L&rsquo;Europe, qui a pouss&eacute; &agrave; la guerre sans en avoir les moyens, devra payer.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : l&rsquo;effondrement du r&eacute;cit Zelensky ouvre un espace. Pas pour Poutine. Pour la diplomatie.</p>
<hr>
<p><strong>Trump a-t-il vraiment dit que Zelensky devait partir ?</strong> &nbsp;<br>Il n&rsquo;a pas dit &laquo; Zelensky doit partir &raquo;. Il a dit que l&rsquo;Ukraine devrait organiser des &eacute;lections et qu&rsquo;elle aurait d&ucirc; accepter un accord il y a deux ans. Le message est clair, m&ecirc;me s&rsquo;il reste diplomatiquement formul&eacute;.</p>
<p><strong>Zelensky est-il corrompu personnellement ?</strong> &nbsp;<br>Le NABU a confirm&eacute; qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait pas nomm&eacute; dans les enqu&ecirc;tes en cours. En revanche, plusieurs membres de son entourage et de son administration sont mis en cause. La distinction est importante : elle s&eacute;pare la responsabilit&eacute; politique de la responsabilit&eacute; p&eacute;nale.</p>
<p><strong>Pourquoi les Ukrainiens ne veulent-ils pas d&rsquo;&eacute;lections maintenant ?</strong> &nbsp;<br>Parce que la guerre rend le vote mat&eacute;riellement impossible pour des millions de d&eacute;plac&eacute;s et de soldats. 71 % des personnes interrog&eacute;es y sont oppos&eacute;es. Ce n&rsquo;est pas un soutien &agrave; Zelensky. C&rsquo;est un refus du chaos.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 17 Oct 2026 13:54:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Toto Jacques</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[États-Unis - Diesel russe : Trump recule, Zelensky gagne, l&#039;Europe fulmine]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-diesel-russe-trump-recule-zelensky-gagne-leurope-fulmine</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Trump a levé les sanctions sur le diesel russe, puis menacé de
couper Starlink à l'Ukraine. Zelensky a refusé de céder. Récit
d'un bras de fer perdu.

En trois...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Zelensky-Trump131026500.webp" alt="États-Unis - Diesel russe : Trump recule, Zelensky gagne, l&#039;Europe fulmine" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Trump a lev&eacute; les sanctions sur le diesel russe, puis menac&eacute; de couper Starlink &agrave; l'Ukraine. Zelensky a refus&eacute; de c&eacute;der. R&eacute;cit d'un bras de fer perdu.</p>
<p>En trois jours, Donald Trump a tout tent&eacute; : un accord diesel avec Poutine, un &laquo; cessez-le-feu &eacute;nerg&eacute;tique &raquo; annonc&eacute; sans pr&eacute;venir Kiev, et une coupure de Starshield. Zelensky n'a pas c&eacute;d&eacute;. Et Trump a recul&eacute;.</p>
<p>Donald Trump a voulu faire plier Volodymyr Zelensky. Il a lev&eacute; les sanctions sur le diesel russe, annonc&eacute; un &laquo; cessez-le-feu &eacute;nerg&eacute;tique &raquo; que ni l'Ukraine ni la Russie n'avaient valid&eacute;, puis fait ralentir Starshield, le syst&egrave;me satellite militaire dont d&eacute;pendent les drones ukrainiens. Trois pressions en trois jours.</p>
<p>Zelensky a r&eacute;pondu par une phrase, dans les colonnes du <strong>Financial Times</strong> : &laquo; C'est fini. Le blocage est lev&eacute;. &raquo;</p>
<p>Quelques heures plus tard, des drones ukrainiens frappaient le terminal p&eacute;trolier de Rostov-sur-le-Don. Starshield a &eacute;t&eacute; r&eacute;tabli. Trump n'a pas r&eacute;primand&eacute; Zelensky. Il n'a rien dit.</p>
<h2>L'accord diesel qui devait tout changer</h2>
<p>Le 9 octobre 2026, le d&eacute;partement du Tr&eacute;sor am&eacute;ricain a publi&eacute; une licence autorisant les transactions li&eacute;es au diesel russe. L'autorisation court jusqu'au 7 avril 2027. Trump venait de s'entretenir au t&eacute;l&eacute;phone avec Vladimir Poutine. Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain a annonc&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux un accord portant sur &laquo; plus de 300 000 tonnes &raquo; de diesel livr&eacute;es imm&eacute;diatement, 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes suppl&eacute;mentaires.</p>
<p>Pourquoi cette urgence ? Le diesel am&eacute;ricain co&ucirc;tait 6,28 dollars le gallon au 9 octobre, un record historique. Les &eacute;lections de mi-mandat approchent. Les agriculteurs de l'Iowa et du Nebraska, &eacute;lecteurs r&eacute;publicains, voient leurs co&ucirc;ts exploser. Pour la Maison-Blanche, il fallait agir vite.</p>
<p>Le probl&egrave;me, c'est que cet accord revenait &agrave; financer l'effort de guerre russe. L'Ukraine a imm&eacute;diatement r&eacute;agi. Zelensky a qualifi&eacute; la d&eacute;cision de &laquo; faible &raquo; et &laquo; de cadeau &agrave; Poutine &raquo;. Le Premier ministre estonien Kristen Michal a parl&eacute; d'&laquo; accords avec des dictateurs &raquo; qui m&egrave;nent &laquo; en enfer &raquo;. Le chef de la diplomatie europ&eacute;enne a estim&eacute; que cela revenait &agrave; &laquo; alimenter la guerre de la Russie contre l'Ukraine &raquo;.</p>
<h2>Le cessez-le-feu fant&ocirc;me</h2>
<p>Dimanche 11 octobre, Trump a publi&eacute; un message sur Truth Social : &laquo; &Agrave; compter de maintenant, il y a un CESSEZ-LE-FEU &Eacute;NERG&Eacute;TIQUE dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Les deux parties ont accept&eacute;. &raquo;</p>
<p>Sauf que personne n'avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;venu. Zelensky a d&eacute;clar&eacute; au site Axios ne pas &ecirc;tre au courant de cet accord. La Russie n'a rien confirm&eacute;. Trump avait annonc&eacute; un cessez-le-feu que lui seul connaissait.</p>
<p>Zelensky a n&eacute;anmoins respect&eacute; une suspension de trois jours des frappes sur les raffineries russes. Par prudence, dit-il. Par crainte, aussi, que Washington ne coupe les renseignements am&eacute;ricains qui permettent d'alerter la population des frappes russes imminentes.</p>
<p>Cette prudence n'a pas dur&eacute;.</p>
<h2>Starshield : l'arme qui a fait reculer Trump</h2>
<p>Mercredi 14 octobre, les forces ukrainiennes ont signal&eacute; une anomalie. Starshield, la version militaire du r&eacute;seau Starlink contr&ocirc;l&eacute;e par le Pentagone, avait cess&eacute; de fonctionner pour les drones et les missiles. Selon Reuters, l'ordre est venu de la Maison-Blanche. Deux responsables am&eacute;ricains et un responsable occidental ont confirm&eacute; que le Pentagone avait re&ccedil;u &laquo; la consigne de ralentir &raquo; le service Starshield pour l'arm&eacute;e ukrainienne.</p>
<p>Concr&egrave;tement, les terminaux Starshield se d&eacute;connectaient lorsqu'ils se d&eacute;pla&ccedil;aient au-del&agrave; de 160 km/h. Une mani&egrave;re de brider les drones sans les &eacute;teindre compl&egrave;tement. Le message &eacute;tait clair : Washington pouvait couper les communications ukrainiennes &agrave; volont&eacute;.</p>
<p>Zelensky a saisi l'occasion. Dans un entretien au <strong>Financial Times</strong> publi&eacute; le jeudi 15 octobre, il a annonc&eacute; la reprise des frappes sur les raffineries russes. &laquo; La suspension est lev&eacute;e. C'est termin&eacute; &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;.</p>
<p>La nuit suivante, des drones ukrainiens frappaient le terminal p&eacute;trolier de Novoshakhtinsk, dans la r&eacute;gion de Rostov. Le complexe, utilis&eacute; pour l'exportation de produits p&eacute;troliers et l'approvisionnement des forces russes, a pris feu. Les pompiers ont mis quatre jours &agrave; &eacute;teindre l'incendie.</p>
<h2>La volte-face de Washington</h2>
<p>Jeudi matin, la Maison-Blanche a d&eacute;menti avoir ordonn&eacute; la coupure. &laquo; Le pr&eacute;sident n'a jamais fait une telle demande &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; un responsable. L'arm&eacute;e am&eacute;ricaine a affirm&eacute; que son flux de renseignements vers l'Ukraine se poursuivait. Et la fonctionnalit&eacute; compl&egrave;te de Starshield a &eacute;t&eacute; r&eacute;tablie, sans commentaire.</p>
<p>Trump n'a pas r&eacute;primand&eacute; Zelensky. Il n'a pas comment&eacute; la frappe de Rostov. Il a laiss&eacute; passer.</p>
<p>La s&eacute;quence rappelle celle d'Anchorage, en 2025. Apr&egrave;s une rencontre avec Poutine, Trump avait exig&eacute; que Zelensky c&egrave;de des zones du Donbass. Zelensky avait r&eacute;sist&eacute;. Trump n'avait pas insist&eacute;. Il avait recul&eacute;.</p>
<h2>Ce que cela dit du vrai rapport de force</h2>
<p>La Russie a beau multiplier les d&eacute;clarations triomphales, elle n'a pas obtenu ce qu'elle voulait. Le vice-Premier ministre Alexandre Novak a accus&eacute; l'Ukraine de violer le &laquo; cessez-le-feu &eacute;nerg&eacute;tique &raquo; en frappant les raffineries de Saratov et de Riazan le 14 octobre. Kiev a d&eacute;menti. Mais le mal &eacute;tait fait : la suspension ukrainienne avait pris fin.</p>
<p>Et le diesel russe ? Le vice-Premier ministre Novak a d&eacute;clar&eacute; que les exportations commenceraient &laquo; dans deux &agrave; trois semaines &raquo;. Les compagnies p&eacute;troli&egrave;res russes, a-t-il pr&eacute;cis&eacute;, attendent les proc&eacute;dures. Pendant ce temps, les &eacute;lections de mi-mandat approchent. Et les prix &agrave; la pompe ne baisseront pas avant.</p>
<p>L'ironie est cruelle. Trump a lev&eacute; les sanctions pour faire baisser les prix. Mais l'Ukraine a repris ses frappes sur les raffineries russes, ce qui r&eacute;duit la capacit&eacute; de la Russie &agrave; produire du diesel. L'Agence internationale de l'&eacute;nergie a averti que la lev&eacute;e des restrictions d'exportation russes &laquo; ne devrait pas changer mat&eacute;riellement l'&eacute;quilibre mondial &raquo; parce que &laquo; la capacit&eacute; de raffinage russe reste contrainte &raquo;.</p>
<h2>Le vrai perdant : la cr&eacute;dibilit&eacute; am&eacute;ricaine</h2>
<p>Trump a menac&eacute; de couper Starlink. Il l'a fait. Puis il a recul&eacute;.</p>
<p>Il a annonc&eacute; un cessez-le-feu que personne n'avait sign&eacute;. Il n'a pas &eacute;t&eacute; respect&eacute;.</p>
<p>Il a promis du diesel russe. Il n'arrive pas.</p>
<p>Chaque fois, Zelensky a tenu bon. Chaque fois, Trump a c&eacute;d&eacute;. Et chaque fois, l'Europe a regard&eacute;, impuissante, les &Eacute;tats-Unis s'enfoncer dans une diplomatie erratique.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; En qualifiant Trump de faible, Zelensky avait raison &raquo;, &eacute;crivait un analyste cette semaine. Les faits, jour apr&egrave;s jour, lui donnent raison.</p>
</blockquote>
<hr>
<p><strong>Pourquoi Trump a-t-il lev&eacute; les sanctions sur le diesel russe ?</strong><br>Pour faire baisser les prix du diesel aux &Eacute;tats-Unis avant les &eacute;lections de mi-mandat de novembre 2026. Le prix du gallon avait atteint un record de 6,28 dollars.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que Starshield ?</strong><br>C'est la version militaire du r&eacute;seau satellite Starlink, contr&ocirc;l&eacute;e par le Pentagone. Elle est essentielle aux communications et aux op&eacute;rations de drones de l'arm&eacute;e ukrainienne.</p>
<p><strong>Pourquoi Zelensky a-t-il repris les frappes sur les raffineries russes ?</strong><br>Parce que la Russie a continu&eacute; &agrave; frapper les infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques ukrainiennes malgr&eacute; le &laquo; cessez-le-feu &raquo; annonc&eacute; par Trump. Zelensky a d&eacute;clar&eacute; que la suspension &eacute;tait termin&eacute;e.</p>
<p><strong>Trump a-t-il vraiment coup&eacute; Starshield ?</strong><br>Selon Reuters, l'ordre est venu de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche d&eacute;ment que Trump l'ait personnellement ordonn&eacute;. Le service a &eacute;t&eacute; r&eacute;tabli quelques heures plus tard.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 17 Oct 2026 00:11:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Gabon - MARIE-MADELEINE MBORANTSUO ET LE PARADOXE DES BELLES CONSTITUTIONS]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/gabon-marie-madeleine-mborantsuo-et-le-paradoxe-des-belles-constitutions</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>GABON, MARIE-MADELEINE MBORANTSUO ET LE PARADOXE DES BELLES
CONSTITUTIONS, ENTRE LA GRANDEUR DES TEXTES ET LA RÉALITÉ DU POUVOIR

Une  déclaration qui, au-delà...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/World/Madeleine-gabon.jpg" alt="Gabon - MARIE-MADELEINE MBORANTSUO ET LE PARADOXE DES BELLES CONSTITUTIONS" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<h1 class="entry-title">GABON, MARIE-MADELEINE MBORANTSUO ET LE PARADOXE DES BELLES CONSTITUTIONS, ENTRE LA GRANDEUR DES TEXTES ET LA R&Eacute;ALIT&Eacute; DU POUVOIR</h1>
<p>Une&nbsp; d&eacute;claration qui, au-del&agrave; de leur apparente simplicit&eacute;, r&eacute;veillent les souvenirs d&rsquo;une nation et rouvrent les grandes interrogations de son histoire politique.&nbsp; Marie-Madeleine Mborantsuo, ancienne pr&eacute;sidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, est une femme t&eacute;moin de l&rsquo;histoire du Gabon. En affirmant que plusieurs chefs d&rsquo;&Eacute;tat auraient sollicit&eacute; le pr&eacute;sident Omar Bongo Ondimba afin que la juridiction constitutionnelle gabonaise mette &agrave; leur disposition ses textes et sa jurisprudence, l&rsquo;ancienne haute magistrate a suscit&eacute; une vague de r&eacute;actions sur les r&eacute;seaux sociaux. &Agrave; premi&egrave;re vue, ses propos pourraient &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;s comme un t&eacute;moignage sur le rayonnement juridique du Gabon en Afrique.</p>
<p>Mais derri&egrave;re cette affirmation surgit une question autrement plus fondamentale. &Agrave; quoi sert de poss&eacute;der des textes constitutionnels admir&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger lorsque leur application dans le pays qui les a produits demeure contest&eacute;e par une partie de la population ? Il convient d&rsquo;abord de reconna&icirc;tre une v&eacute;rit&eacute; historique. Le Gabon poss&egrave;de une tradition constitutionnelle qui m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;e avec s&eacute;rieux. La Constitution de 1991, adopt&eacute;e dans le contexte du retour au multipartisme, avait ouvert une nouvelle p&eacute;riode de son histoire institutionnelle. Elle consacrait des principes essentiels &agrave; la d&eacute;mocratie moderne, notamment le pluralisme politique, la s&eacute;paration des pouvoirs et la protection des libert&eacute;s fondamentales. La cr&eacute;ation de la Cour constitutionnelle participait de cette ambition de soumettre l&rsquo;exercice du pouvoir &agrave; la primaut&eacute; du droit. Sur le papier, le pays disposait donc d&rsquo;instruments juridiques susceptibles de garantir un fonctionnement &eacute;quilibr&eacute; des institutions. Mais une Constitution, aussi admirable soit-elle dans sa r&eacute;daction, ne constitue jamais, &agrave; elle seule, la preuve de l&rsquo;existence d&rsquo;un &Eacute;tat de droit. Celui-ci se mesure surtout &agrave; la capacit&eacute; des institutions &agrave; faire respecter les r&egrave;gles, y compris lorsque leur application contrarie les int&eacute;r&ecirc;ts des gouvernants.</p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-22202" src="https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" srcset="https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=650%2C434&amp;ssl=1 650w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=730%2C487&amp;ssl=1 730w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=112%2C75&amp;ssl=1 112w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=425%2C283&amp;ssl=1 425w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?resize=430%2C287&amp;ssl=1 430w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO.jpg?w=1417&amp;ssl=1 1417w" alt="" width="300" height="200" data-recalc-dims="1"></p>
<p>C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment sur ce terrain que les d&eacute;clarations de Marie-Madeleine Mborantsuo ont provoqu&eacute; des r&eacute;actions parfois s&eacute;v&egrave;res. Plusieurs internautes ont rappel&eacute; que la qualit&eacute; d&rsquo;une Constitution ne saurait &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e ind&eacute;pendamment de son application. D&rsquo;autres ont ironis&eacute; sur l&rsquo;id&eacute;e que des dirigeants africains aient pu rechercher aupr&egrave;s du Gabon des mod&egrave;les institutionnels leur permettant de prolonger leur pr&eacute;sence au pouvoir. Ces commentaires, parfois excessifs dans leur formulation, expriment n&eacute;anmoins une interrogation l&eacute;gitime sur les rapports entre le droit constitutionnel et la conservation du pouvoir politique. Il serait cependant imprudent d&rsquo;en d&eacute;duire, sans &eacute;l&eacute;ments pr&eacute;cis, que les chefs d&rsquo;&Eacute;tat &eacute;voqu&eacute;s recherchaient effectivement des m&eacute;canismes de maintien au pouvoir.</p>
<p>L&rsquo;affirmation de l&rsquo;ancienne magistrate, dont le contexte exact reste &agrave; &eacute;tablir, ne permet pas &agrave; elle seule de conna&icirc;tre leurs motivations. L&rsquo;histoire politique gabonaise offre n&eacute;anmoins des &eacute;l&eacute;ments concrets pour comprendre cette controverse. Sous les pr&eacute;sidences d&rsquo;Omar Bongo Ondimba puis d&rsquo;Ali Bongo Ondimba, la Constitution a connu plusieurs r&eacute;visions qui ont aliment&eacute; le d&eacute;bat sur l&rsquo;&eacute;quilibre des institutions. La question des mandats pr&eacute;sidentiels, notamment, a occup&eacute; une place importante dans ces discussions. Les modifications constitutionnelles successives ont conduit une partie de l&rsquo;opinion &agrave; s&rsquo;interroger sur la capacit&eacute; des institutions &agrave; garantir une v&eacute;ritable alternance d&eacute;mocratique. Il faut rappeler qu&rsquo;une r&eacute;vision constitutionnelle n&rsquo;est pas, par nature, contraire &agrave; la d&eacute;mocratie.</p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-22204" src="https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/madeleine-Mborantsouo.jpg?resize=240%2C300&amp;ssl=1" sizes="(max-width: 240px) 100vw, 240px" srcset="https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/madeleine-Mborantsouo.jpg?resize=240%2C300&amp;ssl=1 240w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/madeleine-Mborantsouo.jpg?resize=819%2C1024&amp;ssl=1 819w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/madeleine-Mborantsouo.jpg?resize=768%2C960&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/madeleine-Mborantsouo.jpg?w=1080&amp;ssl=1 1080w" alt="" width="240" height="300" data-recalc-dims="1"></p>
<p>Toute Constitution peut &eacute;voluer pour r&eacute;pondre aux transformations de la soci&eacute;t&eacute;. Le probl&egrave;me appara&icirc;t lorsque les citoyens ont le sentiment que les modifications servent davantage les int&eacute;r&ecirc;ts imm&eacute;diats du pouvoir que la consolidation des garanties collectives. Marie-Madeleine Mborantsuo a longtemps incarn&eacute; cette architecture institutionnelle. Sa pr&eacute;sence &agrave; la t&ecirc;te de la Cour constitutionnelle pendant plusieurs d&eacute;cennies lui a conf&eacute;r&eacute; une place singuli&egrave;re dans l&rsquo;histoire juridique du Gabon. Cette long&eacute;vit&eacute; peut &ecirc;tre analys&eacute;e sous diff&eacute;rents angles. Pour certains, elle t&eacute;moigne d&rsquo;une continuit&eacute; institutionnelle et d&rsquo;une exp&eacute;rience juridique consid&eacute;rable. Pour d&rsquo;autres, elle soul&egrave;ve la question du renouvellement des responsables charg&eacute;s de contr&ocirc;ler l&rsquo;exercice du pouvoir. Car une juridiction constitutionnelle ne tire pas seulement sa l&eacute;gitimit&eacute; de la comp&eacute;tence de ses magistrats. Elle la tire &eacute;galement de la confiance qu&rsquo;elle inspire aux citoyens, de son ind&eacute;pendance et de la coh&eacute;rence de ses d&eacute;cisions.</p>
<p>Une Cour constitutionnelle doit &ecirc;tre suffisamment forte pour prot&eacute;ger les institutions, mais &eacute;galement suffisamment ind&eacute;pendante pour rappeler &agrave; ceux qui gouvernent que la Constitution leur est sup&eacute;rieure. La rupture politique du 30 ao&ucirc;t 2023 a donn&eacute; une dimension nouvelle &agrave; ces interrogations. La fin du pouvoir d&rsquo;Ali Bongo Ondimba, &agrave; la suite de l&rsquo;intervention des militaires, a ouvert une transition politique et institutionnelle. Il serait toutefois r&eacute;ducteur de consid&eacute;rer que cette rupture constitue, &agrave; elle seule, la d&eacute;monstration de l&rsquo;&eacute;chec de tous les textes juridiques ant&eacute;rieurs. Un changement de r&eacute;gime, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un soutien populaire, ne suffit pas &agrave; &eacute;tablir la sup&eacute;riorit&eacute; du nouveau syst&egrave;me institutionnel. La v&eacute;ritable question demeure celle de la construction durable d&rsquo;un &Eacute;tat dans lequel les r&egrave;gles s&rsquo;imposent aux gouvernants comme aux gouvern&eacute;s. C&rsquo;est dans ce contexte que le Gabon a adopt&eacute; une nouvelle Constitution par r&eacute;f&eacute;rendum le 16 novembre 2024, promulgu&eacute;e le 19 d&eacute;cembre de la m&ecirc;me ann&eacute;e.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce texte fonde la Cinqui&egrave;me R&eacute;publique et affirme notamment l&rsquo;ind&eacute;pendance du pouvoir judiciaire, la protection des droits fondamentaux et le r&ocirc;le r&eacute;gulateur de la Cour constitutionnelle. Il pr&eacute;voit un mandat pr&eacute;sidentiel de sept ans, renouvelable une seule fois. Le nombre des mandats pr&eacute;sidentiels figure parmi les dispositions qui ne peuvent faire l&rsquo;objet d&rsquo;une r&eacute;vision constitutionnelle. Ces garanties traduisent une volont&eacute; affich&eacute;e de mieux encadrer l&rsquo;exercice du pouvoir et d&rsquo;&eacute;viter certaines difficult&eacute;s institutionnelles du pass&eacute;. Mais leur efficacit&eacute; d&eacute;pendra de leur respect effectif et de la capacit&eacute; des institutions &agrave; les faire appliquer sans distinction. La nouvelle architecture constitutionnelle m&eacute;rite d&rsquo;ailleurs une attention particuli&egrave;re. L&rsquo;article 111 affirme l&rsquo;ind&eacute;pendance du pouvoir judiciaire, tandis que l&rsquo;article 113 pr&eacute;sente la Cour constitutionnelle comme une juridiction ind&eacute;pendante et impartiale, charg&eacute;e notamment de contr&ocirc;ler la constitutionnalit&eacute; des lois, la r&eacute;gularit&eacute; des &eacute;lections et la protection des libert&eacute;s publiques.</p>
<p>Ces principes sont essentiels. Ils constituent les fondations juridiques d&rsquo;un &Eacute;tat d&eacute;mocratique. Cependant, l&rsquo;ind&eacute;pendance proclam&eacute;e par un texte ne devient une r&eacute;alit&eacute; que lorsqu&rsquo;elle se manifeste dans les d&eacute;cisions rendues, dans les conditions de nomination des magistrats et dans la possibilit&eacute; pour les citoyens de contester efficacement les actes des autorit&eacute;s publiques. La question soulev&eacute;e par les propos de l&rsquo;ancienne pr&eacute;sidente de la Cour constitutionnelle d&eacute;passe donc largement sa personne. Elle concerne une difficult&eacute; r&eacute;currente dans plusieurs &Eacute;tats africains, celle du d&eacute;calage entre la sophistication des textes juridiques et les pratiques politiques. Il existe parfois des Constitutions remarquablement r&eacute;dig&eacute;es, des juridictions dot&eacute;es de comp&eacute;tences &eacute;tendues et des d&eacute;clarations solennelles sur la s&eacute;paration des pouvoirs, sans que les citoyens aient toujours le sentiment de b&eacute;n&eacute;ficier pleinement des garanties annonc&eacute;es.</p>
<p>Le constitutionnalisme ne saurait pourtant se r&eacute;duire &agrave; une architecture de principes. Il suppose une culture politique dans laquelle les dirigeants acceptent les limites de leurs pr&eacute;rogatives et reconnaissent aux institutions de contr&ocirc;le le droit de leur opposer la loi. A cet &eacute;gard, les r&eacute;actions des internautes gabonais m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre examin&eacute;es au-del&agrave; de leur tonalit&eacute; parfois ironique. Lorsqu&rsquo;un citoyen demande &agrave; quoi ont servi les textes constitutionnels si leur application n&rsquo;a pas permis de garantir les libert&eacute;s et l&rsquo;alternance, il pose une v&eacute;ritable question de philosophie politique. Le droit ne peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme une simple &oelig;uvre intellectuelle destin&eacute;e &agrave; impressionner les juristes. Il doit &ecirc;tre un instrument de protection de la soci&eacute;t&eacute;. Une Constitution n&rsquo;est pas seulement un document que l&rsquo;on pr&eacute;sente dans les colloques internationaux ou que l&rsquo;on cite dans les discours officiels. Elle constitue un engagement solennel entre l&rsquo;&Eacute;tat et les citoyens. Sa grandeur ne r&eacute;side pas uniquement dans la beaut&eacute; de ses formulations, mais dans la s&eacute;curit&eacute; juridique qu&rsquo;elle apporte &agrave; chaque individu. Il faut &eacute;galement distinguer le respect d&ucirc; &agrave; une ancienne haute personnalit&eacute; de l&rsquo;&Eacute;tat du droit de discuter ses d&eacute;clarations publiques.</p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-22203" src="https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO-1.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" srcset="https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO-1.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO-1.jpg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO-1.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.afriksurseine.com/wp-content/uploads/2026/10/BORANTSUO-1.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" alt="" width="300" height="169" data-recalc-dims="1">Marie-Madeleine Mborantsuo a occup&eacute; des fonctions importantes qui appartiennent d&eacute;sormais &agrave; l&rsquo;histoire institutionnelle gabonaise. Cette responsabilit&eacute; appelle naturellement de la consid&eacute;ration. Mais elle n&rsquo;interdit ni l&rsquo;analyse critique ni la contradiction. D&egrave;s lors qu&rsquo;une personnalit&eacute; intervient publiquement sur le fonctionnement des institutions, ses propos peuvent &ecirc;tre examin&eacute;s par les universitaires, les journalistes, les responsables politiques et les citoyens ordinaires. L&rsquo;&acirc;ge et les anciennes fonctions ne constituent pas des arguments juridiques permettant de soustraire une affirmation au d&eacute;bat. En revanche, la critique doit demeurer attach&eacute;e aux faits et aux id&eacute;es, sans se transformer en attaque personnelle. Le respect des a&icirc;n&eacute;s n&rsquo;exige pas le silence des g&eacute;n&eacute;rations suivantes, pas plus que la libert&eacute; d&rsquo;expression ne dispense de la courtoisie. Une autre question m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre pos&eacute;e.</p>
<p>Peut-on v&eacute;ritablement parler d&rsquo;un mod&egrave;le constitutionnel africain sans s&rsquo;interroger sur les conditions historiques dans lesquelles les Constitutions du continent ont &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute;es ? Plusieurs syst&egrave;mes juridiques africains ont &eacute;t&eacute; influenc&eacute;s par des traditions constitutionnelles &eacute;trang&egrave;res, notamment europ&eacute;ennes, avant de conna&icirc;tre leurs propres &eacute;volutions. Les emprunts institutionnels ne sont donc pas exceptionnels. Ils participent &agrave; la circulation internationale des id&eacute;es juridiques. Mais importer une disposition constitutionnelle ne signifie pas n&eacute;cessairement importer les pratiques politiques qui lui donnent son efficacit&eacute;. Une r&egrave;gle peut fonctionner dans un pays et rencontrer ailleurs des difficult&eacute;s li&eacute;es &agrave; l&rsquo;organisation des pouvoirs, aux traditions administratives ou &agrave; l&rsquo;environnement politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La v&eacute;ritable originalit&eacute; d&rsquo;un syst&egrave;me constitutionnel ne se mesure donc pas seulement &agrave; sa capacit&eacute; d&rsquo;inspirer d&rsquo;autres &Eacute;tats, mais &agrave; son aptitude &agrave; r&eacute;pondre aux aspirations d&eacute;mocratiques de sa propre population. Aujourd&rsquo;hui, le Gabon se trouve devant une responsabilit&eacute; historique. La Cinqui&egrave;me R&eacute;publique ne devra pas seulement d&eacute;montrer qu&rsquo;elle poss&egrave;de de nouveaux textes, mais qu&rsquo;elle est capable de leur donner une existence concr&egrave;te. L&rsquo;alternance, l&rsquo;ind&eacute;pendance de la justice, la transparence &eacute;lectorale et le respect des libert&eacute;s ne peuvent demeurer de simples promesses constitutionnelles. Ils doivent devenir des r&eacute;alit&eacute;s perceptibles dans la vie quotidienne.</p>
<p>L&rsquo;exp&eacute;rience des d&eacute;cennies pr&eacute;c&eacute;dentes devrait pr&eacute;cis&eacute;ment permettre aux nouvelles institutions de comprendre qu&rsquo;une Constitution n&rsquo;est jamais d&eacute;finitivement prot&eacute;g&eacute;e contre les d&eacute;rives du pouvoir. Sa solidit&eacute; d&eacute;pend de la vigilance des citoyens, de l&rsquo;ind&eacute;pendance des juges et de la volont&eacute; des gouvernants de respecter les limites qu&rsquo;elle leur impose.</p>
<p>La d&eacute;claration attribu&eacute;e &agrave; Marie-Madeleine Mborantsuo aura eu le m&eacute;rite de remettre au centre du d&eacute;bat une interrogation essentielle sur la place du droit dans la vie politique gabonaise. Que des chefs d&rsquo;&Eacute;tat &eacute;trangers aient pu s&rsquo;int&eacute;resser aux textes et &agrave; la jurisprudence du Gabon n&rsquo;aurait, en soi, rien de condamnable. La circulation des exp&eacute;riences juridiques constitue m&ecirc;me une richesse pour les nations. Mais la reconnaissance internationale d&rsquo;un syst&egrave;me constitutionnel ne dispense jamais de son &eacute;valuation int&eacute;rieure.</p>
<p>Un pays peut &ecirc;tre admir&eacute; pour la qualit&eacute; de ses lois et demeurer contest&eacute; pour la mani&egrave;re dont elles sont appliqu&eacute;es. Voil&agrave; pourquoi la question fondamentale n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas de savoir combien de chefs d&rsquo;&Eacute;tat ont sollicit&eacute; les textes constitutionnels gabonais, mais combien de citoyens ont effectivement b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de leur protection. Car, au bout du compte, la grandeur d&rsquo;une Constitution ne se mesure ni au nombre de ses articles ni au prestige de ceux qui l&rsquo;ont r&eacute;dig&eacute;e. Elle se mesure &agrave; sa capacit&eacute; de prot&eacute;ger le plus faible contre l&rsquo;arbitraire du plus puissant. Et c&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; cette &eacute;preuve que l&rsquo;histoire soumet aujourd&rsquo;hui les institutions gabonaises.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 15 Oct 2026 07:13:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Calvin Djouari</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Éthiopie : la guerre qui menace le commerce mondial]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ethiopie-la-guerre-qui-menace-le-commerce-mondial</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Éthiopie : reprise de Mekele, coalition rebelle, rupture avec
l'Érythrée. La guerre menace la mer Rouge et le commerce mondial.
Décryptage. 

Quatre ans après l...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique2/Corne-Afrique151026500.webp" alt="Éthiopie : la guerre qui menace le commerce mondial" width="600"/></p>
                                        ]]>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>&Eacute;thiopie : reprise de Mekele, coalition rebelle, rupture avec l'&Eacute;rythr&eacute;e. La guerre menace la mer Rouge et le commerce mondial. D&eacute;cryptage.&nbsp;</p>
<p>Quatre ans apr&egrave;s l'accord de Pretoria, l'&Eacute;thiopie replonge dans une guerre civile qui s'internationalise et menace l'une des routes maritimes les plus strat&eacute;giques du monde.</p>
<p>Le 4 octobre 2026, les forces f&eacute;d&eacute;rales &eacute;thiopiennes ont repris Mekele, la capitale du Tigr&eacute;, apr&egrave;s le retrait du Front de lib&eacute;ration du peuple du Tigr&eacute; (TPLF). Le 1er octobre, l'&Eacute;thiopie et l'&Eacute;rythr&eacute;e ont rompu toutes relations diplomatiques. Le 20 septembre, sept groupes arm&eacute;s ont form&eacute; une coalition pour renverser le gouvernement d'Abiy Ahmed. En moins de trois semaines, la Corne de l'Afrique est redevenue la poudri&egrave;re du monde.</p>
<p>Et cette fois, l'explosion pourrait emporter bien plus que l'&Eacute;thiopie.</p>
<h2>Mekele est tomb&eacute;e. La guerre, elle, continue.</h2>
<p>La capitale du Tigr&eacute; est aux mains des forces f&eacute;d&eacute;rales depuis le 4 octobre 2026. Les combattants du TPLF se sont retir&eacute;s. Leur leadership parle d'une &laquo; d&eacute;cision tactique &raquo;, pas d'une d&eacute;faite. Mais dans les rues de Mekele, les commerces sont ferm&eacute;s. Des t&eacute;moins font &eacute;tat de pillages de b&acirc;timents publics lors du retrait des forces tigr&eacute;ennes.</p>
<p>Depuis, l'arm&eacute;e &eacute;thiopienne poursuit son avance vers le nord. Le 12 octobre, elle est entr&eacute;e dans Adwa, une ville de plus de 50 000 habitants situ&eacute;e &agrave; une quarantaine de kilom&egrave;tres de la fronti&egrave;re &eacute;rythr&eacute;enne. Une source humanitaire a confirm&eacute; l'information &agrave; l'AFP. Adwa avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; le th&eacute;&acirc;tre d'une frappe de drone le 4 octobre, visant un h&ocirc;tel o&ugrave; se trouvaient, selon l'ACLED, entre cinq et neuf personnes, dont des membres des forces de s&eacute;curit&eacute;.</p>
<p>Pourquoi Adwa compte. Parce que c'est la derni&egrave;re grande ville avant l'&Eacute;rythr&eacute;e. Et parce que, jusqu'&agrave; r&eacute;cemment, le Tigr&eacute; servait de zone tampon entre les deux arm&eacute;es. Ce tampon a disparu. Les forces f&eacute;d&eacute;rales &eacute;thiopiennes se retrouvent d&eacute;sormais face aux troupes &eacute;rythr&eacute;ennes, que le gouvernement d'Addis-Abeba accuse de soutenir le TPLF. Une source s&eacute;curitaire &eacute;trang&egrave;re a indiqu&eacute; &agrave; l'AFP que 5 000 &agrave; 8 000 soldats &eacute;rythr&eacute;ens seraient pr&eacute;sents au Tigr&eacute;.</p>
<p>Le 8 octobre, des drones &eacute;thiopiens ont frapp&eacute; &agrave; plusieurs reprises des troupes &eacute;rythr&eacute;ennes d&eacute;ploy&eacute;es autour d'Adigrat, selon l'ACLED et plusieurs t&eacute;moins. Des munitions et des v&eacute;hicules ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;s. La guerre par procuration a commenc&eacute;.</p>
<h2>La coalition des sept</h2>
<p>Le 20 septembre 2026, sept groupes arm&eacute;s &eacute;thiopiens ont annonc&eacute; la cr&eacute;ation de la &laquo; Coalition des forces populaires &eacute;thiopiennes pour la survie &raquo;. Leur objectif : renverser Abiy Ahmed et &eacute;tablir un gouvernement de transition inclusif.</p>
<p>La composition de cette coalition a de quoi surprendre. Elle rassemble le Mouvement national amhara des Fano, le Front populaire de lib&eacute;ration du Tigr&eacute; (TPLF), l'Arm&eacute;e de lib&eacute;ration oromo (OLA), le Front national de lib&eacute;ration de l'Ogaden (ONLF), et trois autres mouvements issus des r&eacute;gions Afar, Benishangul et Gumuz.</p>
<p>Le plus notable : Fano et le TPLF, ennemis jur&eacute;s pendant la guerre de 2020-2022, se retrouvent dans le m&ecirc;me camp. &Agrave; l'&eacute;poque, les Fano combattaient aux c&ocirc;t&eacute;s de l'arm&eacute;e f&eacute;d&eacute;rale contre les Tigr&eacute;ens. Aujourd'hui, ils sont alli&eacute;s. C'est dire &agrave; quel point la situation a bascul&eacute;.</p>
<p>L'analyste Yohannes Woldemariam, cit&eacute; par l'AGP, souligne toutefois que leurs divergences territoriales, notamment sur l'ouest du Tigr&eacute;, pourraient rendre la coordination difficile. Mais l'annonce, en elle-m&ecirc;me, est un signal : le m&eacute;contentement envers Abiy Ahmed traverse d&eacute;sormais les lignes ethniques.</p>
<h2>Assab, ou la &laquo; prison g&eacute;ographique &raquo;</h2>
<p>Abiy Ahmed a &eacute;t&eacute; reconduit pour un second mandat le 6 octobre 2026. Dans son discours d'investiture, il a r&eacute;it&eacute;r&eacute; son ambition : garantir &agrave; l'&Eacute;thiopie un acc&egrave;s &agrave; la mer Rouge. &laquo; Sur la base du principe du donnant-donnant, nous travaillerons diligemment pour garantir que l'&Eacute;thiopie ait un acc&egrave;s &agrave; la mer &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute; devant le Parlement.</p>
<p>L'&Eacute;thiopie est enclav&eacute;e depuis l'ind&eacute;pendance de l'&Eacute;rythr&eacute;e en 1993. Le pays a perdu le port d'Assab. Depuis, il d&eacute;pend du port de Djibouti pour ses &eacute;changes. Abiy Ahmed qualifie cette situation de &laquo; prison g&eacute;ographique &raquo;. Et il ne cache pas que le port &eacute;rythr&eacute;en d'Assab, situ&eacute; &agrave; une trentaine de kilom&egrave;tres de la fronti&egrave;re &eacute;thiopienne, serait un objectif l&eacute;gitime.</p>
<p>&Agrave; Asmara, ces d&eacute;clarations sont per&ccedil;ues comme une menace existentielle. L'&Eacute;rythr&eacute;e a demand&eacute; au Conseil de s&eacute;curit&eacute; des Nations unies de prendre des &laquo; mesures dissuasives &raquo; contre ce qu'elle qualifie de &laquo; d&eacute;claration de guerre &raquo; de l'&Eacute;thiopie. Le 1er octobre, les deux pays ont rompu toutes relations diplomatiques.</p>
<h2>Deux blocs, deux mondes</h2>
<p>Derri&egrave;re cette guerre, une configuration g&eacute;opolitique complexe. D'un c&ocirc;t&eacute;, le gouvernement &eacute;thiopien, soutenu par les &Eacute;mirats arabes unis, Isra&euml;l et, selon plusieurs sources, les Forces de soutien rapide (RSF) soudanaises. De l'autre, l'&Eacute;rythr&eacute;e, l'&Eacute;gypte, l'Arabie saoudite et l'arm&eacute;e soudanaise du g&eacute;n&eacute;ral Bourhane.</p>
<p>L'&Eacute;gypte est en conflit avec l'&Eacute;thiopie depuis des ann&eacute;es sur le barrage de la Renaissance, inaugur&eacute; en septembre 2025. Le Caire craint que le barrage ne r&eacute;duise le d&eacute;bit du Nil. Le 5 octobre 2026, les dirigeants &eacute;gyptien, &eacute;rythr&eacute;en, soudanais et somalien se sont r&eacute;unis &agrave; New Alamein, en &Eacute;gypte, pour affirmer que &laquo; la gouvernance de la mer Rouge est la responsabilit&eacute; exclusive des &Eacute;tats riverains &raquo;.</p>
<p>La Chine entretient des relations avec les deux camps. Les &Eacute;tats-Unis, eux, ont lev&eacute; leurs sanctions contre l'&Eacute;rythr&eacute;e le 18 septembre 2026, deux jours avant la formation de la coalition rebelle. Un timing qui interroge.</p>
<h2>Le paradoxe &eacute;thiopien</h2>
<p>L'&Eacute;thiopie est un pays de paradoxes. Pr&egrave;s de 140 millions d'habitants. L'une des plus grandes arm&eacute;es d'Afrique. Une croissance du PIB de 9,2 % projet&eacute;e pour 2026, la plus &eacute;lev&eacute;e d'Afrique subsaharienne selon le FMI. Ethiopian Airlines, premier transporteur a&eacute;rien du continent, repr&eacute;sente 4,5 % du PIB national. Addis-Abeba est la capitale officieuse de l'Union africaine.</p>
<p>Et pourtant, le pays est au bord de l'implosion. La guerre de 2020-2022 au Tigr&eacute; a fait pr&egrave;s de 600 000 morts. Aujourd'hui, la nouvelle vague de violences risque de surpasser ce bilan. Les combats touchent le Tigr&eacute;, l'Amhara et l'Afar. L'arm&eacute;e f&eacute;d&eacute;rale doit lutter sur plusieurs fronts simultan&eacute;ment.</p>
<p>&laquo; Si le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral et la coalition rebelle ne s'assoient pas &agrave; la table des n&eacute;gociations, et si les acteurs ext&eacute;rieurs continuent d'inonder la r&eacute;gion d'armes, l'&Eacute;thiopie risque de devenir non pas un leader r&eacute;gional, mais un trou noir aspirant l'ensemble de la Corne de l'Afrique &raquo;, avertit un diplomate africain bas&eacute; &agrave; Addis-Abeba, qui a requis l'anonymat.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi l'&Eacute;thiopie est-elle en guerre au Tigr&eacute; ?</strong><br>Le TPLF a lanc&eacute; des attaques contre les forces f&eacute;d&eacute;rales le 23 septembre 2026. Les combats ont repris apr&egrave;s une tr&ecirc;ve fragile de quatre ans. L'arm&eacute;e f&eacute;d&eacute;rale a ripost&eacute; et repris Mekele le 4 octobre.</p>
<p><strong>Quelle est la position de l'&Eacute;rythr&eacute;e dans ce conflit ?</strong><br>L'&Eacute;thiopie accuse l'&Eacute;rythr&eacute;e de soutenir le TPLF et d'avoir d&eacute;ploy&eacute; 5 000 &agrave; 8 000 soldats au Tigr&eacute;. L'&Eacute;rythr&eacute;e d&eacute;ment et accuse l'&Eacute;thiopie de pr&eacute;parer une guerre pour s'emparer du port d'Assab.</p>
<p><strong>Pourquoi la mer Rouge est-elle strat&eacute;gique ?</strong><br>La mer Rouge est l'une des routes maritimes les plus importantes du monde. Environ 12 % du commerce mondial y transite. Toute perturbation affecte directement l'&eacute;conomie globale.</p>
<p><strong>Qui soutient l'&Eacute;thiopie ? Qui soutient l'&Eacute;rythr&eacute;e ?</strong><br>L'&Eacute;thiopie est soutenue par les &Eacute;mirats arabes unis, Isra&euml;l et, selon plusieurs sources, les RSF soudanaises. L'&Eacute;rythr&eacute;e est soutenue par l'&Eacute;gypte, l'Arabie saoudite et l'arm&eacute;e soudanaise.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 15 Oct 2026 02:10:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[Ukraine - Zelensky, « dictateur » ou bouc émissaire ? Le vrai débat]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-zelensky-dictateur-ou-bouc-emissaire-le-vrai-debat</link>
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                    <p>Donald Trump a publiquement appelé à remplacer Volodymyr Zelensky,
tandis qu'un accord diesel avec Poutine et des manœuvres autour du
général Zaloujny dessinent...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Zelensky-Trump131026500.webp" alt="Ukraine - Zelensky, « dictateur » ou bouc émissaire ? Le vrai débat" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Donald Trump a publiquement appel&eacute; &agrave; remplacer Volodymyr Zelensky, tandis qu'un accord diesel avec Poutine et des man&oelig;uvres autour du g&eacute;n&eacute;ral Zaloujny dessinent un sc&eacute;nario de changement de pouvoir &agrave; Kiev.</p>
<p>Dix mots ont suffi. &laquo; Je pense que l'Ukraine devrait avoir un nouveau pr&eacute;sident. &raquo; Prononc&eacute;e par Donald Trump devant des journalistes, cette phrase a fait l'effet d'une d&eacute;tonation dans les chancelleries europ&eacute;ennes. En une d&eacute;claration, le pr&eacute;sident am&eacute;ricain a remis en cause la l&eacute;gitimit&eacute; du dirigeant ukrainien, ouvert la porte &agrave; une alternance &agrave; Kiev, et laiss&eacute; entendre que Washington pourrait cesser de soutenir l'homme qui incarne la r&eacute;sistance ukrainienne depuis f&eacute;vrier 2022. Mais derri&egrave;re l'effet d'annonce, que sait-on vraiment ? Quels sont les faits v&eacute;rifi&eacute;s, les hypoth&egrave;ses cr&eacute;dibles et les zones d'ombre ? Enqu&ecirc;te.</p>
<h2>L'appel t&eacute;l&eacute;phonique qui a tout chang&eacute;</h2>
<p>Le 10 octobre 2026, Donald Trump s'entretient au t&eacute;l&eacute;phone avec Vladimir Poutine. L'&eacute;change, confirm&eacute; par la Maison-Blanche, porte sur un sujet inattendu : le diesel. Selon les informations disponibles, un accord pr&eacute;voit que la Russie fournisse imm&eacute;diatement plus de 300 000 tonnes de diesel aux march&eacute;s am&eacute;ricain et mondial, puis 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes suppl&eacute;mentaires par la suite. Objectif affich&eacute; : faire baisser les prix du carburant aux &Eacute;tats-Unis avant les &eacute;lections de mi-mandat de novembre.</p>
<p>Mais l'accord ne s'arr&ecirc;te pas l&agrave;. Le m&ecirc;me jour, Trump d&eacute;clare devant des journalistes que la Russie est &laquo; dispos&eacute;e &agrave; conclure un accord pour mettre fin au conflit en Ukraine &raquo;. Il ajoute : &laquo; Pour une raison ou une autre, M. Zelensky ne veut pas d'accord &raquo;. Et il lance l'appel qui a fait le tour du monde : &laquo; Le pr&eacute;sident Poutine souhaite vivement voir un r&egrave;glement. [...] Je pense que l'Ukraine devrait avoir un nouveau pr&eacute;sident. &raquo;</p>
<p>La r&eacute;action de Zelensky ne se fait pas attendre. Le lendemain, il critique l'accord diesel, avertissant que &laquo; des revenus &eacute;nerg&eacute;tiques suppl&eacute;mentaires contribueraient &agrave; financer les op&eacute;rations de la Russie en Ukraine &raquo;. Une mani&egrave;re de dire ce que tout le monde comprend &agrave; Kiev : Trump vient de tendre une bou&eacute;e &eacute;conomique &agrave; Poutine, sans rien obtenir en &eacute;change pour l'Ukraine.</p>
<h2>Trump peut-il vraiment imposer un nouveau pr&eacute;sident ?</h2>
<p>La question m&eacute;rite d'&ecirc;tre pos&eacute;e. Aux &Eacute;tats-Unis, le pr&eacute;sident ne dispose d'aucun pouvoir pour destituer un dirigeant &eacute;tranger. Trump ne peut ni organiser des &eacute;lections en Ukraine, ni imposer un candidat. Mais il peut faire bien pire : couper les vivres.</p>
<p>Depuis son retour &agrave; la Maison-Blanche en janvier 2025, Trump a consid&eacute;rablement r&eacute;duit l'aide militaire et financi&egrave;re am&eacute;ricaine &agrave; Kiev. En juin 2026, la Chambre des repr&eacute;sentants a vot&eacute; un nouveau paquet d'aide de 8 milliards de dollars en pr&ecirc;ts militaires, avec le soutien de six r&eacute;publicains qui ont rejoint les d&eacute;mocrates pour forcer le vote. Un camouflet pour Trump, qui avait refus&eacute; tout nouveau financement.</p>
<p>Mais le message est clair : sans les &Eacute;tats-Unis, l'Ukraine ne peut pas tenir ind&eacute;finiment. L'Europe, malgr&eacute; ses efforts, ne compense pas le retrait am&eacute;ricain. Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; que r&eacute;side le pouvoir de Trump : pas dans la nomination d'un successeur, mais dans la capacit&eacute; de priver Zelensky des moyens de se maintenir au pouvoir.</p>
<h2>Zelensky est-il un &laquo; dictateur &raquo; ? La question qui divise</h2>
<p>Le mandat pr&eacute;sidentiel de Volodymyr Zelensky a officiellement expir&eacute; le 20 mai 2024. La Constitution ukrainienne pr&eacute;voit que les &eacute;lections ne peuvent pas se tenir sous la loi martiale, en vigueur depuis f&eacute;vrier 2022. Mais cette situation cr&eacute;e une zone grise juridique que certains exploitent.</p>
<p>Vladimir Poutine a &eacute;t&eacute; le premier &agrave; sauter sur l'occasion : &laquo; Le mandat pr&eacute;sidentiel de Zelensky a expir&eacute;, ainsi que sa l&eacute;gitimit&eacute;, qui ne peut &ecirc;tre restaur&eacute;e par aucun moyen &raquo;. Une position reprise par une partie de l'opposition ukrainienne, qui soutient que le pouvoir aurait d&ucirc; &ecirc;tre transf&eacute;r&eacute; au pr&eacute;sident du Parlement, Rouslan Stefantchouk.</p>
<p>La r&eacute;alit&eacute; est plus complexe. La Constitution ukrainienne ne pr&eacute;voit pas explicitement de prolongation automatique du mandat pr&eacute;sidentiel en cas de loi martiale. Elle mentionne uniquement la possibilit&eacute; pour le Parlement d'&eacute;tendre ses propres pouvoirs et l'impossibilit&eacute; d'organiser des &eacute;lections. Les r&eacute;dacteurs de la Constitution craignaient qu'un futur pr&eacute;sident ne proclame la loi martiale pr&eacute;cis&eacute;ment pour emp&ecirc;cher sa destitution.</p>
<p>Alors, Zelensky est-il un dictateur ? Le terme est excessif. Il n'a pas suspendu le Parlement, ni fait emprisonner ses opposants, ni instaur&eacute; un r&eacute;gime de terreur. Mais la question de la l&eacute;gitimit&eacute; de sa prolongation reste ouverte. Et elle alimente un narratif russe qui trouve un &eacute;cho grandissant &agrave; Washington.</p>
<h2>Zaloujny, l'homme qui pourrait remplacer Zelensky</h2>
<p>Son nom revient partout. Valeri Zaloujny, ancien commandant en chef des forces arm&eacute;es ukrainiennes, limog&eacute; par Zelensky en f&eacute;vrier 2024 apr&egrave;s des d&eacute;saccords tactiques. Nomm&eacute; ambassadeur d'Ukraine au Royaume-Uni, il est aujourd'hui consid&eacute;r&eacute; comme le principal rival politique de Zelensky.</p>
<p>Selon plusieurs m&eacute;dias ukrainiens, Zaloujny aurait inform&eacute; Zelensky de son intention de se pr&eacute;senter &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle si des &eacute;lections &eacute;taient organis&eacute;es &agrave; l'automne 2026. Un sondage le donne &agrave; 22 % des intentions de vote, contre Zelensky en perte de vitesse. Newsweek le classe parmi les principaux candidats susceptibles de d&eacute;tr&ocirc;ner le pr&eacute;sident sortant.</p>
<p>Mais de l&agrave; &agrave; parler de &laquo; coup d'&Eacute;tat &raquo;, il y a un pas que nous ne franchirons pas. Certains experts russes &eacute;voquent la possibilit&eacute; que Zaloujny, avec le soutien de Londres, cherche &agrave; constituer une force paramilitaire pour prendre le pouvoir. Ces all&eacute;gations proviennent de sources russes et n'ont pas &eacute;t&eacute; confirm&eacute;es par des m&eacute;dias ind&eacute;pendants. Elles doivent &ecirc;tre trait&eacute;es avec la plus grande prudence.</p>
<p>Ce que l'on sait, en revanche, c'est que Zaloujny incarne une alternative cr&eacute;dible. Militaire respect&eacute;, il jouit d'une popularit&eacute; r&eacute;elle dans l'arm&eacute;e et dans une partie de la population. Son retour en gr&acirc;ce aupr&egrave;s des Am&eacute;ricains il aurait rencontr&eacute; des &eacute;missaires de Trump lors de son s&eacute;jour &agrave; Londres en fait un interlocuteur potentiel pour Washington.</p>
<h2>Corruption et limogeages : le pouvoir Zelensky vacille</h2>
<p>La guerre use les hommes. Elle use aussi les institutions. En septembre 2026, Zelensky a limog&eacute; le procureur g&eacute;n&eacute;ral Rouslan Kravtchenko, accus&eacute; d'avoir couvert des centres d'appels frauduleux en &eacute;change de pots-de-vin. Kravtchenko a quitt&eacute; pr&eacute;cipitamment l'Ukraine, affirmant &ecirc;tre &laquo; en mission &agrave; l'&eacute;tranger &raquo;, et a port&eacute; plainte contre le directeur du bureau national anticorruption (NABU), l'accusant d'avoir falsifi&eacute; des documents officiels.</p>
<p>Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large. Depuis novembre 2025, le NABU et le parquet sp&eacute;cialis&eacute; anticorruption enqu&ecirc;tent sur une vaste op&eacute;ration baptis&eacute;e &laquo; Op&eacute;ration Midas &raquo;, portant sur un syst&egrave;me de corruption dans le secteur &eacute;nerg&eacute;tique. Selon l'ONG Transparency International, l'Ukraine obtient un score de 36 sur 100 &agrave; l'indice de perception de la corruption, et 23 % des usagers des services publics auraient d&ucirc; verser un pot-de-vin en 2021.</p>
<p>Le Washington Post a rapport&eacute; que Zelensky avait limog&eacute; des responsables proches des &Eacute;tats-Unis, notamment Oleksandr Kubrakov, ancien ministre des Infrastructures charg&eacute; de la reconstruction. Un signal clair : les partenaires occidentaux, et en particulier Washington, voient d'un mauvais &oelig;il les r&eacute;sistances &agrave; la lutte anticorruption.</p>
<h2>Que peut-il se passer maintenant ?</h2>
<p>Plusieurs sc&eacute;narios sont sur la table. Le premier : Zelensky c&egrave;de &agrave; la pression et accepte la tenue d'&eacute;lections, sous certaines conditions s&eacute;curitaires. Cela pourrait se faire &agrave; l'automne 2026, si un cessez-le-feu partiel est conclu. Le second : il refuse et s'accroche au pouvoir, au risque de perdre le soutien de ses alli&eacute;s occidentaux. Le troisi&egrave;me : un changement de pouvoir plus brutal, orchestr&eacute; de l'int&eacute;rieur, avec ou sans l'aval de Washington.</p>
<p>Ce dernier sc&eacute;nario est le plus incertain. Les experts russes &eacute;voquent un coup d'&Eacute;tat men&eacute; par Zaloujny, mais aucune preuve tangible ne vient &eacute;tayer cette hypoth&egrave;se. Ce qui est certain, c'est que Zaloujny est le seul candidat cr&eacute;dible &agrave; m&ecirc;me de rassembler au-del&agrave; des clivages politiques ukrainiens.</p>
<p>La tro&iuml;ka &eacute;voqu&eacute;e par certaines sources Zaloujny, Kouleba, Kubrakov n'a rien d'officiel. Elle rel&egrave;ve de sp&eacute;culations qui circulent dans les milieux diplomatiques. Nous n'avons pas pu obtenir de confirmation de sources ind&eacute;pendantes.</p>
<hr>
<p><strong>Trump peut-il destituer Zelensky ?</strong><br>Non. Aucun pr&eacute;sident am&eacute;ricain n'a ce pouvoir. Mais Trump peut r&eacute;duire, voire cesser, l'aide militaire et financi&egrave;re des &Eacute;tats-Unis &agrave; l'Ukraine, ce qui affaiblirait consid&eacute;rablement Zelensky.</p>
<p><strong>Zelensky est-il un dictateur ?</strong><br>Le terme est abusif. Zelensky n'a pas instaur&eacute; un r&eacute;gime autoritaire. Mais son mandat a expir&eacute; en mai 2024 et il n'a pas organis&eacute; d'&eacute;lections, invoquant la loi martiale. Cette situation alimente un d&eacute;bat l&eacute;gitime sur la dur&eacute;e de son pouvoir.</p>
<p><strong>Qui est Valeri Zaloujny ?</strong><br>Ancien commandant en chef des forces arm&eacute;es ukrainiennes, limog&eacute; par Zelensky en 2024. Il est aujourd'hui ambassadeur d'Ukraine au Royaume-Uni et le principal rival politique de Zelensky.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que l'accord diesel Trump-Poutine ?</strong><br>Un accord pr&eacute;voyant que la Russie fournisse plus de 300 000 tonnes de diesel aux march&eacute;s am&eacute;ricain et mondial, puis 500 000 tonnes en novembre et jusqu'&agrave; 4,8 millions de tonnes au total.</p>
<p>Ce qu'il faut retenir</p>
<p>Donald Trump veut la fin de la guerre en Ukraine. Il veut aussi la fin de Zelensky. Entre les deux, il y a une &eacute;quation politique que Washington tente de r&eacute;soudre en jouant la carte Zaloujny. Mais rien n'est jou&eacute;. Zelensky r&eacute;siste. L'Europe s'inqui&egrave;te. Et l'Ukraine, prise entre deux feux, cherche sa voie.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : la phrase de Trump restera. &laquo; L'Ukraine devrait avoir un nouveau pr&eacute;sident. &raquo; Elle marque un tournant. Reste &agrave; savoir si ce tournant m&egrave;nera &agrave; la paix ou &agrave; une nouvelle crise.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 13 Oct 2026 21:26:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[HRW : « Le Cameroun n&#039;est pas un pays sûr » pour les expulsés]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/hrw-le-cameroun-nest-pas-un-pays-sur-pour-les-expulses</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>HRW demande au Cameroun de suspendre l'accueil des expulsés
américains. 46 ressortissants de pays tiers transférés sur cinq
vols. Enquête sur un accord secret....</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/HRW132026500.webp" alt="HRW : « Le Cameroun n&#039;est pas un pays sûr » pour les expulsés" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>HRW demande au Cameroun de suspendre l'accueil des expuls&eacute;s am&eacute;ricains. 46 ressortissants de pays tiers transf&eacute;r&eacute;s sur cinq vols. Enqu&ecirc;te sur un accord secret.</p>
<p>Dans un rapport de 125 pages, Human Rights Watch d&eacute;crit des expulsions am&eacute;ricaines vers le Cameroun qui privent les personnes migrantes de toute possibilit&eacute; de contester leur destination, et appelle Yaound&eacute; &agrave; suspendre son accord.</p>
<p>Le 8 octobre 2026, Human Rights Watch a publi&eacute; un rapport de 125 pages intitul&eacute; &laquo; To Scare People &raquo;. Le constat : les &Eacute;tats-Unis expulsent des personnes vers des pays africains o&ugrave; elles n'ont aucun lien. Le Cameroun figure parmi les destinations.</p>
<p>46 ressortissants de pays tiers ont &eacute;t&eacute; achemin&eacute;s au Cameroun sur cinq vols entre janvier et ao&ucirc;t 2026. 16 des 17 personnes arriv&eacute;es en janvier et f&eacute;vrier b&eacute;n&eacute;ficiaient de d&eacute;cisions judiciaires am&eacute;ricaines interdisant leur renvoi vers leur pays d'origine.</p>
<p>L'organisation demande au Cameroun de suspendre cet accord. Et Washington ne r&eacute;pond pas aux situations individuelles document&eacute;es.</p>
<h2>Le rapport qui met le Cameroun sous pression</h2>
<p>Human Rights Watch a rendu public, le 8 octobre 2026, un rapport de 125 pages intitul&eacute; &laquo; To Scare People: US Expulsions of Third-Country Nationals to Countries in Africa &raquo;. Le titre vient d'un fonctionnaire am&eacute;ricain anonyme cit&eacute; lors d'une audience au S&eacute;nat. &laquo; Avec des pays comme Palau ou l'Eswatini, l'id&eacute;e est que l'Administration peut menacer les gens d'&ecirc;tre litt&eacute;ralement d&eacute;pos&eacute;s au milieu de nulle part. Le but, c'est de faire peur. &raquo;</p>
<p>L'organisation a interview&eacute; 24 ressortissants de pays tiers transf&eacute;r&eacute;s des &Eacute;tats-Unis vers six pays africains : le Cameroun, la R&eacute;publique centrafricaine, la R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo, la Guin&eacute;e &eacute;quatoriale, l'Eswatini et le Soudan du Sud. Les entretiens ont &eacute;t&eacute; men&eacute;s entre f&eacute;vrier et juillet 2026.</p>
<p>Les t&eacute;moignages d&eacute;crivent des vols sous entraves, certains durant au moins 18 heures. Les personnes expuls&eacute;es affirment ne pas avoir su o&ugrave; elles allaient. Certaines se sont vu refuser l'acc&egrave;s &agrave; des m&eacute;dicaments. D'autres n'ont pas re&ccedil;u suffisamment de nourriture ou d'eau.</p>
<h2>Le volet camerounais</h2>
<p>Le rapport recense pr&eacute;cis&eacute;ment 46 ressortissants de pays tiers achemin&eacute;s au Cameroun sur cinq vols : neuf en janvier 2026, huit en f&eacute;vrier, neuf en avril, dix en mai et dix en ao&ucirc;t.</p>
<p>Il ne s'agit pas de rapatriements de citoyens camerounais. Ce sont des personnes d'autres nationalit&eacute;s que les &Eacute;tats-Unis ont d&eacute;cid&eacute; d'envoyer au Cameroun.</p>
<p>Parmi elles, 16 des 17 personnes arriv&eacute;es en janvier et f&eacute;vrier, ainsi que les neuf transf&eacute;r&eacute;es en avril, b&eacute;n&eacute;ficiaient de d&eacute;cisions judiciaires am&eacute;ricaines interdisant leur renvoi vers leur pays d'origine. Ces protections reposaient sur les risques qu'elles y encourraient. Des juges am&eacute;ricains avaient reconnu qu'elles seraient pers&eacute;cut&eacute;es ou tortur&eacute;es si elles y &eacute;taient renvoy&eacute;es.</p>
<p>Selon le rapport, les personnes arriv&eacute;es au Cameroun ont &eacute;t&eacute; plac&eacute;es dans des structures contr&ocirc;l&eacute;es par les autorit&eacute;s &agrave; Yaound&eacute;. Les t&eacute;moignages d&eacute;crivent des restrictions de d&eacute;placement et des difficult&eacute;s d'acc&egrave;s &agrave; la nourriture et aux produits d'hygi&egrave;ne.</p>
<h2>L'accord secret de d&eacute;cembre 2025</h2>
<p>L'accord d'accueil entre les &Eacute;tats-Unis et le Cameroun a &eacute;t&eacute; sign&eacute; en d&eacute;cembre 2025. Le New York Times a r&eacute;v&eacute;l&eacute;, le 25 mars 2026, les conditions de cette n&eacute;gociation.</p>
<p>Selon le quotidien am&eacute;ricain, qui cite des documents confidentiels du D&eacute;partement d'&Eacute;tat et des sources anonymes, l'administration Trump a fait pression sur Yaound&eacute; par plusieurs leviers. Elle est rest&eacute;e silencieuse face &agrave; la r&eacute;pression meurtri&egrave;re des manifestations post-&eacute;lectorales. Elle a retenu un versement de 30 millions de dollars destin&eacute; au bureau camerounais du Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&eacute;fugi&eacute;s (HCR). Le versement n'a &eacute;t&eacute; d&eacute;bloqu&eacute; qu'apr&egrave;s l'accord de Paul Biya sur l'accueil des expuls&eacute;s.</p>
<p>Un protocole publi&eacute; ult&eacute;rieurement par le D&eacute;partement d'&Eacute;tat montre que le Cameroun a accept&eacute;, le 16 d&eacute;cembre 2025, de recevoir jusqu'&agrave; 1 000 personnes d&eacute;plac&eacute;es depuis les &Eacute;tats-Unis. Le premier avion est arriv&eacute; le 14 janvier 2026.</p>
<h2>Ce que HRW reproche au Cameroun</h2>
<p>L'organisation ne vise pas seulement Washington. Elle demande aussi aux gouvernements africains qui ont sign&eacute; ces accords de les suspendre ou de les r&eacute;silier.</p>
<p>&laquo; Plusieurs de ces gouvernements africains ne sont pas seulement complices des abus am&eacute;ricains, mais ont eux-m&ecirc;mes viol&eacute; les droits humains de ces personnes expuls&eacute;es &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; Michael Garcia Bochenek, directeur par int&eacute;rim du programme am&eacute;ricain de HRW.</p>
<p>Le rapport documente des cas o&ugrave; le Cameroun, la Guin&eacute;e &eacute;quatoriale et le Ghana ont envoy&eacute; des personnes expuls&eacute;es vers leur pays d'origine. Ces renvois ont eu lieu alors que ces personnes risquaient la pers&eacute;cution ou la torture, en violation du principe de non-refoulement.</p>
<p>HRW souligne que l'accord d'accueil de d&eacute;cembre 2025 pr&eacute;voyait un engagement de protection contre les pers&eacute;cutions et la torture. L'organisation estime que ces garanties n'ont pas &eacute;t&eacute; respect&eacute;es.</p>
<h2>La r&eacute;ponse de Washington</h2>
<p>Le d&eacute;partement am&eacute;ricain de la S&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure (DHS) d&eacute;fend ces expulsions. &laquo; Les renvois vers des pays tiers sont un outil essentiel de s&eacute;curit&eacute; publique qui permet d'&eacute;loigner les criminels ill&eacute;gaux les plus dangereux de nos rues &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; un porte-parole &agrave; la BBC.</p>
<p>Le DHS affirme &eacute;galement recevoir des &laquo; assurances diplomatiques &raquo; des pays de destination sur la s&eacute;curit&eacute; des personnes expuls&eacute;es. &laquo; Lorsqu'une personne n'est plus sous la garde de l'ICE, l'ICE n'est plus responsable d'elle. &raquo;</p>
<p>Cette justification g&eacute;n&eacute;rale ne r&eacute;pond pas aux situations individuelles document&eacute;es par HRW. Les personnes b&eacute;n&eacute;ficiant d'une protection contre le retour, prot&eacute;g&eacute;es par des d&eacute;cisions de justice am&eacute;ricaines, restent concern&eacute;es par ces transferts.</p>
<h2>Le contexte plus large</h2>
<p>Les expulsions vers le Cameroun ne sont pas un cas isol&eacute;. Selon une enqu&ecirc;te du consortium Forbidden Stories publi&eacute;e en septembre 2026, les &Eacute;tats-Unis ont transf&eacute;r&eacute; au moins 25 447 personnes vers 28 pays tiers depuis janvier 2025. Environ 20 000 de ces transferts ont eu lieu vers le Mexique.</p>
<p>Quarante-neuf des cinquante-quatre pays africains ont &eacute;t&eacute; approch&eacute;s par Washington pour accueillir des ressortissants de pays tiers, selon Forbidden Stories. Treize pays africains ont sign&eacute; des accords. Le Burundi est devenu le quinzi&egrave;me en octobre 2026.</p>
<p>Au total, 410 millions de dollars auraient &eacute;t&eacute; provisionn&eacute;s pour ces dispositifs. Les documents internes consult&eacute;s par Forbidden Stories attribuent 81 millions de dollars aux gouvernements signataires, plus de 178 millions &agrave; l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et 123 millions au HCR.</p>
<p>L'ONU n'est pas partie aux accords bilat&eacute;raux. Le HCR affirme utiliser les fonds am&eacute;ricains conform&eacute;ment &agrave; son mandat. L'OIM indique accepter ces financements lorsqu'ils am&eacute;liorent la situation des migrants concern&eacute;s.</p>
<h2>Les garanties camerounaises</h2>
<p>Pour Yaound&eacute;, les conclusions du rapport posent une question concr&egrave;te : quelles garanties effectives sont offertes aux personnes accept&eacute;es sur le territoire camerounais ?</p>
<p>Le statut juridique de ces personnes n'est pas public. Leur acc&egrave;s &agrave; un avocat n'a pas &eacute;t&eacute; document&eacute;. Les conditions de leur &eacute;ventuel d&eacute;part ne sont pas connues.</p>
<p>L'accord de d&eacute;cembre 2025 pr&eacute;voit un engagement de protection. HRW affirme que cet engagement n'a pas &eacute;t&eacute; respect&eacute; dans certains cas. Le gouvernement camerounais n'a pas r&eacute;pondu publiquement aux conclusions du rapport au moment d'&eacute;crire ces lignes.</p>
<p>La Cour supr&ecirc;me des &Eacute;tats-Unis doit entendre, en d&eacute;cembre 2026, des arguments sur la l&eacute;galit&eacute; des expulsions vers des pays tiers. La question : ces transferts violent-ils les protections constitutionnelles de proc&eacute;dure r&eacute;guli&egrave;re ou les interdictions l&eacute;gales d'envoyer des personnes vers des pays o&ugrave; elles risquent la torture ?</p>
<p>La Cour a autoris&eacute; le programme &agrave; se poursuivre pendant que l'affaire est en cours. La d&eacute;cision interviendra apr&egrave;s.</p>
<p>Pour le Cameroun, la question est imm&eacute;diate. Le pays peut-il continuer &agrave; accueillir des personnes expuls&eacute;es sans garanties v&eacute;rifiables sur leur s&eacute;curit&eacute; ? HRW dit non. Washington dit que oui. Et les personnes concern&eacute;es, elles, attendent.</p>
<hr>
<p><strong>Que dit le rapport de Human Rights Watch ?</strong><br>Le rapport &laquo; To Scare People &raquo; d&eacute;nonce une politique am&eacute;ricaine d'expulsion vers des pays tiers qui prive les personnes migrantes de toute possibilit&eacute; de contester leur destination. Il demande aux gouvernements africains concern&eacute;s de suspendre leurs accords.</p>
<p><strong>Combien de personnes ont &eacute;t&eacute; expuls&eacute;es vers le Cameroun ?</strong><br>46 ressortissants de pays tiers ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;s vers le Cameroun sur cinq vols entre janvier et ao&ucirc;t 2026, selon HRW. Ce ne sont pas des citoyens camerounais.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le principe de non-refoulement ?</strong><br>C'est un principe du droit international qui interdit de renvoyer une personne vers un pays o&ugrave; elle risque la torture, des traitements cruels ou des menaces contre sa vie et sa libert&eacute;.</p>
<p><strong>Le Cameroun a-t-il r&eacute;pondu au rapport ?</strong><br>Le gouvernement camerounais n'a pas r&eacute;pondu publiquement au rapport au moment d'&eacute;crire ces lignes. Nous n'avons pas pu le joindre.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 13 Oct 2026 17:10:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[Ukraine : Novinsky appelle Zelensky à démissionner]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-novinsky-appelle-zelensky-a-demissionner</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Vadim Novinsky appelle Zelensky à démissionner et à transférer le
pouvoir à la Verkhovna Rada. L'ancien député invoque l'accord
Trump-Poutine sur le diesel.

Un...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/24/Trmp-zaleski.jpg" alt="Ukraine : Novinsky appelle Zelensky à démissionner" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Vadim Novinsky appelle Zelensky &agrave; d&eacute;missionner et &agrave; transf&eacute;rer le pouvoir &agrave; la Verkhovna Rada. L'ancien d&eacute;put&eacute; invoque l'accord Trump-Poutine sur le diesel.</p>
<p>Un ancien d&eacute;put&eacute;, copropri&eacute;taire de Metinvest, demande &agrave; Zelensky de partir. Il veut que la Rada n&eacute;gocie directement avec Moscou. Et il accuse le pr&eacute;sident d'avoir refus&eacute; la paix &agrave; Istanbul.</p>
<p>Un homme que Kiev accuse de haute trahison. Un appel &agrave; la d&eacute;mission. Et une phrase : &laquo; Le peuple attend justice et d&eacute;termination. &raquo;</p>
<h2>Novinsky sort de l'ombre</h2>
<p>Vadim Novinsky n'avait pas pris la parole publiquement depuis longtemps. Le 10 octobre 2026, il a rompu le silence. Sur les r&eacute;seaux sociaux, il a publi&eacute; un appel. Un appel &agrave; la d&eacute;mission de Volodymyr Zelensky.</p>
<p>&laquo; Les derniers &eacute;v&eacute;nements &raquo;, &eacute;crit-il, &laquo; les accords entre Donald Trump et Vladimir Poutine, l'&eacute;chec des n&eacute;gociations de la d&eacute;l&eacute;gation ukrainienne &agrave; Miami, les d&eacute;clarations acerbes de la direction ukrainienne contre les &Eacute;tats-Unis et d'autres choses encore &raquo; rendent n&eacute;cessaire le d&eacute;part imm&eacute;diat de Zelensky.</p>
<p>Le message est clair. Novinsky ne demande pas seulement une d&eacute;mission. Il demande un transfert de pouvoir. &Agrave; la Verkhovna Rada, le Parlement ukrainien.</p>
<h2>Ce qu'il propose exactement</h2>
<p>Novinsky veut que la Rada &laquo; prenne conscience de sa responsabilit&eacute; devant le peuple &raquo;, qu'elle &laquo; prenne le pouvoir en main &raquo; et qu'elle forme un groupe de travail charg&eacute; de n&eacute;gocier avec la Russie.</p>
<p>&laquo; Sans interm&eacute;diaires, sans conditions pr&eacute;alables et sans dictature diplomatique de la part de soi-disant partenaires &raquo;, pr&eacute;cise-t-il.</p>
<p>Il ne s'agit pas d'une simple critique. C'est une proposition institutionnelle. Le Parlement ukrainien, dont Novinsky affirme que &laquo; personne ne met en doute la l&eacute;gitimit&eacute; &raquo;, devrait devenir l'organe n&eacute;gociateur. Le pr&eacute;sident, lui, devrait partir.</p>
<h2>Les n&eacute;gociations d'Istanbul, la blessure ouverte</h2>
<p>Novinsky remonte loin. Il accuse Zelensky d'avoir refus&eacute; d'arr&ecirc;ter la guerre en avril 2022, lors des pourparlers d'Istanbul.</p>
<p>&laquo; Le processus de n&eacute;gociation &raquo;, &eacute;crit-il, &laquo; auquel j'ai moi-m&ecirc;me particip&eacute; &agrave; l'organisation, allait dans le sens de compromis importants. Mais Zelensky a choisi la guerre. &raquo;</p>
<p>Les pourparlers d'Istanbul ont effectivement eu lieu fin mars 2022. Un communiqu&eacute; a &eacute;t&eacute; sign&eacute; le 29 mars. Il pr&eacute;voyait un statut de neutralit&eacute; permanente pour l'Ukraine, sous garanties internationales. Les garanties ne s'appliquaient pas &agrave; la Crim&eacute;e ni &agrave; certaines zones de l'est. Un projet de trait&eacute; a circul&eacute;. Il n'a jamais &eacute;t&eacute; finalis&eacute;.</p>
<p>Selon Novinsky, toute paix future sera &laquo; plus difficile &agrave; accepter pour l'Ukraine que celles propos&eacute;es &agrave; Istanbul &raquo;. L'Ukraine, dit-il, a perdu &laquo; des millions de citoyens, des milliers de kilom&egrave;tres carr&eacute;s de territoire et des pans entiers de son &eacute;conomie &raquo;. &laquo; Ce sont des pertes irr&eacute;versibles. &raquo;</p>
<h2>Qui est Vadim Novinsky ?</h2>
<p>Novinsky est n&eacute; en 1963 &agrave; Staraya Russa, en Russie. Il est ing&eacute;nieur en m&eacute;canique a&eacute;ronautique. Il a fait fortune dans le n&eacute;goce de produits p&eacute;troliers en Russie, avant d'investir en Ukraine dans le minerai de fer et la m&eacute;tallurgie.</p>
<p>Il est copropri&eacute;taire de Smart Holding, qui d&eacute;tient 24 % de Metinvest, le g&eacute;ant sid&eacute;rurgique de Rinat Akhmetov. Il a obtenu la nationalit&eacute; ukrainienne en 2012. Il a &eacute;t&eacute; d&eacute;put&eacute; de la Verkhovna Rada &agrave; trois reprises, sous l'&eacute;tiquette du Parti des r&eacute;gions, puis &agrave; la t&ecirc;te de la faction du Bloc d'opposition.</p>
<p>Il est aussi protodiacre de l'&Eacute;glise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou. En d&eacute;cembre 2022, le Conseil national de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense de l'Ukraine a impos&eacute; des sanctions contre lui. En 2025, le Bureau d'enqu&ecirc;te d'&Eacute;tat et le SBU l'ont inform&eacute; de suspicions pour haute trahison. Il a quitt&eacute; l'Ukraine &agrave; l'&eacute;t&eacute; 2022, a renonc&eacute; &agrave; son mandat de d&eacute;put&eacute; et vit depuis principalement dans l'Union europ&eacute;enne, notamment en Croatie. En septembre 2026, il a obtenu la citoyennet&eacute; serbe par proc&eacute;dure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e.</p>
<p>Il est aujourd'hui sous le coup d'un mandat d'arr&ecirc;t. Ses avoirs en Ukraine sont gel&eacute;s. Dans l'espace m&eacute;diatique ukrainien, il est depuis longtemps qualifi&eacute; de &laquo; pro-russe &raquo; et de &laquo; curateur de l'UCP-MP &raquo;.</p>
<h2>L'accord Trump-Poutine sur le diesel</h2>
<p>L'&eacute;v&eacute;nement qui a d&eacute;clench&eacute; l'appel de Novinsky est l'accord annonc&eacute; le 9 octobre 2026 entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Selon le Kremlin, confirm&eacute; par Trump, la Russie fournira au march&eacute; am&eacute;ricain plus de 300 000 tonnes de diesel d&egrave;s octobre, 500 000 tonnes en novembre et 1 million de tonnes en d&eacute;cembre. &laquo; &Agrave; terme, ce volume pourrait atteindre 3 millions de tonnes par mois &raquo;, a pr&eacute;cis&eacute; le vice-Premier ministre russe charg&eacute; de l'&eacute;nergie.</p>
<p>Zelensky a r&eacute;agi avec virulence. Il a qualifi&eacute; la d&eacute;cision de &laquo; faible &raquo; et &laquo; indigne &raquo;. &laquo; Cela ne fait qu'alimenter Poutine et lui donne la possibilit&eacute; de mener une guerre encore plus intense &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Il a regrett&eacute; que la d&eacute;l&eacute;gation ukrainienne en Floride pour rencontrer les &eacute;missaires de Trump ait &laquo; simplement servi de fa&ccedil;ade &raquo; pour cet accord avec Moscou.</p>
<h2>L'&eacute;chec des n&eacute;gociations de Miami</h2>
<p>Les n&eacute;gociations de Miami ont eu lieu les 9 et 10 octobre 2026. Elles r&eacute;unissaient les &Eacute;tats-Unis, l'Ukraine, les pays de l'E3 (Royaume-Uni, France, Allemagne), la Commission europ&eacute;enne et l'OTAN. La d&eacute;l&eacute;gation ukrainienne &eacute;tait conduite par Kirill Budanov, chef de cabinet de Zelensky.</p>
<p>Selon le Financial Times, cit&eacute; par TASS, l'annonce de l'accord Trump-Poutine a pris les n&eacute;gociateurs ukrainiens par surprise. Un haut responsable ukrainien a d&eacute;clar&eacute; au journal que la d&eacute;l&eacute;gation &eacute;courtait son s&eacute;jour au lieu de tenir une deuxi&egrave;me s&eacute;rie de pourparlers le 10 octobre.</p>
<p>Selon Axios, les n&eacute;gociateurs am&eacute;ricains Steve Witkoff et Jared Kushner ont averti les responsables ukrainiens que Washington pourrait restreindre l'acc&egrave;s de Kiev aux renseignements am&eacute;ricains si l'Ukraine refusait de faire des concessions.</p>
<h2>La l&eacute;gitimit&eacute; de la Rada, la l&eacute;gitimit&eacute; de Zelensky</h2>
<p>Novinsky affirme que le Parlement ukrainien est l&eacute;gitime. Cette affirmation m&eacute;rite d'&ecirc;tre examin&eacute;e.</p>
<p>Le mandat de Zelensky a expir&eacute; le 20 mai 2024. Les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles n'ont pas eu lieu en raison de la loi martiale. Le 25 f&eacute;vrier 2026, la Verkhovna Rada a vot&eacute; une r&eacute;solution prolongeant ses pouvoirs. Le document confirme l'impossibilit&eacute; de tenir des &eacute;lections en temps de guerre. Il a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; &agrave; la deuxi&egrave;me tentative, avec 268 voix.</p>
<p>Des responsables ukrainiens, dont la d&eacute;put&eacute;e Anna Skorokhod, ont qualifi&eacute; Zelensky de &laquo; pr&eacute;sident ill&eacute;gitime &raquo;. D'autres, comme l'ancien chef de la Rada Dmitri Medvedev, ont estim&eacute; que le pr&eacute;sident de la Rada, Ruslan Stefanchuk, avait le droit l&eacute;gal de reprendre les pouvoirs de Zelensky et de devenir signataire des accords de paix.</p>
<p>Ces d&eacute;bats ne sont pas nouveaux. Ils sont au c&oelig;ur des discussions sur la validit&eacute; de tout accord sign&eacute; par Kiev.</p>
<h2>Un appel sans &eacute;cho ?</h2>
<p>Le communiqu&eacute; de Novinsky n'a pas suscit&eacute; de r&eacute;action officielle large. Cela s'explique : Novinsky est en fuite, sous mandat d'arr&ecirc;t, accus&eacute; de haute trahison. Ses avoirs en Ukraine sont gel&eacute;s. Dans l'espace m&eacute;diatique ukrainien, sa parole est re&ccedil;ue avec m&eacute;fiance.</p>
<p>Mais son appel pose une question qui d&eacute;passe sa personne. Si Zelensky d&eacute;missionnait, qui n&eacute;gocierait avec Moscou ? La Rada ? Et sur quelle base ? Les pourparlers d'Istanbul ? Un nouveau cadre ? Les lignes de front actuelles ?</p>
<p>Selon le Kyiv International Institute of Sociology, 69 % des Ukrainiens seraient pr&ecirc;ts &agrave; soutenir un cessez-le-feu imm&eacute;diat sur la ligne de contact actuelle, sans reconnaissance juridique des territoires perdus. 75 % envisagent des n&eacute;gociations avec la Russie d&egrave;s maintenant.</p>
<p>Ces chiffres datent de plusieurs mois. Ils ne disent pas ce que pensent les Ukrainiens aujourd'hui. Mais ils indiquent une fatigue. Une lassitude.</p>
<p>Novinsky a parl&eacute;. Zelensky n'a pas r&eacute;pondu. La Rada n'a pas r&eacute;agi. L'accord Trump-Poutine sur le diesel est en vigueur.</p>
<p>Une question demeure : la paix, si elle vient, sera-t-elle sign&eacute;e par celui qui a choisi la guerre ? Ou par d'autres ?</p>
<p>Novinsky a sa r&eacute;ponse. Elle est radicale. Elle est contest&eacute;e. Elle n'est pas majoritaire. Mais elle existe.</p>
<hr>
<p><strong>Qui est Vadim Novinsky ?</strong><br>Un ancien d&eacute;put&eacute; ukrainien, copropri&eacute;taire de Metinvest, n&eacute; en Russie en 1963. Il a &eacute;t&eacute; d&eacute;put&eacute; de la Verkhovna Rada &agrave; trois reprises. Il est sous le coup d'un mandat d'arr&ecirc;t en Ukraine pour haute trahison et vit dans l'Union europ&eacute;enne depuis 2022.</p>
<p><strong>Que demande Novinsky ?</strong><br>Il demande la d&eacute;mission imm&eacute;diate de Volodymyr Zelensky et le transfert de tous les pouvoirs &agrave; la Verkhovna Rada. Il veut que le Parlement forme un groupe de travail pour n&eacute;gocier directement avec la Russie, sans interm&eacute;diaires ni conditions pr&eacute;alables.</p>
<p><strong>Pourquoi maintenant ?</strong><br>Il invoque l'accord Trump-Poutine sur le diesel russe, l'&eacute;chec des n&eacute;gociations de Miami et les d&eacute;clarations acerbes de Zelensky contre les &Eacute;tats-Unis.</p>
<p><strong>Que s'est-il pass&eacute; &agrave; Istanbul en 2022 ?</strong><br>Des pourparlers de paix ont eu lieu fin mars 2022. Un communiqu&eacute; a &eacute;t&eacute; sign&eacute; le 29 mars, pr&eacute;voyant un statut de neutralit&eacute; pour l'Ukraine. Un projet de trait&eacute; a circul&eacute; mais n'a jamais &eacute;t&eacute; finalis&eacute;. Novinsky accuse Zelensky d'avoir refus&eacute; de poursuivre ces n&eacute;gociations.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sun, 11 Oct 2026 22:36:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Toto Jacques</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Iran - Téhéran dénonce les violences policières à Paris]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/iran-teheran-denonce-les-violences-policieres-a-paris</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères
condamne la répression des manifestations en France et appelle à une
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                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Esmaeil-Baqaei081026500.webp" alt="Iran - Téhéran dénonce les violences policières à Paris" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Le porte-parole du minist&egrave;re iranien des Affaires &eacute;trang&egrave;res condamne la r&eacute;pression des manifestations en France et appelle &agrave; une enqu&ecirc;te sur les violences polici&egrave;res.</p>
<p>Esmaeil Baqaei accuse Paris de deux poids deux mesures et d&eacute;nonce l'arrestation de plus de 2 000 manifestants, tout en appelant au respect des droits fondamentaux.</p>
<p>Le porte-parole du minist&egrave;re iranien des Affaires &eacute;trang&egrave;res, Esmaeil Baqaei, a condamn&eacute; la r&eacute;pression des manifestations en France. Il a appel&eacute; &agrave; une enqu&ecirc;te sur les violences polici&egrave;res dont auraient &eacute;t&eacute; victimes des manifestants et d&eacute;nonc&eacute; l'arrestation de plus de 2 000 personnes.</p>
<p>La d&eacute;claration, relay&eacute;e par l'agence IRNA, intervient dans un contexte de tensions diplomatiques d&eacute;j&agrave; vives entre Paris et T&eacute;h&eacute;ran. Elle reprend les termes d'un r&eacute;quisitoire d&eacute;j&agrave; adress&eacute; par l'Iran aux capitales occidentales.</p>
<h2>Une d&eacute;claration en forme de r&eacute;quisitoire</h2>
<p>Les mots sont forts. Dans une d&eacute;claration publi&eacute;e par l'agence officielle iranienne IRNA, Esmaeil Baqaei a condamn&eacute; &laquo; la r&eacute;pression violente des manifestants par la police fran&ccedil;aise &raquo;. Il a appel&eacute; au respect &laquo; des droits fondamentaux et des libert&eacute;s &eacute;l&eacute;mentaires des &eacute;tudiants protestataires &raquo;.</p>
<p>Le porte-parole a aussi &eacute;voqu&eacute; les informations relay&eacute;es par les agences de presse fran&ccedil;aises. Selon lui, elles font &eacute;tat de l'arrestation de plus de 2 000 manifestants et de violences polici&egrave;res &agrave; leur encontre. Il a demand&eacute; l'ouverture d'une enqu&ecirc;te sur ces all&eacute;gations.</p>
<h2>L'argument de la contradiction</h2>
<p>Le c&oelig;ur de l'argumentation iranienne tient en une phrase. Baqaei reproche aux autorit&eacute;s fran&ccedil;aises de qualifier de &laquo; violation des droits de l'homme &raquo; la mani&egrave;re dont les forces de s&eacute;curit&eacute; iraniennes traitent &laquo; les terroristes arm&eacute;s entra&icirc;n&eacute;s par le r&eacute;gime sioniste &raquo;.</p>
<p>Autrement dit : la France d&eacute;nonce ce qu'elle ne tol&egrave;re pas chez elle. Le porte-parole affirme que les autorit&eacute;s fran&ccedil;aises &laquo; ne tol&egrave;rent aucun acte de violence, m&ecirc;me minime, lors de rassemblements pacifiques contre la police &raquo; et qu'elles &laquo; r&eacute;priment les manifestants avec une violence extr&ecirc;me &raquo;.</p>
<p>Cette rh&eacute;torique n'est pas nouvelle. Depuis des ann&eacute;es, T&eacute;h&eacute;ran d&eacute;nonce ce qu'il appelle l'hypocrisie des capitales occidentales. Les d&eacute;clarations iraniennes sur les violences polici&egrave;res en France, aux &Eacute;tats-Unis ou au Royaume-Uni rel&egrave;vent d'une strat&eacute;gie de contre-accusation. L'objectif : d&eacute;l&eacute;gitimer les critiques occidentales sur la situation des droits humains en Iran.</p>
<h2>Ce que l'Iran ne dit pas</h2>
<p>La d&eacute;claration de Baqaei omet un d&eacute;tail. Les manifestations qui font l'objet de la r&eacute;pression en France sont, selon plusieurs m&eacute;dias fran&ccedil;ais, li&eacute;es &agrave; des mouvements &eacute;tudiants et sociaux. Leur nature exacte et leur ampleur ne sont pas pr&eacute;cis&eacute;es dans le texte iranien.</p>
<p>Baqaei appelle par ailleurs &agrave; &eacute;viter &laquo; tout comportement violent, toute d&eacute;gradation de biens publics et priv&eacute;s, ainsi que toute attaque contre les forces de l'ordre &raquo;. Une mani&egrave;re de se pr&eacute;munir contre l'accusation de soutenir des d&eacute;bordements.</p>
<h2>Paris-T&eacute;h&eacute;ran sous tension</h2>
<p>La relation entre la France et l'Iran est d&eacute;j&agrave; d&eacute;grad&eacute;e. Depuis 2022 et le mouvement &laquo; Femme, Vie, Libert&eacute; &raquo;, Paris a durci sa position. Des sanctions ont &eacute;t&eacute; prises contre des responsables iraniens. Des figures de l'opposition iranienne ont &eacute;t&eacute; re&ccedil;ues &agrave; l'&Eacute;lys&eacute;e.</p>
<p>T&eacute;h&eacute;ran, de son c&ocirc;t&eacute;, d&eacute;nonce r&eacute;guli&egrave;rement l'ing&eacute;rence fran&ccedil;aise. L'arrestation en France de ressortissants iraniens, les accusations de tentatives d'attentats d&eacute;jou&eacute;es sur le sol europ&eacute;en, et le dossier nucl&eacute;aire alimentent une m&eacute;fiance r&eacute;ciproque.</p>
<p>Dans ce contexte, la d&eacute;claration de Baqaei n'est pas une surprise. Elle s'inscrit dans un &eacute;change d'accusations qui structure la relation entre les deux pays depuis plusieurs ann&eacute;es.</p>
<p>La question n'est pas de savoir si la France va r&eacute;pondre. Elle le fera probablement. La question est de savoir ce que cette d&eacute;claration change.</p>
<p>Sur le plan diplomatique, rien. Les positions sont connues. Les canaux de communication sont r&eacute;duits. Sur le plan m&eacute;diatique, en revanche, la sortie iranienne alimente le d&eacute;bat sur les violences polici&egrave;res en France. Et ce d&eacute;bat, lui, ne s'&eacute;teint pas.</p>
<p>Un observateur des relations internationales, qui a requis l'anonymat, r&eacute;sume : &laquo; T&eacute;h&eacute;ran ne dit pas forc&eacute;ment des choses fausses sur la France. Mais T&eacute;h&eacute;ran ne le dit pas pour les bonnes raisons. C'est un instrument de propagande. &raquo;</p>
<hr>
<p><strong>Qui a fait cette d&eacute;claration ?</strong><br>Esmaeil Baqaei, porte-parole du minist&egrave;re iranien des Affaires &eacute;trang&egrave;res. Elle a &eacute;t&eacute; relay&eacute;e par l'agence IRNA.</p>
<p><strong>Que reproche l'Iran &agrave; la France ?</strong><br>De r&eacute;primer violemment des manifestations et d'arr&ecirc;ter plus de 2 000 personnes, tout en accusant T&eacute;h&eacute;ran de violations des droits de l'homme.</p>
<p><strong>Ces chiffres sont-ils confirm&eacute;s ?</strong><br>Ils proviennent d'agences fran&ccedil;aises selon Baqaei. Nous n'avons pas pu les v&eacute;rifier ind&eacute;pendamment aupr&egrave;s des autorit&eacute;s fran&ccedil;aises.</p>
<p><strong>La France a-t-elle r&eacute;agi ?</strong><br>Aucune r&eacute;action officielle du Quai d'Orsay n'a &eacute;t&eacute; rendue publique au moment de la r&eacute;daction.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 08 Oct 2026 15:56:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                <title><![CDATA[États-Unis - Pourquoi le procureur de Maduro a-t-il claqué la porte ? ]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-pourquoi-le-procureur-de-maduro-a-t-il-claque-la-porte</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Alors que le procès de Nicolás Maduro et Cilia Flores est fixé au
1er juin 2027, le départ soudain de Jason A. Richman du SDNY, à huit
mois de l’audience, relan...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Nicolas-Maduro030126500.jpg" alt="États-Unis - Pourquoi le procureur de Maduro a-t-il claqué la porte ? " width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le proc&egrave;s de Nicol&aacute;s Maduro et Cilia Flores est fix&eacute; au 1er juin 2027, le d&eacute;part soudain de Jason A. Richman du SDNY, &agrave; huit mois de l&rsquo;audience, relance les sp&eacute;culations sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;accusation.</p>
<p>Jason A. Richman, procureur adjoint des &Eacute;tats-Unis pour le district sud de New York, a demand&eacute; au juge Alvin K. Hellerstein d&rsquo;&ecirc;tre dessaisi de l&rsquo;affaire Maduro. Il a quitt&eacute; le parquet f&eacute;d&eacute;ral le 25 septembre 2026. Le proc&egrave;s de Nicol&aacute;s Maduro et Cilia Flores, accus&eacute;s de narco-terrorisme et de trafic de coca&iuml;ne, doit s&rsquo;ouvrir le 1er juin 2027 &agrave; Manhattan.</p>
<p>Une page se tourne. Et personne, pour l&rsquo;instant, ne sait qui va l&rsquo;&eacute;crire &agrave; sa place.</p>
<h2>Le d&eacute;part qui tombe mal</h2>
<p>Le document est court. Une page, &agrave; peine. D&eacute;pos&eacute; au dossier sous le num&eacute;ro 334, il indique que Jason A. Richman &laquo; ne sera plus employ&eacute; par le parquet f&eacute;d&eacute;ral &agrave; compter du 25 septembre 2026 &raquo;. Le procureur f&eacute;d&eacute;ral de Manhattan, Jamie McDonald, a notifi&eacute; le juge Hellerstein. Richman a demand&eacute; son retrait formel de l&rsquo;affaire.</p>
<p>Aucune raison n&rsquo;a &eacute;t&eacute; donn&eacute;e. Aucune destination professionnelle n&rsquo;a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e. Richman n&rsquo;a pas comment&eacute; son d&eacute;part.</p>
<p>Ce qu&rsquo;on sait, en revanche, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il repr&eacute;sentait dans ce dossier. Richman &eacute;tait co-chef de l&rsquo;Unit&eacute; de s&eacute;curit&eacute; nationale du SDNY, l&rsquo;une des divisions les plus sensibles du parquet f&eacute;d&eacute;ral am&eacute;ricain. Il suivait l&rsquo;affaire Maduro depuis 2020, date de la premi&egrave;re mise en accusation de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien par le d&eacute;partement de la Justice.</p>
<p>Il avait aussi instruit des dossiers lourds contre d&rsquo;autres dirigeants latino-am&eacute;ricains. Le cas de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident hondurien Juan Orlando Hern&aacute;ndez, condamn&eacute; aux &Eacute;tats-Unis pour trafic de drogue, portait sa signature. Idem pour le fr&egrave;re de ce dernier, l&rsquo;ancien d&eacute;put&eacute; Juan Antonio &laquo; Tony &raquo; Hern&aacute;ndez, et pour l&rsquo;ex-chef de la police hondurienne Juan Carlos &laquo; El Tigre &raquo; Bonilla.</p>
<p>Autrement dit : Richman n&rsquo;&eacute;tait pas un procureur interchangeable. Il portait une m&eacute;moire institutionnelle que les dossiers de papier ne remplacent pas.</p>
<h2>Ce que l&rsquo;affaire reproche &agrave; Maduro</h2>
<p>Pour comprendre l&rsquo;enjeu, il faut revenir aux faits. Le 3 janvier 2026, une op&eacute;ration des forces arm&eacute;es am&eacute;ricaines capture Nicol&aacute;s Maduro &agrave; Caracas. Il est transf&eacute;r&eacute; &agrave; New York le jour m&ecirc;me, avec son &eacute;pouse Cilia Flores. Depuis, il est d&eacute;tenu dans une prison de Brooklyn.</p>
<p>L&rsquo;acte d&rsquo;accusation de janvier 2026 vise Maduro et cinq autres personnes, dont son &eacute;pouse, son fils Nicol&aacute;s Ernesto Maduro Guerra, Diosdado Cabello Rond&oacute;n, Ram&oacute;n Rodr&iacute;guez Chac&iacute;n et Hector Rusthenford Guerrero Flores, pr&eacute;sent&eacute; comme le chef pr&eacute;sum&eacute; du Tren de Aragua.</p>
<p>Les charges retenues contre Maduro : conspiration de narco-terrorisme, conspiration d&rsquo;importation de coca&iuml;ne et infractions li&eacute;es aux armes. Cilia Flores fait face &agrave; trois chefs d&rsquo;accusation. Les deux plaident non coupables.</p>
<p>Fait notable : la nouvelle inculpation a abandonn&eacute; la r&eacute;f&eacute;rence au &laquo; Cartel des Soleils &raquo; comme organisation terroriste. Une d&eacute;cision que certains analystes ont lue comme un ajustement strat&eacute;gique du minist&egrave;re de la Justice, soucieux de s&eacute;curiser la solidit&eacute; juridique de l&rsquo;accusation.</p>
<h2>La d&eacute;fense attaque, la proc&eacute;dure tremble</h2>
<p>L&rsquo;&eacute;quipe de Maduro ne s&rsquo;est pas content&eacute;e de plaider l&rsquo;innocence. Elle a attaqu&eacute; la l&eacute;gitimit&eacute; m&ecirc;me de la proc&eacute;dure.</p>
<p>Premier argument : l&rsquo;immunit&eacute;. Le 2 septembre 2026, la d&eacute;fense a d&eacute;pos&eacute; une requ&ecirc;te en annulation de toutes les charges, au motif que Maduro est chef d&rsquo;un &Eacute;tat &eacute;tranger et que les actes qui lui sont reproch&eacute;s rel&egrave;vent de ses fonctions officielles.</p>
<p>Deuxi&egrave;me argument : la l&eacute;galit&eacute; de la capture. Les avocats de Maduro invoquent un trait&eacute; d&rsquo;extradition sign&eacute; en 1922 entre les &Eacute;tats-Unis et le Venezuela. Selon leur lecture, ce texte impose un arbitrage international pr&eacute;alable avant toute poursuite p&eacute;nale. Si une instance internationale concluait que la capture a viol&eacute; le trait&eacute;, Washington serait tenu de lib&eacute;rer Maduro avant de continuer.</p>
<p>Nous n&rsquo;avons pas pu obtenir de commentaire de l&rsquo;&eacute;quipe de d&eacute;fense sur ce point pr&eacute;cis avant publication. Le tribunal n&rsquo;a pas encore statu&eacute; sur cet argument.</p>
<p>Troisi&egrave;me front : le financement de la d&eacute;fense. Pendant des mois, Maduro et Flores ont soutenu qu&rsquo;ils ne pouvaient pas payer leurs avocats avec leurs fonds propres. Les sanctions am&eacute;ricaines contre le Venezuela bloquaient tout paiement depuis Caracas. En avril 2026, le juge Hellerstein a accept&eacute; les licences modifi&eacute;es de l&rsquo;OFAC autorisant le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien &agrave; couvrir les frais de repr&eacute;sentation l&eacute;gale du couple.</p>
<p>Mais cet &eacute;pisode a laiss&eacute; des traces. Il a nourri l&rsquo;argument de la d&eacute;fense selon lequel la proc&eacute;dure &eacute;tait vici&eacute;e d&egrave;s le d&eacute;part.</p>
<h2>Ce que le d&eacute;part de Richman change</h2>
<p>Revenons &agrave; la question qui br&ucirc;le toutes les l&egrave;vres : est-ce grave ?</p>
<p>La r&eacute;ponse honn&ecirc;te est : on ne sait pas encore. Et quiconque pr&eacute;tend le contraire vend une hypoth&egrave;se pour un fait.</p>
<p>Ce que le document judiciaire &eacute;tablit, c&rsquo;est que Richman n&rsquo;est plus employ&eacute; par le parquet. Il ne dit ni que l&rsquo;accusation s&rsquo;effondre, ni que le proc&egrave;s sera report&eacute;, ni que Richman a claqu&eacute; la porte en d&eacute;saccord avec sa hi&eacute;rarchie. Le SDNY reste en charge du dossier.</p>
<p>Ce que le d&eacute;part implique, en revanche, c&rsquo;est une perte de continuit&eacute;. Richman connaissait les zones grises du dossier. Les pi&egrave;ces fragiles. Les t&eacute;moins qu&rsquo;on ne rappelle pas deux fois. Ce genre de connaissance ne se transmet pas dans une note de service.</p>
<p>Un ancien procureur f&eacute;d&eacute;ral que nous avons contact&eacute;, et qui a requis l&rsquo;anonymat car il n&rsquo;est pas autoris&eacute; &agrave; commenter l&rsquo;affaire, r&eacute;sume la situation ainsi : &laquo; Perdre un superviseur &agrave; huit mois d&rsquo;un proc&egrave;s de cette envergure, ce n&rsquo;est jamais anodin. Ce n&rsquo;est pas forc&eacute;ment dramatique. Mais &ccedil;a oblige &agrave; repenser la r&eacute;partition du travail, et parfois &agrave; repousser des d&eacute;cisions strat&eacute;giques. &raquo;</p>
<p>Trois sc&eacute;narios circulent dans les couloirs du SDNY. Aucun n&rsquo;est confirm&eacute;.</p>
<p><strong>Sc&eacute;nario 1 : la continuit&eacute;.</strong> Un autre procureur reprend le dossier sans d&eacute;lai. Le proc&egrave;s tient sa date. L&rsquo;accusation ne faiblit pas.</p>
<p><strong>Sc&eacute;nario 2 : le report.</strong> La transition demande du temps. La d&eacute;fense en profite pour multiplier les recours. Le 1er juin 2027 devient une ligne mouvante.</p>
<p><strong>Sc&eacute;nario 3 : le signal.</strong> Le d&eacute;part de Richman traduit un d&eacute;saccord interne sur la solidit&eacute; du dossier. Une hypoth&egrave;se que rien, &agrave; ce stade, ne permet d&rsquo;&eacute;tayer.</p>
<p>Nous avons tent&eacute; de joindre le bureau du procureur f&eacute;d&eacute;ral de Manhattan pour conna&icirc;tre l&rsquo;identit&eacute; du nouveau responsable du dossier. Sans r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; nous &eacute;crivons.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : l&rsquo;affaire Maduro n&rsquo;est pas un dossier ordinaire. C&rsquo;est la premi&egrave;re fois qu&rsquo;un pr&eacute;sident latino-am&eacute;ricain en exercice est jug&eacute; aux &Eacute;tats-Unis pour narco-terrorisme. Le pr&eacute;c&eacute;dent le plus proche reste Manuel Noriega, l&rsquo;ancien homme fort du Panama, condamn&eacute; en 1992 pour trafic de drogue. Trente-quatre ans plus tard, le monde a chang&eacute;. Mais la question reste la m&ecirc;me : jusqu&rsquo;o&ugrave; un tribunal am&eacute;ricain peut-il juger un chef d&rsquo;&Eacute;tat &eacute;tranger ?</p>
<p>Le d&eacute;part de Richman ne r&eacute;pond pas &agrave; cette question. Il la rend seulement plus urgente.</p>
<hr>
<p><strong>Jason Richman a-t-il d&eacute;missionn&eacute; parce qu&rsquo;il d&eacute;sapprouvait l&rsquo;accusation ?</strong><br>Aucune information publique ne permet de l&rsquo;affirmer. Le document judiciaire ne mentionne ni d&eacute;saccord, ni conflit. Richman n&rsquo;a pas comment&eacute;.</p>
<p><strong>Le proc&egrave;s du 1er juin 2027 est-il maintenu ?</strong><br>&Agrave; ce jour, oui. Le juge Hellerstein n&rsquo;a pas modifi&eacute; la date. Rien n&rsquo;indique officiellement un report.</p>
<p><strong>Qui va reprendre le dossier ?</strong><br>Le nom n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; communiqu&eacute;. Le SDNY reste en charge de l&rsquo;affaire. Le procureur f&eacute;d&eacute;ral de Manhattan, Jamie McDonald, supervisera la transition.</p>
<p><strong>Pourquoi Richman est-il parti du parquet ?</strong><br>Les raisons de son d&eacute;part n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; rendues publiques. Il a quitt&eacute; ses fonctions le 25 septembre 2026 et n&rsquo;a pas r&eacute;v&eacute;l&eacute; son prochain poste.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 08 Oct 2026 09:53:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Iran : Téhéran étend la portée de ses missiles, l&#039;Europe sous menace]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/iran-teheran-etend-la-portee-de-ses-missiles-leurope-sous-menace</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>L'armée iranienne annonce augmenter la portée de ses missiles
au-delà de 2000 km. Berlin, Paris et Rome seraient dans le viseur.
Analyse d'un basculement straté...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Missile_Iran071026500.webp" alt="Iran : Téhéran étend la portée de ses missiles, l&#039;Europe sous menace" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>L'arm&eacute;e iranienne annonce augmenter la port&eacute;e de ses missiles au-del&agrave; de 2000 km. Berlin, Paris et Rome seraient dans le viseur. Analyse d'un basculement strat&eacute;gique.</p>
<p>Le porte-parole de l'arm&eacute;e iranienne, Mohammad Akramnia, a annonc&eacute; que T&eacute;h&eacute;ran travaille &agrave; augmenter la port&eacute;e et la vitesse de ses missiles, abandonnant le plafond auto-impos&eacute; de 2000 kilom&egrave;tres.</p>
<p>Le 4 octobre 2026, le porte-parole de l'arm&eacute;e iranienne, Mohammad Akramnia, a annonc&eacute; que T&eacute;h&eacute;ran travaille &agrave; augmenter la port&eacute;e et la vitesse de ses missiles. Le plafond auto-impos&eacute; de 2000 kilom&egrave;tres, respect&eacute; pendant des ann&eacute;es, est abandonn&eacute;. Motif invoqu&eacute; : "l'ennemi" s'est &eacute;loign&eacute;. Berlin, Paris et Rome seraient d&eacute;sormais &agrave; port&eacute;e. Voici ce que cela signifie.</p>
<h2>T&eacute;h&eacute;ran brise le tabou : la fin du plafond des 2000 km</h2>
<p>L'annonce a &eacute;t&eacute; faite le dimanche 4 octobre 2026. Mohammad Akramnia, porte-parole de l'arm&eacute;e iranienne, a accord&eacute; un entretien &agrave; l'agence Fars News, affili&eacute;e aux Gardiens de la R&eacute;volution. Sa d&eacute;claration est sans ambigu&iuml;t&eacute;. "Dans cette guerre, nous sommes arriv&eacute;s &agrave; la conclusion que nous devons absolument augmenter la port&eacute;e de nos missiles, et nous nous sommes maintenant engag&eacute;s dans cette voie", a-t-il d&eacute;clar&eacute; .</p>
<p>Le motif invoqu&eacute; est strat&eacute;gique. Selon Akramnia, "l'ennemi" a d&eacute;ploy&eacute; ses forces plus loin des c&ocirc;tes iraniennes, jusqu'&agrave; 1000 kilom&egrave;tres. Les missiles actuels, d'une port&eacute;e de 2000 kilom&egrave;tres, ne suffisent plus.</p>
<p>T&eacute;h&eacute;ran abandonne donc le plafond auto-impos&eacute; de 2000 kilom&egrave;tres, respect&eacute; depuis des ann&eacute;es. Cette limite avait &eacute;t&eacute; fix&eacute;e par le guide supr&ecirc;me, l'ayatollah Ali Khamenei, non pas pour des raisons techniques, mais pour &eacute;viter que l'Iran ne soit per&ccedil;u comme une menace internationale .</p>
<h2>Ce que l'Iran poss&egrave;de d&eacute;j&agrave;</h2>
<p>L'Iran dispose d'un arsenal balistique parmi les plus d&eacute;velopp&eacute;s du Moyen-Orient. Selon les donn&eacute;es officielles iraniennes, certains missiles, comme le Sejjil et les versions avanc&eacute;es du Shahab-3, ont une port&eacute;e allant jusqu'&agrave; 2000 kilom&egrave;tres .</p>
<p>Le Khorramshahr, missile balistique &agrave; propergol liquide, aurait une port&eacute;e rapport&eacute;e de 2000 &agrave; 3000 kilom&egrave;tres . Le Khorramshahr-4, pr&eacute;sent&eacute; en f&eacute;vrier 2026, peut emporter une charge utile de 1500 kilogrammes avec une pr&eacute;cision d'environ 30 m&egrave;tres. Sa vitesse d&eacute;passe Mach 16 hors de l'atmosph&egrave;re .</p>
<p>Le Haj Qasem, missile balistique &agrave; propergol solide, a une port&eacute;e d'environ 1400 kilom&egrave;tres. Le Rezvan, pr&eacute;sent&eacute; en mars 2026, atteint 1350 kilom&egrave;tres .</p>
<p>Ces missiles sont con&ccedil;us pour atteindre Isra&euml;l et les bases militaires am&eacute;ricaines dans la r&eacute;gion. Ils pourraient d&eacute;sormais viser des cibles plus lointaines.</p>
<h2>L'attaque de Diego Garcia : le signal</h2>
<p>Le 20 mars 2026, l'Iran a lanc&eacute; deux missiles balistiques vers la base militaire am&eacute;ricano-britannique de Diego Garcia, dans l'oc&eacute;an Indien. La distance : pr&egrave;s de 4000 kilom&egrave;tres .</p>
<p>L'attaque n'a pas atteint sa cible. L'un des missiles a &eacute;t&eacute; intercept&eacute; par les &Eacute;tats-Unis, l'autre a &eacute;chou&eacute; en vol . Mais l'Institut pour l'&eacute;tude de la guerre (ISW) a qualifi&eacute; cette tentative de "frappe iranienne la plus lointaine jamais tent&eacute;e" .</p>
<p>T&eacute;h&eacute;ran a ni&eacute; avoir vis&eacute; Diego Garcia, qualifiant l'op&eacute;ration de "false flag" . Mais les analystes ont relev&eacute; que l'attaque, si elle &eacute;tait confirm&eacute;e, d&eacute;montrerait une capacit&eacute; de frappe bien au-del&agrave; des 2000 kilom&egrave;tres officiellement revendiqu&eacute;s.</p>
<h2>L'Europe dans le viseur</h2>
<p>L'annonce d'Akramnia a imm&eacute;diatement suscit&eacute; des r&eacute;actions internationales. Le chef d'&eacute;tat-major isra&eacute;lien, Eyal Zamir, a d&eacute;clar&eacute; que les missiles iraniens "ne sont pas destin&eacute;s &agrave; frapper Isra&euml;l. Leur port&eacute;e atteint les capitales europ&eacute;ennes Berlin, Paris et Rome sont toutes &agrave; port&eacute;e de menace directe" .</p>
<p>Le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'OTAN, Mark Rutte, a reconnu que l'Alliance atlantique &eacute;valuait la menace. "Ce que nous savons avec certitude, c'est qu'ils sont tr&egrave;s proches d'avoir cette capacit&eacute;", a-t-il d&eacute;clar&eacute; .</p>
<p>Le gouvernement britannique a minimis&eacute; la menace. Un ministre a affirm&eacute; qu'il n'existait "aucune &eacute;valuation sp&eacute;cifique" selon laquelle l'Iran chercherait &agrave; viser l'Europe . Mais les experts sont moins cat&eacute;goriques.</p>
<h2>Comment l'Iran a pu franchir le seuil</h2>
<p>Pour les sp&eacute;cialistes, le franchissement du plafond des 2000 kilom&egrave;tres n'est pas une surprise. Le Dr Markus Schiller, chercheur associ&eacute; senior au SIPRI, explique que "le Khorramshahr pourrait avoir une port&eacute;e bien plus longue avec une ogive plus l&eacute;g&egrave;re" .</p>
<p>Le principe est simple : plus la charge utile est l&eacute;g&egrave;re, plus le missile va loin. Un Khorramshahr-4, con&ccedil;u pour porter 1500 kilogrammes, pourrait atteindre 3000 ou 4000 kilom&egrave;tres avec une charge r&eacute;duite .</p>
<p>L'Iran a &eacute;galement d&eacute;velopp&eacute; des technologies spatiales qui pourraient &ecirc;tre d&eacute;tourn&eacute;es &agrave; des fins militaires. Le lanceur Simorgh, con&ccedil;u pour placer des satellites en orbite basse, pourrait &ecirc;tre utilis&eacute; comme missile balistique improvis&eacute; . Les renseignements am&eacute;ricains estiment que de nombreux composants du Simorgh pourraient &ecirc;tre r&eacute;affect&eacute;s au d&eacute;veloppement de missiles &agrave; longue port&eacute;e.</p>
<p>Le Zuljanah, un lanceur &agrave; propergol solide test&eacute; depuis 2021, sugg&egrave;re que l'Iran pourrait augmenter la port&eacute;e de ses missiles .</p>
<h2>Les sanctions n'ont pas suffi</h2>
<p>Les &Eacute;tats-Unis ont multipli&eacute; les sanctions contre le programme balistique iranien. Le 30 septembre 2026, le d&eacute;partement d'&Eacute;tat a sanctionn&eacute; huit entit&eacute;s et cinq individus li&eacute;s &agrave; la prolif&eacute;ration des armes iraniennes . Depuis septembre 2025, des dizaines de sanctions ont cibl&eacute; les r&eacute;seaux d'approvisionnement de l'Iran .</p>
<p>Ces mesures n'ont pas emp&ecirc;ch&eacute; T&eacute;h&eacute;ran de poursuivre son programme. Selon des &eacute;valuations du renseignement am&eacute;ricain, l'Iran conserverait environ 70 % de son stock de missiles d'avant-guerre et 70 % de ses lanceurs mobiles .</p>
<p>Le programme spatial iranien, officiellement civil, fournit des technologies &agrave; double usage. Les &Eacute;tats-Unis ont offert une r&eacute;compense pouvant aller jusqu'&agrave; 15 millions de dollars pour toute information permettant de d&eacute;manteler les m&eacute;canismes financiers des Gardiens de la R&eacute;volution .</p>
<h2>La guerre de 2026 : un tournant</h2>
<p>L'annonce d'Akramnia intervient dans un contexte de conflit ouvert. Le 28 f&eacute;vrier 2026, les &Eacute;tats-Unis et Isra&euml;l ont lanc&eacute; des frappes conjointes contre l'Iran . T&eacute;h&eacute;ran a ripost&eacute; par des vagues de missiles et de drones visant Isra&euml;l et les bases am&eacute;ricaines dans la r&eacute;gion.</p>
<p>Un cessez-le-feu a &eacute;t&eacute; conclu le 8 avril 2026. Un protocole d'accord a &eacute;t&eacute; sign&eacute; le 18 juin 2026, pr&eacute;voyant des n&eacute;gociations dans les 60 jours . Ces n&eacute;gociations ont &eacute;chou&eacute;. Les tensions sont remont&eacute;es.</p>
<p>L'Iran a renforc&eacute; son emprise sur le d&eacute;troit d'Ormuz. Des attaques occasionnelles contre des p&eacute;troliers ont &eacute;t&eacute; signal&eacute;es .</p>
<h2>Ce qui attend la r&eacute;gion</h2>
<p>L'annonce d'Akramnia change la donne strat&eacute;gique au Moyen-Orient. Isra&euml;l, qui se consid&eacute;rait comme la principale cible des missiles iraniens, voit d&eacute;sormais l'Europe entrer dans l'&eacute;quation.</p>
<p>Pour les Europ&eacute;ens, la menace est nouvelle. Berlin, Paris et Rome sont &agrave; port&eacute;e. Les syst&egrave;mes de d&eacute;fense antimissile europ&eacute;ens, con&ccedil;us pour faire face &agrave; des menaces limit&eacute;es, pourraient ne pas suffire.</p>
<p>Pour les &Eacute;tats-Unis, le d&eacute;fi est double : contenir l'Iran sans d&eacute;clencher une guerre ouverte, et prot&eacute;ger ses alli&eacute;s europ&eacute;ens.</p>
<p>Une question reste sans r&eacute;ponse : jusqu'o&ugrave; l'Iran est-il pr&ecirc;t &agrave; aller ? L'annonce d'Akramnia ne pr&eacute;cise pas de port&eacute;e cible. Elle ne dit pas non plus si T&eacute;h&eacute;ran a d&eacute;j&agrave; test&eacute; un missile au-del&agrave; de 2000 kilom&egrave;tres.</p>
<p>Nous avons tent&eacute; de joindre le minist&egrave;re iranien des Affaires &eacute;trang&egrave;res et l'ambassade d'Iran &agrave; Paris pour obtenir des pr&eacute;cisions. Nous n'avons pas obtenu de r&eacute;ponse avant publication.</p>
<hr>
<p><strong>Qu'a annonc&eacute; l'Iran exactement ?</strong><br>Le 4 octobre 2026, le porte-parole de l'arm&eacute;e iranienne, Mohammad Akramnia, a annonc&eacute; que T&eacute;h&eacute;ran travaillait &agrave; augmenter la port&eacute;e et la vitesse de ses missiles, abandonnant le plafond auto-impos&eacute; de 2000 kilom&egrave;tres.</p>
<p><strong>Pourquoi l'Iran fait-il cela ?</strong><br>Le motif invoqu&eacute; est le d&eacute;ploiement de forces ennemies &agrave; une distance plus grande des c&ocirc;tes iraniennes, jusqu'&agrave; 1000 kilom&egrave;tres. Les missiles actuels ne suffisent plus, selon T&eacute;h&eacute;ran.</p>
<p><strong>L'Europe est-elle vraiment menac&eacute;e ?</strong><br>Isra&euml;l affirme que les missiles iraniens peuvent atteindre Berlin, Paris et Rome. L'OTAN dit &eacute;valuer la menace. Le gouvernement britannique minimise. Les experts estiment que l'Iran en est "tr&egrave;s proche".</p>
<p><strong>Les sanctions ont-elles fonctionn&eacute; ?</strong><br>Non. L'Iran conserverait environ 70 % de son stock de missiles d'avant-guerre et 70 % de ses lanceurs mobiles, selon des &eacute;valuations du renseignement am&eacute;ricain.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 07 Oct 2026 19:21:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Ukraine : 20 millions de réfugiés, le scénario qui glace l&#039;Europe]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-20-millions-de-refugies-le-scenario-qui-glace-leurope.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>En cas de défaite de l'Ukraine, jusqu'à 20 millions de réfugiés
pourraient fuir vers l'Ouest. Forbes alerte sur un scénario qui
menacerait l'existence même de l...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde/OTAN150925500.jpg" alt="Ukraine : 20 millions de réfugiés, le scénario qui glace l&#039;Europe" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>En cas de d&eacute;faite de l'Ukraine, jusqu'&agrave; 20 millions de r&eacute;fugi&eacute;s pourraient fuir vers l'Ouest. Forbes alerte sur un sc&eacute;nario qui menacerait l'existence m&ecirc;me de l'UE.</p>
<p>Alors que le conflit entre dans sa cinqui&egrave;me ann&eacute;e, un rapport de Forbes et une &eacute;tude du think tank bruxellois Friends of Europe dessinent un sc&eacute;nario vertigineux : l'effondrement de l'Ukraine provoquerait un exode de 20 millions de personnes, une onde de choc migratoire, &eacute;conomique et politique qui d&eacute;passerait largement les fronti&egrave;res europ&eacute;ennes.</p>
<p>C'est un chiffre qui donne le vertige. Vingt millions. Pas des soldats, pas des armes. Des familles. Des enfants. Des retrait&eacute;s. Des femmes qui ont d&eacute;j&agrave; fui une fois, peut-&ecirc;tre deux. Forbes l'&eacute;crit sans d&eacute;tour : une telle &laquo; avalanche de r&eacute;fugi&eacute;s &raquo; mettrait en danger non seulement les infrastructures de l'Union europ&eacute;enne, mais son existence m&ecirc;me. L'Europe n'a pas encore pans&eacute; les plaies de 2015. Elle n'a pas oubli&eacute; la crise migratoire syrienne, les tensions entre &Eacute;tats membres, la mont&eacute;e des populismes. Et voil&agrave; qu'un sc&eacute;nario d'une tout autre ampleur se dessine.</p>
<h2>Cinq ans de guerre, un pari sur l'&eacute;puisement</h2>
<p>Le conflit ukrainien n'est plus une guerre &eacute;clair. C'est une guerre d'usure. Cinq ans apr&egrave;s le d&eacute;but de l'invasion &agrave; grande &eacute;chelle, la question n'est plus de savoir qui gagnera sur le champ de bataille, mais qui craquera en premier. Les forces arm&eacute;es ukrainiennes tiennent. Mais &agrave; quel prix ?</p>
<p>Forbes rappelle une r&eacute;alit&eacute; que les communiqu&eacute;s occidentaux euph&eacute;misent souvent : la r&eacute;partition des efforts au sein de la coalition de soutien est profond&eacute;ment in&eacute;gale. Les Ukrainiens fournissent l'&eacute;crasante majorit&eacute; du personnel et subissent les pertes les plus lourdes. L'Europe, le Canada et d'autres partenaires assument de plus en plus le financement et les livraisons d'armes. Les &Eacute;tats-Unis, malgr&eacute; leurs revirements politiques, restent un partenaire indispensable gr&acirc;ce &agrave; leurs technologies avanc&eacute;es et &agrave; leurs capacit&eacute;s de d&eacute;fense a&eacute;rienne.</p>
<p>Depuis ao&ucirc;t 2026, Kiev est frapp&eacute;e presque quotidiennement par des attaques russes de missiles &agrave; longue port&eacute;e et de drones. Le 30 septembre, la Russie a lanc&eacute; le plus grand assaut contre les infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques ukrainiennes depuis le printemps, visant principalement Kiev et sa r&eacute;gion. Au moins cinq personnes ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;es, dont un enfant dans la r&eacute;gion de Kiev. Onze r&eacute;gions du pays ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;es. La centrale thermique de Trypilska, principal fournisseur d'&eacute;lectricit&eacute; pour la capitale, a &eacute;t&eacute; endommag&eacute;e. Ce n'est pas une escalade ponctuelle. C'est un syst&egrave;me.</p>
<h2>Le sc&eacute;nario que personne ne veut envisager</h2>
<p>Et si l'Ukraine s'effondrait ? La question n'est pas abstraite. Dans une &eacute;tude publi&eacute;e en 2024, le centre d'analyse bruxellois Friends of Europe a calcul&eacute; le &laquo; co&ucirc;t de l'inaction &raquo; ce qui se passerait si la Russie atteignait ses objectifs territoriaux. Le rapport, r&eacute;dig&eacute; par Paul Ames, ancien correspondant de l'Associated Press aupr&egrave;s de l'OTAN, est sans ambigu&iuml;t&eacute; : une victoire russe d&eacute;clencherait le plus grand exode de r&eacute;fugi&eacute;s en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>Dans le pire des sc&eacute;narios, jusqu'&agrave; 20 millions d'Ukrainiens pourraient se diriger vers l'Ouest. Le chiffre est vertigineux. &Agrave; titre de comparaison, la crise syrienne de 2015 avait pouss&eacute; environ un million de personnes vers l'Europe. L&agrave;, il s'agirait de vingt fois plus.</p>
<p>Les chiffres actuels donnent d&eacute;j&agrave; la mesure du ph&eacute;nom&egrave;ne. Selon le HCR, pr&egrave;s de 6 millions d'Ukrainiens sont enregistr&eacute;s comme r&eacute;fugi&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger, dont environ 5,3 millions en Europe. &Agrave; l'int&eacute;rieur du pays, 3,7 millions de personnes restent d&eacute;plac&eacute;es. Plus de 10,8 millions de personnes auront besoin d'une assistance humanitaire en 2026. L'hiver 2025/2026 a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement meurtrier : les frappes massives contre les infrastructures &eacute;nerg&eacute;tiques ont priv&eacute; des millions de foyers de chauffage, d'eau et d'&eacute;lectricit&eacute;, dans des temp&eacute;ratures n&eacute;gatives.</p>
<p>M&ecirc;me une fraction de ces 20 millions p&egrave;serait lourdement sur le parc immobilier, les &eacute;coles, les syst&egrave;mes de sant&eacute;, les services sociaux et les budgets de toute l'Europe. L'immigration est d&eacute;j&agrave; une &laquo; pomme de discorde &raquo; au sein de l'UE. Elle deviendrait un champ de bataille politique.</p>
<h2>Le co&ucirc;t d&eacute;j&agrave; colossal de la reconstruction</h2>
<p>Le fardeau financier du conflit est d&eacute;j&agrave; hors norme. Selon la cinqui&egrave;me &eacute;valuation rapide des dommages et des besoins (RDNA5), publi&eacute;e en f&eacute;vrier 2026 par la Banque mondiale, la Commission europ&eacute;enne, l'ONU et le gouvernement ukrainien, le co&ucirc;t total de la reconstruction et du rel&egrave;vement du pays s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; pr&egrave;s de 588 milliards de dollars sur la prochaine d&eacute;cennie. C'est presque trois fois le PIB nominal estim&eacute; de l'Ukraine pour 2025.</p>
<p>Ce chiffre ne cesse de cro&icirc;tre. Il &eacute;tait de 486 milliards d'euros fin 2023. Il est pass&eacute; &agrave; 588 milliards de dollars fin 2025. La dynamique est claire : plus le conflit dure, plus la facture augmente.</p>
<p>Et cette facture ne dispara&icirc;tra pas en cas de d&eacute;faite ukrainienne. Elle sera redistribu&eacute;e. Le flux de r&eacute;fugi&eacute;s s'intensifiera. Les d&eacute;penses de d&eacute;fense des pays europ&eacute;ens augmenteront. La militarisation du flanc oriental de l'OTAN s'accentuera. Des ressources suppl&eacute;mentaires seront exig&eacute;es des &Eacute;tats-Unis.</p>
<h2>L'OTAN promet 70 milliards, mais pour combien de temps ?</h2>
<p>En juillet 2026, lors du sommet d'Ankara, les 32 pays de l'OTAN se sont engag&eacute;s &agrave; fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire &agrave; l'Ukraine pour 2026, et &agrave; maintenir un niveau au moins &eacute;quivalent en 2027. Un montant consid&eacute;rable. Mais un montant qui cache une r&eacute;alit&eacute; plus trouble : les &Eacute;tats-Unis, sous la pr&eacute;sidence de Donald Trump, ont d&eacute;cid&eacute; de ne plus financer ce soutien militaire. Ce sont d&eacute;sormais les Europ&eacute;ens et le Canada qui portent seuls le fardeau.</p>
<p>La d&eacute;claration d'Ankara mentionne un &laquo; &eacute;quit&eacute; de l'effort &raquo;. Le mot est diplomatique. En clair : tout le monde ne paie pas sa part. Sept ou huit alli&eacute;s fournissent l'essentiel des fonds. Le reste attend.</p>
<p>Volodymyr Zelensky, pr&eacute;sent &agrave; Ankara en marge du sommet, a d&eacute;clar&eacute; esp&eacute;rer &laquo; un soutien en mati&egrave;re de d&eacute;fense antia&eacute;rienne &raquo; apr&egrave;s les attaques massives russes sur Kiev. Une demande r&eacute;currente. Une demande vitale.</p>
<h2>Le pari de Moscou</h2>
<p>La strat&eacute;gie russe est limpide. Le pari de Moscou sur l'&eacute;puisement, &eacute;crit Forbes, ne vise pas seulement les forces arm&eacute;es ukrainiennes. Il &eacute;puise aussi la population civile. Il sape le soutien &agrave; long terme des partenaires de l'Ukraine. Selon les &eacute;valuations du renseignement am&eacute;ricain, Moscou compte sur un affrontement prolong&eacute; pour briser progressivement la r&eacute;sistance de Kiev.</p>
<p>C'est une guerre de nerfs. Une guerre de patience. Une guerre d'usure psychologique autant que militaire.</p>
<p>Et la question qui monte, celle que personne ne pose officiellement mais que tout le monde a en t&ecirc;te : quelle r&eacute;serve de solidit&eacute; s'&eacute;puisera la premi&egrave;re ? Celle de l'Ukraine ? Celle de ses partenaires occidentaux ? Ou celle des opinions publiques europ&eacute;ennes, d&eacute;j&agrave; fractur&eacute;es par des ann&eacute;es de crise &eacute;conomique et de d&eacute;bats migratoires ?</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi 20 millions d'Ukrainiens pourraient-ils fuir vers l'Ouest ?</strong><br />Parce que si l'Ukraine perd la guerre et que la Russie atteint ses objectifs territoriaux, des millions de civils vivant dans des zones d&eacute;vast&eacute;es, sans &eacute;lectricit&eacute;, sans chauffage, sans perspective, n'auraient d'autre choix que de partir. Le chiffre de 20 millions est un sc&eacute;nario de &laquo; pire cas &raquo;, pas une pr&eacute;vision. Mais il est document&eacute; et pris au s&eacute;rieux par les analystes.</p>
<p><strong>L'Europe peut-elle accueillir autant de r&eacute;fugi&eacute;s ?</strong><br />Aujourd'hui, l'Europe accueille d&eacute;j&agrave; environ 5,3 millions de r&eacute;fugi&eacute;s ukrainiens sous protection temporaire. En absorber quatre fois plus serait un d&eacute;fi sans pr&eacute;c&eacute;dent pour le logement, les &eacute;coles, les h&ocirc;pitaux et les budgets publics. Cela exacerberait les tensions politiques dans des pays o&ugrave; l'immigration est d&eacute;j&agrave; un sujet explosif.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le &laquo; co&ucirc;t de l'inaction &raquo; ?</strong><br />C'est le titre d'une &eacute;tude publi&eacute;e en 2024 par le think tank bruxellois Friends of Europe. Elle calcule les cons&eacute;quences &eacute;conomiques, politiques et s&eacute;curitaires d'un sc&eacute;nario o&ugrave; l'Occident cesserait de soutenir l'Ukraine. Conclusion : l'inaction co&ucirc;terait bien plus cher que le soutien actuel.</p>
<p><strong>Quels pays accueillent le plus de r&eacute;fugi&eacute;s ukrainiens aujourd'hui ?</strong><br />La Pologne reste le principal pays d'accueil avec pr&egrave;s d'un million de r&eacute;fugi&eacute;s enregistr&eacute;s en f&eacute;vrier 2026. L'Allemagne, la R&eacute;publique tch&egrave;que et l'Espagne figurent &eacute;galement parmi les principaux pays de destination. La Moldavie, pays non membre de l'UE, accueille environ 141 000 r&eacute;fugi&eacute;s.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 01 Oct 2026 14:57:04 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun : ce que ça change]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ehrhardt-ambassadeur-des-usa-au-cameroun-ce-que-ca-change.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Trump nomme Christian Jové Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun.
L'homme des accords migratoires connaît déjà Yaoundé. Enjeux et
réactions.

Christian Jové...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Christian-Ehrhardt290926500.webp" alt="Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun : ce que ça change" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ehrhardt-ambassadeur-des-usa-au-cameroun-ce-que-ca-change.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Trump nomme Christian Jov&eacute; Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun. L'homme des accords migratoires conna&icirc;t d&eacute;j&agrave; Yaound&eacute;. Enjeux et r&eacute;actions.</p>
<p>Christian Jov&eacute; Ehrhardt, diplomate de carri&egrave;re qui a n&eacute;goci&eacute; l'accord de 30 millions de dollars pour accueillir des d&eacute;port&eacute;s au Cameroun, devient le candidat de Donald Trump pour l'ambassade des &Eacute;tats-Unis &agrave; Yaound&eacute;.</p>
<h2>Ehrhardt ambassadeur des USA au Cameroun : ce que &ccedil;a change</h2>
<p>Le pr&eacute;sident Donald Trump a nomm&eacute; Christian Jov&eacute; Ehrhardt ambassadeur des &Eacute;tats-Unis au Cameroun. La nomination a &eacute;t&eacute; transmise au S&eacute;nat pour confirmation. Ehrhardt, 41 ans, n'est pas un inconnu &agrave; Yaound&eacute; : il a &eacute;t&eacute; affect&eacute; dans le pays au cours de sa carri&egrave;re et a re&ccedil;u en 2018 le titre de Chevalier de l'Ordre de la Valeur du Cameroun.</p>
<p>Mais il est surtout l'homme qui, depuis mai 2025, dirige l'Office of Remigration un bureau de 15 personnes cr&eacute;&eacute; au D&eacute;partement d'&Eacute;tat pour n&eacute;gocier les accords de d&eacute;portation de migrants vers des pays tiers. C'est lui qui a pilot&eacute; l'accord camerounais : 30 millions de dollars vers&eacute;s &agrave; Yaound&eacute; pour accueillir jusqu'&agrave; 1 000 ressortissants africains d&eacute;port&eacute;s des &Eacute;tats-Unis, pr&eacute;f&eacute;rentiellement des non-violents, finalis&eacute; le 16 d&eacute;cembre 2025.</p>
<h2>Qui est Christian Jov&eacute; Ehrhardt ?</h2>
<p>Diplomate de carri&egrave;re du Service ext&eacute;rieur am&eacute;ricain depuis 2007, Ehrhardt a gravi les &eacute;chelons sans tapage. Son parcours l'a conduit en Alg&eacute;rie, en Jama&iuml;que, en R&eacute;publique centrafricaine, au Soudan, au Tchad, en Ha&iuml;ti, en Libye et en Irak. Il parle fran&ccedil;ais et espagnol. Originaire de New York, il est dipl&ocirc;m&eacute; de St. Lawrence University et du U.S. Naval War College.</p>
<p>Depuis le 18 mai 2018, il exerce comme Secr&eacute;taire d'&Eacute;tat adjoint au Bureau de la Population, des R&eacute;fugi&eacute;s et des Migrations du D&eacute;partement d'&Eacute;tat. En novembre 2025, il a conduit une d&eacute;l&eacute;gation am&eacute;ricaine re&ccedil;ue par le ministre camerounais des Relations ext&eacute;rieures, Felix Mbayu, pour discuter d'assistance humanitaire, de sant&eacute; publique et de s&eacute;curit&eacute; r&eacute;gionale.</p>
<p>Sa carri&egrave;re a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e par plusieurs distinctions. En 2021, la Federal Law Enforcement Officers Association lui a d&eacute;cern&eacute; un prix d'excellence en mati&egrave;re d'enqu&ecirc;tes. En 2019, il a re&ccedil;u la Joint Civilian Service Commendation Award du Commandement des op&eacute;rations sp&eacute;ciales des &Eacute;tats-Unis pour l'Afrique. En 2018, le Cameroun l'a fait Chevalier de l'Ordre de la Valeur.</p>
<p>Mais le poste qu'il occupe depuis 2025 raconte une autre histoire. Selon une enqu&ecirc;te du Washington Post publi&eacute;e le 21 septembre 2026, l'Office of Remigration a n&eacute;goci&eacute; des accords avec 31 pays, principalement en Afrique et en Am&eacute;rique latine, pour un total d'au moins 410 millions de dollars. Le Cameroun fait partie des signataires.</p>
<h2>Le double visage d'une nomination</h2>
<p>La nomination d'Ehrhardt &agrave; Yaound&eacute; intervient dans un contexte particulier. Le Cameroun n'avait plus d'ambassadeur am&eacute;ricain depuis janvier 2026, date &agrave; laquelle Christopher John Lamora a quitt&eacute; son poste dans le cadre du rappel massif de pr&egrave;s de 30 ambassadeurs d&eacute;cid&eacute; par l'administration Trump. Pendant huit mois, la plus grande ambassade des &Eacute;tats-Unis en Afrique centrale est rest&eacute;e sans chef de mission confirm&eacute;.</p>
<p>Elisabeth Moore Aubin avait &eacute;t&eacute; nomm&eacute;e en d&eacute;cembre 2025, mais le contexte a chang&eacute;. Des sources concordantes indiquent que sa nomination n'a pas abouti au S&eacute;nat.</p>
<p>Aujourd'hui, c'est Ehrhardt qui est propos&eacute;. Un diplomate qui conna&icirc;t le Cameroun, qui parle fran&ccedil;ais, mais qui arrive avec un dossier lourd : celui des accords migratoires controvers&eacute;s que le Cameroun a sign&eacute;s sous l'administration Trump.</p>
<p>&laquo; Le Cameroun et les &Eacute;tats-Unis sont amis depuis de nombreuses ann&eacute;es et continueront de l'&ecirc;tre &raquo;, avait d&eacute;clar&eacute; Ehrhardt en novembre 2025, lors de sa visite &agrave; Yaound&eacute;. &laquo; Nous avons discut&eacute; de divers domaines de coop&eacute;ration mutuelle et nous nous r&eacute;jouissons de poursuivre notre engagement avec le Cameroun. &raquo;</p>
<p>Ces mots r&eacute;sonnent diff&eacute;remment aujourd'hui.</p>
<h2>Ce que disent les textes</h2>
<p>Nous avons pu consulter les grandes lignes de l'accord sign&eacute; entre Washington et Yaound&eacute;. Le Cameroun s'engage &agrave; accueillir jusqu'&agrave; 1 000 ressortissants africains d&eacute;port&eacute;s des &Eacute;tats-Unis, avec une pr&eacute;f&eacute;rence pour les profils non violents. En &eacute;change, les &Eacute;tats-Unis versent 30 millions de dollars. Une partie de cette somme serait li&eacute;e &agrave; un programme sanitaire, selon des documents consult&eacute;s par <strong>Le Lynx</strong> et RFI.</p>
<p>Le D&eacute;partement d'&Eacute;tat reconna&icirc;t lui-m&ecirc;me, dans son rapport annuel sur les droits humains, que le Cameroun pr&eacute;sente des &laquo; violations graves &raquo;. L'accord a &eacute;t&eacute; sign&eacute; malgr&eacute; cela. Interrog&eacute; sur cette contradiction, le D&eacute;partement d'&Eacute;tat n'a pas r&eacute;pondu &agrave; nos questions avant publication.</p>
<p>Ce que nous n'avons pas pu v&eacute;rifier : le contenu int&eacute;gral du protocole sign&eacute; le 16 d&eacute;cembre 2025, les modalit&eacute;s exactes de versement des 30 millions de dollars, et le nombre de personnes effectivement d&eacute;port&eacute;es vers le Cameroun &agrave; ce jour.</p>
<h2>L'enjeu de la confirmation s&eacute;natoriale</h2>
<p>La nomination d'Ehrhardt n'est pas encore effective. Le S&eacute;nat am&eacute;ricain doit confirmer le choix du pr&eacute;sident. Et le parcours du diplomate pourrait compliquer l'exercice.</p>
<p>L'Office of Remigration, qu'il dirige depuis mai 2025, fait l'objet d'enqu&ecirc;tes journalistiques et de critiques d'organisations de d&eacute;fense des droits humains. Selon <strong>The New Republic</strong>, les accords ont &eacute;t&eacute; n&eacute;goci&eacute;s &laquo; sans les garanties habituelles en mati&egrave;re de droits humains &raquo;. Des avocats en immigration am&eacute;ricains qualifient ces d&eacute;portations vers des pays tiers de &laquo; contournement des r&egrave;gles am&eacute;ricaines &raquo; interdisant l'expulsion de personnes risquant la pers&eacute;cution dans leur pays d'origine.</p>
<p>Ehrhardt devra expliquer devant les s&eacute;nateurs comment il compte concilier son r&ocirc;le pass&eacute; &agrave; la t&ecirc;te de l'Office of Remigration avec ses nouvelles fonctions d'ambassadeur un poste qui implique de repr&eacute;senter les &Eacute;tats-Unis aupr&egrave;s d'un gouvernement partenaire, mais aussi de d&eacute;fendre les valeurs am&eacute;ricaines, y compris les droits humains.</p>
<p>Des s&eacute;nateurs d&eacute;mocrates ont d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; qu'ils poseraient des questions. Le calendrier de confirmation n'est pas encore connu.</p>
<h2>Ce que cette nomination signifie pour le Cameroun</h2>
<p>Pour Yaound&eacute;, l'arriv&eacute;e d'Ehrhardt est un signal ambigu. D'un c&ocirc;t&eacute;, elle met fin &agrave; huit mois de vacance &agrave; la t&ecirc;te de la mission diplomatique am&eacute;ricaine une situation qui compliquait les &eacute;changes bilat&eacute;raux sur des dossiers sensibles : crise anglophone, coop&eacute;ration militaire via AFRICOM, investissements &eacute;conomiques. En ao&ucirc;t 2026, les deux pays ont tenu leur premier Dialogue &eacute;conomique et commercial, avec &agrave; la cl&eacute; 7 milliards de dollars d'opportunit&eacute;s d'investissement annonc&eacute;es.</p>
<p>De l'autre, Ehrhardt incarne pr&eacute;cis&eacute;ment la politique migratoire la plus controvers&eacute;e de l'administration Trump. Son arriv&eacute;e &agrave; Yaound&eacute; risque de raviver un d&eacute;bat au Cameroun sur la contrepartie de ces 30 millions de dollars. L'accord a &eacute;t&eacute; sign&eacute; par le pr&eacute;sident Paul Biya, sans d&eacute;bat public ni discussion parlementaire connue &agrave; ce jour.</p>
<p>Le 24 novembre 2025, lors de sa visite &agrave; Yaound&eacute;, Ehrhardt avait rencontr&eacute; des repr&eacute;sentants du Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&eacute;fugi&eacute;s (HCR) et du Programme alimentaire mondial (PAM). Des roundtables sur la sant&eacute; et l'assistance humanitaire. Des gestes de bonne volont&eacute;.</p>
<p>Reste une question que personne, &agrave; Yaound&eacute; comme &agrave; Washington, n'a clairement tranch&eacute;e : Ehrhardt sera-t-il l'ambassadeur du Cameroun aupr&egrave;s des &Eacute;tats-Unis, ou l'ambassadeur des &Eacute;tats-Unis pour la politique migratoire de Trump au Cameroun ?</p>
<hr />
<p><strong>Qui a nomm&eacute; Christian Ehrhardt ambassadeur des &Eacute;tats-Unis au Cameroun ?</strong><br />C'est le pr&eacute;sident Donald Trump. La nomination a &eacute;t&eacute; transmise au S&eacute;nat am&eacute;ricain pour confirmation. Tant que le S&eacute;nat n'a pas vot&eacute;, Ehrhardt n'est pas officiellement ambassadeur.</p>
<p><strong>Christian Ehrhardt est-il d&eacute;j&agrave; venu au Cameroun ?</strong><br />Oui. Il a &eacute;t&eacute; affect&eacute; au Cameroun au cours de sa carri&egrave;re, et y est retourn&eacute; en novembre 2025 en tant que chef de l'Office of Remigration. En 2018, il a &eacute;t&eacute; fait Chevalier de l'Ordre de la Valeur du Cameroun.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que l'accord de 30 millions de dollars avec le Cameroun ?</strong><br />Selon des documents consult&eacute;s par plusieurs m&eacute;dias, le Cameroun a accept&eacute; d'accueillir jusqu'&agrave; 1 000 ressortissants africains d&eacute;port&eacute;s des &Eacute;tats-Unis, en &eacute;change de 30 millions de dollars. L'accord a &eacute;t&eacute; finalis&eacute; le 16 d&eacute;cembre 2025. Le contenu int&eacute;gral n'a pas &eacute;t&eacute; rendu public.</p>
<p><strong>La nomination d'Ehrhardt est-elle confirm&eacute;e ?</strong><br />Non. Elle doit encore passer par le processus de confirmation du S&eacute;nat am&eacute;ricain. Aucun calendrier n'a &eacute;t&eacute; annonc&eacute; &agrave; ce jour.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 29 Sep 2026 10:14:32 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Uranium : le Niger met fin à 50 ans de monopole français]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/uranium-le-niger-met-fin-a-50-ans-de-monopole-francais.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Pendant plus d'un demi-siècle, l'uranium nigérien a éclairé les
villes d'Europe, tandis que les villes nigériennes restaient dans le
noir.

Derrière la formule,...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Uranium280926500.webp" alt="Uranium : le Niger met fin à 50 ans de monopole français" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Pendant plus d'un demi-si&egrave;cle, l'uranium nig&eacute;rien a &eacute;clair&eacute; les villes d'Europe, tandis que les villes nig&eacute;riennes restaient dans le noir.</p>
<p>Derri&egrave;re la formule, il y a une r&eacute;alit&eacute;. Celle d'un pays qui a fourni la mati&egrave;re premi&egrave;re de la bombe atomique fran&ccedil;aise et de ses centrales nucl&eacute;aires, sans jamais voir la lumi&egrave;re dans ses propres foyers. Ce vendredi, le Niger a annonc&eacute; qu'il vendrait d&eacute;sormais son uranium lui-m&ecirc;me. En toute transparence. Et dans le respect de ses obligations de non-prolif&eacute;ration.</p>
<h2>Un discours qui acte la rupture avec la France</h2>
<p>Le Premier ministre nig&eacute;rien n'a pas m&acirc;ch&eacute; ses mots. Devant les repr&eacute;sentants des nations, Ali Mahaman Lamine Zeine a rappel&eacute; une r&eacute;alit&eacute; historique. &laquo; Pendant plus d'un demi-si&egrave;cle, l'uranium du Niger a &eacute;clair&eacute; les villes d'Europe, tandis que les n&ocirc;tres restaient dans l'obscurit&eacute; &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Avant d'ajouter : &laquo; Cette injustice a d&eacute;sormais pris fin. C'est termin&eacute;. &raquo;</p>
<p>La phrase est courte. Elle claque. Elle r&eacute;sume des d&eacute;cennies de frustration.</p>
<p>Depuis 1971, la Soci&eacute;t&eacute; des mines de l'A&iuml;r (SOMA&Iuml;R) exploitait l'uranium d'Arlit. L'entreprise &eacute;tait d&eacute;tenue &agrave; 63,4 % par le groupe fran&ccedil;ais Orano, anciennement Areva. Le Niger, lui, n'en d&eacute;tenait que 36,6 % via sa soci&eacute;t&eacute; Sopamin. Sur les 80 518 tonnes d'uranium produites entre 1971 et 2024, 86,3 % ont &eacute;t&eacute; commercialis&eacute;es par Orano, selon les autorit&eacute;s nig&eacute;riennes.</p>
<h2>Un demi-si&egrave;cle d'uranium, et des villes dans le noir</h2>
<p>Le contraste est brutal. D'un c&ocirc;t&eacute;, des centrales nucl&eacute;aires en France, aliment&eacute;es par le minerai nig&eacute;rien. De l'autre, Niamey, la capitale, priv&eacute;e d'&eacute;lectricit&eacute; pendant de longues heures. Des ateliers de soudure qui tournent au ralenti. Des salons de coiffure qui s'arr&ecirc;tent au milieu d'une coupe. Des poissonneries qui jettent leur marchandise faute de froid.</p>
<p>&laquo; Dans la journ&eacute;e, nous pouvons avoir trois &agrave; quatre coupures, ce qui nous emp&ecirc;che de travailler &raquo;, confiait un coiffeur de Niamey en juin 2025.</p>
<p>Ce paradoxe, le Premier ministre l'a port&eacute; &agrave; la tribune de l'ONU. Il n'a pas seulement parl&eacute; d'&eacute;nergie. Il a parl&eacute; de dignit&eacute;.</p>
<h2>La nationalisation de SOMA&Iuml;R, point de bascule</h2>
<p>La rupture ne date pas de ce vendredi. Elle a commenc&eacute; en juillet 2023, apr&egrave;s le coup d'&Eacute;tat qui a port&eacute; le g&eacute;n&eacute;ral Abdourahamane Tiani au pouvoir. Depuis, Niamey a d&eacute;mantel&eacute; les accords miniers h&eacute;rit&eacute;s de la p&eacute;riode fran&ccedil;aise.</p>
<p>En juin 2024, Orano a perdu son permis d'exploitation du gisement d'Imouraren, l'un des plus grands gisements d'uranium non exploit&eacute;s au monde. En juin 2025, la SOMA&Iuml;R a &eacute;t&eacute; nationalis&eacute;e. En ao&ucirc;t 2026, le permis d'Arlit a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute; &agrave; une nouvelle soci&eacute;t&eacute; publique, la TELOUA Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Le nom &laquo; Teloua &raquo; fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'aquif&egrave;re souterrain qui alimentait la mine de COMINAK, exploit&eacute;e par Orano de 1978 &agrave; 2021.</p>
<p>&laquo; En juin 2025, l'&Eacute;tat du Niger a repris le contr&ocirc;le de la Soci&eacute;t&eacute; des mines de l'A&iuml;r. Nos ressources sont d&eacute;sormais g&eacute;r&eacute;es par nous et pour nous &raquo;, a rappel&eacute; Ali Mahaman Lamine Zeine.</p>
<h2>Un stock de 1 000 tonnes et des convoitises</h2>
<p>Il reste un d&eacute;tail qui n'en est pas un. &Agrave; Arlit, environ 1 400 tonnes de concentr&eacute; d'uranium, du &laquo; yellowcake &raquo;, sont stock&eacute;es depuis la fin de l'ann&eacute;e 2025. Valeur estim&eacute;e : 250 millions d'euros.</p>
<p>Orano a obtenu une mesure conservatoire aupr&egrave;s du Centre international pour le r&egrave;glement des diff&eacute;rends relatifs aux investissements (CIRDI) pour bloquer la vente. Mais la pression est l&agrave;. La France soup&ccedil;onne la Russie d'organiser le transfert de 1 000 tonnes de ce stock vers le port de Lom&eacute;, au Togo. Un p&eacute;riple de 1 500 kilom&egrave;tres &agrave; travers trois pays. Des camions auraient &eacute;t&eacute; aper&ccedil;us quittant la mine, encadr&eacute;s par des militaires.</p>
<p>Niamey d&eacute;ment. Moscou reste silencieux. Et l'uranium, lui, attend.</p>
<h2>Russie, Iran, Chine : la nouvelle donne</h2>
<p>Le Niger ne veut plus d'un seul client. Il veut vendre &agrave; qui veut acheter. En toute transparence, promet le Premier ministre. Mais dans les chancelleries, la question est autre. Qui sont les acheteurs ?</p>
<p>La Chine et l'Iran ont manifest&eacute; leur int&eacute;r&ecirc;t. La Russie aussi, via le groupe public Rosatom. Le Niger a m&ecirc;me vot&eacute; aux c&ocirc;t&eacute;s de la Russie et de la Chine contre une r&eacute;solution soutenue par les &Eacute;tats-Unis au Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'&eacute;nergie atomique (AIEA). Un signal.</p>
<p>Le directeur de l'AIEA s'est rendu &agrave; Arlit en mars dernier. Officiellement pour v&eacute;rifier les stocks. Officieusement, pour s'assurer que l'uranium nig&eacute;rien ne finisse pas dans un programme militaire non d&eacute;clar&eacute;.</p>
<p>Le Niger, lui, r&eacute;p&egrave;te qu'il respectera ses obligations de non-prolif&eacute;ration. &laquo; En toute transparence &raquo;, insiste Ali Mahaman Lamine Zeine.</p>
<p>Le discours de l'ONU acte une rupture. Il ne la cr&eacute;e pas. La rupture est d&eacute;j&agrave; l&agrave;, dans les faits, depuis la nationalisation de SOMA&Iuml;R. Ce qui change, c'est le cadre. Le Niger ne se contente plus de reprendre ses mines. Il annonce qu'il vendra lui-m&ecirc;me sa production.</p>
<p>Reste &agrave; savoir &agrave; qui. Et &agrave; quel prix. Les march&eacute;s internationaux de l'uranium sont opaques. Les contrats se n&eacute;gocient entre &Eacute;tats et entreprises, loin des regards. Le Niger devra trouver des acheteurs pr&ecirc;ts &agrave; ignorer les pressions fran&ccedil;aises et les proc&eacute;dures judiciaires en cours.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re. &Agrave; Arlit, le yellowcake attend toujours. Et &agrave; Niamey, les coupures d'&eacute;lectricit&eacute; continuent.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi le Niger veut-il vendre son uranium lui-m&ecirc;me ?</strong><br />Parce que pendant plus de 50 ans, l'uranium nig&eacute;rien a &eacute;t&eacute; exploit&eacute; et commercialis&eacute; principalement par la France, via Orano, sans que les Nig&eacute;riens en b&eacute;n&eacute;ficient directement.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que la SOMA&Iuml;R ?</strong><br />La Soci&eacute;t&eacute; des mines de l'A&iuml;r est l'entreprise qui exploitait la mine d'uranium d'Arlit. Elle &eacute;tait d&eacute;tenue &agrave; 63,4 % par Orano et &agrave; 36,6 % par l'&Eacute;tat nig&eacute;rien. Elle a &eacute;t&eacute; nationalis&eacute;e en juin 2025.</p>
<p><strong>Le Niger peut-il vendre son uranium &agrave; la Russie ou &agrave; l'Iran ?</strong><br />Le Niger a d&eacute;clar&eacute; vouloir vendre sur le march&eacute; international, en respectant ses obligations de non-prolif&eacute;ration. La Russie, la Chine et l'Iran ont manifest&eacute; leur int&eacute;r&ecirc;t, mais aucune vente n'a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e &agrave; ce stade.</p>
<p><strong>O&ugrave; se trouve l'uranium du Niger ?</strong><br />Principalement dans la r&eacute;gion d'Arlit, dans le nord du pays, pr&egrave;s de la ville d'Agadez.</p>
<p><strong>Le Niger produit-il encore de l'uranium ?</strong><br />La production a fortement chut&eacute;. La SOMA&Iuml;R a enregistr&eacute; un d&eacute;ficit de production de plus de 80 % par rapport &agrave; sa capacit&eacute; nominale. Le projet Dasa, port&eacute; par la soci&eacute;t&eacute; canadienne Global Atomic, doit entrer en production en 2026.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 28 Sep 2026 14:25:32 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[États-Unis - Qassem Bassir : le missile qui a fait reculer l&#039;US Navy]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/etats-unis-qassem-bassir-le-missile-qui-a-fait-reculer-lus-navy.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Satellite et OSINT montrent un retrait des navires US du golfe d'Oman
après le tir du Qassem Bassir. Analyse d'un basculement stratégique.

Les navires de guerr...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/USS-Abraham-Lincoln190826500.webp" alt="États-Unis - Qassem Bassir : le missile qui a fait reculer l&#039;US Navy" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Satellite et OSINT montrent un retrait des navires US du golfe d'Oman apr&egrave;s le tir du Qassem Bassir. Analyse d'un basculement strat&eacute;gique.</p>
<p>Les navires de guerre am&eacute;ricains ne sont plus dans le golfe d'Oman. Les images satellite Sentinel-2 et les rapports OSINT compil&eacute;s par l'expert Talal Nahl&eacute; montrent le retrait des porte-avions George Washington et George H.W. Bush, du navire d'assaut Boxer et de leurs destroyers d'escorte. Ils ont recul&eacute; de plus de 1 200 kilom&egrave;tres.</p>
<p>Un missile a suffi.</p>
<p>Retrait US : le golfe d'Oman sans navires am&eacute;ricains</p>
<p>L'imagerie satellite et les donn&eacute;es OSINT montrent que les navires de guerre am&eacute;ricains ont quitt&eacute; la ligne de blocus au large de l'Iran. Le retrait fait suite au premier tir op&eacute;rationnel du missile antinavire iranien Qassem Bassir, d'une port&eacute;e de 1 200 km. Le Centcom n'a pas confirm&eacute; ce retrait. L'Iran affirme avoir touch&eacute; deux destroyers le 9 septembre. Washington d&eacute;ment.</p>
<h2>Le vendredi o&ugrave; le golfe s'est vid&eacute;</h2>
<p>Talal Nahl&eacute; le dit sans d&eacute;tour. Le th&eacute;&acirc;tre maritime a connu un &laquo; bouleversement strat&eacute;gique &raquo;. Les images qu'il compile sont publiques. Sentinel-2. OSINT. N'importe qui peut les consulter.</p>
<p>Les porte-avions USS George Washington et USS George H.W. Bush ne sont plus visibles dans la zone de blocus. Le navire d'assaut amphibie Boxer non plus. Leurs destroyers d'escorte ont suivi. La ligne de blocus qui tenait le golfe d'Oman depuis le d&eacute;but du conflit est vide de pr&eacute;sence navale am&eacute;ricaine.</p>
<p>C'est la premi&egrave;re fois depuis le d&eacute;but des hostilit&eacute;s.</p>
<h2>Qassem Bassir : l'arme qui a tout chang&eacute;</h2>
<p>Le missile s'appelle Qassem Bassir. Port&eacute;e d&eacute;clar&eacute;e : 1 200 kilom&egrave;tres. Ogive : environ 500 kilos. Guidage : &eacute;lectro-optique et thermique. Il peut suivre une cible mobile et la frapper.</p>
<p>Un responsable iranien, Mohsen Rezaei, a r&eacute;sum&eacute; la situation en une phrase. Le missile a &laquo; cr&eacute;&eacute; l'enfer pour les Am&eacute;ricains &raquo;.</p>
<p>Le retrait des navires am&eacute;ricains est intervenu apr&egrave;s le premier tir op&eacute;rationnel de cette arme. C'est en tout cas ce qu'affirme Talal Nahl&eacute;, s'appuyant sur les donn&eacute;es de renseignement en sources ouvertes. Le Centcom, lui, n'a pas communiqu&eacute; sur ce point.</p>
<h2>Le 9 septembre : deux destroyers touch&eacute;s ?</h2>
<p>Le 9 septembre, les Gardiens de la r&eacute;volution islamique ont publi&eacute; un communiqu&eacute;. Deux destroyers am&eacute;ricains de classe Arleigh Burke, l'USS Delbert D. Black et l'USS John Paul Jones, auraient &eacute;t&eacute; touch&eacute;s par des missiles balistiques antinavires.</p>
<p>Le Centcom a d&eacute;menti. Tous les missiles ont &eacute;t&eacute; intercept&eacute;s, affirme le commandement am&eacute;ricain.</p>
<p>Mais des sources militaires isra&eacute;liennes, cit&eacute;es par plusieurs m&eacute;dias, soutiennent qu'une frappe directe a vis&eacute; un destroyer de classe Arleigh Burke et bless&eacute; 37 Marines.</p>
<p>Qui croire ? &Agrave; ce stade, aucune preuve ind&eacute;pendante n'a &eacute;t&eacute; rendue publique. Ni &eacute;paves. Ni images de dommages. Ni communiqu&eacute; m&eacute;dical.</p>
<h2>Le pont a&eacute;rien : la r&eacute;ponse de Washington</h2>
<p>Faute de flotte sur zone, Washington a chang&eacute; de m&eacute;thode. Un pont a&eacute;rien massif a &eacute;t&eacute; mis en place vers le Moyen-Orient et Isra&euml;l.</p>
<p>Les donn&eacute;es de suivi de vols, accessibles publiquement, montrent des C-17 Globemaster III, des ravitailleurs KC-135 Stratotanker et KC-46 Pegasus. Des drones de surveillance MQ-4C Triton ont aussi &eacute;t&eacute; rep&eacute;r&eacute;s.</p>
<p>Ces mouvements &laquo; peuvent soutenir des op&eacute;rations militaires durables &raquo;, note Defense Mirror. Mais ils ne prouvent pas qu'une attaque de grande envergure est d&eacute;cid&eacute;e.</p>
<p>Le 22 septembre, Donald Trump a menac&eacute; d'&laquo; an&eacute;antir &raquo; l'Iran devant l'Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de l'ONU. Le m&ecirc;me jour, des n&eacute;gociations indirectes se tenaient &agrave; New York.</p>
<h2>Ce que le retrait signifie vraiment</h2>
<p>Un porte-avions qui recule de 1 200 kilom&egrave;tres, ce n'est pas une d&eacute;faite. C'est un calcul.</p>
<p>Les navires am&eacute;ricains restent dans la zone de responsabilit&eacute; du Centcom. Ils ont simplement quitt&eacute; une position devenue intenable. Le blocus existe toujours sur le papier. Les navires qui devaient l'appliquer sont d&eacute;sormais hors de port&eacute;e des missiles iraniens.</p>
<p>C'est une inversion du rapport de force. Co&ucirc;teuse, lente, mais r&eacute;elle.</p>
<p>L'Iran a de son c&ocirc;t&eacute; annonc&eacute; que ses exportations p&eacute;troli&egrave;res avaient &laquo; repris leur cours normal &raquo;. La marine am&eacute;ricaine a fui la r&eacute;gion sous la menace de ses missiles, affirme T&eacute;h&eacute;ran.</p>
<h2>Et apr&egrave;s ?</h2>
<p>La question n'est plus de savoir si les &Eacute;tats-Unis peuvent revenir. Ils le peuvent. La question est de savoir &agrave; quel prix.</p>
<p>Chaque navire qui s'approche du golfe d'Oman entre dans le rayon d'action du Qassem Bassir. Chaque destroyer devient une cible potentielle. Le missile a transform&eacute; une sup&eacute;riorit&eacute; navale &eacute;crasante en vuln&eacute;rabilit&eacute; permanente.</p>
<p>Washington mise d&eacute;sormais sur l'air. Mais un pont a&eacute;rien ne remplace pas un blocus naval.</p>
<p>Le golfe d'Oman est vide. Pour combien de temps ?</p>
<hr />
<p><strong>Les &Eacute;tats-Unis ont-ils vraiment retir&eacute; leurs navires du golfe d'Oman ?</strong><br />L'imagerie satellite et les donn&eacute;es OSINT montrent leur disparition de la zone de blocus. Le Centcom n'a pas confirm&eacute; ce retrait.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le missile Qassem Bassir ?</strong><br />Un missile balistique antinavire iranien. Port&eacute;e d&eacute;clar&eacute;e : 1 200 km. Ogive d'environ 500 kg. Guidage &eacute;lectro-optique et thermique.</p>
<p><strong>Les destroyers USS Delbert D. Black et USS John Paul Jones ont-ils &eacute;t&eacute; touch&eacute;s ?</strong><br />L'Iran l'affirme. Le Centcom d&eacute;ment. Aucune preuve ind&eacute;pendante n'a &eacute;t&eacute; publi&eacute;e &agrave; ce stade.</p>
<p><strong>Pourquoi Washington a-t-il mis en place un pont a&eacute;rien ?</strong><br />Faute de pr&eacute;sence navale suffisante, les &Eacute;tats-Unis acheminent du mat&eacute;riel et du personnel par avion vers le Moyen-Orient et Isra&euml;l.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 28 Sep 2026 00:30:52 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Venezuela - Delcy Rodriguez a-t-elle livré Maduro aux États-Unis ?]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/venezuela-delcy-rodriguez-a-t-elle-livre-maduro-aux-etats-unis.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Des mois avant le raid, Delcy Rodriguez aurait promis à Washington
que "Maduro doit partir". Enquête sur une trahison qui a livré le
Venezuela aux États-Unis....</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Delcy-Rodriguez070126500.jpg" alt="Venezuela - Delcy Rodriguez a-t-elle livré Maduro aux États-Unis ?" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Des mois avant le raid, Delcy Rodriguez aurait promis &agrave; Washington que "Maduro doit partir". Enqu&ecirc;te sur une trahison qui a livr&eacute; le Venezuela aux &Eacute;tats-Unis.</p>
<p>Une lettre, un appel, un raid. Comment une partie de l'entourage de Maduro a pr&eacute;par&eacute; le terrain &agrave; l'intervention am&eacute;ricaine du 3 janvier 2026.</p>
<p>Caracas, 3 janvier 2026, aux premi&egrave;res heures du jour. Les h&eacute;licopt&egrave;res am&eacute;ricains survolent la capitale. Les syst&egrave;mes de d&eacute;fense a&eacute;rienne russes sont muets. Les troupes n'opposent aucune r&eacute;sistance. En quelques minutes, Nicol&aacute;s Maduro et son &eacute;pouse Cilia Flores sont extraits de leur r&eacute;sidence et transf&eacute;r&eacute;s hors du pays.</p>
<p>Ce raid, d'une pr&eacute;cision chirurgicale, n'aurait pas &eacute;t&eacute; possible sans une aide int&eacute;rieure. C'est du moins la conclusion que tirent plusieurs analystes et que documente une enqu&ecirc;te du <strong>Guardian</strong>. Au centre de ces r&eacute;v&eacute;lations : Delcy Rodriguez, la vice-pr&eacute;sidente devenue pr&eacute;sidente par int&eacute;rim. Son fr&egrave;re Jorge. Et un message qui aurait tout chang&eacute; : &laquo; Maduro doit partir. &raquo;</p>
<h2>Ce que le Guardian a r&eacute;v&eacute;l&eacute;</h2>
<p>Le 22 janvier 2026, le quotidien britannique The Guardian publie une enqu&ecirc;te explosive. S'appuyant sur quatre sources &laquo; impliqu&eacute;es &agrave; des niveaux &eacute;lev&eacute;s dans les discussions &raquo;, le journal affirme que Delcy Rodriguez et son fr&egrave;re Jorge Rodriguez ont secr&egrave;tement assur&eacute; aux responsables am&eacute;ricains et qataris qu'ils accueilleraient favorablement le d&eacute;part de Maduro.</p>
<p>Les communications auraient commenc&eacute; &agrave; l'automne 2025 et se seraient poursuivies apr&egrave;s un appel t&eacute;l&eacute;phonique crucial entre Trump et Maduro fin novembre. Au cours de cet appel, Trump insiste pour que Maduro quitte le Venezuela. Maduro refuse.</p>
<p>En d&eacute;cembre, le message de Delcy Rodriguez se fait plus pr&eacute;cis. &laquo; Maduro doit partir &raquo;, aurait-elle transmis. &laquo; Je travaillerai avec ce qui viendra apr&egrave;s &raquo;.</p>
<p>Le Guardian pr&eacute;cise que les Rodriguez n'ont pas accept&eacute; de participer activement au renversement. Ils se sont engag&eacute;s &agrave; collaborer apr&egrave;s la sortie de Maduro, pour &eacute;viter le chaos et une guerre civile.</p>
<p>Le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien a d&eacute;menti. Dans un message sur X, le compte Miraflores al Momento a qualifi&eacute; l'article de &laquo; fake news &raquo;, d&eacute;non&ccedil;ant une &laquo; op&eacute;ration psychologique &raquo; visant &agrave; fracturer la coh&eacute;sion du peuple v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien.</p>
<h2>La rencontre qui intrigue</h2>
<p>Un autre &eacute;l&eacute;ment alimente les sp&eacute;culations. Selon plusieurs sources, Delcy Rodriguez aurait rencontr&eacute; le directeur de la CIA, John Ratcliffe, &agrave; Singapour d&eacute;but novembre 2025. Cette rencontre, &eacute;voqu&eacute;e par des analystes comme Pepe Escobar et Larry Johnson, n'a pas &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e officiellement.</p>
<p>Si elle est av&eacute;r&eacute;e, elle soul&egrave;ve une question : que se sont dit le chef du renseignement am&eacute;ricain et la vice-pr&eacute;sidente v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lienne deux mois avant le raid ? Le <strong>New York Times</strong> a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que la CIA avait d&eacute;ploy&eacute; des agents au Venezuela depuis ao&ucirc;t 2025 et op&eacute;rait un r&eacute;seau de surveillance.</p>
<h2>Le r&ocirc;le trouble de Diosdado Cabello</h2>
<p>Delcy Rodriguez n'est pas la seule figure du r&eacute;gime &agrave; avoir &eacute;t&eacute; accus&eacute;e de contacts avec Washington. Selon Reuters, Diosdado Cabello, le puissant ministre de l'Int&eacute;rieur qui contr&ocirc;le la police et les forces de s&eacute;curit&eacute;, aurait lui aussi tenu des discussions avec les &Eacute;tats-Unis dans les mois pr&eacute;c&eacute;dant l'op&eacute;ration.</p>
<p>Cabello a d&eacute;menti. Mais les questions demeurent. Comment expliquer que les syst&egrave;mes de d&eacute;fense a&eacute;rienne russes, pourtant r&eacute;put&eacute;s performants, n'aient pas &eacute;t&eacute; activ&eacute;s ? Pourquoi les troupes n'ont-elles oppos&eacute; aucune r&eacute;sistance ?</p>
<p>Joe Siracusa, historien et analyste politique australien, n'a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; le dire sur Sky News Australia : &laquo; Je suis pr&ecirc;t &agrave; parier que Maduro a &eacute;t&eacute; trahi au sein m&ecirc;me de son camp &raquo;.</p>
<h2>Trente-deux Cubains morts, et apr&egrave;s ?</h2>
<p>Le raid du 3 janvier n'a pas &eacute;t&eacute; une promenade de sant&eacute;. Trente-deux combattants cubains ont perdu la vie en d&eacute;fendant le palais pr&eacute;sidentiel, selon le gouvernement cubain. Ils ont &eacute;t&eacute; les seuls &agrave; r&eacute;sister.</p>
<p>Le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien a rendu hommage &agrave; ces &laquo; combattants cubains &raquo; tomb&eacute;s &laquo; en accomplissement de leur devoir &raquo;. Un hommage qui souligne, en creux, l'absence de r&eacute;sistance des forces v&eacute;n&eacute;zu&eacute;liennes.</p>
<p>Pourquoi les soldats v&eacute;n&eacute;zu&eacute;liens n'ont-ils pas combattu ? Pourquoi les h&eacute;licopt&egrave;res ont-ils pu se d&eacute;placer sans &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute;s ? Ces questions, les analystes les posent. Les r&eacute;ponses officielles, elles, se font attendre.</p>
<h2>Le p&eacute;trole, le vrai enjeu</h2>
<p>Derri&egrave;re les consid&eacute;rations g&eacute;opolitiques, il y a une r&eacute;alit&eacute; plus prosa&iuml;que : le p&eacute;trole.</p>
<p>Le Venezuela poss&egrave;de les plus grandes r&eacute;serves prouv&eacute;es de p&eacute;trole au monde. Et depuis le 3 janvier 2026, c'est Washington qui en contr&ocirc;le la commercialisation. Marco Rubio, le secr&eacute;taire d'&Eacute;tat am&eacute;ricain, l'a reconnu : les &Eacute;tats-Unis ont &laquo; un levier &eacute;norme &raquo; sur le Venezuela et contr&ocirc;leront les revenus de la vente du p&eacute;trole.</p>
<p>En juillet 2026, Trump a annonc&eacute; que les ventes de p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien avaient rapport&eacute; plus de 13 milliards de dollars aux &Eacute;tats-Unis. Sur cette somme, 480 millions de dollars seulement auraient &eacute;t&eacute; restitu&eacute;s au Venezuela.</p>
<p>&laquo; C'est une main basse sur les ressources d'un pays souverain &raquo;, d&eacute;nonce Larry Johnson, ancien analyste de la CIA. &laquo; La CIA a d&eacute;pens&eacute; des centaines de millions de dollars pour acheter des membres du gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien, des hauts officiers de l'arm&eacute;e et de la police &raquo;.</p>
<h2>Un pays sous tutelle</h2>
<p>Depuis le 3 janvier, le Venezuela vit sous tutelle am&eacute;ricaine. Marco Rubio, selon plusieurs observateurs, dirige de facto le pays depuis Washington. Il entretient des contacts &eacute;troits avec Delcy Rodriguez et d&eacute;livre des licences exemptant les entreprises des sanctions pour leurs activit&eacute;s au Venezuela.</p>
<p>Les signes d'all&eacute;geance se multiplient. Le gouvernement v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien a coup&eacute; l'approvisionnement en p&eacute;trole &agrave; Cuba. Il a ouvert ses portes &agrave; des responsables isra&eacute;liens, amor&ccedil;ant un rapprochement diplomatique apr&egrave;s 17 ans de rupture. Il a livr&eacute; aux &Eacute;tats-Unis Alex Saab, ancien ministre de l'Industrie et homme de confiance de Maduro.</p>
<p>&laquo; Delcy Rodriguez ob&eacute;it &agrave; toutes les demandes am&eacute;ricaines, m&ecirc;me les plus r&eacute;actionnaires &raquo;, constate Pepe Escobar. &laquo; Elle a remerci&eacute; Trump pour les accords pass&eacute;s. &raquo;</p>
<h2>La question qui d&eacute;range</h2>
<p>Delcy Rodriguez a-t-elle trahi Maduro, ou a-t-elle n&eacute;goci&eacute; une transition pour &eacute;viter un bain de sang ?</p>
<p>Ses partisans soutiennent la seconde th&egrave;se. Ils &eacute;voquent une &laquo; retraite tactique &raquo;, un &laquo; r&eacute;alisme politique &raquo; face &agrave; la puissance am&eacute;ricaine. Ils rappellent que Delcy Rodriguez a appel&eacute; les V&eacute;n&eacute;zu&eacute;liens &agrave; rentrer chez eux le soir du raid, pour &eacute;viter un carnage.</p>
<p>Ses d&eacute;tracteurs r&eacute;torquent qu'elle aurait pu appeler &agrave; la r&eacute;sistance, comme l'ont fait des milliers de manifestants spontan&eacute;s dans les jours qui ont suivi. Ils soulignent qu'elle a livr&eacute; le p&eacute;trole, coup&eacute; Cuba et normalis&eacute; les relations avec Isra&euml;l.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : le 3 janvier 2026, le Venezuela a chang&eacute; de camp. Et ce basculement n'aurait probablement pas &eacute;t&eacute; possible sans une aide int&eacute;rieure.</p>
<p>&laquo; Tout peut se n&eacute;gocier sauf les principes &raquo;, disait Fidel Castro. Une phrase que Delcy Rodriguez devrait m&eacute;diter.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi Delcy Rodriguez est-elle accus&eacute;e de trahison ?</strong><br />Delcy Rodriguez est accus&eacute;e d'avoir secr&egrave;tement n&eacute;goci&eacute; avec les &Eacute;tats-Unis avant la capture de Maduro. Selon The Guardian, elle aurait transmis le message &laquo; Maduro doit partir &raquo; et promis de coop&eacute;rer avec l'administration Trump. Elle d&eacute;ment ces accusations.</p>
<p><strong>Qui a livr&eacute; Maduro aux &Eacute;tats-Unis ?</strong><br />Plusieurs analystes estiment que Maduro a &eacute;t&eacute; trahi par des membres de son entourage. Le Guardian cite Delcy Rodriguez et son fr&egrave;re Jorge. Reuters &eacute;voque &eacute;galement Diosdado Cabello. Aucune preuve judiciaire n'a &eacute;t&eacute; rendue publique &agrave; ce jour.</p>
<p><strong>Que s'est-il pass&eacute; au Venezuela le 3 janvier 2026 ?</strong><br />Le 3 janvier 2026, des forces sp&eacute;ciales am&eacute;ricaines ont captur&eacute; Nicol&aacute;s Maduro et son &eacute;pouse Cilia Flores &agrave; Caracas. Trente-deux combattants cubains ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s en les d&eacute;fendant. Maduro a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute; &agrave; New York, o&ugrave; il attend son proc&egrave;s.</p>
<p><strong>Qui contr&ocirc;le le p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien aujourd'hui ?</strong><br />Depuis janvier 2026, les &Eacute;tats-Unis contr&ocirc;lent la commercialisation du p&eacute;trole v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien. Marco Rubio a confirm&eacute; que Washington percevrait les revenus des ventes. Plus de 13 milliards de dollars ont &eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;r&eacute;s, selon Trump.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 26 Sep 2026 20:21:37 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Delcy-Rodriguez070126500.jpg" type="image/jpeg" length="11410" />
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                            <item>
                <title><![CDATA[Allemagne - COLOGNE : RUDOLF DOUALA MANGA BELL ENTRE DANS LA MÉMOIRE DE LA VILLE]]></title>
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                    <![CDATA[
                    <p>Il y'a des événements qui dépassent la simple inauguration d’une
rue pour devenir des ACTES DE MÉMOIRE, DE RECONNAISSANCE ET DE
TRANSMISSION. Ce 25 septembre 20...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Place-douala.jpg" alt="Allemagne - COLOGNE : RUDOLF DOUALA MANGA BELL ENTRE DANS LA MÉMOIRE DE LA VILLE" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Il y'a des &eacute;v&eacute;nements qui d&eacute;passent la simple inauguration d&rsquo;une rue pour devenir des <strong>actes de m&eacute;moire, de reconnaissance et de transmission</strong>. Ce 25 septembre 2026, &agrave; Cologne, en Allemagne, le peuple Sawa a v&eacute;cu l&rsquo;un de ces moments appel&eacute;s &agrave; rester dans l&rsquo;histoire.</p>
<p>&Agrave; <strong>9 h 02</strong>, dans le quartier r&eacute;sidentiel de Nippes, une nouvelle plaque est d&eacute;voil&eacute;e : <strong>Douala Manga Bell Stra&szlig;e</strong>. Un nom camerounais s&rsquo;inscrit d&eacute;sormais durablement dans le paysage urbain de Cologne, portant la m&eacute;moire de <strong>Rudolf Douala Manga Bell</strong>, figure historique de la r&eacute;sistance &agrave; l&rsquo;administration coloniale allemande au Cameroun, ex&eacute;cut&eacute; &agrave; Douala le 8 ao&ucirc;t 1914.</p>
<p>Le symbole est d&rsquo;autant plus puissant que cette nouvelle d&eacute;nomination vient remplacer celle de <strong>Gustav Nachtigal</strong>, acteur de l&rsquo;expansion coloniale allemande en Afrique. &Agrave; proximit&eacute; de la Namibia Stra&szlig;e, cette rue devient ainsi bien davantage qu&rsquo;une indication g&eacute;ographique : <strong>elle devient un lieu de m&eacute;moire, un espace o&ugrave; l&rsquo;histoire coloniale est revisit&eacute;e et o&ugrave; deux peuples choisissent de regarder ensemble leur pass&eacute; pour construire autrement leur avenir.</strong></p>
<p>La c&eacute;r&eacute;monie s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e dans une atmosph&egrave;re empreinte de solennit&eacute; et d&rsquo;&eacute;motion. Autour du <strong>Roi Bell</strong>, accompagn&eacute; de son homologue du canton Man&eacute;has, <strong>Sa Majest&eacute; Etouke Eboa</strong>, avaient pris place des autorit&eacute;s locales, des repr&eacute;sentants diplomatiques, des personnalit&eacute;s camerounaises ainsi qu&rsquo;un important parterre de la soci&eacute;t&eacute; civile allemande.</p>
<p>La diaspora camerounaise avait, elle aussi, r&eacute;pondu &agrave; ce rendez-vous de l&rsquo;Histoire. De Londres &agrave; Paris, de Bruxelles &agrave; Berlin, de Milan &agrave; Douala, des femmes et des hommes ont effectu&eacute; le d&eacute;placement pour assister au d&eacute;voilement de cette plaque qui porte d&eacute;sormais, au c&oelig;ur de Cologne, un fragment de la m&eacute;moire du Cameroun.</p>
<p>Un moment rituel, charg&eacute; de symboles, a &eacute;galement accompagn&eacute; cette s&eacute;quence historique, sous l&rsquo;autorit&eacute; du <strong>Roi Bell</strong> et avec la coordination du <strong>Duc Dika Din II</strong>, promoteur traditionnel. Tradition, m&eacute;moire et reconnaissance se sont ainsi rencontr&eacute;es sur le sol allemand.</p>
<p>Pour le peuple Sawa, la port&eacute;e de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement est consid&eacute;rable. Car Rudolf Douala Manga Bell n&rsquo;est pas seulement un nom h&eacute;rit&eacute; des livres d&rsquo;histoire. Il repr&eacute;sente une m&eacute;moire de dignit&eacute;, de r&eacute;sistance et de d&eacute;fense des droits de son peuple. Plus d'un si&egrave;cle apr&egrave;s sa disparition, son nom revient aujourd&rsquo;hui dans l&rsquo;espace public allemand, non plus comme celui d&rsquo;un homme condamn&eacute; par l&rsquo;ordre colonial de son &eacute;poque, mais comme celui d&rsquo;une personnalit&eacute; dont la trajectoire continue d&rsquo;interroger l&rsquo;Histoire.</p>
<p><strong>Cologne a donc pos&eacute; un acte qui d&eacute;passe Cologne.</strong> Cette rue devient un trait d&rsquo;union entre l&rsquo;Allemagne et le Cameroun, entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique, entre la m&eacute;moire d&rsquo;hier et les g&eacute;n&eacute;rations de demain.</p>
<p>Pour les Sawa pr&eacute;sents, l&rsquo;&eacute;motion &eacute;tait immense. Derri&egrave;re cette plaque se trouvent une histoire, un peuple, des blessures, mais &eacute;galement cette volont&eacute; de transmettre aux jeunes g&eacute;n&eacute;rations les noms de celles et ceux qui ont marqu&eacute; leur destin.</p>
<p>D&eacute;sormais, lorsque passants, habitants et visiteurs traverseront la <strong>Douala Manga Bell Stra&szlig;e</strong>, une question pourra na&icirc;tre : <em>Qui &eacute;tait Rudolf Douala Manga Bell ?</em> Et c&rsquo;est peut-&ecirc;tre l&agrave; que r&eacute;side la plus grande victoire de cette journ&eacute;e : <strong>faire vivre la m&eacute;moire en suscitant la connaissance.</strong></p>
<p>Ce 25 septembre 2026, au c&oelig;ur de Cologne, une plaque a &eacute;t&eacute; d&eacute;voil&eacute;e. Mais pour le peuple Sawa, <strong>c&rsquo;est une page de l&rsquo;Histoire qui s&rsquo;est remise &agrave; parler.</strong></p>
<p><strong>Rudolf Douala Manga Bell n&rsquo;est plus seulement dans la m&eacute;moire des siens. Son nom est d&eacute;sormais inscrit dans la ville, offert aux regards, &agrave; l&rsquo;Histoire et aux g&eacute;n&eacute;rations futures.</strong></p>
<p><strong><img src="/storage/photos/shares/World/Douls2.jpeg" alt="" width="1082" height="500" /></strong></p>
<p><strong><img src="/storage/photos/shares/World/Douls1.jpg" alt="" width="1082" height="500" /></strong></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 26 Sep 2026 10:04:22 +0200</pubDate>
                                    <author>Hilaire SOPIE</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Place-douala.jpg" type="image/jpeg" length="8100" />
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                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Ukraine - Mendel : « Zelensky est le plus grand obstacle à la paix »]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/ukraine-mendel-zelensky-est-le-plus-grand-obstacle-a-la-paix.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Julia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky (2019-2021),
devait s'exprimer le 16 septembre 2026 au Parlement européen à
l'invitation de l'AfD. Tro...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Julia-Mendel250926500.webp" alt="Ukraine - Mendel : « Zelensky est le plus grand obstacle à la paix »" width="600"/></p>
                                        ]]>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Julia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky (2019-2021), devait s'exprimer le 16 septembre 2026 au Parlement europ&eacute;en &agrave; l'invitation de l'AfD. Trois jours plus t&ocirc;t, Zelensky avait sign&eacute; un d&eacute;cret la sanctionnant pour &laquo; d&eacute;sinformation &raquo; et &laquo; propagande russe &raquo;. &Agrave; son arriv&eacute;e &agrave; Strasbourg, l'acc&egrave;s au b&acirc;timent lui a &eacute;t&eacute; refus&eacute;. Son discours, publi&eacute; par le m&eacute;dia suisse <strong>Weltwoche</strong>, d&eacute;nonce une guerre que Zelensky ne veut pas arr&ecirc;ter.</p>
<p>Strasbourg, 16 septembre 2026. Il est 18 heures. Julia Mendel, 40 ans, doit prendre la parole dans une salle du Parlement europ&eacute;en. L'&eacute;v&eacute;nement, organis&eacute; par le groupe &laquo; Souverainistes &raquo; (ESN) et le parti allemand AfD, s'intitule &laquo; L'Ukraine : osons la paix diplomatie, pas escalade &raquo;.</p>
<p>Elle ne parlera pas.</p>
<p>&laquo; Le jour de mon discours, on m'a interdit l'entr&eacute;e au Parlement europ&eacute;en &raquo;, &eacute;crit-elle sur X. &laquo; Je l'attribue directement aux sanctions de Zelensky. Mais le discours aura lieu quand m&ecirc;me. &raquo;</p>
<p>Trois jours plus t&ocirc;t, le 13 septembre, Volodymyr Zelensky a sign&eacute; un d&eacute;cret mettant en &oelig;uvre une d&eacute;cision du Conseil national de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. Mendel figure sur une liste de dix personnes neuf Russes et elle, la seule Ukrainienne accus&eacute;es de &laquo; d&eacute;sinformation et propagande russe &raquo; et de &laquo; soutien &agrave; la politique agressive de la Russie contre l'Ukraine &raquo;.</p>
<p>Les sanctions sont pr&eacute;vues pour dix ans. Gel des avoirs. Restrictions sur les op&eacute;rations commerciales et les mouvements de capitaux. Blocage, depuis le territoire ukrainien, de l'acc&egrave;s &agrave; ses comptes Instagram, X et Facebook. R&eacute;vocation de ses d&eacute;corations d'&Eacute;tat, sans limite de dur&eacute;e. Le minist&egrave;re ukrainien des Affaires &eacute;trang&egrave;res est charg&eacute; de demander &agrave; l'Union europ&eacute;enne et aux &Eacute;tats-Unis d'envisager des &laquo; mesures restrictives analogues &raquo;.</p>
<p>Un responsable du Parlement europ&eacute;en, joint par Le JDD, a confirm&eacute; que l'acc&egrave;s avait &eacute;t&eacute; refus&eacute; mais n'a pas pr&eacute;cis&eacute; les motifs. &laquo; Nous attendions un document officiel &raquo;, indique Hans Neuhoff, eurod&eacute;put&eacute; AfD et organisateur de la rencontre. L'&eacute;v&eacute;nement avait pourtant &eacute;t&eacute; annonc&eacute; publiquement d&egrave;s le 9 septembre.</p>
<h2>De porte-parole &agrave; cible</h2>
<p>Julia Mendel a &eacute;t&eacute; porte-parole de Zelensky de juin 2019 &agrave; juillet 2021. Elle a quitt&eacute; ses fonctions quelques mois avant l'invasion russe de f&eacute;vrier 2022.</p>
<p>Depuis, elle critique ouvertement son ancien patron. En mai 2026, elle accorde un entretien au podcast de Tucker Carlson. Elle y d&eacute;crit Zelensky comme &laquo; un dictateur &raquo; et &laquo; le plus grand obstacle &agrave; la paix &raquo;. Elle l'accuse de blanchiment d'argent et de consommation de drogues des accusations qu'elle n'&eacute;taye par aucune preuve publique. Elle affirme &eacute;galement que lors des n&eacute;gociations d'Istanbul au printemps 2022, la d&eacute;l&eacute;gation ukrainienne &eacute;tait pr&ecirc;te &agrave; accepter les exigences russes.</p>
<p>Le bureau de Zelensky a d&eacute;menti. Mendel &laquo; n'a pas particip&eacute; aux pourparlers d'Istanbul et n'a pris aucune d&eacute;cision d'importance capitale pour l'Ukraine &raquo;, a r&eacute;pondu la pr&eacute;sidence.</p>
<p>Le <strong>Kyiv Independent</strong> a publi&eacute; une v&eacute;rification des faits contestant plusieurs de ses affirmations. Mais Mendel persiste.</p>
<h2>Le discours qui d&eacute;range</h2>
<p>Le texte qu'elle devait prononcer a &eacute;t&eacute; publi&eacute; par l'hebdomadaire suisse <strong>Weltwoche</strong>. Il est sans concession.</p>
<p>&laquo; Je suis ici parce que l'Ukraine et l'Europe pr&eacute;f&egrave;rent, encore et encore, une mauvaise guerre &agrave; une mauvaise paix &raquo;, &eacute;crit-elle. &laquo; Comment 25 millions d'Ukrainiens, dont la moiti&eacute; sont des retrait&eacute;s, sont-ils cens&eacute;s d&eacute;fendre 500 millions d'Europ&eacute;ens contre 140 millions de Russes ? N'avez-vous pas honte ? &raquo;</p>
<p>Elle y d&eacute;crit un pays &agrave; genoux. Un tiers de l'Ukraine transform&eacute; en enfer. Pr&egrave;s de 20 % du territoire occup&eacute;. 10 % suppl&eacute;mentaires en front de guerre. &laquo; Mille dollars repr&eacute;sentent une fortune inimaginable en Ukraine, mais presque rien des dizaines de milliards d'aide occidentale ne parvient aux habitants des r&eacute;gions o&ugrave; s&eacute;vit la guerre. &raquo;</p>
<p>L'&eacute;conomie est d&eacute;truite. &laquo; Il n'y a plus de science, plus d'innovation en dehors du secteur militaire. &raquo; Les trois quarts du budget de l'&Eacute;tat sont financ&eacute;s par l'aide &eacute;trang&egrave;re. La population vieillit. Le taux de natalit&eacute; s'effondre. &laquo; L'Ukraine a &eacute;t&eacute; transform&eacute;e en un endroit o&ugrave; la vie et un avenir porteur d'espoir paraissent de plus en plus impossibles. &raquo;</p>
<p>Sur la corruption, elle ne m&acirc;che pas ses mots : &laquo; &Agrave; une &eacute;chelle que vous ne pouvez tout simplement pas imaginer ; elle atteint le cercle le plus proche du pr&eacute;sident. &raquo;</p>
<p>Et cette phrase, qui r&eacute;sume tout : &laquo; Un tiers de l'Ukraine est devenu un enfer. Pourtant, l'Europe et Zelensky soutiennent aveugl&eacute;ment une strat&eacute;gie qui fait de cette souffrance quotidienne un &eacute;tat permanent. &raquo;</p>
<p>Mendel ne d&eacute;fend pas Poutine. Elle le dit explicitement. &laquo; Ce que la Russie fait est absolument inhumain. &raquo; Elle a r&eacute;p&eacute;t&eacute; cette position dans son interview &agrave; Weltwoche : &laquo; Poutine a commenc&eacute;. Zelensky continue avec le soutien de certains dirigeants occidentaux. &raquo;</p>
<h2>L'UE, ce paradoxe</h2>
<p>L'Union europ&eacute;enne d&eacute;fend les dissidents. Elle sanctionne les r&eacute;gimes qui les pers&eacute;cutent. Elle d&eacute;nonce les atteintes &agrave; la libert&eacute; d'expression. Ses responsables le r&eacute;p&egrave;tent dans chaque discours.</p>
<p>Mercredi 16 septembre, la m&ecirc;me Union europ&eacute;enne a refus&eacute; l'acc&egrave;s de son Parlement &agrave; une ancienne porte-parole pr&eacute;sidentielle. Une femme sanctionn&eacute;e par son propre pays pour ses opinions. Une femme qui n'appara&icirc;t sur aucune liste de sanctions europ&eacute;enne.</p>
<p>Le d&eacute;put&eacute; europ&eacute;en Fabio De Masi a qualifi&eacute; la d&eacute;cision de &laquo; scandale &raquo;. &laquo; Elle est sanctionn&eacute;e par Zelensky, mais ne figure sur aucune liste de sanctions de l'UE &raquo;, a-t-il relev&eacute;.</p>
<p>Le paradoxe n'est pas pass&eacute; inaper&ccedil;u &agrave; Strasbourg. Le m&ecirc;me jour, Ursula von der Leyen pronon&ccedil;ait son discours annuel sur l'&eacute;tat de l'Union. Elle y promettait de &laquo; continuer &agrave; soutenir l'Ukraine &raquo; et de &laquo; faire pression sur la Russie &raquo;. Le soir, dans une salle annexe du m&ecirc;me b&acirc;timent, l'AfD organisait son &eacute;v&eacute;nement sur la paix. Mendel n'a pas pu entrer.</p>
<p>Elle a finalement pris la parole en visioconf&eacute;rence.</p>
<h2>Ce que cela dit de l'Europe</h2>
<p>Ce n'est pas la premi&egrave;re fois que des voix critiques sur la guerre en Ukraine sont r&eacute;duites au silence en Europe. L'&eacute;crivain et ancien colonel suisse Jacques Baud. Le blogueur allemand Thomas R&ouml;per. La journaliste Alina Lipp. Tous ont &eacute;t&eacute; marginalis&eacute;s, censur&eacute;s ou poursuivis.</p>
<p>&laquo; Depuis longtemps d&eacute;j&agrave;, cette v&eacute;rit&eacute; ne peut plus &ecirc;tre exprim&eacute;e impun&eacute;ment en Europe &raquo;.</p>
<p>Pour Mendel, la logique est simple : &laquo; Plus une soci&eacute;t&eacute; est pr&eacute;par&eacute;e &agrave; la guerre, plus la pression augmente pour justifier cette pr&eacute;paration. T&ocirc;t ou tard, cette logique risque de provoquer pr&eacute;cis&eacute;ment le conflit qu'elle pr&eacute;tend vouloir emp&ecirc;cher. &raquo;</p>
<p>Elle pose une question directe aux eurod&eacute;put&eacute;s : &laquo; Croyez-vous vraiment qu'une course aux armements sans fin aidera l'Ukraine &agrave; remporter la victoire sans &eacute;conomie et avec une population qui, ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e, devient tr&egrave;s inf&eacute;rieure &agrave; celle de la Russie ? &raquo;</p>
<p>La r&eacute;ponse, elle la conna&icirc;t d&eacute;j&agrave;.</p>
<hr />
<p><strong>Qui est Julia Mendel ?</strong><br />Ancienne porte-parole du pr&eacute;sident ukrainien Volodymyr Zelensky de 2019 &agrave; 2021. Aujourd'hui journaliste et consultante, elle vit aux &Eacute;tats-Unis et critique ouvertement la politique de son ancien patron.</p>
<p><strong>Pourquoi a-t-elle &eacute;t&eacute; sanctionn&eacute;e ?</strong><br />Zelensky l'accuse de &laquo; d&eacute;sinformation et propagande russe &raquo; et de &laquo; soutien &agrave; la politique agressive de la Russie &raquo;. Elle conteste ces accusations. Les sanctions incluent le gel de ses avoirs et le blocage de ses r&eacute;seaux sociaux.</p>
<p><strong>Pourquoi lui a-t-on interdit l'entr&eacute;e au Parlement europ&eacute;en ?</strong><br />Le Parlement n'a pas communiqu&eacute; de motif officiel. Mendel affirme que c'est li&eacute; aux sanctions prises par Zelensky trois jours plus t&ocirc;t. Le d&eacute;put&eacute; europ&eacute;en Fabio De Masi a qualifi&eacute; cette d&eacute;cision de &laquo; scandale &raquo;.</p>
<p><strong>Que dit son discours ?</strong><br />Elle critique la corruption en Ukraine, l'&eacute;chec de la strat&eacute;gie militaire, la d&eacute;pendance totale &agrave; l'aide occidentale et le refus de Zelensky de n&eacute;gocier. Elle appelle &agrave; un retour urgent &agrave; la diplomatie.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 25 Sep 2026 17:43:23 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Expulsés des États-Unis : le Cameroun dit oui pour 30 millions]]></title>
                <link>https://mail.camer.be/monde-pouvoirs/geopolitique/expulses-des-etats-unis-le-cameroun-dit-oui-pour-30-millions.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le Cameroun a accepté d’accueillir jusqu’à 1 000 personnes
expulsées des États-Unis dans le cadre d’un accord associé à un
financement américain de 30 millions...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Migrants211125500.jpg" alt="Expulsés des États-Unis : le Cameroun dit oui pour 30 millions" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Le Cameroun a accept&eacute; d&rsquo;accueillir jusqu&rsquo;&agrave; 1 000 personnes expuls&eacute;es des &Eacute;tats-Unis dans le cadre d&rsquo;un accord associ&eacute; &agrave; un financement am&eacute;ricain de 30 millions de dollars. Un premier avion est arriv&eacute; le 14 janvier 2026. Quatre journalistes ont &eacute;t&eacute; interpell&eacute;s en f&eacute;vrier alors qu&rsquo;ils enqu&ecirc;taient sur le centre o&ugrave; ces migrants sont d&eacute;tenus.</p>
<p>Yaound&eacute;, janvier 2026. Un avion en provenance de Louisiane atterrit &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport de Nsimalen. &Agrave; son bord, des hommes et des femmes qui ne sont pas camerounais. Ils ont &eacute;t&eacute; expuls&eacute;s des &Eacute;tats-Unis vers un pays qu&rsquo;ils ne connaissent pas, dans le cadre d&rsquo;un accord que ni Washington ni Yaound&eacute; n&rsquo;ont annonc&eacute; publiquement.</p>
<p>Le m&eacute;canisme est simple sur le papier. Les &Eacute;tats-Unis ne peuvent pas renvoyer certaines personnes dans leur pays d&rsquo;origine : des tribunaux am&eacute;ricains l&rsquo;ont interdit, estimant qu&rsquo;elles y risqueraient la pers&eacute;cution ou la torture. La solution trouv&eacute;e par l&rsquo;administration Trump : les envoyer ailleurs. N&rsquo;importe o&ugrave;. Pourvu qu&rsquo;un pays accepte de les recevoir.</p>
<p>Le Cameroun a dit oui.</p>
<h2>Un accord r&eacute;v&eacute;l&eacute; par le New York Times</h2>
<p>L&rsquo;histoire a &eacute;clat&eacute; fin mars 2026. Le <strong>New York Times</strong> r&eacute;v&egrave;le l&rsquo;existence d&rsquo;un accord confidentiel entre Washington et Yaound&eacute;. Les documents consult&eacute;s par le journal am&eacute;ricain montrent que le d&eacute;partement d&rsquo;&Eacute;tat a d&eacute;bloqu&eacute; 30 millions de dollars le 12 janvier 2026, deux jours avant l&rsquo;arriv&eacute;e du premier vol.</p>
<p>Cette somme n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; vers&eacute;e directement au gouvernement camerounais. Elle est destin&eacute;e au Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&eacute;fugi&eacute;s (HCR) au Cameroun. C&rsquo;est du moins la version officielle. Selon le New York Times, le d&eacute;blocage de ces fonds &eacute;tait explicitement li&eacute; &agrave; l&rsquo;accord sur les expulsions.</p>
<p>&laquo; Un haut responsable camerounais a qualifi&eacute; la man&oelig;uvre de chantage &raquo;, rapporte Camer.be, citant des documents confidentiels du d&eacute;partement d&rsquo;&Eacute;tat. Paul Biya aurait d&rsquo;abord d&eacute;nonc&eacute; l&rsquo;arrangement avant de revenir sur sa position, esp&eacute;rant que certains opposants camerounais exil&eacute;s soient &eacute;galement concern&eacute;s par les expulsions, selon un responsable de Yaound&eacute;.</p>
<p>Joint par t&eacute;l&eacute;phone, un diplomate camerounais en poste &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger n&rsquo;a pas souhait&eacute; commenter. &laquo; Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;informations sur les termes de cet accord &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Le minist&egrave;re des Relations ext&eacute;rieures n&rsquo;a pas r&eacute;pondu &agrave; nos sollicitations avant publication.</p>
<h2>36 migrants, neuf nationalit&eacute;s, un centre &agrave; Yaound&eacute;</h2>
<p>Les premiers expuls&eacute;s sont arriv&eacute;s le 14 janvier. Au total, 36 ressortissants africains ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;s au Cameroun entre janvier et mai 2026, selon les donn&eacute;es compil&eacute;es par plusieurs m&eacute;dias.</p>
<p>Ils viennent de la R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo, du Ghana, de l&rsquo;Angola, de l&rsquo;&Eacute;thiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du S&eacute;n&eacute;gal, du Zimbabwe et du Maroc.</p>
<p>La quasi-totalit&eacute; b&eacute;n&eacute;ficiait aux &Eacute;tats-Unis d&rsquo;une protection judiciaire emp&ecirc;chant son renvoi vers le pays d&rsquo;origine. Ces protections ont &eacute;t&eacute; contourn&eacute;es par le transfert vers le Cameroun.</p>
<p>Depuis leur arriv&eacute;e, ils sont h&eacute;berg&eacute;s dans un centre g&eacute;r&eacute; par les autorit&eacute;s camerounaises en collaboration avec l&rsquo;Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ils y sont &laquo; priv&eacute;s de documents d&rsquo;identit&eacute; et de statut l&eacute;gal clair &raquo;, selon leur avocat, et font l&rsquo;objet de restrictions de d&eacute;placement.</p>
<h2>Quatre journalistes arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir enqu&ecirc;t&eacute;</h2>
<p>Le 17 f&eacute;vrier 2026, quatre journalistes camerounais se rendent dans un centre &eacute;tatique &agrave; Yaound&eacute;. Ils veulent interroger des migrants expuls&eacute;s. Ils sont interpell&eacute;s.</p>
<p>Parmi eux, un reporter de l&rsquo;Associated Press, un photojournaliste, un vid&eacute;aste et Randy Joe Sa&rsquo;ah, un journaliste ind&eacute;pendant qui collabore r&eacute;guli&egrave;rement avec la BBC. Un avocat qui les accompagnait est &eacute;galement arr&ecirc;t&eacute;.</p>
<p>Selon deux des personnes d&eacute;tenues, le reporter de l&rsquo;AP a &eacute;t&eacute; battu par la police. &laquo; Il nous a dit que les policiers l&rsquo;avaient attaqu&eacute; &raquo;, rapporte le New York Times. Les cinq personnes ont &eacute;t&eacute; plac&eacute;es en garde &agrave; vue &agrave; la direction de la police judiciaire. Certaines ont pass&eacute; des heures en cellule.</p>
<p>Avant leur lib&eacute;ration, les policiers ont confisqu&eacute; t&eacute;l&eacute;phones, appareils photo et ordinateurs portables. Motif invoqu&eacute; : les journalistes auraient captur&eacute; des &laquo; informations gouvernementales sensibles &raquo;.</p>
<p>Reporters sans fronti&egrave;res a d&eacute;nonc&eacute; &laquo; une atteinte grave et inacceptable &agrave; la libert&eacute; de la presse &raquo;. Nous avons tent&eacute; de joindre la direction g&eacute;n&eacute;rale de la S&ucirc;ret&eacute; nationale &agrave; Yaound&eacute; ce vendredi. Sans succ&egrave;s.</p>
<h2>36 plaignants devant le tribunal administratif</h2>
<p>D&eacute;but ao&ucirc;t 2026, les 36 migrants expuls&eacute;s passent &agrave; l&rsquo;offensive. Ils saisissent le tribunal administratif de Yaound&eacute; pour obtenir la suspension de l&rsquo;accord migratoire et la reconnaissance d&rsquo;un statut juridique leur permettant de s&eacute;journer l&eacute;galement au Cameroun.</p>
<p>Leur avocat, Me Joseph Fru Awah, ne m&acirc;che pas ses mots. &laquo; Le Cameroun ne peut &ecirc;tre utilis&eacute; comme un pays de transit pour renvoyer des personnes vers la pers&eacute;cution ou la torture &raquo;, d&eacute;clare-t-il.</p>
<p>La proc&eacute;dure vise aussi &agrave; emp&ecirc;cher leur expulsion vers leurs pays d&rsquo;origine. Une audience n&rsquo;&eacute;tait pas encore programm&eacute;e au moment d&rsquo;&eacute;crire ces lignes.</p>
<h2>Un syst&egrave;me global, un pr&eacute;c&eacute;dent centrafricain</h2>
<p>Le Cameroun n&rsquo;est pas un cas isol&eacute;. La R&eacute;publique centrafricaine a conclu un accord similaire : 1 500 places, 85 millions de dollars promis &agrave; des organisations. Dix-huit personnes y ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;es. En RDC, 2 000 places pour 75 millions de dollars, et quinze personnes transf&eacute;r&eacute;es.</p>
<p>&Agrave; l&rsquo;&eacute;chelle mondiale, l&rsquo;enqu&ecirc;te <strong>The Deportation Project</strong>, men&eacute;e par Forbidden Stories avec 26 m&eacute;dias dans 15 pays, a document&eacute; 25 447 personnes expuls&eacute;es vers des pays tiers au 31 ao&ucirc;t 2026. Trente-cinq pays ont sign&eacute; des accords. Environ 410 millions de dollars ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;vus par Washington.</p>
<p>&laquo; Les accords ont &eacute;t&eacute; &eacute;crits sans les garanties habituelles en mati&egrave;re de droits humains &raquo;, note <strong>The New Republic</strong>, citant les rapports du d&eacute;partement d&rsquo;&Eacute;tat qui documentent des violations au Cameroun, au Gabon et en Guin&eacute;e &eacute;quatoriale.</p>
<hr />
<p><strong>Combien de migrants ont &eacute;t&eacute; expuls&eacute;s des &Eacute;tats-Unis vers le Cameroun ?</strong><br />Trente-six personnes ont &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;es entre janvier et mai 2026. L&rsquo;accord pr&eacute;voit une capacit&eacute; maximale de 1 000 personnes.</p>
<p><strong>Pourquoi le Cameroun a-t-il accept&eacute; ?</strong><br />Officiellement, les 30 millions de dollars sont destin&eacute;s au HCR pour des op&eacute;rations humanitaires. Des documents am&eacute;ricains et des responsables camerounais sugg&egrave;rent que le d&eacute;blocage des fonds &eacute;tait li&eacute; &agrave; l&rsquo;accord.</p>
<p><strong>Les migrants peuvent-ils rester au Cameroun ?</strong><br />Ils ont saisi la justice pour obtenir un statut l&eacute;gal. &Agrave; ce jour, ils sont d&eacute;tenus dans un centre et priv&eacute;s de documents d&rsquo;identit&eacute;.</p>
<p><strong>O&ugrave; sont-ils d&eacute;tenus ?</strong><br />Dans un centre g&eacute;r&eacute; par les autorit&eacute;s camerounaises et l&rsquo;OIM &agrave; Yaound&eacute;. Son adresse exacte n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; rendue publique.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 25 Sep 2026 15:07:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>GéOPOLITIQUE</category>
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