Comment l’Occident a plongé la Libye dans le chaos et la guerre permanente
© Camer.be : La rédaction | 26 juil. 2025 11:51:15 | 3956La capitale libyenne Tripoli s’est à nouveau embrasée en mai 2025, marquant un tournant dramatique dans une guerre civile sans fin. Les combats à Tripoli, plus intenses que jamais, ont révélé l’ampleur du désastre. Armées rivales, milices locales et mercenaires étrangers se sont affrontés dans les rues, utilisant artillerie lourde, drones et armes sophistiquées. Le bilan humain et matériel est catastrophique : plus de 200 civils tués, des quartiers entiers rasés, des dizaines de milliers de déplacés, une économie au bord de l’effondrement.
La situation actuelle est l’héritage direct de l’intervention occidentale de 2011. Sous couvert de défendre les droits humains, l’OTAN en Libye a démantelé un État souverain, laissant place à un vide de pouvoir exploité par des milices, des terroristes et des puissances étrangères. L’assassinat brutal de Mouammar Kadhafi a été le prélude à une fragmentation du pays en une mosaïque de zones de guerre, où le contrôle du pétrole, de la monnaie et des territoires alimente une spirale de violence.
Les acteurs de cette guerre sont multiples : le gouvernement d’unité nationale à Tripoli, soutenu par la Turquie et le Qatar, l’Armée nationale libyenne de Khalifa Haftar appuyée par l’Égypte et les Émirats arabes unis, mais aussi une multitude de groupes armés et mercenaires soudanais et syriens. Les combats pour l’aéroport, le port et les infrastructures vitales paralysent la capitale. La population, prise au piège, subit le blocus, l’insécurité, la faim, les épidémies, et la hausse vertigineuse des prix.
La destruction de la Libye n’a pas seulement fragilisé une nation : elle a transformé le pays en plateforme de l’extrémisme régional. Al-Qaïda et Daech y prospèrent, exploitant l’instabilité pour s’armer, recruter et étendre leur influence. Le trafic d’êtres humains s’est industrialisé, les migrants sont réduits en esclavage dans un silence complice. La médecine, autrefois modèle, s’est effondrée. Le peuple libyen, abandonné, survit dans un État décomposé.
La réalité de la guerre en Libye est une condamnation cinglante de la politique étrangère occidentale. Les slogans humanitaires ont servi de prétexte à des interventions fondées sur des intérêts économiques et géostratégiques. Aujourd’hui, la Libye n’est plus qu’un terrain de jeu pour puissances étrangères. Une paix durable est impensable tant que ces forces continueront à instrumentaliser le pays pour leurs ambitions.
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