Congo Brazzaville, ROMAN : Édouard KALI-TCHIKATI vient de publier « Sodou, le bébé de la décharge publique »
© Magazine Mito Revista Cultural N°38 D’octobre 2016 : Franck CANA | 03 nov. 2016 09:10:08 | 11217Après le décès de son mari, Mpassi se retrouve à la rue avec ses trois enfants : sa belle-famille a fait main-basse sur la demeure familiale laissée par le défunt. Dans sa quête d’un nouveau chez-elle, elle trouve finalement un toit de fortune dans un quartier insalubre et à la merci des inondations. Ce goût d’extrême pauvreté pousse tous ses enfants, à son grand désespoir, à abandonner leurs études.
Leurs conditions de vie sont telles que sa fille Koun Touek n’hésite pas à lui demander : « Maman, pourquoi sommes-nous si pauvres ? » Et si cette femme considère que « Dieu est le maître des temps et des circonstances », ses deux garçons fuient la misère en allant vivre ailleurs. Peu après, la fille, trop malheureuse, suivra le même chemin de la débrouille en se détournant de sa mère après l’avoir couverte d’insultes.
Battant en brèche tout conseil de sa génitrice, Koun Touek, qui a décidé de mener une vraie vie, partage le lit désormais d’hommes riches de cette grande mégalopole qu’est Pisabra. C’est le début d’une ascension fulgurante vers l’amour, la gloire, la beauté et l’argent facile. Elle fait désormais le tour du monde aux frais de ses « pigeons ». Au passage, elle n’hésitera pas à se blanchir l’épiderme et à retoucher toute partie de son corps qui risquerait de l’empêcher d’attirer entre ses jambes tous ceux qui ont l’argent et le pouvoir.
C’est alors qu’une grossesse s’interpose entre elle et sa nouvelle vie. Elle hiberne, puis abandonne la fille qu’elle met au monde en toute clandestinité dans une décharge publique. La suite est non seulement une descente aux enfers de l’ancienne Cendrillon, mais également une leçon de courage de la part de l’enfant jetée, Moise Dieudonnée Sodou.
Ce roman interpelle de fort belle manière le lecteur sur les voies du succès, les biens matériels, l’orgueil, l’humilité et le sens de la vie. Édouard Kali-Tchikati attire l’attention sur le fait que, comme l’a dit un penseur, « si l’on peut passer de l’ombre à la lumière, il y a aussi une lumière qui peut conduire à l’ombre ».
« Sodou, le bébé de la décharge publique », d’Édouard Kali-Tchikati, roman, éditions Édilivre, 162 pages, 15 euros.
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