POESIE : MAXIME N'DEBEKA VIENT DE PUBLIER « SPECTRE DES TEMPS PRESENTS »
© Correspondance : Franck CANA | 03 juin 2016 17:13:10 | 9566La lecture de Spectre des temps présents nous indique que l’homme naquit par la volonté d’un « Dieu qui domestiqua les germes du Commencement ». Fleuve, forêt, soleil, jour, nuit, terre, lumières... sont les potentialités mises à sa disposition pour vivre heureux et vaincre les ténèbres de la misère, de la maladie, de l’exploitation de l’homme par l’homme, du sous-développement. Autant de richesses qui contrastent avec la désolation actuelle. Et même la gesta du sexe n'apporte pas le bonheur. Diantre !
Pourquoi écrire sur le désastre et la détresse du monde présent et sur ce ton ? « Pour mieux vivre », comme l’a dit Saint-John Perse. Pour mieux supporter la réalité effroyable. Mais pas seulement. À un moment de l’existence, la poésie est ce qui reste de vie possible. Elle devient alors un canal de refus du statu quo. Une manière de tenir bon. Dans le pays du poème, d’abord. Et ensuite, après une cure d’énergie et d’audace, un moyen de se mettre en route pour le continent du bonheur rêvé et promis.
Comment comprendre ce qui se passe dans nos pays ? Maxime N’Debeka se le demande. Ce sont des environnements où une grappe de nantis suspects vit déjà demain aujourd’hui, et où l’immense populace se voit interdire un demain dès aujourd’hui. S’adressant directement au cœur et à la raison du lecteur, ces pages-miroir sont d’une telle intensité que quelques mots en langue kikongo-lari n’ont pas pu être traduits en français.
Le rédacteur nous les livre donc sortis comme tels de sa forge intérieure. Cela, certainement pour donner plus de force au poème. Car pour lui, cette énergie vient davantage de la qualité du silence du poème. Ce dernier est fait de silence, bien plus que de mots. Et N’Debeka dirait avec Arthur Adamov : « Poète, c’est celui qui se sert des mots moins pour dévoiler leur sens immédiat que pour les contraindre à livrer ce que cache leur silence. »
Ce livre met aussi en relief la crainte d’un suicide collectif par lequel les hommes légueraient le chaos aux générations futures, alors que les « guides imposés », eux, sont préoccupés par leur « moi » et prétendent être aimés du peuple par ce qui est pourtant « un amour-là bien tenu en laisse ».
Qu’on se le dise, sans une réaction immédiate des hommes « de bien » afin que le bonheur promis devienne une réalité, les années à venir condamneraient définitivement l’homme à la damnation au milieu d’innombrables ressources pourtant disponibles pour tous. C’est dire que les problématiques évoquées dans ce recueil sont plus que jamais d’actualité.
« Spectre des temps présents », poésie, de Maxime N'Debeka, éditions Cana, 70
Commentaires
Lire aussi
Laa’ Binam : un pont entre nos racines et notre avenir
Deux Camerounaises pour le Renaudot 2026
LE ROI NGUILA, CALVIN DJOUARI RACONTE LA GENESE D’UN LIVRE CONSACRE A UN HEROS DE L’HISTOIRE VUTE
Bien-être au travail: Raphaël Tchomnou Ngantchop dévoile sa pyramide de la performance durable
Mathias Aubry-Rakowski : « Faire un livre, c'est comme faire un enfant »
Avec Le roi NGUILA l’âme enracinée chez les Baboutés,
Ce roman camerounais qui mêle amour et Histoire
La dette d’Alain Didier Ntamag : un roman qui accroche
Littérature : J'ai lu pour vous " Femme de dehors " de Suzanne Ndjana
NATOU PEDRO SAKOMBI PROPOSE DE DECOLONISER LA PENSEE EN RELISANT LA PHILOSOPHIE UNIVERSELLE
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
il y a un mois
il y a un an