Blaise Ndjinkeu : le Camerounais à l’assaut de la mairie de Saint-Denis
© Camer.be : Par Alain Ndanga | 14 mars 2026 09:42:03 | 3653Candidat aux élections municipales du 15 mars prochain, ce digne fils de Bangoulap, dans la région de l’Ouest du Cameroun, est l’une des chevilles ouvrières de la liste socialiste, « Réussir Ensemble » portée par Mathieu Hanotin.
Depuis des mois, Blaise Ndjinkeu a presque perdu le sommeil. À l’approche du premier tour des municipales prévues demain, 15 mars, le conseiller municipal à la mairie de Saint-Denis ne quitte plus le terrain. Son exercice favori consiste à faire du porte-à-porte auprès des potentiels électeurs. Il s’agit d’un scrutin aux enjeux majeurs, et il en a bonne conscience.
Lors du dernier meeting de campagne tenu à la Salle de la Légion d’Honneur à Saint-Denis, il était au four et au moulin, assurant tour à tour des fonctions protocolaires et en mobilisant les troupes. « C’est une véritable machine politique », reconnaît un militant et colistier de la liste « Réussir Ensemble », portée par Mathieu Hanotin.
Epris d’une humanité reconnue de tous, la mission de Blaise Ndjinkeu est claire : construire des ponts entre les peuples qui vivent à Saint-Denis. En tant que délégué aux projets humanitaires et élu de proximité dans les quartiers Romain-Joliot-Curie et des Cosmonautes, il souligne que la vision de coopération avec des communes d’Afrique les tient particulièrement à cœur.
À l’assaut de la mairie pour un second mandat consécutif, Blaise Ndjinkeu fait savoir que leur force repose sur un bilan qu’il qualifie de « largement positif ». Il s’appuie notamment sur les réalisations du maire Mathieu Hanotin et sur une perspective politique qui place les habitants de Saint-Denis au cœur de l’action municipale. Il rappelle que cette action vise à continuer d’améliorer le quotidien, à préparer l’avenir et à réussir ensemble.
De manière concrète, conformément aux priorités de la liste « Réussir Ensemble », il évoque les mesures en faveur des enfants et des jeunes, notamment la gratuité de la cantine scolaire avec des repas de qualité, ainsi que le remboursement des titres de transport en Île-de-France pour les moins de 18 ans. Il met également en avant l’amélioration du cadre de vie par la végétalisation des rues, l’intensification de l’éclairage public et l’optimisation de la collecte et du tri des déchets ménagers. Il aborde aussi la question de la tranquillité des populations, avec une sécurité assurée par une police municipale renforcée et l’installation de dispositifs de vidéo protection dans plusieurs quartiers, notamment populaires.
Camerounais d’origine, précisément de la région de l’Ouest, village Bangoulap dans le département du Ndé, Blaise Ndjinkeu revient de loin. Comme il aime à le rappeler, il est arrivé en France comme beaucoup d’autres, « avec mon sac à dos ». Son objectif premier était alors de s’intégrer. Comme de nombreux Africains arrivant sur le sol français, il a commencé par de petits boulots tout en poursuivant sa formation. Il intègre le Parti socialiste (France) en 1988 et débute sa carrière militante à Nanterre.
Installé par la suite à Saint-Denis, il rencontre Mathieu Hanotin, qui deviendra plus tard député. Ensemble, ils s’engagent dans ce qu’ils qualifient de combat politique pour la reconquête de la ville. Avec d’autres militants, ils parviennent à reprendre la municipalité après deux décennies passées sous la direction d’autres formations politiques.
Dans leurs projets, Blaise Ndjinkeu a toujours mis sur la table l’idée de partenariats et de jumelages avec des communes africaines. C’est dans cette dynamique que la mairie de Bangangté figure parmi les priorités de coopération de Saint-Denis. En reconnaissance de ce jumelage entre les deux communes, le maire de Bangangté, Eric Niat, a célébré son mariage civil à la mairie de Saint-Denis.
Bien que cette union ait suscité des critiques au sein d’une partie de l’opinion camerounaise, Blaise Ndjinkeu, qui officiait lors de la cérémonie, minimise la polémique. Selon lui, le mariage relève avant tout de la vie privée et ne saurait être associé au devoir républicain. Il précise que le maire aurait pu célébrer cette union dans la sphère privée, loin du regard du public. « Se marier en France ne signifie pas qu’il rejette ses responsabilités », conclut-il, rappelant par ailleurs que l’épouse du maire, de nationalité française, possède une famille installée à Saint-Denis.
Pour marquer son attachement à son pays natal, Blaise Ndjinkeu organise également la Semaine camerounaise. Cet événement vise à renforcer le pont établi entre la diaspora camerounaise en France et celle installée à Saint-Denis, dans l’optique de mutualiser leurs forces pour contribuer au développement du Cameroun. La prochaine édition, prévue dans les mois à venir, est actuellement en pleine préparation.
Pour de nombreuses personnalités diplomatiques camerounaises en poste en France, Blaise Ndjinkeu demeure aujourd’hui une voix influente et respectée pour le Cameroun.
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