DJ Ballas:L’artiste-musicien qui assume son authenticité africaine
© Camer.be : Par Alain Ndanga, à Paris | 20 août 2026 10:07:00 | 5414Originaire du Cameroun et installé en Angleterre depuis plus de vingt ans, DJ Ballas signe son retour sur la scène musicale avec un double album de onze titres chacun dans lesquels il met en lumière ses qualités de parolier et porte un regard engagé sur le sort du continent africain
Sous un timbre vocal suave et entraînant, DJ Ballas chante l'Afrique avec conviction. Il est persuadé que ce continent, pourtant considéré comme le plus pauvre de la planète, dispose de toutes les ressources nécessaires pour assurer son propre développement. Pour l'artiste camerounais, l'Afrique est prisonnière d'un profond paradoxe dont elle doit impérativement s'affranchir afin de reprendre son destin en main.
Cette vision irrigue toute sa démarche artistique. Son double album, No More Lies et Nden Africa, composé de onze titres pour chacun des deux volets et paru en 2026, en constitue une parfaite illustration. Selon l'artiste, No More Lies célèbre les richesses de l'Afrique tout en invitant les Africains à aimer davantage leur terre. L'œuvre révèle également son tempérament engagé. Sans faux-fuyant, DJ Ballas dénonce les mécanismes de la colonisation qu'il estime toujours responsables du maintien de l'Afrique dans une situation de dépendance. Il résume lui-même cette démarche : « Dans No More Lies, je dénonce tous les mensonges éhontés que l'Occident et leurs collabos néo-colons utilisent pour maintenir l'Afrique dans le sous-développement. »
À travers No More Lies, l'artiste propose une véritable fresque musicale qui s'apparente à un court-métrage. Au fil des morceaux, il fait revivre les atrocités commises durant la période coloniale, évoquant notamment les violences perpétrées par le colonisateur venu sous le couvert de l'évangélisation. Son récit met également en lumière le destin tragique de plusieurs figures nationalistes africaines assassinées pour avoir résisté aux projets impérialistes. Le tableau se poursuit jusqu'à l'époque contemporaine, où certains dirigeants africains, présentés comme les héritiers du système colonial, sont accusés de contribuer au pillage de leurs propres pays. Cette narration musicale pourrait prochainement être adaptée en images pour une diffusion à la télévision et sur les plateformes numériques. Tous les ingrédients semblent ainsi réunis pour permettre à ce double album de connaître un rayonnement international supérieur à celui de Tagnia, son premier album paru en 1998 et produit par MC Pop Music.
Sur le plan musical, les amoureux de belles sonorités trouveront matière à satisfaction. Un journaliste culturel ayant eu l'exclusivité de l'écoute des morceaux estime que « DJ Ballas vient de faire un grand bien pour la musique avec cet album qu'il faut consommer et savourer sans modération. » Les compositions attirent par des arrangements épurés, des voix maîtrisées, des progressions harmoniques soigneusement construites et une orchestration d'une grande précision, où chaque instrument trouve naturellement sa place, à l'image des ingrédients d'une recette élaborée par un maître cuisinier.
Au-delà de sa dimension artistique, ce double album apparaît aussi comme l'aboutissement d'un parcours académique. DJ Ballas est titulaire d'un Bachelor (BSc Music Technology) obtenu à la prestigieuse Teesside University, à Middlesbrough, au Royaume-Uni. Cette formation lui a permis d'acquérir une solide maîtrise de la création musicale, de la production, de l'ingénierie du son et du traitement audio, des compétences qu'il met pleinement au service de son univers artistique.
Installé à Newcastle avec sa famille, DJ Ballas vit au rythme de la musique. Il revendique l'héritage transmis par son défunt père, musicien et joueur d'instruments traditionnels. Ses aînés, notamment Solo et René Ben's, racontent qu'il évoluait déjà, dès l'âge de cinq ans, au sein d'un groupe de danse folklorique de son village natal de Bapoumpa, dans le département du Ndé, à l'Ouest du Cameroun. Cette initiation précoce, enrichie par sa formation universitaire, nourrit aujourd'hui une création qui valorise des rythmes patrimoniaux tels que le Kang Yang et le Mekoumbou, contribuant ainsi à préserver et à promouvoir le riche héritage musical africain.
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