Grand dialogue : D’un grand spectacle vers un petit résultat ?
© Intégration : Jean-René Meva’a Amougou | 23 sept. 2019 14:45:00 | 3790Des yeux disent avoir vu une autre «pirouette» de Paul Biya, qui a depuis fait de la ruse l’un des chapitres essentiels de sa grammaire stratégique.
Le voici, le chef de l’Etat, pris en flagrant délit, selon certains de mensonge politique. Leur ligne d’argumentation se fonde sur le casting fait unilatéralement par l’illustre concerné. «En donnant procuration à son Premier ministre de piloter le grand débat national, Paul Biya se muni encore d’une longue cuillère pour dîner sur la même table que son peuple», ironise Sylvain Mbani. Sous le scalpel de ce militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), le président de la République avance masqué avec un vieux principe : «ce qui est à moi est à moi, ce qui est à vous est négociable».
A l’aune de ce qui précède, le journaliste Jean-Bruno Tagne rabaisse le degré de sincérité de l’offre de dialogue officiellement forgée par Paul Biya le 10 septembre dernier. Selon l’homme de médias, il ne sortira pas grand-chose de ces assises. Le chef de l’Etat étant, avise-t-il, habitué à passer au dessous des tables. «Que ceux qui se préparent à aller avec enthousiasme au «grand dialogue» annoncé par le président de la République hier dans son discours à la nation n’oublient jamais que Paul Biya est dans la ruse permanente», écrit l’ancien employé de Canal 2 international sur sa page facebook.
A l’interprétation, la session de dialogue qui débute fin septembre 2019 reste donc parfaitement inutile, un faux débat, étant donné que la décision sera définitivement prise par le pouvoir en place, c’est-à-dire finalement le programme déjà engagé par Paul Biya soucieux de garder le cap malgré tout. Comme pour conforter sa position sur le sujet, Jean-Bruno Tagne exhume quelques clichés. «Le 22 octobre 1991, les partis politiques reçoivent l’invitation à la tripartite et l’ordre du jour de celle-ci. Le gouvernement décide unilatéralement des personnalités invitées aux travaux et de l’ordre du jour (…) Pour faire bref, il est possible d’affirmer qu’aucune décision de la tripartite, de la plus grande à la plus petite, n’a été respectée à la fois dans sa lettre et son esprit», écrit-il.
Une autre grille d’analyse pointe un Paul Biya «stratège rusé, toujours obstiné à faire passer les lois qui lui tiennent le plus à coeur », comme le souligne Yacouba Nji, un militant de l’Union démocratique du Cameroun (UDC).
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