Communication sur l’absence du Chef de l’Etat: LA GROSSE FAUTE
© Correspondance : Shanda Tonme | 06 août 2026 09:34:27 | 2026Se plaindre de l’Occident, vilipender la colonisation et l’impérialisme, crier à l’oppression et promouvoir un panafricanisme libérateur et reconstructeur comme doctrine et idéologie des intelligences actives. Voilà le tableau formateur et formatant de nos élites illuminées volontiers introverties. La pire des choses, c’est le constat d’une pratique quotidienne complètement à l’envers de ce décor verbeux et inutilement tapageur.
Il n’est jamais trop tard, il était sans doute temps, temps qu’une voix autorisée sonne la fin de la récréation, la fin des commérages, la fin des supputations de toute nature. Ce dont ont besoin les citoyennes et les citoyens, c’est de se sentir gouvernés, orientés, protégés, attentionnés et pris en charge. Rien dans le contexte d’une nation n’est plus angoissant que la peur du vide, le sentiment de laisser-aller, la certitude du désordre et le risque d’abandon à l’anarchie.
Le Cameroun n’est pas seulement une constellation de curiosités historiques et socio-culturelles, le pays impressionne par certains de ses vécus, caractéristiques humaines, morales, éthiques et économiques. Certains analystes ont même fini par croire que nous sommes une espèce de balance en constant équilibre naturel automatique. Pas si faux, tant notre capacité et notre habilité à rester froid, à résister, à contenir et à gérer même durant les moments les plus difficiles, les plus sensibles et les plus menaçants étonne.
Je m’en vais ici dire merci à monsieur le Ministre de la communication, un homme d’Etat qui symbolise tout ce que les arcanes politiques, diplomatiques et administratifs peuvent produire de presque parfait, de responsable, de haut et d’admirable. Diplomate d’expérience et haut commis de l’Etat loyal et digne du plus grand capital de confiance de même que de charisme, l’art de la pondération est chez lui un don inestimable. Sa sortie le 3 août sur l’absence du chef de l’Etat aura constitué un autre exercice d’étalage d’expérience et de réserve assumées, mais également d’engagement professionnel et politique prudent. C’est un inégalable professeur doué dans la didactique prudentielle.
Jamais pourtant, le sort d’une épreuve de communication, dans l’analyse circonstanciel, ne se limite aux termes de références, aux thèmes, aux buts, aux attentes de résultat. De fait, si la forme et le fond sont importants, la symbolique politique et la prospective critique sont cardinaux. Mais à qui s’adresse donc une communication ? A qui et pour qui la conçoit-on et la délivre-t-on ? Tenez, nous sommes au Cameroun, pays aux milles lumières intellectuelles et aux grands talents communicationnels connus, avérés, consacrés et même internationalement adulés. On veut parler de notre président, du premier d’entre nous, du chef des institutions, du patron de notre destin, parce que des choses se disent à tort et à travers. Qui sont les premiers concernés sinon nous, ses électeurs, brebis, soutiens et familles ? Alors, le pompier ne se trouve pas ailleurs si des foyers d’incendie menacent la case familiale, il se trouve d’abord chez nous, sur place. Allons donc comprendre pourquoi, la communication gouvernementale va d’abord privilégier des extraversions logistiques. Dites-le nous ici, à la maison, chez nous, à nos porteurs de paroles, à nos soldats de la plume, à nos paroliers.
Il y a comme un mépris, une discrimination inexplicable et incompréhensible dans l’élan communicationnel qui privilégie le micro, la proximité, les outils de l’étranger, par rapport aux locaux. Comment ne pas développer des frustrations ? Comment ne pas comprendre les interrogations ? Fallait-il aller trouver les chantres de la francafrique, les paroliers du tintamarre et des intrigues coloniales, pour répondre à nos attentes et interrogations. C’est non, mille fois non. Un entretien sur le plateau de la télévision nationale eut été plus approprié, plus responsable, plus patriotique et citoyenne. Pauvres professionnels locaux, contraints de répéter et de réciter les ondes d’un média étranger, pour se convaincre de la situation de leur papa. Indiscutablement, c’était une FAUTE.
Mais bon, en patriote, responsable et alerte, laissons la latitude à nos gouvernants, par ces temps sensibles, de nous guider en tant que de besoin ou d’urgence. L’art de gouverner est un art magicien, complexe, souvent pétri de secrets et de dissimulations tenaces. Le commun de nous doit se résoudre à aimer son pays et à prier pour que rien de grave n’arrive à son président. Merci Monsieur le Ministre, merci pour ces mises au point, dont les contours n’ont besoin ni de débats ni d’autres extrapolations. Nous voulions comprendre, mais nous voulions aussi être assurés et rassurés. Rien dans ma démarche ne devrait être lu, entendu, interprété ou analysé autrement, que comme le sursaut fraternel, sentimental et passionnel du patriote fidèle à la république, à l’Etat et à ses institutions au large.
Ce qui est une faute pour certains, pourrait relever d’une stratégie structurée et appropriée dans une logique positive de nos intérêts nationaux du moment. Il faut l’espérer./.
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