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Bamenda : Berinyuy Blandine retrouvée morte à Nkwen

Berinyuy Blandine, 29 ans, a disparu le 31 octobre à Bamenda. Son corps a été retrouvé le 4 novembre à Mile 3, Nkwen. Les circonstances restent floues. Sa famille réclame justice.

Un samedi soir, un sac, et une absence

Bamenda, Mile 3, Nkwen. Un quartier comme tant d'autres dans la capitale du Nord-Ouest. Samedi 31 octobre, la nuit tombe. Berinyuy Blandine, 29 ans, rentre chez elle. Elle confie son sac à sa sœur. Elle dit qu'elle va uriner à proximité. Elle ne revient pas.

Quatre jours plus tard, le mercredi 4 novembre, son corps est découvert. À Mile 3, Nkwen. Dans un état avancé de décomposition.

Ce que nous savons repose sur le récit de sa sœur, tel qu'il a été rendu public, et sur les informations relayées par les médias locaux.

Selon ce récit, Blandine a été retrouvée nue. Sa bouche aurait été attachée. Le personnel médical présent sur les lieux aurait soulevé la possibilité d'une agression sexuelle. Rien de tout cela n'a été confirmé par une source officielle.

Le quartier, lui, sait déjà. À Bamenda, les nouvelles circulent vite. Et la nouvelle, cette fois, n'est pas une première.

Ce que le contexte dit de Bamenda

Il faut mesurer où cette mort arrive. Bamenda n'est pas un décor neutre.

Le Nord-Ouest est une région en crise depuis près de dix ans. Le conflit anglophone, les groupes armés séparatistes, la réponse militaire, les armes en circulation tout cela a transformé le quotidien. En juillet 2026, la société civile tirait la sonnette d'alarme : trois morts violentes en quelques jours dans la ville et sa périphérie. Fon Nsoh, coordinateur de l'ONG Cominsud, le disait sans détour à RFI :

« La situation à Bamenda reste imprévisible. C'est impossible de savoir où et quand on risque de tomber entre de mauvaises mains, d'être agressé, voire tué ».

Les chiffres officiels sur les féminicides au Cameroun racontent une autre partie de l'histoire. 50 cas entre janvier et avril 2026. 67 en 2024. 77 en 2025. Le ministère de la Promotion de la femme et de la famille reconnaît lui-même la tendance. En septembre 2026, une marche a réuni à Bamenda des centaines de personnes associations, Églises, jeunes pour dénoncer ce que les militants appellent une « hémorragie silencieuse ».

Et le cadre juridique, lui, n'a pas suivi. Le Code pénal camerounais ne définit pas le féminicide comme une infraction spécifique. Les meurtres de femmes sont poursuivis sous les qualifications générales de meurtre ou d'assassinat. Une juge d'instruction, Martine Ahanda Tana, expliquait en septembre qu'une définition légale permettrait d'harmoniser les pratiques et de mieux prendre en compte le contexte des violences conjugales.

Un projet de loi est préparé. Il devait être soumis au Parlement lors de la session de novembre. Nous n'avons pas pu vérifier s'il l'a été.

Une mort qui s'ajoute à une liste

Il serait imprudent d'affirmer que Blandine a été tuée parce qu'elle était une femme. Nous ne connaissons ni les circonstances exactes de sa mort, ni l'identité d'un éventuel agresseur, ni le mobile.

Mais il serait tout aussi imprudent de ne pas poser la question.

Une femme sort de chez elle pour uriner. Elle disparaît. Son corps est retrouvé quatre jours plus tard, nu, la bouche attachée, dans un état de décomposition avancé. Si les suspicions d'agression sexuelle sont confirmées, cette mort s'inscrira dans une série documentée. Si elles ne le sont pas, elle restera une mort violente de plus dans une ville qui en compte déjà trop.

Dans les deux cas, une famille attend. Une sœur qui a confié un sac et qui n'a pas vu revenir Blandine. Un quartier qui sait ce que signifie Mile 3, Nkwen, après la tombée du jour. Une ville qui a appris à compter ses morts.

La police n'a pas communiqué. La gendarmerie n'a pas communiqué. Le parquet n'a pas communiqué.

Nous avons demandé. Nous attendons.


Qui est Berinyuy Blandine ?
Une femme de 29 ans, native du Nso, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun. Elle vivait à Bamenda, quartier Mile 3, Nkwen. Son corps a été retrouvé le 4 novembre 2026.

Quand a-t-elle disparu ?
Le samedi 31 octobre 2026 au soir. Selon sa sœur, elle était rentrée chez elle, avait confié son sac, et était sortie uriner à proximité. Elle n'est jamais revenue.

Où son corps a-t-il été retrouvé ?
À Mile 3, Nkwen, à Bamenda. Dans un état avancé de décomposition. Quatre jours après sa disparition.

Est-ce qu'elle a été agressée sexuellement ?
Le personnel médical sur place aurait soulevé cette possibilité, selon le récit relayé. Mais aucune confirmation officielle n'a été donnée. Il faut attendre les résultats d'une autopsie ou d'une enquête pour le savoir.

La police a-t-elle arrêté quelqu'un ?
Nous n'avons aucune information sur une interpellation. Ni la police ni la gendarmerie n'ont communiqué.

Pourquoi cette affaire est-elle importante ?
Parce qu'elle s'inscrit dans un contexte documenté de violences faites aux femmes au Cameroun et d'insécurité persistante à Bamenda. 50 féminicides ont été recensés entre janvier et avril 2026. Et parce qu'une famille attend des réponses.

Que peut faire la famille de Blandine ?
Elle peut porter plainte, demander une autopsie, et saisir les autorités judiciaires. Mais sans communication officielle, il est difficile de savoir où en est l'enquête.

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