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Affaire Vision 4 : : Le CNC défie le Mincom et sommes Canal+ de copier le signal

Yaoundé, 06 octobre 2026 - Bras de fer institutionnel au sommet de l'Etat.

La guerre est désormais ouverte entre le Ministère de la Communication et le Conseil National de la Communication autour de la chaîne Vision 4.

24 heures seulement après la fuite de la lettre du MINCOM ordonnant le maintien de Vision 4 sur CANAL+, le CNC riposte avec une contre-offensive cinglante venue de Yaoundé.

Dans une correspondance officielle N°413/CNC/2026/PC/SG/CI/CEA datée du 06 octobre 2026, en référence à sa première mise en demeure N°000409 du 1er octobre 2026, le Président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, s'adresse directement au siège parisien de CANAL+ International, à Monsieur le Directeur des Affaires Publiques Afrique francophone.

Objet : Retrait du signal de la chaîne Vision 4 du bouquet CANAL+ International.

Ce que révèle la lettre

Le Président du CNC écrit avoir découvert à travers les réseaux sociaux que CANAL+ a réactivé le signal de Vision 4, contredisant de ce fait la recommandation qui vous avait été formulée quelques jours avant, en application d'une décision formelle du CNC à l'encontre de ce média.

En clair, après avoir coupé Vision 4 suite à sa suspension d'un mois prononcée le 29 septembre lors de la 48e session extraordinaire du CNC, CANAL+ Cameroun aurait remis la chaîne sur instruction du MINCOM.

Pour le CNC, cette réactivation est une action unilatérale, menée en défiance.

Le recadrage le plus important : Je ne suis pas sous tutelle du MINCOM

C'est le cœur politique de cette lettre. Le Président Kalabubsu assène une leçon de droit institutionnel à CANAL+ et indirectement au Ministre René Emmanuel Sadi :

En supposant que cette action a été inspirée par une instruction décousue par le même canal que votre acte, il me plaît de vous faire connaître qu'au même titre que l'ARCOM de France, le CNC est une Autorité Administrative Indépendante de régulation des médias, qui n'est nullement placée sous la tutelle du Ministère de la Communication.

Du jamais vu. Le CNC rappelle publiquement qu'il n'est pas un service du MINCOM chargé d'exécuter ses ordres, mais une Autorité Administrative Indépendante, au même titre que l'ARCOM française. Ses décisions s'imposent à tous, y compris au Ministre.

Une seconde mise en demeure avec menace de sanctions

Le ton devient comminatoire :

Je vous demande à nouveau, sans délai, de retirer le signal de Vision 4 de votre bouquet de programmes, faute de quoi le Conseil se verra obligé de prendre acte de votre défiance, en se réservant le droit d'actionner les mesures réglementaires relevant de sa compétence.

Analyse : CANAL+ pris en otage d'une guerre MINCOM vs CNC

Cette lettre du 06 octobre installe un imbroglio juridique total pour le groupe CANAL+.

Le 02 octobre, le MINCOM, dans sa lettre N°001957/MINCOM/SG/OP, ordonnait à CANAL+ Cameroun de reprendre sans délai Vision 4, au nom de la préservation de la liberté d'expression, de l'équilibre médiatique et des emplois du groupe L'Anecdote.

Le 06 octobre, le CNC, autorité de régulation, ordonne à CANAL+ International à Paris de couper sans délai Vision 4, au nom du respect de sa décision de suspension.

Qui CANAL+ doit-il écouter ? Le Ministre qui délivre les licences ou l'Autorité indépendante qui régule les contenus ?

En écrivant directement à Paris, le Président Kalabubsu contourne Yaoundé et met la pression sur la maison-mère. Il ne parle plus de recommandation, mais de défiance et de mesures réglementaires. Cela peut aller de l'avertissement au retrait de l'autorisation de diffusion au Cameroun.

Une chose est sûre : la suspension de Vision 4 pour un mois a déclenché une crise institutionnelle qui dépasse désormais la chaîne de Jean-Pierre Amougou Belinga. Elle pose la question fondamentale : qui régule vraiment les médias au Cameroun ?

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