Côte d’Ivoire : la contre-offensive des pro-Gbagbo
© Cameroon Tribune : Sainclair MEZING | 05 mars 2015 00:26:37 | 6749Les avocats de la défense et les accusés ont présenté leurs plaidoiries mercredi à la Cour d’assises d’Abidjan.
Le procès en assises contre les dignitaires de l’ancien régime a franchi une nouvelle étape mercredi avec le passage à la barre des avocats de la défense et des accusés qui ont présenté leur contre-offensive, suite aux condamnations requises par le parquet général d’Abidjan mardi dernier. Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé la condamnation de l’ancienne première dame, Simone Gbagbo, à une peine de cinq ans de prison, tandis que Michel Gbagbo, fils de l’ancien président, doit écoper de 5 ans, pour «constitution de bandes armées».
Les autres co-accusés comme l’ancien Premier ministre et président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi Nguessan, ont été reconnus coupables de «troubles à l’ordre public» avec quelques mois de détention derrière les barreaux, déjà purgés en préventive. Par ailleurs, le chef d’accusation d’atteinte à la sûreté de l’Etat a été retenu contre une dizaine de personnes dont le général Dogbo Blé, ancien chef de la garde républicaine.
Pour la défense, la légèreté des réquisitions est la preuve que l’acte d’accusation est vide. «On a fait trois mois d’instruction où on a dépeint nos clients comme étant de dangereux criminels pour que finalement, à l’issue des assises, le parquet général ne se borne à les poursuivre que pour troubles à l’ordre public. On aurait pu simplement les envoyer devant un tribunal des flagrants délits ou le tribunal correctionnel. Tout ça pour ça?», s’étonne Me Dadje, l’un des avocats de la défense.
Au cours de l’audience d’hier, avocats de la défense et accusés se sont employés à démonter pièce par pièce les accusations dont ils font l’objet pour prouver leur non-culpabilité. Ils ont rejeté les 2 000 milliards de F de dommages et intérêts réclamés lundi dernier par la partie civile aux accusés. Un montant jugé «fantaisiste, absurde et sans fondement» par la défense.
En attendant les délibérations et le verdict final, les avocats de la défense n’ont pas manqué de dénoncer d’éventuelles manipulations de témoins dans la mesure où le parquet général, selon eux, s’est basé principalement sur les témoignages pour prononcer son réquisitoire. «Les témoins d’assises étaient crédibles. Ils étaient en Côte d’Ivoire, ils auraient dû être entendus pendant l’instruction, confrontés aux gens qu’ils accusent pour permettre la manifestation de la vérité.
C’est vrai que le texte permet qu’on puisse produire des témoins pendant les assises, mais pour un pays qui se veut démocratique et qui se veut respectueux d’une justice indépendante, ça ne fait pas sérieux», a regretté Maître Dadje. Au moment où nous mettions sous presse, les plaidoiries de la défense se poursuivaient encore à Abidjan.
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