La preuve manquait : Essama et Nzepang blanchis à Douala
© Camer.be : Paul Moutila | 19 août 2026 21:06:54 | 2700Après plus de 300 jours à New-Bell, André Blaise Essama et Nzepang Scotty Winner sont acquittés par le tribunal militaire de Douala, faute de preuves.
Après plus de dix mois de détention préventive et un dossier d'accusation jugé vide de preuves, la justice militaire camerounaise a tranché : acquittement total pour André Blaise Essama et Nzepang Scotty Winner.
Douala, mercredi 19 août. Le tribunal militaire a acquitté André Blaise Essama et Nzepang Scotty Winner de l'ensemble des charges retenues contre eux rébellion, propagation de fausses nouvelles, apologie d'atteinte à la sûreté nationale après plus de dix mois de détention préventive à la prison centrale de New-Bell.
Un verdict, deux hommes, et près d'un an de vie confisquée. L'issue met fin à un feuilleton judiciaire qui aura tenu l'opinion camerounaise en haleine, et rouvre un débat que beaucoup d'avocats et d'observateurs du droit posent depuis des mois à Douala : combien de temps peut-on retenir un homme derrière les barreaux sur la base d'un dossier que même l'accusation peine à défendre ?
Un dossier qui s'est effondré audience après audience
L'activiste André Blaise Essama, figure connue de la contestation camerounaise, et son coaccusé Nzepang Scotty Winner comparaissaient devant la juridiction militaire de Douala sous des qualifications pénales lourdes. Rébellion. Propagation de fausses nouvelles. Apologie d'atteinte à la sûreté nationale des chefs d'accusation qui, en droit camerounais, exposent à des peines sévères.
Mais au fil des quatre audiences qui ont scandé cette procédure, l'accusation n'est jamais parvenue à produire les éléments matériels susceptibles d'étayer ses griefs. L'audience du lundi 10 août, consacrée aux réquisitions du Ministère public puis aux plaidoiries de la défense, a marqué un tournant décisif.
« Madame la Commissaire du gouvernement n'avait pas assez d'éléments pour démontrer la culpabilité de nos clients », a déclaré Me Michael Asong Khumbah, avocat de la défense, selon les propos rapportés à l'issue de l'audience. Sa plaidoirie a insisté sur l'absence totale de preuves directes susceptibles de justifier une condamnation.
Trois cent jours à New-Bell
Le chiffre résume à lui seul le poids de cette affaire : plus de 300 jours passés derrière les barreaux de la prison centrale de New-Bell, établissement pénitentiaire régulièrement pointé du doigt pour la dureté de ses conditions de détention.
Selon les informations disponibles, l'état de santé des deux hommes se serait dégradé au fil de cette détention préventive prolongée. Ce point, comme tout élément relatif à leur état physique précis, reste à confirmer par des sources médicales ou judiciaires officielles il est rapporté ici au conditionnel.
L'acquittement prononcé ce mercredi ne se contente donc pas de clore un dossier : il rouvre, de fait, la question du bien-fondé d'une détention aussi longue pour des charges que la justice elle-même n'aura pas retenues.
Ce que dit et ne dit pas ce verdict
Il convient de le préciser clairement : un acquittement ne constitue pas, en soi, une reconnaissance officielle d'une erreur judiciaire ni l'ouverture automatique d'un droit à réparation. Ce sont des questions juridiques distinctes, qui dépendront des suites éventuelles données par les avocats de la défense ou par les intéressés eux-mêmes. Aucune indication publique n'existe à ce stade sur une éventuelle procédure en réparation ce point doit être suivi.
Ce que le verdict établit, en revanche, c'est que les charges de rébellion, de propagation de fausses nouvelles et d'apologie d'atteinte à la sûreté nationale n'ont pas été jugées fondées par le tribunal militaire lui-même.
Réactions attendues de la société civile
Ce dossier avait suscité, tout au long de son instruction, des critiques appuyées de la part d'acteurs de la société civile et de professionnels du droit camerounais, qui interrogeaient la pertinence du recours à la juridiction militaire pour juger ce type d'affaires impliquant des civils. Les réactions officielles de ces organisations à l'annonce de l'acquittement n'ont pas encore été recueillies au moment de la publication cette section sera mise à jour dès que des déclarations seront disponibles.
Ce qu'il faut retenir
- André Blaise Essama et Nzepang Scotty Winner ont été acquittés de toutes les charges le mercredi 19 août par le tribunal militaire de Douala.
- Ils avaient passé plus de 300 jours en détention préventive à la prison de New-Bell.
- La défense a fait valoir, avec succès, l'absence de preuves matérielles suffisantes.
- Les questions de réparation ou de suites disciplinaires/administratives restent, à ce stade, non tranchées publiquement.
Commentaires
Lire aussi
Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, est mort
FCC : le communiqué annonçant l'adhésion de Kamto est un fake
Willy Mengue veut interdire la convention du MRC
Convention MRC du 17 octobre : autorisée ou piégée ?
PCRN : Nourane Foster claque la porte, Cabral Libii lui souhaite « bonne suite »
Nourane Foster démissionne du PCRN de Cabral Libii
Impact-100 : 100 candidats, un parti secret, un pari risqué
MRC : la convention du 17 octobre déclarée, le pouvoir peut-il dire non ?
Paul Biya absent de l’ONU depuis 2017 : la diplomatie camerounaise s’efface
Election à la présidence du Mrc : Emmanuel Binyam dément la version de la commission électorale
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
26 élèves surpris en train de tourner un film osé à Bafoussam
Brenda biya sème la terreur en boîte de nuit à Yaoundé
Surpris en train de "Sanga Sanga" la femme de son voisin à Douala
Les 25 pays les plus pauvres du monde : 21 sont en Afrique d’après un rapport.
Menacée de mort par sa famille car elle est lesbienne
il y a un mois
26 élèves surpris en train de tourner un film osé à Bafoussam
Brenda biya sème la terreur en boîte de nuit à Yaoundé
Surpris en train de "Sanga Sanga" la femme de son voisin à Douala
Les 25 pays les plus pauvres du monde : 21 sont en Afrique d’après un rapport.
Menacée de mort par sa famille car elle est lesbienne
il y a un an