La paix par l’organisation d’élections transparentes, justes et crédibles : la leçon qui nous vient du Nigéria.
© Correspondance : MRC | 13 avr. 2015 09:53:58 | 4688La Commission électorale indépendante nigériane (INEC) a relevé le défi titanesque d’organiser des élections géantes et propres dans un contexte insurrectionnel; les Camerounais attendent que le pouvoir en place dans notre pays en tire toutes les conséquences avant les prochains scrutins nationaux de 2018.
Le Nigeria a passé avec succès l’épreuve de l’organisation des élections générales du 28 mars 2015. Deux jours après, les résultats du scrutin présidentiel publiés par la Commission électorale indépendante (sigle anglais est (INEC)) ont été acceptés aussi bien par M. Goodluck Ebele Jonathan du Parti Démocratique Populaire (PDP) et Président sortant, que par M. Muhammadu Buhari candidat du All Progressives Congress (APC), candidat de l’opposition. Le score de cette importante consultation électorale, 53,96% pour le vainqueur Muhammadu Buhari et 44,96% pour le Président sortant Goodluck Jonathan, démontre l’âpreté d’un scrutin qui s’est déroulé dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement explosif.
L’espoir ouvert par cette alternance pacifique au sommet de l’Etat de la première puissance économique et démographique du continent dépasse largement le seul cadre des frontières nationales nigérianes. Politiquement, ce test réussi de l’alternance démocratique au Nigeria donne vie aux principes et valeurs démocratiques contenus dans le préambule, les objectifs de l’Acte constitutif de l’Union Africaine et la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance (CADEG).
Au plan sécuritaire, le Cameroun qui, comme les autres pays voisins du Nigéria, souffre depuis mai 2014 des attaques barbares de la secte Boko Haram voit renaître l’espoir d’un plus grand engagement militaire nigérian.
Cet espoir, les Nigérians, les Camerounais, les Africains et la communauté internationale dans son ensemble la doivent à une organisation transparente, équitable et juste des élections.
Le principal artisan de ce succès est la Commission électorale indépendante (INEC) dont le patriotisme, le sérieux et le sens élevé des responsabilités de ses dirigeants, notamment de son président, le Professeur Attahiru ahiru Muhammadu Jega et de son commissaire Nuru Yakubu, suscitent l’admiration.
Le président du Conseil Électoral, le Directeur Général, les membres d’Elections Cameroon (ELECAM) dont la soumission servile au pouvoir RDPC n’est plus à démonter devraient méditer cette leçon qu’administre un pays que l’on a souvent traité avec légèreté d’inorganisé voire de réfractaire à la démocratie.
Lors du double scrutin du 30 septembre 2013, le MRC avait dénoncé entre autres, la fausse biométrie qu’ELECAM présentait comme la principale preuve de la modernisation et de l’évolution du système électoral national. Dans les élections générales nigérianes, le rôle décisif de la véritable biométrie, intégrale et maîtrisée, pour la garantie de la transparence du scrutin est incontestable. Plus en amont, le consensus politique qui a présidé à la mise en place de la Commission électorale Indépendante du Nigeria et à la désignation de ses membres a été le gage de la légitimité qui a permis à cette institution stratégique d’assurer avec hauteur sa mission, évitant ainsi au pays de sombrer dans la violence électorale.
Le MRC salue les dirigeants nigérians qui, sans renoncer à leur envie légitime de faire triompher leurs ambitions politiques, ont placé l’intérêt de leur pays et de leur peuple au dessus de tout, en fondant la crédibilité de l’INEC et de ses responsables sur le consensus.
Depuis la session parlementaire de novembre 2014, le MRC a déposé devant le bureau de l’Assemblée Nationale une proposition de loi portant modification du code électoral par lequel il suggère des ajustements afin de donner à notre système électoral la crédibilité nécessaire pour gérer les prochaines élections nationales. Jusqu’ici, cette proposition de loi n’a toujours pas retenu l’attention du Bureau de l’Assemblée que contrôle le RDPC dont le président de la République Paul BIYA est aussi le Président. La promptitude avec laquelle le Président de la République a adressé ses félicitations au Président élu, Muhammadu Buhari, révèle l’espoir légitime qu’il perçoit dans l’alternance démocratique intervenue au Nigeria pour la stratégie nationale de lutte contre Boko Haram. Paradoxalement, il prive le peuple camerounais de cet espoir que procure l’alternance démocratique depuis plus de trente ans.
Les prochaines élections nationales, notamment le prochain scrutin présidentiel, seront cruciales pour l’avenir de notre peuple et de notre pays. Le Président BIYA, dont le parti dispose d’une écrasante majorité au Parlement doit travailler dès à présent à faire naître l’espoir dans notre peuple à travers des actions concrètes pour la crédibilisation effective du système électoral national. La réforme consensuelle du code électoral que le MRC a proposé à l’Assemblé nationale depuis novembre 2014 n’est plus, au regard de la fonction régulatrice jouée par l’INEC dans l’incandescent processus électoral nigérian, une nécessité mais un impératif pour tous celles et ceux qui aiment effectivement le Cameroun et non simplement ce qu’ils proclament dans les discours.
Comme je l’ai annoncé dans mon message de fin d’année 2014 aux Camerounais, le MRC se prépare à entamer une grande campagne nationale et internationale en vue de la réforme consensuelle du code électoral. Les bienfaits de l’excellente organisation des élections générales nigérianes par l’INEC donneront certainement à cette campagne le caractère populaire dont il a besoin pour atteindre ses buts patriotiques et démocratiques.
Le Président National du MRC,
Maurice Kamto.
Yaoundé, le 10 avril 2015.
Consultez le Site Internet du MRC: http://www.mrcparty.org
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