FSNC suspendu : Tchiroma appelle à la restauration de la « victoire du peuple »
© Camer.be : Toto Jacques | 02 nov. 2026 19:19:00 | 471Suspendu par un arrêté ministériel, le parti d'Issa Tchiroma refuse de plier. Depuis la Gambie, l'opposant dénonce un régime « illégitime » et réaffirme sa victoire électorale de 2025.
Le FSNC suspendu : Issa Tchiroma crie à la "forfaiture" et défie le régime depuis Banjul
Banjul, Gambie. 2 novembre 2026. La date et le lieu ont leur importance. C'est depuis l'exil que l'opposant Issa Tchiroma Bakary a décidé de frapper un grand coup. Dans un communiqué cinglant, il dénonce l'arrêté du 27 octobre 2026, signé par un « prétendu ministre », qui ordonne la suspension pour trois mois du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC).
Le ton est donné dès le titre : « Une forfaiture de plus du régime Biya ».
Pour l'ancien poids lourd de l'appareil d'État, devenu l'un des opposants les plus radicaux, la coupe est pleine. Le décret gouvernemental invoque des motifs lourds : « appel à l'insurrection, atteinte à l'intégrité territoriale, à l'unité nationale et à la souveraineté nationale ». Des accusations que Tchiroma balaie d'un revers de la main.
Un « non-événement » aux yeux du FSNC
La réponse de Tchiroma est un exercice de déni de légitimité. Il qualifie la décision du gouvernement de « provocation pure et simple » et d'illustration des « démarches néfastes et antidémocratiques » du régime en place.
« Cette décision visant le FSNC est un non-événement, elle doit être considérée comme nulle et non avenue », écrit-il, s'appuyant sur une supposée protection constitutionnelle de la liberté d'association.
Pour lui, l'exécutif tente de déstabiliser un parti qui représente une menace existentielle. Il n'hésite pas à accuser Paul Biya d'avoir « écrasé dans le sang près d'une centaine de nos concitoyens », en référence à la répression des mouvements de contestation, et d'avoir poussé ses cadres à l'exil.
L'ombre d'Anicet EKANE et des régions anglophones
Le texte ne s'arrête pas à la seule défense du FSNC. Il prend une dimension plus large, en invoquant la mémoire d'Anicet EKANE, figure de l'opposition décédée dans des circonstances tragiques, et en abordant la crise anglophone (NOSO).
Tchiroma dénonce « la violence d'un régime » qui, selon lui, s'impose comme le principal obstacle à une paix durable dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Un passage qui vise à élargir son audience au-delà de son seul parti, pour toucher tous les Camerounais fatigués par les crises à répétition.
La victoire de 2025, ce combat qui ne s'éteint pas
Mais le cœur de la rhétorique de Tchiroma reste l'élection présidentielle d'octobre 2025. Il campe sur sa position : il a gagné. Le pouvoir actuel ne serait qu'une confiscation.
« La victoire électorale du 12 octobre 2025 ne saurait se réduire à celle du seul FSNC ; elle consacre au-delà des clivages partisans, la victoire du désir d'avenir de notre Peuple », affirme-t-il.
En suspendant son parti, le régime pensait peut-être le faire taire. Il a surtout fourni à Tchiroma une scène internationale pour réitérer son appel à la mobilisation, exhortant les partis et la société civile à « rester mobilisés » pour la « restauration de notre victoire ».
La suspension du FSNC est-elle un coup d'arrêt pour l'opposition ou un catalyseur pour la rue ? La question reste ouverte. Mais depuis Banjul, Issa Tchiroma promet une chose : « Nous y arriverons, inéluctablement. »
C'est quoi, le FSNC ?
Le Front pour le Salut National du Cameroun. C'est le parti politique fondé et présidé par Issa Tchiroma Bakary. Il a été suspendu par le gouvernement camerounais pour trois mois fin octobre 2026.
Pourquoi le parti a-t-il été suspendu ?
Selon l'arrêté mentionné dans le texte, pour « appel à l'insurrection, atteinte à l'intégrité territoriale, à l'unité nationale et à la souveraineté nationale ». Des accusations que Tchiroma juge infondées.
Qui est Issa Tchiroma Bakary ?
C'est une figure politique camerounaise majeure. Il a été ministre de la Communication pendant des années sous Paul Biya. Il a ensuite pris ses distances pour devenir un opposant radical. Il se présente aujourd'hui comme le vainqueur de l'élection présidentielle de 2025.
Pourquoi il signe depuis Banjul (Gambie) ?
Banjul est la capitale de la Gambie. Le texte indique qu'il est en exil. Le régime l'accuse de résider à l'étranger, ce qu'il assume et revendique comme une position de résistance.
Qui est Anicet EKANE ?
C'est une figure de l'opposition camerounaise. Le texte de Tchiroma fait référence à sa mort dans le cadre de ce qu'il appelle « la violence d'un régime ».
Est-ce que le FSNC peut encore participer aux prochaines élections ?
Tchiroma a déclaré avoir « suspendu toute participation à une élection » tant que la victoire du peuple ne sera pas « pleinement restaurée ». Il maintient cette décision, ce qui signifie que son parti boycottera les scrutins tant que cette condition ne sera pas remplie.
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