ECONOMIE
Irène Abena : structurer l’épargne pour financer le développement
© SOPIEPROD : Hilaire SOPIE | 18 sept. 2026 23:41:05 | 4385Parmi les interventions qui ont marqué cette rencontre, celle d’Irène Abena, économiste de formation et professionnelle de la finance en France depuis plus de vingt ans, a particulièrement porté sur les mécanismes susceptibles de rapprocher l’épargne des diasporas des besoins de financement du continent.
Pendant plus d’une trentaine de minutes, elle a développé une réflexion autour des mécanismes de mobilisation des ressources financières de la diaspora, notamment à travers son concept IA CAPITAL.
Au centre de sa présentation figure notamment l’instrument qu’elle désigne sous le nom de « DIASPORA BONS », pensé comme une piste permettant de structurer et d’orienter une partie de l’épargne disponible vers des projets économiques en Afrique.
Son intervention pose ainsi une question fondamentale : comment passer d’une logique de contribution essentiellement familiale à une véritable logique d’investissement productif ?
L’enjeu est considérable. Il ne s’agit pas de remettre en cause la solidarité traditionnelle des diasporas envers leurs proches, mais d’imaginer des mécanismes complémentaires capables de transformer une partie de ces flux financiers en capital mobilisable pour l’économie.
Transformer les opportunités en capital
Pour Irène Abena, la réflexion doit notamment s’articuler autour de l’économie réelle : le capital, les projets, l’activité économique, l’emploi et, à terme, le développement.
L’idée défendue est celle d’une meilleure structuration des ressources disponibles afin qu’elles puissent accompagner des projets identifiés et créer de la valeur.
Comment mobiliser l’épargne de la diaspora ? Comment sécuriser les investissements ? Comment identifier des projets suffisamment structurés pour attirer les capitaux ? Et surtout, comment créer une relation de confiance durable entre investisseurs de la diaspora, porteurs de projets et institutions ?
Autant de questions qui montrent que la mobilisation financière de la diaspora ne peut se limiter à un simple appel patriotique à investir. Elle suppose également des instruments adaptés, de la transparence, de la visibilité sur les projets et un cadre susceptible de rassurer celles et ceux qui souhaitent engager leur capital.
La diaspora centrafricaine au cœur de l’équation
Au-delà de l’intervention d’Irène Abena, ce rendez-vous de Saint-Denis aura surtout permis de remettre en lumière le potentiel économique de la diaspora centrafricaine.
L’ambition affichée est claire : faire progressivement évoluer son rôle, de contributeur traditionnel vers celui de partenaire du développement économique national.
Car derrière les transferts financiers se trouve également un important réservoir de compétences, d’expertise, de réseaux professionnels et de capacités d’investissement qu’il reste à mieux connecter aux besoins de l’économie centrafricaine.
Le défi sera désormais de transformer les réflexions formulées à Saint-Denis en mécanismes concrets, accessibles et suffisamment structurés pour faire émerger des investissements durables.
De Paris à Bangui, une nouvelle équation se dessine donc : transformer l’épargne en capital, le capital en projets, les projets en activités et les activités en emplois. Une chaîne économique qui pourrait permettre à la diaspora centrafricaine de prendre une place encore plus importante dans le financement du développement de son pays.
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