Afriland First Bank double son capital : 110 milliards de FCFA
© Camer.be : Paul Moutila | 07 nov. 2026 14:59:00 | 497Un bond de 60 milliards de FCFA sans appel au marché. La banque de Fokam Kamogne muscle ses fonds propres et rebat les cartes du secteur bancaire en Afrique centrale.
La nouvelle a circulé vite dans les couloirs de l'immeuble siège d'Afriland First Bank, à Bonanjo. Vendredi 6 novembre, le conseil d'administration et la direction générale ont annoncé une augmentation de capital social de 60 milliards de FCFA. Le capital passe de 50 à 110 milliards. Pas un franc venu de l'extérieur : l'opération s'est faite par incorporation des réserves, après validation de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac).
Autrement dit, la banque a transformé une partie de ses bénéfices accumulés en capital social. Un signal fort. Mais aussi un geste stratégique que peu d'établissements de la sous-région peuvent se permettre.
Une opération hors marché, mais pas hors norme
L'augmentation par incorporation de réserves n'est pas une première. Elle reste cependant rare à cette échelle dans le paysage bancaire camerounais. Le mécanisme est simple : la banque puise dans ses résultats passés pour renforcer ses fonds propres, sans diluer l'actionnariat existant ni solliciter les marchés financiers.
Pour Afriland, cette décision s'appuie sur des chiffres solides. Au 31 décembre 2025, le groupe affichait un total bilan de 2 250 milliards de FCFA. Les dépôts clientèle atteignaient 1 950 milliards. L'encours global de crédits s'élevait à 1 667 milliards, dont plus de 1 200 milliards destinés au financement des entreprises privées.
Ces performances ne datent pas d'hier. La banque fondée par Fokam Kamogne a construit sa solidité sur près de quatre décennies d'activité. « Près de 40 années après, la réussite de cette augmentation de capital réalisée grâce aux ressources propres de la banque témoigne de la pertinence de cette vision et de la solidité de ce modèle que nous avons construit au fil des années », commente Jean Paulin Fonkoua, président du conseil d'administration.
Trois objectifs, une même ambition
Les responsables de l'institution l'assument : ce renforcement du capital vise trois cibles stratégiques.
Premièrement, consolider le leadership bancaire du groupe au Cameroun et en Afrique centrale. Deuxièmement, renforcer sa crédibilité sur la scène internationale. Troisièmement, soutenir son expansion numérique.
Sur le terrain, cela se traduit par une capacité de financement accrue. Des fonds propres plus élevés permettent à la banque d'accompagner des projets de plus grande envergure, d'absorber plus facilement les risques et d'améliorer ses ratios prudentiels. Autant d'atouts pour rassurer les partenaires internationaux et les régulateurs.
Le groupe est aujourd'hui présent au Cameroun, en Côte d'Ivoire, en Guinée Conakry, au Soudan du Sud, au Liberia, à Sao Tomé-et-Principe. Il dispose de succursales en République centrafricaine, au Tchad, au Congo Brazzaville, et de bureaux à Paris et à Pékin.
« First Bank Horizon 2030 » : le cap est fixé
Cette augmentation de capital s'inscrit dans un plan plus vaste. Le projet « First Bank Horizon 2030 » ambitionne de faire du groupe une structure profondément ancrée dans le digital, avec des services améliorés et une croissance forte du nombre et de l'envergure des clients accompagnés.
Nous avons tenté de joindre la direction de la communication d'Afriland First Bank pour obtenir des précisions sur le calendrier de déploiement de ce plan. Sans succès avant publication. Le communiqué officiel n'était pas non plus accessible sur le site de la banque au moment d'écrire ces lignes.
Une chose est sûre : l'opération annoncée vendredi n'est pas passée inaperçue. Sur les réseaux sociaux, les commentaires se sont multipliés. Certains saluent la solidité de l'établissement. D'autres s'interrogent sur les retombées concrètes pour les clients et les PME.
Ce que cela change pour le marché
Avec 110 milliards de FCFA de capital social, Afriland First Bank change d'échelle. Dans un secteur bancaire où les exigences prudentielles se durcissent, ce renforcement constitue un avantage compétitif indéniable.
Reste une question : cette opération sera-t-elle suivie par d'autres établissements ? La Cobac, qui a validé la démarche, pourrait voir dans cet exemple un précédent. Les banques de la sous-région qui disposent de réserves importantes pourraient être tentées d'emprunter le même chemin.
Pour l'heure, aucune information n'a filtré sur les intentions des concurrents. Nous n'avons pas pu vérifier si d'autres banques ont entamé des démarches similaires auprès du régulateur.
L'héritage d'un fondateur
Fondée en 1987, Afriland First Bank porte depuis l'origine une ambition : financer l'économie camerounaise et africaine. Près de quarante ans plus tard, le cap n'a pas changé. Mais les moyens, eux, ont considérablement évolué.
« La réussite de cette augmentation de capital réalisée grâce aux ressources propres de la banque témoigne de la pertinence de cette vision », insiste Jean Paulin Fonkoua.
Une formule qui résume l'esprit de l'opération. Pas de coup d'éclat. Pas de communication tapageuse. Juste des chiffres, une validation réglementaire, et une stratégie assumée.
Le reste appartient à l'avenir. Et aux prochains exercices.
Afriland First Bank a-t-elle fait appel à de nouveaux investisseurs ?
Non. L'augmentation de capital s'est faite par incorporation des réserves, c'est-à-dire en transformant une partie des bénéfices accumulés en capital social. Aucun nouvel actionnaire n'est entré dans la structure.
Qui a validé cette opération ?
La Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac) a donné son feu vert avant l'annonce officielle du 6 novembre 2026.
Que signifie concrètement cette augmentation pour les clients ?
Avec des fonds propres plus élevés, la banque peut financer davantage de projets, y compris ceux de grande envergure. Elle renforce aussi sa capacité à absorber les risques et à respecter les ratios prudentiels exigés par les régulateurs.
Afriland First Bank est-elle présente en dehors du Cameroun ?
Oui. Le groupe est implanté en Côte d'Ivoire, en Guinée Conakry, au Soudan du Sud, au Liberia, à Sao Tomé-et-Principe. Il dispose également de succursales en République centrafricaine, au Tchad, au Congo Brazzaville, et de bureaux à Paris et à Pékin.
Qu'est-ce que le projet « First Bank Horizon 2030 » ?
Il s'agit du plan stratégique à long terme du groupe. Objectif : renforcer l'ancrage digital de la banque, améliorer ses services et accélérer la croissance du nombre et de l'envergure des clients accompagnés.
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